Votre maman vous dit: je t’aime? Vérifiez-le!

Fake news! L’expression colle à l’actualité comme un sparadrap aux doigts du capitaine Haddock. Certes, les « infox », comme les appelle l’Académie française, « ces informations fausses ou biaisées, sciemment diffusées pour en retirer un profit pécuniaire ou politique », ont toujours existé, mais la puissance des réseaux sociaux et l’utilisation stratégique qu’en font des individus, des groupes et des Etats mal intentionnés ont donné à ce phénomène une résonance exceptionnelle.
Qu’un gouvernement, comme dernièrement celui de Charles Michel, cherche à traquer l’infox pour « que l’action politique soit confrontée à la réalité, à la vérité des faits », apparaît donc de prime abord salutaire. De nombreuses institutions d’ailleurs s’en préoccupent déjà, en premier lieu la Commission européenne, qui a publié en mars dernier un rapport d’experts de haut niveau. Des associations, comme Reporters sans frontières ou l’Union européenne de radio-télévision, s’évertuent elles aussi à établir des « appellations d’origine contrôlée», censées garantir la véracité des informations et le sérieux des médias.
Prudence, toutefois. « Le label de fake news est trop dangereux pour que nous le fassions circuler sans réfléchir », prévenait début octobre, devant la Société britannique des rédacteurs en chef, le directeur général de la BBC, Tony Hall. Dans les associations de défense des libertés, les fake news ont évidemment très mauvaise presse, mais les tentatives d’y mettre fin posent aussi question: comment ne pas porter atteinte à la liberté d’expression? Comment s’assurer qu’un média qualifié de « crédible » par les gardiens auto-proclamés de la vertu soit toujours « dans le vrai »? On se souvient des erreurs majuscules du New York Times qui, malgré sa réputation de « journal de référence », diffusa en 2002 et 2003 des informations fallacieuses sur l’Irak. Les Décodeurs du journal Le Monde appellent d’ailleurs à la prudence à propos de leur propre journal: « n’hésitez pas à confirmer l’information en croisant avec d’autres sources et en remontant à son origine », préviennent-ils. Comme le disent les briscards du journalisme anglo-saxon, « votre maman vous dit: je t’aime? Vérifiez-le ».  Continuer la lecture

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Aung San Suu Kyi: une ligne rouge pour le Prix Nobel

« Ni le testament d’Alfred Nobel ni les statuts de la Fondation Nobel n’ouvrent la possibilité qu’un prix Nobel -que ce soit en Physique, Chimie, Médecine, Littérature ou Paix– soit retiré ». Le secrétaire du Comité Nobel norvégien, Olav Njølstad, ne pourrait être plus clair. Comme le soulignait déjà l’année dernière son président, « ce n’est pas notre rôle de surveiller et de censurer ce que fait un lauréat après avoir reçu son Prix ».
Vraiment? La controverse a inévitablement accompagné l’octroi du Prix Nobel de la Paix, un choix qui est toujours éminemment politique. La sélection en 1973 de l’ex-secrétaire d’Etat américain Henry Kissinger et de son homologue vietnamien Le Duc Tho, celle, en 1978, d’ Anouar el-Sadate et de Menachem Begin, avaient en particulier suscité de vives polémiques.
Aujourd’hui, c’est au tour de Daw Aung San Suu Kyi, première ministre de facto du Myanmar, d’être au coeur du cyclone. Mais le Comité Nobel norvégien ne pourra pas échapper à la tempête par un simple rappel de ses règles de fonctionnement. Pour la première fois, en effet, une lauréate du Nobel de la Paix, est accusée, par des rapporteurs des Nations unies, de passivité, voire de complicité, dans les crimes contre l’humanité et crimes de génocide perpétrés par une armée birmane qu’elle est censée contrôler. Le rapport publié à la mi-septembre par une équipe d’enquêteurs de l’ONU est ravageur: il décrit des atrocités sans nom à l’encontre de musulmans apatrides Rohingyas, le recours massif aux viols, à la torture et aux exécutions sommaires, l’épuration ethnique, la destruction de centaines de villages, le déplacement et l’exil de centaines de milliers de personnes. Continuer la lecture

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Le Canada, l’Arabie saoudite et l’Europe Ponce-Pilate

