Alerte sur Fangataufa, une aventure sans Chat

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Bande dessinée Geluck et Devig créent Scott Leblanc

ENTRETIEN

Le Chat de Philippe Geluck est l’une des plus grosses ventes du catalogue Casterman, la maison d’édition des albums de Tintin. Mais le Chat n’a pas la houppette d’un vrai héros de bande dessinée. Il a la ligne poids lourd du gag-man. C’est une bête d’histoires courtes. Avec Alerte sur Fangataufa, Philippe Geluck lui tourne le dos pour partir à l’aventure et signer son premier scénario réaliste. Son nouveau héros, dessiné par Devig, s’appelle Scott Leblanc. C’est un petit reporter à la ligne claire comme celle d’Hergé. Le Soir vous propose de découvrir dès aujourd’hui sa première aventure en « exclusivité mondiale ».

Scott Leblanc s’inscrit dans la tradition de l’Ecole belge des Tintin, Blake et Mortimer ou Spirou et Fantasio. Un registre où personne ne vous attend !

Le cartooniste Devig, que je connais depuis le début des années 2000 et que je trouve formidable, est venu me parler d’un projet de bande dessinée dont il avait le scénario sous le bras. J’ai lu le synopsis de Fangataufa. Nous avons échangé des idées et puis, on s’est demandé si on ne ferait pas cet album ensemble. Une idée diabolique ! Je n’avais jamais écrit long. Pour moi, c’était comme sauter à l’élastique. J’ai l’habitude d’avoir des idées à la mitraillette mais façon sniper, en histoires courtes. J’avais tout à apprendre, même si j’aime la BD à l’ancienne, celle que je lisais étant petit. Devig, lui, rêvait de dessiner comme Hergé ou Jacobs. C’est son penchant naturel. C’est un boulot de gueux de dessiner tout ça ! Il a sué pour y arriver mais il aime ce travail de forçat. Pour moi, cette aventure est un luxe qui me permet d’explorer des chemins de traverse. A l’arrivée, j’adore cet album. Totalement !

« Alerte sur Fangataufa » est en même temps un faux classique. Leblanc est un Tintin à l’envers. Mortemort parodie Mortimer. Darmagnac est Champignac et Thaddeus Seigle un double dangereux de Tryphon Tournesol…

Le plaisir est dans la transgression des codes, avec un héros qui n’en est pas un, doté d’un animal de compagnie qui est un volatile crétin totalement inutile… Le récit est à la fois très premier et très troisième degré. D’un côté on se rit des codes. De l’autre, c’est une vraie aventure avec un vrai suspense. Mais chez Hergé aussi on est à la fois dans l’humour et l’aventure.

Un album d’aventure, c’est plus difficile à maîtriser que des gags en série ?

Je ne me serais jamais risqué dans cette histoire sans Devig. J’ai dû me faire à la logique de l’aventure mais l’envie était là. Les idées se sont rapidement bousculées, même si la mécanique de l’esprit est très différente des gags du Chat. Fangataufa est un travail de duettiste. D’habitude, je suis seul face à la feuille blanche. Avec Scott Leblanc, c’est quand on est à deux autour de la table que l’histoire progresse le mieux.

p.39 la première planche

COUVREUR,DANIEL

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