Liberté de la presse, le canari dans la mine

La lumière du printemps hésite encore à se poser tendrement sur Pérouse, en Ombrie. Dans les rues du centre-ville, entre les bâtiments majestueux aux façades ocre, des dizaines d’hommes et de femmes se pressent, s’agitent. Ils sont tous « badgés » et portent des sacs en bandoulière remplis de journaux, d’ordinateurs et de carnets de notes.
Bienvenue au Festival international du journalisme, le rendez-vous le plus célèbre et le plus couru de la profession. Cinq jours de rencontre, 300 conférences et débats, 700 orateurs. Un torrent de mots et d’images…entre un Prosecco au bar de l’hôtel Brufani, des pâtes à la truffe près de la Fontana Maggiore, une crème glacée à la pistache sur la Piazza Italia et une escapade à Orvieto.
Les mots qui annoncent les tables rondes n’ont, pourtant, rien d’estival: migrations, violences sexuelles, surveillance, guerre, Yémen, Mossoul, Turquie, ligne de front, extrême droite, mafia. Trois semaines avant la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai prochain, le Festival de Pérouse donne le ton. Sur une note grave.
Cette année, le Mexique, l’un des pays les plus dangereux au monde pour la presse, est de nouveau à l’affiche, avec un titre sans équivoque: « si tu écris, tu meurs ». La crise des Rohingyas en Birmanie et la guerre sans fin en Syrie font bien sûr l’actu. Mais il n’y est plus seulement question de pays autoritaires exotiques dans lesquels par définition le journalisme est traqué, voire interdit. L’Europe, la vieille et placide Europe, est elle aussi au programme. Pour des assassinats de journalistes: Daphné Caruana Galizia, tuée dans sa voiture piégée à Malte, Jan Kusiak, exécuté avec sa fiancée en Slovaquie. En Italie, selon Ossigeno per l’informazione, plus de 60 journalistes auraient déjà été menacés cette année par le crime organisé. Mercredi, sur la scène de la Sala del Dottorato de l’université, 4 journalistes italiens sont venus témoigner. Deux vivent sous protection policière.
Coïncidence? Au début de cette semaine, au lendemain de la victoire du très « illibéral » Viktor Orban en Hongrie, une délégation du Comité de protection des journalistes, menée par la journaliste américano-hongroise Kati Marton, est venue rappeler à l’Union européenne que la liberté de la presse est comme le canari dans la mine. Son évanouissement annonce le coup de grisou. Un peu partout, en effet, les normes de civilité se relâchent et les politiciens populistes se lâchent. « Vous faites un métier de merde », tonne Jean-Luc Mélenchon, à l’adresse des journalistes couvrant la grève de la SNCF. « Journalopes, pressestituées », scande, sexiste, l’extrême droite. « Les journalistes sont des bâtards, il faut tous les assassiner », éructe Alessandro Battista, le numéro 3 du Mouvement 5 Etoiles du (si peu) « comique » Beppe Grillo. Continuer la lecture

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Cette Amérique qui marche pour nous

L’Amérique est de nouveau en marche. Une « certaine Amérique », celle qui a de tout temps sauvé l’honneur d’un pays hanté par la violence, la ségrégation et l’Empire. Samedi dernier, des centaines de milliers d’Américains, des jeunes surtout, ont envahi les avenues des grandes villes pour dire non aux armes. Non à ces armes qui tuent chaque année des milliers de personnes et sèment à intervalles réguliers la terreur dans les écoles. Non à la National Rifle Association, ce lobby agressif et arrogant qui prend la démocratie en otage.
En cette année commémorative de « Mai 68 », certains seront tentés de faire le lien avec les rébellions, il y a 50 ans, sur les campus de Berkeley ou de New York. Et pourtant, il n’y a pas grand chose de commun entre le gauchisme des années 1960 et cette vague d’indignation et de mobilisation provoquée par la « tuerie de trop », le 14 février dernier, à Parkland en Floride. Le mouvement qui se développe aujourd’hui s’inscrit en effet dans une autre tradition que celle, échevelée, anti-système de l’extrême gauche des Sixties. Il n’est pas en rupture avec le « rêve américain », mais il en propose une exégèse inspirée par la décence et la raison. Séduit, le chroniqueur conservateur du New York Times, David Brooks, a même qualifié la foule de marcheurs de « généreuse et de gracieuse » et a souligné « leur foi dans le système démocratique ». Continuer la lecture

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Liberté d’expression et désinformation : “la vertu, cinquième colonne du vice”

