Un Prix du public à l’accent bruxellois

Julie Maroh était très émue sur la scène du grand théâtre d’Angoulême, où elle est venue chercher son Fauve : la petite statuette qui récompense son premier album, Le Bleu est une couleur chaude. Tiré à 5.500 exemplaires, son roman graphique a été rapidement épuisé et réédité, tant sa force d’émotion emporte les lecteurs, d’où qu’ils viennent. Julie dessine la difficulté de vivre la différence d’une jeune fille homosexuelle avec une sincérité désarmante. Née dans le Nord de la France, elle habite aujourd’hui Bruxelles, où elle a étudié la bande dessinée à l’Institut Saint-Luc et la lithographie à l’Académie des Beaux-Arts.

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Prise de catch au white-spirit

Le Frémok largue une bombe de BD alternative, née d’un affrontement de littératures graphiques dans la caserne de Rencheux, à Vielsalm.

Match de catch à Vielsalm n’est pas le nouveau film de Jean-Claude Van Damme, même si la star fait une apparition fugitive dans cet album de bande dessinée explosif, où les récits naissent du combat d’idées entre un bataillon d’artistes handicapés et un régiment underground d’auteurs contemporains.

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3 petits cochons anticapitalistes

Entre pamphlet social et conte illustré, Naf-Naf, Nif-Nif et Nouf-Nouf font de la BD prolétarienne : un pied de cochon à l’Oncle Disney.

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Le peintre dessiné

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Olivier et Denis Deprez, pionniers de la nouvelle bande dessinée belge, tirent un portrait de Rembrandt aux avant-gardes.

ENTRETIEN

Auteurs de bande dessinée ? Un métier pas honnête. Des cousins de fabricants d’idoles, ces frères Deprez ! Il vaudrait mieux pour la bonne éducation du monde brûler toutes ces images. Peintre à la Renaissance ? Un vrai boulot de saltimbanque. Rembrandt en savait quelque chose. Il a fini ruiné dans une charrette sur les routes du Rozengracht.

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Le nombre maudit de la carte à gratter de Thomas Ott

Le Suisse Thomas Ott est un monstre de la carte à gratter. Apôtre gothique du noir désespoir, il dessine selon ce procédé graphique ancestral un monde sans paroles aux atmosphères expressionnistes. Glacés comme un regard du Docteur Mabuse, ses albums fourragent dans les horreurs de la vie.

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Ada au pays des merveilles

Atak poétise la passion naissante entre la romancière juive Gertrude Stein, amie de Picasso, et Alice B. Toklas, sa secrétaire.

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Les vignettes d’amour de François Matton

Auteur parisien sans le moindre sens de l’aventure, François Matton voyage à travers les romans, les bandes dessinées et les livres culinaires. Il dessine les existences effacées au fond de petites cases proches des haïkus. Par-dessous, il se pose des questions sur la relation de l’homme au monde qui l’entoure. Amour, rêverie, ironie, désabusement… font le sel de ces chroniques de notre quotidien. Mais François Matton bascule aussi dans l’abstraction, l’esquisse, le pictogramme ou la case blanche.

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Carnet d’amour au féminin

aude.jpgAude Picault faisait partie de la sélection des albums essentiels du Festival d’Angoulême fin janvier avec  le premier tome de “Moi Je”, son  journal d’images intimes au dessin frais et spontané. D’une bouchée de traits ronds et sensuels, elle croque ses coups de foudre, ses placages, ses tentatives de zénitude, ses soirées cuite entre filles. La suite de ce petit livre qui trompe énormément tient dans la poche et dans le coeur, de quoi passer un beau moment avec une fille bien, pleine de bon sens, de talent et de charme graphique. Avec “Moi Je et caetera”, Aude Picault nous dit tout et ne nous cache rien du quotidien, du haut de la fraîcheur de ses vingt-cinq ans. C’est parfois perfide, souvent drôle et toujours plein de vie.

Moi Je et caetera, Aude Picault, Warum, 8 euros.