Petites différences et grandes intolérances

Dans une récente chronique, le critique média du New York Times, David Carr, s’interrogeait sur la hargne des élus du Tea Party qui, le mois dernier, en imposant la fermeture des administrations fédérales, avaient pris les Etats-Unis en otage. Comment des politiciens un rien sensés pouvaient-ils aussi crûment prendre le risque de l’impopularité ? Les sondages indiquaient, en effet, qu’une majorité de l’opinion désapprouvait leur action d’obstruction et de destruction. Continuer la lecture

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La carotte ou le bâton ? La Russie, la presse et les J.O. d’hiver de Sotchi

Mercredi, les autorités russes se sont empressées de s’excuser du harcèlement policier auquel avaient été soumis, quelques jours plus tôt, des journalistes de la chaîne norvégienne TV2, qui enquêtaient sur les préparatifs des Jeux olympiques d’hiver à Sotchi. « La police locale a abusé de son autorité », a déclaré en substance le ministère russe des Affaires étrangères, qui a promis des sanctions à l’égard de fonctionnaires trop zélés.

Cet incident, qui avait été dénoncé par Human Rights Watch, témoigne des difficultés des autorités russes à calibrer leur politique à l’égard de la presse internationale, qui commence peu à peu à s’intéresser aux Jeux olympiques d’hiver avant de déferler en février prochain pour couvrir l’événement. Comment « gérer » la presse dans un pays qui figure à la 148ème place du classement international de Reporters sans frontières et où 52 journalistes ont été tués depuis 1992, selon les chiffres du Comité pour la protection des journalistes (CPJ, New York) ?

Jeudi dernier, à Aarhus où se tenait la grande conférence Play The Game, rendez-vous mondial des journalistes, chercheurs et dirigeants sportifs, le directeur exécutif de l’agence de presse officielle Ria/Novosti, Dmitry Tugarin, s’était efforcé de présenter un panorama optimiste des préparatifs et, en particulier, de l’état de sa force de frappe journalistique. « Positivement fiers : la gestion des attentes des médias dans une nation hôte des JO » : le titre de son discours était censé rassurer la presse internationale en lui promettant une offre d’informations abondante, diverse et efficace. Mais les réactions de l’audience indiquèrent qu’il n’avait pas tout à fait convaincu. Il ne répondit pas en tout cas au discours que je venais de prononcer, au nom du CPJ, et qui dressait la liste des atteintes à la liberté de la presse en Russie.

Si certains sportifs martèlent qu’il faut « cesser de mélanger la politique et le sport » et s’agacent des critiques des organisations de défense des droits de l’homme, d’autres ne l’entendent pas de cette oreille. Sensibles aux rapports des ONG, qui font état d’un durcissement du pouvoir, avec la condamnation des Pussy Riots, la re-pénalisation de la diffamation, le ciblage de la “propagande homosexuelle” ou la loi sur les « agents étrangers », ils n’ont pas l’intention de se laisser cornaquer par les forces de sécurité et d’aller à Sochi en promettant de ne parler que de compétitions et de scores.

Certes, le risque d’un attentat terroriste est réel dans cette région située aux portes du Caucase. Un émir islamiste a d’ailleurs menacé de prendre Sochi pour cible. Mais l’argument sécuritaire, qui a été utilisé, en août dernier, pour adopter un décret très restrictif dans toute la ville de Sotchi, sert aussi très opportunément à bannir toute protestation pacifique. Déjà cadenassés par les règles draconiennes du Comité international olympique, les journalistes craignent de ne pas pouvoir circuler librement dans la ville pour y couvrir les sujets qui fâchent les autorités (le surcoût des JO, les évictions de résidents, la corruption, etc.).

