Rouge comme l’amour de Mao

Bande dessinée « Une vie chinoise » – feuilletable dès aujourd’hui sur lesoir.be

Vive le président Mao ! De nombreux Chinois ont appris à parler en prononçant le nom de Mao : une question de fierté familiale, à l’époque où le pays vivait refermé sur la pensée du Grand Timonier. Aujourd’hui, l’ouverture au capitalisme a jeté les idéaux du petit livre rouge maoïste à la mer. Là où la population mettait tout son zèle à dénoncer l’enrichissement personnel et le luxe bourgeois, tout le pays spécule désormais en Bourse. Les Chinois s’affichent en leaders de la course à la consommation.

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« On ne prend pas de risques en écrivant sur Mao »

ENTRETIEN

Li Kunwu est dessinateur de bande dessinée depuis plus de trente ans, avec autant d’ouvrages à son effectif. Très populaire dans sa province, le Yunnan, il prend plaisir à raconter le quotidien et la vie des nombreuses minorités culturelles qui y vivent. Il y a cinq ans, une rencontre le dirige vers un nouveau projet : celle de P. Ôtié, Occidental, les yeux bleus, son contraire. Et pourtant, une passion commune pour le dessin, les scénarios et la politique. En résulte une trilogie de manhuas appelée Une vie chinoise. Le premier tome, qui vient de sortir, expose la vie d’un homme sous le régime maoïste. Un regard de l’intérieur, de grands élans d’espoir, des drames innommables. Et une plongée réussie dans la Chine du XXe siècle.

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La quête du bonheur

L’histoire d’Ahko démarre dans la débrouille, au McDo, où les laissés-pour-compte du miracle économique chinois déjeunent de promos. L’un d’entre eux se blesse à la jambe et la modernité s’efface brutalement, faisant ressurgir les croyances ancestrales. Faute d’argent pour acheter les médicaments, ses potes entament une chasse au chien.

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Des rêves pour changer le monde

Songyangart est le plus explosif des auteurs de manhuas. Peintre, musicien, créateur de jeux vidéo, animateur de télé, il réinvente le langage des cases.

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Le monde idéal du manhua

En moins de dix ans, la Chine a éveillé ses artistes à la bande dessinée : l’Occident n’a qu’à bien se tenir.

Des centaines d’auteurs de manhuas venus de Chine produisent désormais des séries à succès dont les ventes dépassent les 20 millions d’exemplaires. Pékin a mis en place un comité ministériel chargé « d’accélérer le développement de cette industrie », dont les fleurons ont les honneurs d’un Pavillon chinois dans la cour de l’hôtel de ville d’Angoulême. L’objectif de la Chine est clair : « Satisfaire les fans de bande dessinée du monde entier, en exportant des histoires originales chinoises ».

Tianjin Creation World Comic Co LTD est le fer de lance de ces studios de manhuas dont les créations sont tournées vers l’Occident. Fondé en 1995 par Chen Weidong, il rassemble le plus grand nombre d’artistes. Ce magicien de l’émotion compte plus de trois cents albums à son actif et son studio figure parmi le top 10 des valeurs culturelles chinoises à l’exportation.

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