L’effervescence se poursuit dans le bureau du pool d’urgence de MSF, au siège à Bruxelles. L’équipe s’active, téléphone : va-t-on enfin obtenir les autorisations permettant à nos avions d’atterrir ? Les autorités vont-elle octroyer des visas en suffisance pour permettre aux expatriés de partir renforcer les équipes sur place ? Vu l’ampleur des besoins, les capacités des équipes sur place risquent d’atteindre leurs limites. Il y a urgence… Et le personnel MSF déjà sur place continue de s’activer.
Les équipes poursuivent sans relâche leur travail. Ce sont 43 expatriés et plus de 1.200 membres du personnel national qui travaillent pour MSF au Myanmar. Elles apportent de la nourriture, du matériel de première urgence et des soins médicaux. Elles améliorent également l’accès à l’eau potable des populations touchées par le cyclone.
Mardi soir, une équipe MSF s’est rendue à la pointe sud-ouest du delta de l’Irrawady. Avant le cyclone, cette région comptait environ 180.000 habitants. Selon l’équipe sur place, 95% des habitations y ont été détruites. Il est pour l’instant impossible d’évaluer le nombre de victimes de la catastrophe.
Des bateaux transportant du matériel médical, de la nourriture et des bâches en plastique sont arrivés avec les équipes MSF. Ces dernières ont commencé des distributions de nourriture et de bâches en plastique. Elles ont aussi entrepris des opérations de purification de l’eau dans les zones situées sur les deux rives de la rivière Bassein. Le personnel médical de MSF donne quant à lui des consultations qui concernent, pour la moitié, des blessures directement causées par le cyclone.
A Daala et Twantey, deux communautés au sud de Yangon, les équipes MSF rapportent que dans certaines zones, 80% des habitations ont été détruites et que d’autres sont encore sous un mètre d’eau. Dans la région de Twantey, trois équipes MSF ont distribué à 2.000 personnes des rations de nourriture (riz, huile, haricots, poisson). De plus, MSF effectue des consultations médicales dans les sites où les personnes sans abri ont cherché refuge, par exemple dans les pagodes et les écoles. MSF y a réhabilité des latrines, des puits et des pompes à eau.
D’autres équipes MSF évaluent, par bateau, différents endroits plus au sud dans le delta de l’Irrawady, notamment à Bogaley, une localité violemment touchée. Dans chaque endroit visité, elles distribuent de la nourriture et fournissent des soins médicaux. Pour répondre aux besoins supplémentaires identifiés, des camions avec du matériel de secours supplémentaire devraient arriver sous peu.
MSF augmentera la taille de ses opérations de secours aussi rapidement que possible. Mais elle a besoin pour cela du soutien du gouvernement pour pouvoir renforcer son équipe actuelle avec des spécialistes des interventions d’urgence ainsi que pour importer le matériel nécessaire. Jusqu’à présent, le gouvernement a témoigné son soutien aux opérations d’assistance qui ont été générées en réponse au cyclone, mais une aide bien plus importante est nécessaire rapidement et ne pourra se faire sans que le gouvernement la facilite.