La politique de délivrance de visas sera le premier test de l’ouverture ou de la crispation de la Russie en ces temps olympiques. Jusqu’ici, les journalistes internationaux et les correspondants étrangers basés à Moscou ont pu informer sans réelles entraves sur les polémiques qui accompagnent les Jeux. A l’exception d’un journaliste turc, renvoyé chez lui alors qu’il voulait enquêter sur la question du « génocide oublié des Circassien » au 19ème siècle. Et d’un photojournaliste hollandais, Rob Hornstra, qui a été privé de visa, en raison sans doute de son Sochi Project, un web-documentaire sur l’ensemble des « questions qui dérangent » à propos des JO de Sochi.

Vladimir Poutine joue gros dans ce pari risqué de Sotchi. La communauté internationale aussi : l’octroi de méga-événements sportifs à des gouvernements autoritaires semble devenir la norme. Au nom de la diversité du monde, certes, mais aux dépens de sa liberté aussi.

     

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Journalistes ou espions?

Les policiers et magistrats qui, les jours derniers, célébraient l’arrestation à Zaventem de deux pirates somaliens ont dû être quelque peu étonnés lorsque des journalistes ont brusquement brandi le carton jaune en mettant en garde contre la méthode qu’ils avaient utilisée. Pour ferrer leurs gros poissons, auteurs et commanditaires présumés de la séquestration d’un navire belge en 2009, des policiers se seraient fait passer, en effet, pour des producteurs d’un documentaire d’actualité sur la piraterie en haute mer.

Les journalistes auraient tout naturellement tendance à se réjouir de l’arrestation de trafiquants, de brigands et de forbans. Partout dans le monde, les groupes criminels constituent aujourd’hui l’une des principales menaces contre la liberté d’informer. En arrêtant ces deux personnes accusées de piraterie, la police belge n’a-t-elle pas d’une certaine manière contribué à lutter contre une économie du crime qui est en grande partie à l’origine de la violence dont la presse est la cible? Près de 40% des 1.007 journalistes assassinés depuis 1992 dans le monde enquêtaient sur la criminalité ou la corruption. Continuer la lecture

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Ce monde qui se Crispe

L’attaque terroriste contre le Westgate à Nairobi a télescopé toutes les contradictions de notre monde déboussolé. Alors que la globalisation semble mettre la terre entière à notre portée, celle-ci se couvre de taches brunes, de zones rouges et de terrains minés.

Interdit. Danger. Les mises en garde se bousculent sur les sites des ministères des Affaires étrangères: «Ne vous rendez dans ce pays qu’en cas d’extrême nécessité. Restez dans des quartiers sécurisés. Ne voyagez pas dans des zones isolées.» Et tous les soirs, France 2 nous rappelle cet état d’insécurité, en égrenant les noms des otages français retenus par des groupes terroristes au Sahel et en Syrie.
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Un Prix Nobel de la Paix pour Claudia Paz y Paz et…Cynthia Brown?

Vendredi, une femme guatémaltèque pourrait être honorée par le Prix Nobel de la Paix à Oslo. Claudia Paz y Paz, procureure-générale du Guatemala depuis 2010, a un nom prédestiné (Paz signifie paix en espagnol) et elle figure sur la shortlist des experts norvégiens. Elle mène aussi un combat acharné et périlleux contre les barons de la drogue qui règnent sur ce pays d’Amérique centrale et elle lutte contre l’impunité dont jouissent les militaires responsables dans les années 1970 et 80 de massacres de masse et de génocide.

Si le choix du Comité Nobel se portait sur Mme Paz y Paz, elle serait ainsi la deuxième lauréate guatémaltèque de ce prix prestigieux, après Rigoberta Menchu, récompensée en 1992 pour son combat pour les populations indiennes, éternelles victimes de la violence et de la discrimination.

