« Il n’y a pas d’humour au paradis »

Art Spiegelman, Grand Prix du Festival d’Angoulême

Excuse me ? » Un tonnerre d’appaudissements répond à la voix d’Art Spiegelman, transmise par satellite depuis le Connecticut jusque dans la salle du grand théâtre du Festival international de la bande dessinée. « God! », lâche en direct l’auteur américain quand il comprend ce qui lui arrive. Le jury d’Angoulême vient de lui attribuer le Grand Prix, la plus prestigieuse récompense de la bande dessinée au monde: « Je suis très limité dans mon talent de cartooniste et je me sens un peu comme le président Obama quand il a reçu le Prix Nobel de la paix. »

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Un Prix du public à l’accent bruxellois

Julie Maroh était très émue sur la scène du grand théâtre d’Angoulême, où elle est venue chercher son Fauve : la petite statuette qui récompense son premier album, Le Bleu est une couleur chaude. Tiré à 5.500 exemplaires, son roman graphique a été rapidement épuisé et réédité, tant sa force d’émotion emporte les lecteurs, d’où qu’ils viennent. Julie dessine la difficulté de vivre la différence d’une jeune fille homosexuelle avec une sincérité désarmante. Née dans le Nord de la France, elle habite aujourd’hui Bruxelles, où elle a étudié la bande dessinée à l’Institut Saint-Luc et la lithographie à l’Académie des Beaux-Arts.

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Les mystères du canal de Suez

Ella Mahé rend vie aux manuscrits anciens, ces miroirs des mystères de l’humanité : une saga magique de Maryse et Jean-François Charles.

ELLA MAHÉ à Louxor, sur le chemin d’Ismaïlia, où elle va restaurer le manuscrit d’un ingénieur français du canal de Suez. © GLÉNAT.

entretien

Maryse et Jean-François Charles ont la sensualité du trait et l’exotisme du récit à fleur de peau. Après Sagamore et India Dreams, le couple belge se tourne vers l’Egypte avec Ella Mahé, la saga romanesque d’une jeune restauratrice de manuscrits en quatre tomes. Ella traque les mystères d’une princesse aux yeux vairons. Le 2e épisode de sa quête paraît pour le Festival d’Angoulême, où les auteurs sont attendus en dédicace ce week-end. Il a pour théâtre le chantier du canal de Suez dont le tracé menace le tombeau de la princesse…

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Les zinzins de la parodie

Bande dessinée L’hommage du Belge Groensteen aux pirates de l’image

QUELQUES CASES des exploits paillards de Nathalie la petite hôtesse par Joop Van Linden et Jaap De Boer. © D.R.

Angoulême

De notre envoyé spécial

Les grands peintres avaient l’habitude de revisiter les icônes. Les artistes de bande dessinée s’en sont fait une spécialité. La Cité internationale de la bande dessinée et de l’image les déshabille à Angoulême, en marge du plus grand festival de BD au monde. L’exposition s’ouvre sur les tableaux les plus parodiés de l’histoire de l’humanité. Philippe Geluck signe Le Jocond griffé par le Chat d’après Léonard de Vinci et Matt Groening fait surfer Bart Simpson sur La Vague d’Hokusai, tandis que Homer pousse Le Cri de Munch…

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Le Québécois Jimmy Beaulieu a le sourire du gymnaste

Comédie sentimentale pornographique, Jimmy Beaulieu, Delcourt, 286 p., 25 euros.

Jimmy Beaulieu est né sur l’île d’Orléans, au large de la ville de Québec. Il s’en est évadé à coups de crayon et d’histoires où l’autobiographie ouvre les portes de l’imaginaire. Son nouveau roman graphique est une des bombes du Festival international d’Angoulême : un travail d’ermite où la créativité et la libido explosent à travers la vie d’un écrivain en pleine « désabusion ».

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Les Belges veulent tourner la page des gros nez

Bande dessinée 38e Festival international d’Angoulême

Le Festival international d’Angoulême, présidé par Baru, le créateur de « Quéquette Blues » se tient du 27 au 30 janvier. © Baru.

Entre les expositions des mythiques Peanuts de Snoopy et des trolls cannibales du monde de Troy, les 200.000 bédéphiles attendus à Angoulême vont prendre une claque « à la belge ». Fin bec de la bande dessinée contemporaine et présentateur de l’émission Mille-feuilles sur la RTBF, Thierry Bellefroid a posé pour la Communauté française son œil de poète sur vingt ans de création en Wallonie et à Bruxelles. Il a rassemblé 300 des plus beaux spécimens d’une génération spontanée, dont les coups de griffe déchirent les conventions de l’Ecole belge d’Hergé et de Franquin.

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La vie est une soucoupe volante

Boris, l’extraterrestre tentaculaire qui peut vous changer la vie. © Futuropolis.

Tombé du ciel, c’est le crash frontal entre le roman existentiel et l’imagerie de science-fiction de Météor, Atome Kid ou Sidéral… ces petits fascicules de bande dessinée bourrés d’extraterrestres hostiles au genre humain. Christophe Gaultier, chef décorateur des Triplettes de Belleville, et Charles Berberian, coauteur de Monsieur Jean, unissent leurs talents pour pervertir ces récits naïfs. Emile, l’antihéros de l’histoire, a le profil du loser parfait. Il a foiré une carrière de rock star et déprime à la pizzeria du coin. A 45 ans bien frappés, il n’attend plus rien de la vie. Sa femme l’a plaqué : Emile ne brillait plus assez. Jusqu’au jour où un accident de soucoupe volante met Boris sur sa route…

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Une vie sans hirondelles

Le premier roman graphique de Davide Reviati brûle la cervelle
et fait pleurer l’Italie des années Seveso.

 Davide Reviati appartient à cette race d’explorateurs assoiffés. Illustrateur et scénariste pour le cinéma, il s’aventure pour la première fois, à la mine et au lavis, dans le roman graphique. A travers les 350 pages en noir et blanc de Morti di sonno, Etat de veille en français, l’auteur farfouille d’un trait humain et sensible dans le ciel bas d’une banlieue ouvrière italienne polluée par l’Anic, un géant de la pétrochimie. Derrière la puanteur de la rivière et de l’atmosphère, il dévoile une vie plombée de morts injustes. Son livre brûle la cervelle. Il a déjà arraché le prix du meilleur album au Festival de Naples. lire la suite

Le jardin secret de Tintin

Livre Quand Hergé dessinait à la campagne

Dominique Maricq a marché sur les traces d’Hergé en Brabant wallon, la région dont les paysages ont façonné ceux de Moulinsart. Le créateur de Tintin a laissé de beaux souvenirs à ses voisins comme les seigneurs du château de Moriensart. © René Breny.

Au beau milieu des aventures de Tintin, un peu après avoir découvert le trésor de Rackham le Rouge, Tintin a vidé son appartement de la rue du Labrador pour déménager à Moulinsart. Autour du château, dont le nom est un clin d’œil à Sart-Moulin, la campagne est celle du Brabant wallon et des environs de Céroux-Mousty, où Hergé achètera une vieille ferme au bout d’un chemin creux. Dominique Maricq, un flibustier des Studios Hergé, est né dans ce coin de paradis champêtre, au pays folklorique des « Joyeux Turlurons » que l’on verra renverser le dictateur Tapioca dans Tintin et les Picaros… Il observe patiemment depuis sa naissance tout ce qui dans l’œuvre d’Hergé reliait l’auteur au Brabant wallon. Au fil du temps, il a collectionné les informations, les films super 8, les photos inédites ou les témoignages, de quoi remplir au bout de la route un livre de 160 pages richement illustré.

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