La Renaissance au scalpel

Mathieu Gabella et Anthony Jean explorent les secrets du corps humain aux temps d’Ambroise Paré, de Nostradamus et d’André Vésale, à une époque où la chair restait un mystère pour la science. L’intrigue de cette nouvelle série « La Licorne » oscille entre histoire et occultisme dans un suspense aux enjeux politiques et philosophiques.

Le scénariste Mathieu Gabella nous avait avoué à Angoulême être sous l’influence d’Edgar Allan Poe et de Lovecraft. Il a aussi potassé le Traité des Blessures par les armes à feu sur la technique d’extraction des balles, s’est imprégné des pratiques de chirurgie de campagne militaire et de la figure historique d’Ambroise Paré, un barbier français pionnier de la chirurgie moderne et devenu médecin du roi.

« La Renaissance a marqué un tournant dans l’évolution de la médecine qui était jusque-là très liée aux astres et aux figures zodiacales. Nostradamus était astrologue mais aussi médecin. Cela m’a donné l’idée d’introduire une dimension fantastique dans le récit. Quant à la “Licorne”, il s’agit de la poudre de corne de licorne, une substance miraculeuse qui faisait partie des anciennes croyances médiévales et dont Ambroise Paré s’était emparé », raconte Mathieu Gabella.

Au dessin, Anthony Jean a puisé dans l’imagerie du bestiaire des basilics ou des chimères pour créer un univers graphique original : « J’aime réinventer les animaux mythiques comme le cerbère, jouer de l’anatomie, de l’enchevêtrement des muscles, des labos à fioles de Frankenstein. Il y a tout cela dans les décors et les personnages de “La Licorne” ».

COUVREUR,DANIEL

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