Viktor Orban provoque ses “amis” du PPE

Joseph Daul, le placide président sortant du principal groupe politique au Parlement européen, le Parti populaire européen, a été bien mal récompensé de sa tolérance des dérives du premier ministre hongrois, Viktor Orban.

L’ancien dissident, devenu le tout-puissant leader d’un pays de plus en plus hostile au “consensus européen”, a rejoint le premier ministre britannique David Cameron dans son opposition à la nomination à la présidence de la Commission européenne de Jean-Claude Juncker, pourtant tête de liste du PPE aux élections européennes.

Le parti au pouvoir à Budapest n’aurait guère apprécié les remontrances que lui a signifiées Viviane Reding, la commissaire européenne luxembourgeoise, proche de Mr. Juncker, lors des débats sur le respect par la Hongrie des législations et valeurs européennes. Prompt à critiquer les eurocrates de Bruxelles, Viktor Orban s’oppose également aux fortes convictions fédéralistes que l’on prête à l’ex-premier ministre luxembourgeois.

Le successeur annoncé de Joseph Daul, Manfred Weber, membre de l’Union sociale chrétienne (CSU), parti sœur bavarois de la CDU d’Angela Merkel, aura du mal à justifier la présence du parti Fidesz au sein du PPE, sinon en évoquant les 12 siège qu’il détient.

Un nombre croissant de députés démocrates-chrétiens estimaient déjà que le Fidesz était très éloigné des principes du PPE, en raison de sa défense de conceptions anti-européennes, nationalistes et même russophiles. D’autres s’inquiétaient aussi de la dérive autoritaire du parti hongrois, de sa main mise sur des institutions censées équilibrer les pouvoirs et de sa politique à l’encontre des médias. Cette fois, ils estiment que le Fidesz est déloyal et qu’il joue pour l’autre équipe, celle des Eurosceptiques.

Viktor Orban, après avoir bénéficié de la « couverture » du PPE, pourrait, selon certaines sources, prendre l’initiative de le quitter pour rejoindre un groupe politique plus proche de ses convictions réelles. Même si l’appartenance au PPE fournit des privilèges et une caution dans le bras de fer, plus ou moins musclé, qui oppose la Hongrie à la Commission européenne à propos du respect des traités et en particulier de la Charte européenne des droits fondamentaux, cette démission serait dans la logique des choses, comme un dernier bras d’honneur à un groupe politique qui s’est entêté, contre ses propres principes, à le soutenir.

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