Nos sociétés occidentales, nous serine-t-on depuis des années, sont de plus en plus séculières. Et pourtant, de plus en plus de gens parlent comme des clercs. Des gouvernements voudraient nous protéger contre les pensées mauvaises, les idées erronées et les faux prophètes. Comme s’ils voulaient restaurer l’index et l’imprimatur, en créant des organes de validation des « faits vrais », en favorisant la « bonne parole », en classant les sites d’information selon qu’ils méritent le paradis, le purgatoire ou l’enfer, en plaçant à gauche ou à droite de Dieu les mauvais et les bons. Comme si les citoyens de nos vieilles démocraties étaient d’indécrottables et vulnérables moutons, face au Malin, à ses pompes et à ses oeuvres.
La volonté des gouvernants de protéger leur population contre la désinformation ou le discours de haine est sans doute, la plupart du temps, honorable. L’utilisation stratégique d’Internet et des réseaux sociaux par des usines à trolls russes ou des sbires djihadistes n’est pas du tout rassurante. Les théories du complot et la désinformation qui prolifèrent dans la cour des miracles de nos sociétés désemparées sont sidérantes. « La méchanceté » sur Internet comme la dénonce, dans son dernier livre, François Jost, est insupportable.
Vade retro satanas, donc! Alors, on crée un bureau de la vérité au sein du Service européen d’action extérieure pour traquer les mensonges de la Russie et de ses acolytes. L’Allemagne édicte une loi, mal ficelée, sur les fausses informations et le discours de haine et le président Macron annonce dans la foulée qu’il usera du sabre et du goupillon pour démasquer et punir ceux qui, à l’approche d’élections, se donnent pour mission de mentir et de médire. Continuer la lecture

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Marion en Amérique. Une certaine idée de la France…

La présence de Marion Maréchal-Le Pen au congrès annuel du Comité conservateur d’action politique (CPAC), la semaine dernière à National Harbor, près de Washington, a sans doute surpris les membres les plus « franchouillards » du Front national. L’anti-américanisme ne fait-il pas partie de l’ADN de l’extrême droite française? L’hostilité au capitalisme et à l’impérialisme anglo-saxons, le rejet du libéralisme politique et de la culture de masse hollywoodienne, les fantasmes sur le « lobby juif » new-yorkais, ont traditionnellement alimenté les cercles ultras de l’Hexagone, des nostalgiques de Pétain aux groupes identitaires et aux catholiques intégristes.
Ces dernières années, c’est la Russie de Vladimir Poutine et le « néo-eurasisme » d’Alexandre Douguine qui semblaient attirer le Front national. Ainsi, en novembre 2016, lors d’un voyage de Marion Maréchal-Le Pen à Moscou, le magazine L’Express titrait sur la « russophilie » de la nièce de Marine. « Invitée par l’Institut d’Etat des relations internationales de Moscou (MGIMO), l’élue varoise a vanté le “destin commun” de la France et de la Russie et longuement décliné les positions pro-russes de son parti, critiquant le “rôle délétère” de l’Otan et de l’UE dans le conflit ukrainien, écrivait l’hebdomadaire. Elle a célébré la Russie comme un « partenaire incontournable », qui a su « défendre ses racines » face à “l’uniformisation du monde” et au « multiculturalisme ».
A National Harbor, Marion Maréchal-Le Pen s’est décentrée par rapport à cet héritage, car l’élection du « national-populiste » Donald Trump a, dans une certaine mesure, changé la donne. Continuer la lecture

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Quand Churchill et Kay Graham entraient en résistance

« Nous nous battrons sur les plages, nous nous battrons sur les terrains de débarquement, nous nous battrons dans les champs et dans les rues, nous nous battrons dans les collines ». Nous sommes le 4 juin 1940, pendant ces « heures sombres » où l’Angleterre est seule face à l’Allemagne nazie. Le Premier ministre conservateur Winston Churchill harangue la chambre des Communes. Malgré la Bliztkrieg, malgré la reddition de la Belgique et la capitulation de la France, le Vieux Lion fait face. Il ponctue son discours d’un têtu « Nous ne nous rendrons jamais ». La salle explose sous les vivats. Et l’histoire de la Seconde guerre mondiale prend un autre cours.
« Allez-y». Nous sommes le 18 juin 1971. Les linotypes ont coulé le plomb. Les rotatives du Washington Post sont prêtes. Toute une rédaction attend, tendue, grave, au bord de l’euphorie ou de la révolte. Katharine Graham, la « patronne », doit choisir: publier ou ne pas publier. Le rédacteur en chef, Ben Bradlee, attend son feu vert pour prendre le relais du New York Times, empêché par la Justice de continuer à révéler les Dossiers du Pentagone, l’histoire secrète, brutale, fourbe, de la guerre du Vietnam. Le risque est immense: l’accusation de trahison, la prison, la ruine du journal familial. « Allons-y. Publions! » La phrase tombe. Et dans les ateliers du Post, un ouvrier du livre presse un bouton. Les rotatives s’ébranlent. La salle de rédaction explose sous les vivats. Et l’histoire du journalisme prend un autre cours.
Est-ce une coïncidence? Est-ce l’air du temps qui fait émerger d’improbables convergences? Deux films aujourd’hui à l’affiche rendent un hommage vibrant au courage et à la liberté. Au courage dans la défense de la liberté. Bien sûr entre Londres en 1940 et Washington en 1971, les enjeux n’étaient pas pareils. L’affrontement de Churchill avec le totalitarisme nazi engageait la survie de la nation britannique et de la civilisation occidentale. Le combat de « Kay » Graham et de « Punch » Sulzberger, le patron du New York Times, testait les fondements d’une République qui avait toujours prétendu faire de la presse le chien de garde d’institutions immanquablement, médiocrement, tentées par l’arbitraire et l’abus de pouvoir. Continuer la lecture