Ce Prix permettrait aussi de relancer les poursuites contre les dirigeants et exécutants des régimes militaires qui ont terrorisé le pays pendant des décennies. Le 10 mai dernier, un tribunal guatémaltèque avait condamné à 80 ans de prison le général José Efrain Rios Montt, président du Guatemala en 1982-83, pour « génocide et crimes contre l’humanité». Mais quelques jours plus tard, la Cour constitutionnelle suspendait très opportunément ce jugement. Pour « vice de procédure ». Le silence était alors retombé sur le pays du Quetzal, rassurant les auteurs ou les complices de ces crimes. Continuer la lecture

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Entre le Premier et le Cinquième Pouvoirs, le “journalisme indispensable”

Si pour la gauche radicale américaine, le New York Times est le symbole de l’Establishment et «l’organe de l’Empire», le célèbre quotidien de la 43e rue n’est pas loin d’être perçu, à droite de la droite, comme un journal subversif et antipatriotique. Dans cette mise au pilori, les premiers lui reprochent son «parti pris» dans les conflits des Balkans des années 90 ou sa «préparation de l’opinion publique» à l’invasion de l’Irak en 2003. Les seconds égrènent une longue suite de «trahisons et de félonies» et, en particulier, sa collaboration avec WikiLeaks dans la diffusion, en 2010, de rapports confidentiels de l’armée et de la diplomatie américaines, les fameux Warlogs et Cablegate.

Fin août, le New York Times s’est placé une nouvelle fois dans la ligne de tir de ses détracteurs les plus conservateurs en décidant de coopérer avec le quotidien britannique de centre-gauche The Guardian dans le traitement des informations détenues par l’ancien agent de la NSA (National Security Agency), Edgar Snowden. Le journal a fait ce choix en dépit des mises en garde de l’administration Obama et contre le sentiment d’une partie significative de l’opinion qui, lorsqu’il s’agit de secret et de sécurité, tend généralement à défendre la position des autorités. Continuer la lecture

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Deux journalistes éthiopiens nominés pour le prix Sakharov

En mai dernier, deux femmes éthiopiennes ont été honorées par de prestigieuses institutions internationales. Le 3 mai, lors d’une cérémonie à San Jose, au Costa Rica, le Prix mondial Unesco/Guillermo Cano 2013 pour la liberté de la presse a été accordé à la journaliste Reeyot Alemu, « en reconnaissance de son courage exceptionnel, de sa résistance et de son engagement en faveur de la liberté d’expression ».

Le 22, à Bruxelles, le Prix de la Fondation Roi Baudouin pour le développement en Afrique a consacré Bogaletch Gebre, la fondatrice de Kembatti Mentti Gezzimma (KMG), une association de défense des droits des femmes, qui s’est en particulier engagée dans la lutte contre le sida, les mutilations génitales et le rapt marital.  

Deux femmes, deux combats : les lauréates sont apparues comme des exemples emblématiques du rôle éminent joué par des femmes africaines dans le développement, l’égalité et la justice. Si Bogaletch Gebre mène depuis des années un combat résolu pour l’émancipation et l’autonomie des femmes, Reeyot Alemu traitait elle aussi dans ses articles des questions politiques et sociales, en particulier de la pauvreté et de l’égalité entre les sexes.

Traitait ? Pourquoi cet imparfait ? Parce que Reeyot Alemu est aujourd’hui en prison. Arrêtée en juin 2011, alors qu’elle tenait une chronique « critique » dans l’hebdomadaire Feteh, elle purge une peine de cinq ans dans le centre pénitentiaire de Kality, à Addis Abbeba. Le 3 mai, à San José, la photo de la lauréate a trôné sur un siège vide. Comme à Oslo en 2010, lors de la cérémonie du Prix Nobel de la Paix accordé à l’écrivain dissident chinois Liu Xiaobo.

Prix Sakharov ?

Ce lundi soir, à Bruxelles, lors d’une session des Commissions des Affaires étrangères et du Développement du Parlement européen et à l’initiative de la députée socialiste portugaise Ana Gomes, Reeyot Alemu et l’un de ses compagnons d’infortune, Eskinder Nega, condamné à 18 ans de prison pour ses écrits, ont été nominés pour le prestigieux Prix Sakharov pour la liberté de l’esprit.  

