Conférence sur le génocide: deux minutes de plus, cruciales, essentielles

On a frôlé l’incident diplomatique hier au Palais d’Egmont, lors de la deuxième journée de la conférence sur la prévention des génocides  . Ou plutôt l’incident éthique.

Les ministres des Affaires étrangères avaient été courtoisement invités à ne pas dépasser 3 minutes dans leurs interventions et le modérateur imposait la règle avec fermeté. Jusqu’à faire sourire les participants, amusés par cette joute entre des ministres tentés de dépasser le temps imparti et un maître de cérémonies soucieux de respecter scrupuleusement l’ordre du jour.

Mais quand il appliqua cette règle à la ministre des Affaires étrangères du Rwanda, Louise Mushikiwabo, l’émoi saisit une partie de l’audience. Un silence oppressant pesa sur la salle. S’il y avait bien quelqu’un à qui cette règle ne pouvait pas être imposée, c’était bien à la représentante du pays ravagé il y a vingt ans par un génocide dont la commémoration avait justifié cette très importante conférence à  Bruxelles.

Heureusement, Didier Reynders intervint très vite et très habilement pour accorder à Mme Mushikiwabo quelques minutes de plus, afin qu’elle puisse terminer son exposé sur la genèse du génocide et, comme le souligne Colette Braeckman  dans Le Soir de ce mercredi, sur l’échec de la diplomatie internationale à tenir compte des avertissements et des alertes.

Le témoignage de la ministre rwandaise était essentiel, en effet, car le génocide rwandais, comme l’ont rappelé de nombreux intervenants lundi et mardi  aurait pu être « prévenu » si la communauté internationale avait voulu entendre. Les « deux minutes de plus » accordée par Didier Reynders ont sauvé la conférence d’un incident qui aurait pu injustement l’entacher, alors que, durant ces deux jours, elle avait réussi à rassembler une panoplie d’experts, de responsables politiques, de diplomates, de fonctionnaires internationaux et de représentants des ONG engagés dans la prévention du « crime des crimes ».

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