Les triangles roses de l’Allemagne nazie

Andreas, en 1934, avant Sachsenhausen. © Delcourt.

La sinistre étoile jaune a été imposée aux Juifs par les nazis de l’Office supérieur de la Sécurité du Reich en 1941. Ce n’était pas le seul symbole infamant imaginé par la dictature hitlérienne. Dans les camps de concentration, les homosexuels devaient porter le triangle rose. Le scénariste belge Michel Dufranne raconte l’histoire de ces déportés que l’Allemagne regardait comme « un péril pour la race car ils refusent de se reproduire ». En France, le gouvernement collabo de Vichy adoptera la même ligne à partir de 1942.

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Tardi a le polar meurtrier

« Ô Dingos, ô châteaux » de Manchette revisité à l’encre noire

Quand Manchette raconte que le fusil de Thompson lui pète à la gueule, que sa mâchoire vole et que ses mains sont arrachées par la déflagration, Tardi sort le crayon du grotesque pour désamorcer la violence. © Futuropolis.

Entretien

Jacques Tardi avait gribouillé Griffu avec Manchette, un polar format extra-large, arrosé de grands verres de Munich. C’était en 1977, au temps des scandales immobiliers parisiens et des truands véreux. Après ce thriller bien racleux, les deux artistes ont changé de bistrot et ne se sont plus revus. Mais depuis la culbute de Manchette, en 1995, Tardi a adapté Le petit bleu de la Côte ouest et La position du tireur couché en bande dessinée. Aujourd’hui, il s’attaque à Ô Dingos, ô châteaux ! Ce roman flingueur, hanté par Thompson, un tueur à gages lancé à la poursuite de Julie, une nurse pyromane, avait arraché le Grand prix de littérature policière en 1973. Noircie par Tardi, l’œuvre n’a rien perdu de son regard méchant sur la société de consommation, dont le petit Peter est l’enfant pourri : « Bang ! Bang ! Mort aux riches !!! »

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Au plus près des vérités humaines

Dans la peau d’un reporter de terrain, Davodeau dessine le quotidien d’un viticulteur, tandis que Sacco fait témoigner les « indésirables » à Malte. © Futuropolis.

Faire du BD journalisme, c’est manifester ses partis pris et un sentiment d’urgence qui font accéder le lecteur à un autre niveau d’information » : l’image est d’Art Spiegelman, le seul artiste de BD à avoir décroché un Prix Pulitzer, l’Oscar du journalisme.

De plus en plus d’auteurs travaillent pour des magazines dans lesquels ils rendent compte de l’actualité sans idées préconçues. Tous partagent la volonté d’aller au fond des choses, de poser un vrai regard sur ce qui passe, de faire entendre la voix du faible plutôt que celle des puissants. Sur ce terrain, le crayon est une arme discrète et redoutable qui permet d’interpréter la réalité. Le dessin peut transmettre la vérité essentielle d’un témoignage. lire la suite

Hitchcock effeuille une Pin-up belge

Joli casting pour Alfred Hitchcock dans le dixième tome de Pin-up ! © Dargaud.

Jeezus ! Pour le dixième tome de Pin-up, Yann et Berthet offrent un casting de rêve à Alfred Hitchcock. Le duo pousse l’héroïne de la série, Dorothy Partington, alias Dottie, sur le plateau du grand maître de la sueur froide, en 1946.

Hitch traverse une mauvaise passe. Ses deux derniers films ont fait un bide. Pour effacer le mortel ennui, il est décidé à se refaire une image avec Schizo, dont le synopsis joue avec les limites de la perversité raffinée. L’assassinat de Grace Mac Guffin, l’actrice principale, vient compromettre ce plan de carrière dans un horrible crissement de pneus.

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Caroline, c’est Tintin au féminin…

Caroline Baldwin est de retour pour un quinzième album. L’héroïne belge d’André Taymans se prépare aussi à déchirer la toile. Elle a trouvé son sosie avec Cendrine Ketels.

Caroline Baldwin dans « L’ombre de la chouette », un thriller belge au découpage très hollywoodien. © Casterman.

Maître du suspense pendu à la ligne claire, André Taymans a quinze années d’enquête derrière lui. Son héroïne, Caroline Baldwin est une fille débrouillarde, prête à prendre tous les risques pour démasquer les prédateurs. Depuis l’aventure d’Angel Rock, elle ne cache plus sa séropositivité, ce qui la rend à la fois plus fragile et plus forte. Caroline a l’habitude de tutoyer la mort. Rien ne peut plus lui faire peur.

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Pourquoi j’ai désobéi à la France

Etrange destin que celui d’Albert Clavier, cet engagé volontaire dans l’artillerie coloniale, passé au Vietminh pour ne pas trahir les idéaux de la République. En 1947, il embarquait pour Saigon. « L’Empire t’attend, engage-toi dans la Coloniale. » « Tu es un homme. Va en Indochine défendre la liberté. » La propagande officielle bourrait les crânes d’images sur la colonisation, jurant qu’il s’agissait d’élever le peuple indochinois arriéré au bonheur…

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Quelque chose en nous de King Kong

La vie selon Blutch ressemble à celle de Rastapopoulos : « un vrai ciné-roman » ! Son nouvel album, Pour en finir avec le cinéma, tourne la page de nos rêves de jeunesse, de nos amours mortes, de nos fantasmes inavoués… Dans la séquence d’ouverture, l’adieu à Paul Newman est aussi l’adieu au couple, fatigué de vivre ensemble, Marqué par la haine, où l’on flingue le passé avec la brutalité d’un western.

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Yes we Kant : le rire philosophe

Poupoupidieu : un sacré gag philosophique de saint Thomas d’Aquin. © Dargaud.

Jul et Charles Pépin démystifient trois mille ans de pensée mondiale dans un livre définitif sur l’être, le néant et l’équilibre cosmique.

Jul, un cartooniste au trait mordant comme le chien de Diogène, et Charles Pépin, l’écrivain qui couche les philosophes sur le divan, jettent une lumière nouvelle sur les vérités métaphysiques.

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Nom d’une pustule, revoici Kid Paddle

Le Kid est l’un des héros les plus attendus de la rentrée BD. © Mad Fabrik.

Après quatre ans d’absence, le temps de remplir une piscine de salive et de gommer les Blorks de l’univers, Kid Paddle revient jouer avec nos petits nerfs fragiles.

Kid Paddle a pété un plomb après onze albums parus chez Dupuis et une exposition de monstres innommables. Son créateur, Midam, a décidé de fonder sa propre maison d’édition pour le reprendre en mains. Depuis, son « cervoo » a mûri. Il a arrêté la moutarde congelée, le piment pour les yeux et l’acide moléculaire lourd. Mais ça, vous ne le répétez à personne !

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Délivrez-nous du mal

Pourquoi, depuis la nuit des temps, l’homme est-il tiraillé entre le Bien et le Mal ? Damien Perez et Sophie Ricaume trouvent un début de réponse à cette question éternelle dans Le Jugement dernier du peintre belge Jérôme Bosch.

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