Ce parrainage pourrait-il convaincre l’Ethiopie de libérer les deux journalistes, voire de réviser sa loi anti-terroriste, que le régime utilise essentiellement pour pourchasser et réduire au silence les voix dissidentes ? L’attitude ambiguë de l’Union européenne à l’égard d’Addis Abeba réduit cependant l’impact de cette nomination. Après avoir été mise au ban du monde occidental à l’époque de la dictature « socialiste » de Mengistu Haile Mariam, l’Ethiopie bénéficie depuis le début des années 1990 de la sympathie des donateurs internationaux, qui célèbrent ses avancées dans la lutte contre la faim et la pauvreté.

« Les choses vont dans le bon sens en Ethiopie, clamait récemment le DFID, l’agence de coopération britannique, en évoquant « un boom de la construction qui aide à alimenter l’une des économies les plus dynamiques, non seulement d’Afrique mais du monde, avec un taux de croissance annuel de 10% au cours des dix dernières années ».

Cette réputation de « pays en plein essor » est renforcée par le rôle de l’Ethiopie dans la lutte contre le terrorisme dans la Corne de l’Afrique et, en particulier en Somalie, où des troupes éthiopiennes sont engagées contre les milices djihadistes. Le souci de ne pas favoriser l’influence de la Chine dans cette région stratégique explique aussi la timidité des Occidentaux à l’égard d’un régime qui, pourtant, a choisi un modèle de capitalisme autoritaire « à la chinoise ».  

Le décès de l’homme fort éthiopien, Meles Zenawi, en août 2012 et son remplacement par un homme du sérail, Hailemariam Dsalegn, n’ont pas changé les choses. Le pays reste dominé par la coalition du Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien. Les restrictions imposées à la société civile et la répression des médias indépendants se poursuivent.

Des voix critiques, toutefois, commencent à s’élever contre un gouvernement qui se croit tout permis. Selon un rapport d’août 2012 de l’International Crisis Group, Londres, Bruxelles et Washington ont exprimé leur préoccupation à propos de la loi anti-terroriste, sans adopter toutefois des mesures qui auraient pu amener Addis Abbeba à changer de cap. Et à la fin de l’année dernière, 16 membres du Parlement européen issus des groupes démocrate-chrétien, socialiste et libéral ont demandé la libération d’Eskinder Nega.

La nomination de Reeyot Alemu et d’Eskinder Nega pour le Prix Sahkarov confirme la lente érosion de la réputation du régime éthiopien à Bruxelles. Mais il faudra sans doute bien davantage pour que le gouvernement d’Addis Abeba s’estime réellement mis sous pression par l’un de ses principaux donateurs. Le 16 septembre, selon le Comité de Protection des Journalistes, les autorités éthiopiennes ont encore durci les conditions d’incarcération de Reeyot Alemu en restreignant les droits de visite…   

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Santiago 1973, Damas 2013

Le 12 septembre 1973, au lendemain du coup d’Etat au Chili, je me trouvais à l’Escorial, haut-lieu du conservatisme espagnol, à une quarantaine de kilomètres de Madrid. Hébergé dans une pension austère, sans radio ni téléviseur, j’avais raté l’information. En bas, à la réception, le patron, le nez dans les pages sportives du quotidien local, se contenta de m’indiquer en bougonnant où je pouvais petit-déjeuner. 

C’est dans un bar enfumé, à quelques mètres de là, que j’appris la nouvelle. Debout le long du comptoir, devant des cafés et des cajarillos  (café enrichi au cognac) serrés, des ouvriers pestaient contre les militaires et les « bourgeois » de Santiago. Sur l’une des tables, trainait un exemplaire du journal d’extrême droite El Alcazar sur lequel un client avait griffonné un rageur « fascistas ». Dans cette Espagne du franquisme finissant, le coup d’Etat au Chili réveillait de sombres souvenirs, comme si l’histoire se répétait cruellement. Le putsch était vécu comme un événement local, personnel.