Le choix était simple. D’un côté, Chrystia Freeland, la ministre libérale des Affaires étrangères du Canada; de l’autre, le prince héritier et vice-premier ministre saoudien, Mohammed ben Salmane. Avec, entre les deux, un tweet, diffusé début août, dans lequel la ministre canadienne demandait la libération par Riyad de militantes des droits des femmes, dont Samar Badawi, et de son frère, Raif, le blogueur condamné à dix ans de prison et à mille coups de fouet pour « blasphème ».
En cette année où l’on célèbre les 70 ans de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, ce tweet aurait dû être la réaction par défaut de tous les pays démocratiques. D’autant plus que le royaume saoudien prétend qu’il s’est engagé dans un vaste programme de réforme, censé moderniser un pays engoncé depuis sa création dans l’autoritarisme politique et le fondamentalisme religieux.
Ce message a au contraire déchaîné un véritable simoun entre Riyad et Ottawa. L’Arabie saoudite a déclaré l’ambassadeur canadien persona non grata, interdit les vols aériens sur Toronto et rappelé les milliers d’étudiants saoudiens résidant au Canada.
Pire encore, le Canada s’est retrouvé isolé, lâché par ses plus fidèles alliés. Continuer la lecture

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Daniel Orban et Viktor Ortega. “Ils ne sont décents que lorsqu’ils sont impuissants”

Le 24 janvier 2012, nous avions publié une chronique sur Viktor Orban et Daniel Ortega, deux personnes qui sont aujourd’hui, de nouveau, encore, au coeur de l’actualité. L’un se disait démocrate-chrétien, l’autre socialiste. Ils étaient et ils sont interchangeables. Six ans ont passé, mais l’article, malheureusement, n’a pas pris une ride.  Parce que ceux qui auraient pu faire pression sur eux et les ramener à la raison, d’un côté, le Parti populaire européen et, de l’autre, l’Internationale socialiste, ont “procrastiné”, préférant “le parti” aux valeurs. Trop peu, trop tard. Retour sur un immense ratage. Continuer la lecture

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Migrations: la presse “interdite de séjour”

La controverse déclenchée par l’arrestation administrative, mercredi, d’une équipe de la RTBF qui filmait aux abords du centre fermé pour demandeurs d’asile, à Steenokkerzeel, sera sans doute traitée par le gouvernement comme un « court mauvais moment » à passer. Après quelques jours, l’affaire fera partie de l’histoire des « recadrages » officiels et sera promptement oubliée (1).
Et pourtant, cet incident n’est pas mineur si on le replace dans le contexte plus large de la gestion médiatique des politiques migratoires. Comme le dénonçait au début de la semaine un rapport de Reporters sans frontières, la presse qui couvre ces dossiers est de plus en plus mise sous pression, partout dans le monde. « Des obstacles sont délibérément mis en place par les États pour entraver la couverture médiatique de la plus grave crise humanitaire du début du XXIe siècle », écrit l’ONG.
L’enjeu politique du sujet est tel que les gouvernements tentent de maitriser à tout prix « le poids des mots et le choc des photos ». En septembre 2015, la photo du petit Aylan Kurdi, cet enfant de 3 ans échoué sans vie sur une plage turque, avait fortement ébranlé l’opinion et créé un moment de flottement parmi des responsables politiques guidés par une politique de fermeture et de fermeté. Les vidéos de naufrage en mer Méditerranée ont eu un effet similaire, du moins dans un premier temps, jusqu’à ce que l’on ne sache plus très bien, au vu des résultats électoraux italiens, si elles suscitent un sentiment d’humanité et de solidarité ou si elles créent aussi, dans d’autres milieux, le rejet et la « fatigue de la compassion ».
Aux Etats-Unis, la photo, déjà iconique, de la petite fille latino-américaine en pleurs (une photo qui a suscité une vive controverse, voir Note 2) a sans doute joué un rôle crucial dans la prise de conscience de l’inhumanité d’une politique de séparation parentale appliquée sans état d’âme. Elle a ému jusqu’à la Première dame, forcé des pasteurs évangéliques ultra-conservateurs et partisans de Donald Trump à exprimer leur désaccord et finalement amené le Président à réviser en partie cette politique contestée. Continuer la lecture

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Il n’y a pas de Happy End au populisme

En octobre 1931, Le Soir publiait le testament de Lauro de Bosis. Un texte de six pages dactylographiées, intitulé « L’histoire de ma mort », adressé à ses amis et à son amie américaine, l’actrice Ruth Draper. Quelques jours plus tôt, ce jeune Italien s’était envolé de Corse aux commandes d’un Pegasus et avait largué une pluie de tracts anti-fascistes au dessus de Rome. Avant de s’abimer en mer. « Personne ne prend le risque du fascisme au sérieux, écrivait-il. C’est pour cela qu’il est nécessaire de mourir. J’espère qu’après moi, d’autres soulèveront l’opinion et récolteront ce que j’ai semé ».
Mussolini, dit-on, piqua une colère noire quand il prit connaissance de cette action qui ridiculisait sa force aérienne. Mais personne ne se souleva. Les semences que Lauro de Bosis avait lancées disparurent dans l’ivraie du fascisme triomphant. En ce début des années 1930, les trains arrivaient à l’heure, la malaria reculait dans les marais pontins au sud de Rome, la mafia sicilienne se tenait à carreau et le drapeau impérial italien flottait sur la Cyrénaïque et la Tripolitaine…
Cette folle équipée, que raconte Caroline Moorehead dans son dernier livre A Bold and Dangerous Family (Vintage, 2018), pourrait n’appartenir qu’à l’histoire. Le hasard a voulu que je l’aie lu au moment de l’arrivée au pouvoir à Rome d’une coalition détonnante entre un parti d’extrême droite, La Ligue, et une formation populiste « non identifiée », le Mouvement 5 Etoiles. L’histoire ne se répète pas, elle bégaie, dit-on. Sans doute, mais, comme le martelait le philosophe George Santayana, « ceux qui ne peuvent se souvenir de leur passé sont condamnés à le répéter ». Continuer la lecture