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Comment peut-on être un évangélique sous Donald Trump?

En novembre 2016, 81% des électeurs évangéliques blancs ont choisi Donald Trump. Un an plus tard, même si sa popularité a chuté au sein de cette communauté de foi, les « born again » constituent encore un noyau dur de son électorat. 35% des Républicains sont membres d’Eglises évangéliques blanches, comme la Convention baptiste du Sud.
Cet appui apparaît, à première vue, paradoxal. Depuis des décennies, depuis surtout ces années 1930, où une « autre Amérique » se mit en mouvement, autour du New Deal de Franklin Roosevelt et du mouvement pour les droits civiques, les évangéliques blancs n’ont eu de cesse de condamner les « moeurs dissolues » des politiciens, libéraux et libertins, de Washington. C’est de leurs rangs qu’émergea, lors des années 1980, la Majorité morale, qui fit de la dénonciation de « l’Amérique pécheresse » l’un de ses combats les plus enfiévrés. C’est parmi eux que le président Bill Clinton, empêtré dans l’affaire Monica Lewinsky, trouva ses détracteurs les plus enflammés.
Tous les évangéliques blancs ne sont pas ultra-conservateurs. Tous, même ceux qui ont voté pour Donald Trump, n’approuvent pas ses frasques passées ni certaines de ses politiques présentes. Mais des dirigeants influents de cette constellation de dénominations religieuses ont mis les wagons en cercle autour de sa présidence assiégée. Continuer la lecture

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« Mon pays n’est pas un trou à m… »

Elle s’appelle Consuelo de Saint-Exupéry, née Suncin Sandoval le 16 avril 1901, dans la ville d’Armenia au Salvador. Elle a étudié à San Francisco et Mexico, travaillé comme journaliste au Mexique, rencontré Maurice Maeterlinck à Paris. En 1931, elle a épousé Antoine de Saint-Exupéry, lorsqu’il volait pour l’Aéropostale, qui reliait la France à l’Argentine. Elle a inspiré une chanson qui parle de son angoisse, quand son aimé « s’envolait dans la nuit par-dessus la terre et l’eau ». « Elle pleure, elle pleure quand son amour traverse l’Atlantique-Sud dans un petit avion de fer dans les orages et les éclairs », chantent Alain Souchon et Laurent Voulzy. Après la défaite de juin 40, elle s’est retrouvée à la villa Air-Bel, à Marseille, aux côtés de Varian Fry, le premier Américain sacré Juste parmi les Nations, l’homme qui sauva des centaines d’intellectuels et artistes anti-nazis, dont Hannah Arendt, Stéphane Hessel et Marc Chagall. En 1941, elle a rejoint la résistance dans le Luberon, rencontré André Breton et Max Ernst. Réfugiée aux Etats-Unis, elle a accueilli dans« la maison du Petit Prince », à Long Island, les exilés Jean Gabin, Marlène Dietrich, Denis de Rougemont. Non, son pays à elle n’est pas un trou à m… Continuer la lecture

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L’Europe ira donc valser à Vienne

