L’Amérique cherche à savoir qui sont les rebelles libyens

Qui sont-ils ? La question continue de hanter l’administration américaine. Alors que la France a reconnu le Conseil national de transition comme le « représentant légitime du peuple libyen » et qu’une grande partie de la presse française parle surtout des notables qui sont à sa tête, les autorités et la presse américaines n’ont pas fini de se poser des questions sur l’opposition libyenne.

Des agents de la CIA, dépêchés en Libye, ont précisément reçu pour mission de « remplir les trous”, comme l’écrit le New York Times, afin de “mieux connaître les leaders rebelles et leurs allégeances ».

Ce « profilage » des opposants est crucial car il déterminera jusqu’où les Etats-Unis seront prêts à les appuyer. Même si le président Obama a signé, il y a quelques semaines, un ordre secret autorisant la CIA à armer les rebelles, la décision finale de livrer ces armes n’a pas encore été prise.

Mike Rogers, le député républicain qui préside la Commission du Renseignement de la Chambre, s’y est dit résolument hostile : « Nous devons d’abord en savoir plus sur l’opposition, a-t-il déclaré. Nous savons contre qui ils sont, nous ne savons pas pour qui ils sont ».

Le spectre de l’islamisme trouble les débats américains. Le spectre aussi d’être des apprentis sorciers, comme lors de la guerre d’Afghanistan dans les années 1980, lorsque la CIA, qui avait pour ennemi prioritaire l’Union soviétique, accorda son appui à des fondamentalistes musulmans, qui allaient devenir les ennemis jurés de l’Amérique.

Si, à Paris, certains comparent les dirigeants de Benghazi au commandant Massoud, le leader afghan opposé aux Talibans, un certain nombre de responsables américains ne sont pas convaincus que les visages publics de l’opposition libyenne, représentés au sein du Conseil national de transition, contrôlent réellement les groupes armés. Ils craignent que ceux-ci ne soient infiltrés par des éléments extrémistes et djihadistes, d’autant plus que mercredi, Newsweek a rapporté que des membres d’Al Qaeda, installés au Pakistan, auraient l’intention de se rendre en Libye pour rejoindre la coalition anti-Kadhafi.

Des doutes ont également été exprimés par l’admiral James Stavridis, le commandant militaire de l’OTAN, lors d’une audition au Sénat. « Il y aurait des clignotants dans les rapports des services de renseignements mentionnant la présence de membres d’Al Qaeda et du Hezbollah, a-t-il déclaré. Nous examinons de très près les personnalités qui dirigent les forces d’opposition ».

L’ambassadeur américain en Libye, Gene A. Cretz, s’est dit persuadé que l’opposition n’était pas dominée par des extrémistes, mais il a reconnu lui aussi qu’il n’y avait pas moyen de savoir, à ce stade, s’ils étaient « 100% kosher », c’est-à-dire dans l’argot new-yorkais, 100% fiables.

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15 réponses à L’Amérique cherche à savoir qui sont les rebelles libyens

  1. Jose bastien dit :

    Apparement, d’apres le Daily Telegraph, des membres d’Al Quaida sont deja sur le terrain lybien : http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/africaandindianocean/libya/8407047/Libyan-rebel-commander-admits-his-fighters-have-al-Qaeda-links.html

    ce qui fait redire d’ailleurs aux conspirationnistes que Al Quaida est une sous marque de l’armee americaine.

  2. amou didier dit :

    aaaaaaaaah oui finalement vous allez comprendre la politique que mene sarko son probleme c’est de faire partir kadhafi parcequ’il finance ces elections pour etre president je vous conseille de mieux faire l’enquete sur la libye c’est deplorable l’afrik ne doit plus etre recolonise pour la deuxieme fois ensuite laisser d’abord les africain agirent avant votre intervention sinon vous aurez l’echec dans ce probleme certe kadf peut bien quitter le pouvoir quel sera le sort de la libye dans des annees à venir bravo à la cia obama ne sait pas cequ’il a entrein de faire

  3. Tanguy dit :

    Il y a bien d’autres questions que l’on devrait se poser :

    Quels sont les interlocuteurs du “conseil national”?
    Comment compte-t-on stopper la guerre?
    Quels sont les crimes réellement dus à Kafafi?
    Comment assurer un meilleur traitement de l’info AVANT de déclarer la guerre?
    …..

    Quelques questions, réflexions et liens vers des articles ici :

  4. KARA Mohammed dit :

    Foutaises !
    La CIA ne sait pas qui sont ces insurgés?
    Jusqu’à quelle point allez-vous prendre vos lecteur pour des idiots?
    Un tuyau pour la CIA, Le Soir et la RTBF : Aller sur Google, Tapez CNT ou Conseil National de Transition et vous aurez tout les détails, il y a à peine 5 Mn, je viens de lire les CV du 1° Ministre et du Ministre des finances et du pétrole.
    Alors CIA, Journalistes professionnels, faites comme moi.
    Salutations

  5. toma dit :

    Rien que le titre est impérialiste, l’Amérique va du Canada a la Terre de Feu au Chili, les québécois ont le mot : états-uniens comme adjectif descriptif. L’Amérique est un continent, et un argentin déteste les “gringos”, comme tout le reste du continent en général d’ailleurs, changezle titre ce sera mieux.

  6. john99 dit :

    Trahison ou mission d’information? Le passage à Londre de Mr Moussa Koussa doit nécessairement déjà apporter plus d’indications au sujet des intentions de ces gens, en sus de sa ‘grande pratique’, et de ses connaissances. C’est à la foi un interlocuteur de choix et une référence pour des contacts sur place. Tout celà est bien nécessaire après des déclarations comme celles du ‘commandant’ ‘ Abdel-Hakim al-Hasidi. Il vaut toujours mieux tard que jamais.