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“La presse est le tocsin de la nation”

Les extrémistes n’ont jamais aimé les journalistes. Spécialistes des formules fourre-tout et à l’emporte-pièce, ils ne voient dans cette profession que des « journalopes » ou des « presstituées ». Mais les « gauchos » et les « fachos » n’ont pas le monopole du média bashing. Un peu partout, la dénonciation grossière de « la » presse est devenue un signe de radicalisation, voire d’encanaillement, de personnes jusque-là apparemment raisonnables et modérées. Les réseaux sociaux ont donné à cette hargne un espace d’expression exceptionnel, comme l’analyse François Jost dans son récent essai La méchanceté en actes à l’ère numérique.
La tentation est grande dans la profession de hausser les épaules. Les pourfendeurs les plus bruyants du « voyeurisme » de la presse ne sont-ils pas ceux-là même qui font la fortune des paparazzi ? Les « critiques média » les plus véhéments ne sont-ils pas à l’image de ces sites de ré-information qui fabriquent des fake news à la chaîne et recyclent à tout va les inoxydables théories du complot?
Le niveau d’hostilité et d’agressivité est devenu tel, toutefois, qu’il ne devrait pas susciter l’indifférence. Il crée une atmosphère qui permet de justifier des entraves à l’information, comme le démontrent les exclusions de plus en plus fréquentes décrétées contre des journalistes considérés comme dérangeants. Il représente une réelle intimidation, lorsqu’il débouche sur des campagnes massives sur les réseaux sociaux, comme l’ont vécu ces dizaines de journalistes juifs américains, traqués par une Alt-Right galvanisée par la victoire de Donald Trump. Il accroît le risque de violences, comme le vivent de plus en plus souvent les reporters qui couvrent des manifestations de rue. Continuer la lecture

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« James, vous êtes avec moi ou contre moi ?»

Mensonges et vérités: le titre de la version française des Mémoires de l’ex-patron du FBI (Flammarion, 2018) a sans doute été choisi pour sa simplicité manichéenne. Brutalement congédié par Donald Trump le 9 mai 2017, James Comey est sans conteste un personnage clivant. Les Démocrates ne lui pardonnent pas d’avoir rouvert l’enquête sur les courriels de Hillary Clinton, à quelques jours de la fatidique journée électorale du 8 novembre 2016. Les partisans de Trump le prennent pour un ennemi juré, proche du vieil Establishment républicain, décidé à engluer « leur » Président dans le goudron des accusations de collusion avec la Russie. Son bilan à la tête du FBI est également contesté: le 14 mai, le magazine Time lui imputait même une grande part de responsabilité dans la crise de crédibilité dont souffre le Bureau fédéral d’investigation.
James Comey aurait pu faire de son livre un « rétablissement de la vérité ». Face à un président qui a converti la demi-vérité, voire le mensonge, en mode de gouvernement, il n’aurait pas eu trop à faire. Mais c’est le titre original en anglais, Higher Loyalty (Une plus haute loyauté) qui révèle le propos de ce livre qui s’est déjà vendu à plus de 600.000 exemplaires. Au fil des pages, l’auteur martèle qu’une stricte l’indépendance doit guider les relations entre l’agence fédérale et le monde politique. Barack Obama, rappelle James Comey, l’avait bien compris. Après avoir approuvé sa nomination en 2013, le Président démocrate l’avait invité à un tête à tête à la Maison blanche. « Ce serait la dernière fois qu’ils se verraient ainsi en privé », avait souligné le Président, afin de ne pas compromettre l’impartialité et même « l’apparence d’impartialité » du FBI. Continuer la lecture

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Quand la vérité est un atout dans la guerre