Cet hiver, on ira donc skier au Tyrol, se gaver de Knödel et s’enivrer au Grüner Veltliner. Sans la moindre gêne. Sans ce sentiment de culpabilité qui avait saisi pas mal d’Européens en 2000, lorsque les conservateurs du Parti populaire autrichien (ÖVP) avaient déjà invité le Parti de la liberté (FPÖ, extrême droite) au gouvernement. A l’époque, des responsables politiques européens s’en étaient indignés. Certains, à l’exemple de Louis Michel, alors ministre des Affaires étrangères, avait même appelé à ne pas aller en vacances dans un pays qui avait rompu un tabou de la construction européenne (1).
Le FPÖ dispose aujourd’hui d’un pouvoir exceptionnel au sein du gouvernement autrichien. Il contrôle en particulier les ministères de l’Intérieur, de la Défense et des Affaires étrangères. Le contexte d’une poussée générale du national-populisme en Europe est par ailleurs bien plus inquiétant qu’en l’an 2000. Mais, à Bruxelles, « on ne fera rien ». Le commissaire européen Pierre Moscovici a bien estimé « que la présence de l’extrême droite n’est jamais anodine » et invité à « la vigilance », mais Jean-Claude Juncker et Donald Tusk, tous deux membres du Parti populaire européen, dont fait partie l’ÖVP, ont validé le nouvel attelage. La plupart des chefs de gouvernement, même ceux qui disent « ne pas partager les idées d’un des partis de la coalition », se défaussent, en promettant, « qu’ils jugeront sur pièces ». Bruxelles ne refusera pas l’invitation d’aller valser à Vienne. Continuer la lecture

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La modération est un acte de courage

L’indépendance de la Catalogne. Jérusalem. Le « dossier migratoire ». L’inextricable conflit syrien. La question fuse, menaçante: « Tu es avec nous ou contre nous? ». Des lignes sont tracées dans le sable. Les discussions s’enflamment. Et les anathèmes volent au-dessus du fossé des différences.
Comment, dans cette ambiance, ne pas revenir aux propos de Laurent Demoulin, le Prix Rossel 2017, dans l’interview qu’il a accordée au Soir. « Etre pour la tolérance, pour la nuance, devient une position courageuse, étrangement », confiait-il. Quelques semaines plus tôt, dans l’hebdomadaire L’Obs, le doyen du journalisme français, Jean Daniel, s’agaçait lui aussi de cette polarisation, à propos d’un débat entre les éditorialistes de Marianne et de Libération « censé séparer les « islamophobes » et « islamophiles ». « Selon Jacques Julliard, écrivait-il, trop d’intellectuels font preuve d’indulgence à l’égard de nos concitoyens musulmans qui s’abandonnent à un islamisme plus ou moins totalitaire. Pour Laurent Joffrin, au contraire, nos intellectuels sont de plus en plus nombreux à surestimer les dangers des dérives de l’islam. Après cette polémique, se rassurait-il, on les a vus tous deux se rejoindre sur le fait qu’il y a des défauts et des dangers dans les deux camps ». Continuer la lecture

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Le califat virtuel mis sous pression

Comment neutraliser les sites djihadistes qui engorgent Internet et les réseaux sociaux? En bombardant les lieux de production de contenus et en éliminant ceux qui les animent, a répondu la coalition militaire anti-Daech. Résultat, comme l’explique Charles Winter, chercheur au King’s College de Londres, alors qu’en été 2015, l’organisation djihadiste sortait chaque semaine plus de 200 « produits » (vidéos, séquences radio, magazines, etc.), elle n’en diffuse plus aujourd’hui qu’une vingtaine. Le rétrécissement du territoire physique contrôlé par l’Etat islamique en Syrie et en Irak s’est accompagné d’un ratatinement du « califat virtuel », spécifiquement visé par les frappes aériennes.
Toutefois, si la propagande de Daech « est en lambeaux, ajoute le chercheur, le problème n’a pas disparu. Il a juste changé». Ainsi, le traçage des communications de l’auteur du récent attentat de New York n’est guère rassurante. Selon le New York Times, le terroriste aurait suivi à la lettre les conseils que donnait en novembre dernier la revue djihadiste, Rumiyah, pour faire le maximum de dégât avec un camion bélier. Il suffit de quelques clics, notait le journaliste du quotidien new-yorkais, pour y avoir accès.

Répondre au terrorisme
De nouveau, que faire? La réaction, naturelle, immédiate, est de se tourner vers les grandes plateformes numériques. Accusées d’avoir fait preuve de laxisme face aux groupes terroristes, celles-ci s’empressent désormais de démontrer leur bonne foi et leur bonne volonté. En juin, Twitter, Facebook, YouTube et Microsoft ont annoncé la mise sur pied du Global Internet Forum to Counter Terrorism et leurs juristes passent de conférences en colloques pour expliquer encore et encore leurs protocoles et leurs critères. Comme lors du séminaire de haut niveau organisé à la mi-octobre à Bruxelles par le Counter Extremism Project. Twitter a supprimé 300.000 comptes liés à des organisations terroristes au cours des six premiers mois de l’année et, il y a quelques jours, YouTube a largement bloqué les vidéos d’Anwar al-Awlaqi, un prêcheur extrémiste tué il y a six ans par un drone américain, mais encore considéré comme le principal recruteur djihadiste dans le monde anglophone. Continuer la lecture

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