
Le Dr Chris Bird (à gauche) et un infirmier montrent à une mère le poids gagné par son enfant depuis son admission au centre nutritionnel thérapeutique. © Emily Lynch/MSF
Malgré la végétation luxuriante des environs, les maladies dues à la malnutrition, résultat d’années de guerre et d’insécurité, continuent à prélever un lourd tribut au Sud-Kivu. Dans l’hôpital sous tente de MSF, de nombreux enfants meurent des suites de maladies qui auraient pourtant pu être évitées.
Au moment où j’allais finir mon service, Steve, un des infirmiers, m’a demandé si je pouvais voir un dernier patient avant de partir. Béatrice (ce n’est pas son vrai nom) avait deux ans et sept mois quand elle est arrivée dans le département de pédiatrie de notre hôpital sous tente à Kimbi Lulenge, au Sud-Kivu, en République démocratique du Congo (RDC). Au premier regard à l’enfant prostré dans le halo de lumière projeté par la seule ampoule de la tente, j’ai pensé qu’il s’agissait d’un nouveau cas de malaria. Steve a secoué la tête. « Non, docteur. C’est un nouveau cas de malnutrition. »
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© Brendan Bannon
Depuis vingt ans, la population civile somalienne est prise au piège d’un conflit armé. Les événements de l’année 2011 n’ont fait qu’aggraver une situation déjà très précaire. Des centaines de milliers de somaliens se sont déplacés à l’intérieur du pays ou ont fui vers les Etats voisins pour échapper aux violences et aux conséquences de la sécheresse. Continuer la lecture →
Réveil à 5h du matin, encore une fois. Après quelques jours de repos, je me prépare pour un voyage jusque dans la forêt d’Itombwe, soit deux jours de marche à travers la chaîne de montagnes la plus à l’est des Hauts-Plateaux. Hier, nous avons prévenu la communauté locale et les villages avoisinants que nous aurions besoin de porteurs. De beaucoup de porteurs. Trente-quatre pour être précis.
Avec ce corps qui ne rajeunit pas, il me faut une bonne demi-heure pour trouver le courage de me hisser hors du lit. Je mets par contre moins de cinq minutes pour m’habiller. Une victoire personnelle que je me dois de célébrer, me dis-je. J’y repenserai à mon retour, dans une semaine…
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Qu’est-ce que cela fait de travailler pour MSF? Dans un pays étranger, loin de tout ce que l’on connaît, dans des conditions difficiles? Lorna Adams, une doctoresse canadienne raconte son quotidien au Soudan du Sud…
Il y a bien longtemps, je me suis dit un jour que je travaillerais volontiers pour une association comme MSF. MSF est neutre, impartiale et non-confessionnelle et elle travaille dans tous les contextes difficiles. Elle semble toujours prendre les bonnes décisions, avoir des principes moraux. Ça m’est apparu très clairement lorsque l’association a annoncé publiquement, peu de temps après le tsunami de 2004, qu’elle n’allait plus demander de dons pour cette urgence. La générosité des donateurs pour les victimes du tsunami avait été telle que MSF n’aurait pas pu utiliser tout l’argent reçu de manière appropriée et opportune. D’où sa proposition de restituer les montants versés aux donateurs qui le souhaitaient et l’annonce que les fonds non restitués seraient utilisés pour d’autres projets en mal de financement. Continuer la lecture →

Soudan du Sud, 2011 © Jean-Marc Jacobs/MSF
(with apologies to Shakespeare)
Qu’est-ce que cela fait de travailler pour MSF? Dans un pays étranger, loin de tout ce que l’on connaît, dans des conditions difficiles? Lorna Adams, une doctoresse canadienne raconte son quotidien au Soudan du Sud…
Cela fait maintenant trois mois que je travaille « sur le terrain » au Sud-Soudan, un tout nouvel Etat, qui lutte encore pour sa survie.
Mon mandat était d’abord de travailler dans une région extrêmement reculée, accessible uniquement par avion (ou par hélicoptère pendant la saison des pluies si la piste est inondée), pour traiter une épidémie de kala-azar. C’est une maladie mortelle, particulièrement virulente, qui est bien souvent contractée par les petits garçons quand ils gardent le bétail. Elle est transmise par le phlébotome, un insecte qui vit dans le sol sombre du Soudan du Sud. Les enfants sont particulièrement affectés et meurent tous s’ils ne sont pas traités. Ma mission consistait principalement à soigner les cas de kala-azar mais, en travaillant avec MSF, j’ai appris que la flexibilité est une qualité indispensable.