Un peu partout en Europe, depuis l’arrivée au pouvoir de Salvador Allende et de son gouvernement d’Unité populaire en 1970, tous les milieux politiques avaient suivi l’actualité chilienne comme si c’était la leur. Elle était au cœur d’interrogations essentielles sur les moyens et la fin de l’action politique, la réforme et la révolution, la liberté et le socialisme, les relations entre l’Amérique latine et « l’Empire américain » ou encore la théologie de la libération.   Continuer la lecture

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L’Egypte et “l’avortement de la modernité”

L’emballement violent de la tragédie égyptienne a démontré une nouvelle fois que la Révolution peut être une impitoyable mangeuse d’hommes, ingrate envers ses propres martyrs. L’Egypte a rejoint d’autres nations au cimetière des grandes espérances. La place Tahrir s’ajoute à la liste noire des Révolutions fracassées. 

La responsabilité des Frères musulmans et de l’armée est éclatante. La Confrérie, que certains experts s’étaient empressés de qualifier de « modérée », a régné quelques mois et créé un immense gâchis. Si la crise économique peut difficilement lui être totalement imputée dans ce pays déformé par des décennies d’affairisme et de corruption, l’impasse politique est en grande partie le résultat de son dogmatisme religieux, de son autisme et de son intolérance.

Arcboutés sur l’argument de leur majorité électorale, les Frères n’ont eu de cesse de démontrer leur incapacité à accepter ce respect des minorités qui définit les vraies démocraties. Les attaques perpétrées, en toute impunité, par leurs partisans contre les chrétiens, tout comme leur persécution des journalistes et des intellectuels mal-pensants, ont été autant de baromètres de leur sectarisme.

L’armée n’a pas été moins indigne. Alors qu’elle se présente comme la colonne vertébrale de la nation, elle s’est comportée comme un « Etat profond », comme une caste, défendant ses pouvoirs arbitraires, ses prébendes et ses privilèges. Avant d’agir comme toutes les autres armées putschistes, en tirant dans la foule. « Une armée vaniteuse, qui n’a pratiquement connu que des défaites contre des armées étrangères et a servi d’instrument de répression interne, mène le bal », écrit Jon Lee Anderson dans le New Yorker. Son article, titré « la sale guerre », est illustré par une photo de l’attaque des putschistes chiliens, il y a 40 ans, contre le Palais de la Moneda. Pour mieux souligner, « même si Morsi n’est pas Allende », que le général Abdel Fattah el-Sissi est bien le frère en félonie du général Pinochet. Continuer la lecture

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Egypte: la presse dans la ligne de mire

« Quand vous voyez, courant à contresens au milieu de milliers de gens qui cherchent à sortir d’un pays en crise, quelques dizaines de personnes qui tentent d’y rentrer, il y a fort à parier que ce sont des journalistes ». Cet adage du journalisme de guerre s’applique aujourd’hui à l’Egypte, un pays vers lequel convergent des centaines de journalistes qui tentent de couvrir l’un des événements les plus importants et les plus décisifs de l’actualité internationale.

Inévitablement, comme en Libye ou en Syrie, la presse se retrouve en première ligne, au milieu du champ de tir, quand elle n’est pas directement visée par des snipers ou des protestataires. (Regardez l’extrait de Reliable Sources de CNN sur la presse prise pour cible) Au cours de ces derniers jours de violence et de chaos, les associations de défense des droits humains et de la liberté de la presse ont tenté de tenir le registre des attaques contre les journalistes égyptiens et internationaux, mais les informations restent souvent partielles, tant il est difficile et dangereux de travailler dans un pays polarisé à l’extrême et au bord de la guerre civile. Continuer la lecture

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