L’art de Hergé aux enchères à Paris

entretien

Michel Wittamer a le nez. Celui de Cléopâtre. Dans les années 1980, il a été le premier à voir dans la bande dessinée une forme d’art authentique. Et il a invité le public à y goûter dans sa célèbre Galerie Wittamer en accrochant les planches des Schuiten, Renard, Moebius, Boucq, Hislaire, Berthet ou Cabanes. Sa passion pour le 9e Art n’a pas faibli depuis. Michel Wittamer ouvrira les portes de son Hôtel Solvay, chef-d’œuvre Art nouveau d’Horta, pour exposer à Bruxelles les plus belles pièces de la vente organisée par Moulinsart et Piasa chez Drouot-Montaigne.

C’est la première fois qu’une vente dédiée exclusivement à Hergé se tient chez Drouot-Montaigne. Un signe que l’engouement artistique pour la BD n’est pas éphémère ?

Il n’y a plus vraiment de grand artiste moderne dans la peinture et la sculpture. Les cotes chutent aussi vite qu’elles s’envolent. La BD est un art vrai qui intéresse un public jeune. Hergé, Franquin, Schuiten… sont de véritables artistes. Il ne faut pas de grande explication pour trouver du sens dans leurs œuvres, contrairement à ce qui se passe dans la peinture contemporaine. Les originaux de BD sont de l’art de notre époque, au même titre qu’un film de Stanley Kubrick.

En valeur absolue, Hergé est un cas à part sur le marché des originaux ?

Oui, parce que Hergé est un auteur majeur, dont toute l’œuvre est répertoriée. Les Studios Hergé peuvent certifier de l’authenticité des pièces. Et comme dans tous les arts, il est primordial pour les collectionneurs d’avoir une expertise valable.

La crise semble sans effet sur la cote des planches de Hergé ?

Il y a un cash invraisemblable dans le monde. Il n’y a jamais eu autant d’argent sur les comptes. Les gens cherchent des valeurs refuges. Il n’y a pas de vraie crise sur les œuvres valables et importantes. En ce qui concerne Hergé, il commence même à intéresser les banquiers américains. Le film de Spielberg devrait faire décoller sa valeur là-bas dans un futur proche.

Expo de la vente Moulinsart-Piasa, Hôtel Solvay, 224 avenue Louise, 1050 Bruxelles, 18 au 20 mai, 10 à 17 h.

COUVREUR,DANIEL

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