Le scénario du départ de Moubarak, selon l’homme qui fit tomber Nixon

Compagnon de Bob Woodward dans l’enquête du Washington Post sur le scandale du Watergate, Carl Bernstein a déjà fait tomber un président, Richard Nixon en 1974.
Aujourd’hui, dans un article précédé du surtitre « Exclusive » publié par The Daily Beast, un site politique particulièrement branché de Washington, il nous décrit comment l’administration Obama veut faire tomber le président égyptien, Hosni Moubarak, sans prendre le risque, excusez-moi l’expression, de casser la baraque.
Le slalom promet d’être difficile. Washington, note le célèbre journaliste, veut appuyer une transition immédiate vers la démocratie, en concertation avec d’autres gouvernements alliés, mais sans offrir une escabelle aux Frères musulmans ou à un régime militaire.
Comment résoudre cette quadrature du cercle ? Selon les confidences glanées par Carl Bernstein, auteur d’une biographie récente sur Hillary Clinton et bardé de solides sources à la Maison Blanche et au Département d’Etat, le président Obama voudrait, si possible dès ce lundi, convaincre l’armée de persuader Moubarak de se retirer du Caire sans abdiquer, du moins dans un premier temps, de la présidence.
Donc, pas de départ immédiat, comme le demande une grande partie de l’opposition, mais une retraite du Président, au milieu de la semaine prochaine, dans sa résidence balnéaire de Sharm el Sheik ou un séjour prolongé dans un centre médical européen.
Cette pirouette permettrait, selon les stratèges américains, de mettre en place une transition sans que le Raïs ne perde la face et sans que le Président du parlement, Fathi Surur, n’assume le pouvoir. Si Moubarak quittait la présidence, cet homme politique, que des rapports américains qualifient de « corrompu et de vénal », serait, selon la Constitution, son successeur obligé.
Le changement de direction qui vient de s’opérer au sein du Parti national démocratique, le parti officiel, annoncerait la mise en œuvre de ce scénario qui enlèverait peu à peu tout pouvoir à Moubarak et amorcerait des discussions avec l’opposition afin d’amender la Constitution, de lever l’état d’urgence et de préparer des élections “vraiment démocratiques”.
Même si un certain nombre d’analystes américains, ces dernières années, estimaient que les Frères musulmans s’étaient modérés, les hauts responsables américains, brusquement placés au pied du mur, ne sont pas du tout convaincus de leurs thèses. Selon une source citée par Carl Bernstein, « il s’agit de favoriser un système décent de participation sans ouvrir largement la porte aux Frères musulmans ». “Ceux qui prétendent qu’on a rien à craindre des Frères musulmans are full of shit», a même déclaré un fonctionnaire américain, donnant une idée du niveau de préoccupation des autorités américaines face au spectre de l’islamisme en Egypte, un pays qui est non seulement le plus grand du monde arabe mais aussi celui qui détient en partie les clés de la sécurité d’Israël.
Le scénario révélé par Carl Bernstein est-il tenable ? Est-il déjà dépassé par les événements ? Dimanche, selon la BBC, les Frères musulmans devraient participer, aux côtés d’autres groupes de l’opposition, à des discussions avec les autorités.
Les stratèges de la transition auraient-ils inclus les Frères pour mieux les engluer ? Les dés sont jetés, la roulette tourne…

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2 réponses à Le scénario du départ de Moubarak, selon l’homme qui fit tomber Nixon

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  2. John V. Doe dit :

    Je ne sais pas si les Freres Musulmans sont modérés mais qu’importe car comme le dit Noam Chomsky, “ce n’est pas l’Islam radical qui préoccupe les Etats-Unis, mais l’indépendance” (in http://www.guardian.co.uk/commentisfree/cifamerica/2011/feb/04/radical-islam-united-states-independence?CMP=twt_gu . Traduction en français http://www.legrandsoir.info/Ce-n-est-pas-l-Islam-radical-qui-preoccupe-les-Etats-Unis-mais-l-independance.html )

    Comme le remarque Henri Goldman dans un article récent sur la situation égyptienne (http://blogs.politique.eu.org/Egypte-bis-repetita), l’islam a remplacé le communisme dans le rôle de repoussoir. Il permet à l’Occident de continuer à soutenir avec bonne consciences les régimes politiques les plus corrompus, rétrogrades, violents et j’en passe. Et c’est cet occident qui se permet de choisir le successeur de leur collaborateur !? On manque pas d’air en Occident, hein: des élections libres pour librement choisir les candidats qui NOUS conviennent.

    En réalité, ce que veulent les USA et l’europe à sa suite, c’est qu’en Egypte “tout change pour que rien ne change”. Que surtout ne vienne pas un Alliende, un Nasser, un Chavez, un Lubumba qui voudrait que la richesse de son pays serve le peuple de son pays plutôt que de partir vers l’occident via une classe dirigeante choisie par nos soins qui laisse le pays se faire piller en échange de quelques prébendes qu’ils s’empressent de stocker ou de dépenser chez nous.

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