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Effectuer une ponction lombaire sur le terrain est une expérience stressante. Lorsqu’un médecin doit insérer une aiguille dans la colonne vertébrale d’un patient pour en extraire du liquide céphalorachidien, il s’agit d’une procédure difficile et risquée non seulement pour lui mais aussi pour celui qui la subit. Il s’agit toutefois d’une procédure que nos médecins doivent réaliser au quotidien pour tester la maladie du sommeil à un stade avancé. Imaginez ce que ressent le patient. Lorsque j’étais en charge des programmes MSF sur la maladie du sommeil en République du Congo, la seule idée de subir ce test avait tendance à faire fuir les patients qui devaient subir cette intervention.
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Dans les forêts du centre de l’Inde, des rebelles maoïstes, les Naxalites, combattent les forces du gouvernement pour contrôler de grandes étendues de terre à l’intérieur du pays. Les habitants de dizaines de villages sont pris au piège dans ce conflit et ne parviennent pas à rejoindre les cliniques du ministère de la Santé de l’État de Chhattisgarh. Le médecin Rebecca Cuthbert nous explique comment MSF s’arrange pour que « les cliniques viennent aux patients ».
Ça me prend cinq minutes pour descendre le sentier de sable qui mène à notre bureau. J’ouvre les verrous de la porte avec mon énorme trousseau de clés (digne d’un geôlier) et je jette un œil au tableau blanc sur lequel j’ai indiqué, la veille, le travail à réaliser aujourd’hui.
Tous les jours, nous organisons cinq cliniques mobiles. Aujourd’hui, nous serons 14, ce qui veut dire que nous devrons emporter beaucoup d’eau. L’été, quand la température est au plus haut, on prévoit trois litres d’eau par personne. Nous devrons aussi emporter tout notre matériel, qui comprend des équipements de laboratoire, des médicaments, des cartes de santé, des registres d’inscription, des bâches en plastique, des paravents et deux glacières.
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Karel Janssens est coordinateur des activités de MSF à Pibor (Soudan du Sud), en proie à de violents affrontements depuis plusieurs semaines. Des civils victimes de violences, des centres de santé visés, il raconte la situation sur place.
MSF dispense des soins de santé dans trois structures médicales du comté de Pibor. Nos trois cliniques se situent dans les villes de Pibor, Lekwongole et Gumruk. Il s’agit des seules structures de soins accessibles aux 160.000 habitants du comté de Pibor.
L’équipe MSF qui était basée à Pibor a été évacuée le 23 décembre, après que nous ayons été avertis de l’imminence d’une attaque sur Lekwongole et Pibor. Le jour de Noël, Lekwongole était effectivement prise pour cible, suivie, quelques jours plus tard par Pibor. Continuer la lecture →
Publié dans Récit du terrain
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Marqué avec Soudan
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Des gens font la file devant un centre de santé en République démocratique du Congo. Photographie : Véronique Aubin/MSF
Travailler dans une clinique reculée de RDC apporte son lot de défis quotidiens ; il faut en effet faire face au manque de place, aux pénuries de médicaments et de matériel et aux files de patients qui s’allongent.
Notre équipe est arrivée à l’hôpital de Lulimba pour y travailler en plein pic de la saison de la malaria. Une fois sur place, nous avons à peine eu le temps de déballer nos caisses qu’une foule d’enfants malades nous attendait déjà et, depuis, la salle d’attente ne désemplit pas, bien au contraire. Très vite, nous nous sommes aperçus qu’il n’y avait qu’un seul thermomètre de disponible. Continuer la lecture →
Pour un médecin, travailler à Lulimba, une ville isolée à l’est de la République démocratique du Congo, est un vrai défi.
La République démocratique du Congo est le pays de tous les extrêmes… Alors que l’État regorge de précieux minéraux, un enfant sur cinq meurt avant d’avoir atteint son cinquième anniversaire. Ici, les longs trajets font partie de la vie de tous les jours. Sur les 153.497 kilomètres de routes qui traversent cette nation d’une superficie égale aux deux tiers de l’Europe, seuls 2.749 sont goudronnés. Sitôt sorti de la périphérie de Bukavu, la capitale de la province du Sud-Kivu, les routes ne le sont plus. Continuer la lecture →