Depuis la dénonciation d’une nouvelle attaque chimique le 7 avril en Syrie, suivie de raids des Etats-Unis, de la France et du Royaume Uni, la polémique sur la véracité de l’information fait de nouveau rage. Les pays occidentaux tonnent, accusant le régime syrien et ses alliés russes. Et ces derniers ripostent. «Montage, intox, aucune preuve“, clament-ils. Circulez, il n’y a rien à voir. Comme il n’y a rien à voir dans l’empoisonnement de l’ex-agent russe Skripal en Angleterre. Ou dans la destruction de l’avion de la Malaysia Airlines au-dessus de l’Ukraine…
En Occident, personne ne doute que la Russie est passée maître dans la « weaponisation » (arsenalisation) de l’information. « Le but n’est pas d’établir la vérité, mais de créer la confusion », dit en substance une récente étude de la Rand Corporation. Afin que l’opinion se dise, désabusée: « Tout le monde ment ». Le conflit syrien a exacerbé ce règne de la suspicion. Le régime s’appuie sur un réseau d’officines de ré-information et d’ «invités spéciaux », qui encombrent le Net, pour relativiser ses barbaries. Il exploite aussi les doutes distillés par de célèbres journalistes occidentaux, comme Seymour Hersh dans la London Review of Books et Robert Fisk dans The Independent, à propos de l’origine voire de la réalité des attaques chimiques.
La polémique qui a éclaté fin février entre Le Media et l’AFP donne une idée des confusions. Un réalisateur de cette chaine de télévision proche de la France insoumise avait alors décidé de ne pas diffuser d’images de la Ghouta parce que, insistait-il, il était impossible d’en vérifier l’authenticité de manière indépendante. «Toutes les photos que diffuse l’AFP de la Ghouta orientale (et plus généralement de Syrie) sont vérifiées et authentifiées par notre desk d’édition photo, moyennant un travail aussi minutieux qu’indispensable, lui rétorqua Christian Chaise, directeur de l’AFP pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Ne pas diffuser ces images reviendrait à faillir à notre mission (et notre devoir) d’informer ». Ambiance. Continuer la lecture

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Liberté de la presse, le canari dans la mine

La lumière du printemps hésite encore à se poser tendrement sur Pérouse, en Ombrie. Dans les rues du centre-ville, entre les bâtiments majestueux aux façades ocre, des dizaines d’hommes et de femmes se pressent, s’agitent. Ils sont tous « badgés » et portent des sacs en bandoulière remplis de journaux, d’ordinateurs et de carnets de notes.
Bienvenue au Festival international du journalisme, le rendez-vous le plus célèbre et le plus couru de la profession. Cinq jours de rencontre, 300 conférences et débats, 700 orateurs. Un torrent de mots et d’images…entre un Prosecco au bar de l’hôtel Brufani, des pâtes à la truffe près de la Fontana Maggiore, une crème glacée à la pistache sur la Piazza Italia et une escapade à Orvieto.
Les mots qui annoncent les tables rondes n’ont, pourtant, rien d’estival: migrations, violences sexuelles, surveillance, guerre, Yémen, Mossoul, Turquie, ligne de front, extrême droite, mafia. Trois semaines avant la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai prochain, le Festival de Pérouse donne le ton. Sur une note grave.
Cette année, le Mexique, l’un des pays les plus dangereux au monde pour la presse, est de nouveau à l’affiche, avec un titre sans équivoque: « si tu écris, tu meurs ». La crise des Rohingyas en Birmanie et la guerre sans fin en Syrie font bien sûr l’actu. Mais il n’y est plus seulement question de pays autoritaires exotiques dans lesquels par définition le journalisme est traqué, voire interdit. L’Europe, la vieille et placide Europe, est elle aussi au programme. Pour des assassinats de journalistes: Daphné Caruana Galizia, tuée dans sa voiture piégée à Malte, Jan Kusiak, exécuté avec sa fiancée en Slovaquie. En Italie, selon Ossigeno per l’informazione, plus de 60 journalistes auraient déjà été menacés cette année par le crime organisé. Mercredi, sur la scène de la Sala del Dottorato de l’université, 4 journalistes italiens sont venus témoigner. Deux vivent sous protection policière.
Coïncidence? Au début de cette semaine, au lendemain de la victoire du très « illibéral » Viktor Orban en Hongrie, une délégation du Comité de protection des journalistes, menée par la journaliste américano-hongroise Kati Marton, est venue rappeler à l’Union européenne que la liberté de la presse est comme le canari dans la mine. Son évanouissement annonce le coup de grisou. Un peu partout, en effet, les normes de civilité se relâchent et les politiciens populistes se lâchent. « Vous faites un métier de merde », tonne Jean-Luc Mélenchon, à l’adresse des journalistes couvrant la grève de la SNCF. « Journalopes, pressestituées », scande, sexiste, l’extrême droite. « Les journalistes sont des bâtards, il faut tous les assassiner », éructe Alessandro Battista, le numéro 3 du Mouvement 5 Etoiles du (si peu) « comique » Beppe Grillo. Continuer la lecture

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