  7. Dwarf dit :

    “L’Amérique cherche à savoir qui sont les rebelles libyens.” C’est bien les ricains ça ! On flingue et puis on discute :-) )

  8. jfede dit :

    Bon article:l’ennemi de mon ennemi n’est forcement pas mon ami. Et d’aller jusqu’à preter main forte à des rebelles est comparable à un aveugle qui tend la main pour sauver un borgne: il est prudent d’ identifier qui sont-ils, de savoir pourquoi hier partisans et ce jour opposants (certains veulent sauver leur peau en échappant à la CPI en ce qui concerne lockerbie et autres)et quelles sont les realites lybiennes en matière de tribus et ethnies pour qu’ils puissent demain assurer la paix qui mène aux elections. Sans cette démarche c’est bonnet blanc et blanc bonnet peut etre meme pire comme le sous entend très bien cet article selon l’histoire ,qui hélas semble est ignoré rapidement.

  9. Paul dit :

    Donc, si je comprends bien, les Américains ont besoin de savoir à qui ils donnent leur support, et Sarkozy …pas? Est-ce parce que ce Grand Maître de la Démocracie Universellement française est certain de pouvoir remplacer ceux qui ne lui plaisent pas? Est-ce parce qu’il a besoin de se profiler, de toute urgence, à tout prix? Il aime le poker? Soyons parfaitement clair: moi je dis NON à cette guerre d’ingérence dans les affaires intérieures d’un pays qui n’a strictement rien à voir avec notre sécurité défensive, raison même de l’existance de l’OTAN. Arrogance de l’Ouest!

  10. jean claude mpia dit :

    l’ennemi de mon ennemi n’est pas mon ami:les amerlocks et autres en aidant les rebelles ressemblent à un aveugle qui tend la main pour sauver un borgne tant que l’on ne sait pas à qui on a affaire.

  11. KARA Mohammed dit :

    Je constate que mon commentaire de ce matin n’a pas été publié, pourtant la suggestion est sérieuse. Quelques clics et la CIA remerciera pour avoir été informé comme cela.
    L’Amérique cherche à savoir qui sont les rebelles libyens ? Lire ci-dessous
    MAHMOUD JIBRIL,
    Diplômé en économie et en sciences politiques, il a enseigné pendant plusieurs années à l’université de Pittsburgh. Depuis 2007, il siégeait d’ailleurs, avec l’aval de Muammar Kadhafi, à la tête du National Economic Development Board (NEDB, bureau du développement économique national), devenant l’homme clé pour la pénétration en Libye des intérêts américains et britanniques. Il est également le promoteur des privatisations décidées ces dernières années par Tripoli.

    Autre ministère clé de ce gouvernement, celui des Finances. Il est détenu par Ali Tahrouni, qui a également en charge les affaires pétrolières. Il enseigne l’économie et la finance à l’université de Washington et est retourné en Libye il y a un mois, après trente-cinq années passées à l’étranger. Quand on demande à l’un des porte-parole du Conseil national de transition, Iman Bugaighis, ce qui a motivé cette nomination, la réponse est claire et nette : « Il comprend la mentalité occidentale. » Sur le plan militaire, on l’a déjà dit, la situation est moins terrible. L’opposition ne dispose pas à proprement parler d’une « armée ». On parle d’un millier d’hommes armés et prêts au combat. Pour le reste, il s’agit plus de bonnes volontés qui viennent s’écraser contre la puissance des troupes kadhafistes. C’est le cas aux portes d’Ajdabiya, où se sont repliées les forces loyalistes après l’hécatombe provoquée par les frappes aériennes françaises. Le conseil militaire insurgé parle de près de 400 morts, chiffre invérifiable. Ce qui est certain, en revanche, c’est que ces mêmes insurgés attendent beaucoup des forces de la coalition et non plus simplement une « protection des civils ». Une demande à laquelle la France, les États-Unis, le Royaume- Uni et leurs alliés répondent favorablement.
    Comment la CIA peut-elle ignorer cette information?
    Peut-être que le disque dur est grillé?

    • jean-paulmarthoz dit :

      Simple précision: les commentaires sont relus parfois des heures après que vous les avez postés et donc traités avec un certain décalage. Cela dit, l’information que vous nous communiquez, intéressante en soi, ne couvre que le CNT, alors que le texte publié parle essentiellement des groupes armés, à propos desquels les Etats-Unis semblent (ou disent) hésiter. L’information, c’est aussi le brouillard de la guerre.

  12. Tanguy dit :

    Pourquoi mon commentaire n’est il pas passé? Mal formulé ou erreur technique?

    Merci

  13. James dit :

    La CIA a toujours su que les opposants de Kadafi sont en majeur partie de AlQaeda. AlQuaeda a toujours ete en Lybie, bien avant cette guerre.
    D’ailleurs il a ete reporte sous coulisses que La CIA sur l’ordre de L’administration Obama est l’instigateur du ”printemps (!) arabe”. Invraisemblable mais vrai d’autant plus qu’ a ete adopte a L’ONU ”la responsabilite de proteger” les peuples, document initie et ecrit par Samantha Power, un conseiller d’Obama, permettant a L’ONU d’envahir un pays sans se soucier de la souverainete du pays: Tres inquietant, voire meme affligeant, considerant d’un cote la partialite de l’ONU & la politique tres obscure d’ Obama ! ! Car cette politique n’est pas vraiment americaine, cette politique est principalement celle d’Obama et le peuple americain en majorite s’y oppose.

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