La vérité sur les soucoupes volantes

ENTRETIEN

Philippe Berthet est de retour au sommet avec Nico, une nouvelle série de science-fiction à l’esthétique vintage, où le mystère de Roswell livre enfin les secrets des soucoupes volantes. Les espionnes sont belles comme des James Bond girls. Le récit intelligent pétille de clins d’œil à la politique et au showbiz des années 1950-1960. L’aventure tient toutes ses promesses.

Le scénario de Nico est signé Fred Duval. Pour cette première collaboration, il vous offre l’un de vos plus beaux albums. L’alchimie parfaite ?

J’avais envie de travailler avec un scénariste de la jeune génération. J’aimais la science-fiction de Fred. L’éditeur Yves Schlirf nous a mis en contact. Je lui ai parlé de mon admiration pour l’esthétique et l’imaginaire de la science-fiction américaine des années 1950. Il a bâti une histoire rétro-futuriste, une forme de science-fiction vintage dont je me suis immédiatement senti très proche.

Une science-fiction où abondent les personnages historiques : Truman, Kennedy, Eisenhower, Staline, Castro, Dylan… Ça n’a pas été trop difficile de ressusciter toutes ces stars ?

A part Kennedy et Truman, qui apparaissent tels qu’ils étaient dans la réalité, Fred se sert des figures historiques à d’autres fins. Il se débrouille, par exemple, pour maintenir Staline en vie dans les années 1960. Ou il arrive à faire de Castro un agent du KGB. Il joue avec des icônes comme les Beatles, Dylan ou Warhol. Eisenhower prend un rôle imaginaire de dissident, pète les plombs comme les savants fous des James Bond. On ne se moque pas des personnages historiques. On croit en eux et en un destin différent.

Le rythme et l’ambiance sont très James Bond…

A fond ! Dans le 2e tome, il y aura même une attaque en règle de la base secrète d’Eisenhower avec 50 plongeurs. Je le dessine avec un chat blanc, à l’image de Blofeld, le chef du SPECTRE. Mais l’inspiration de la série vient aussi de feuilletons télé contemporains comme Alias. Nico est une BD avec une écriture moderne. Fred se permet même d’utiliser le flash-forward : l’anticipation d’événements qui n’ont pas encore eu lieu.

Il y a aussi du Mortimer dans certains gadgets comme la montre-vidéo ?

Je ne sais pas si elle indique l’heure, pas plus que chez Jacobs ! C’est sûr que Mortimer nous a influencés, aussi dans l’image des vaisseaux volants…

COUVREUR,DANIEL

Commentaires

répondre