MSF dévoile son TOP 10 des crises humanitaires (1)

irak-femme-defiguree-2.jpgUne patiente observe son visage brûlé dans un miroir. En août 2006, MSF a décidé d’ouvrir un programme chirurgical à Amman, en Jordanie, qui prend en charge les victimes du conflit qui a débuté en Irak depuis l’invasion menée par les États-Unis en 2003. Cette violence, on la retrouve dans d’autres zones de crise: République démocratique du Congo, Somalie, Soudan et Pakistan, ainsi que des urgences négligées au Myanmar et au Zimbabwe, figurent notamment parmi les urgences présentées dans la liste du « Top 10 » des crises humanitaires publiée chaque année par MSF. Pendant la semaine à venir, découvrez, chaque jour, un nouveau contexte et sa photo.

LES CIVILS IRAKIENS EN MANQUE D’ASSISTANCE

Secourir les civils au cœur des conflits et dans les pays en guerre est l’un des plus grands défis à relever pour l’action humanitaire indépendante. En Irak, la frustration est d’autant plus grande pour MSF que l’organisation s’est efforcée d’y mener des activités depuis l’invasion menée par les États-Unis en 2003. Or, divers acteurs militaires et politiques ont cherché à user et à abuser de l’action humanitaire. En entretenant cette confusion, les organisations humanitaires sont aussi devenues la cible d’attaques violentes, fragilisant MSF et d’autres organisations de secours indépendantes dans leur capacité à aider les populations.

En 2004, en raison de ces attaques ciblées, MSF a été obligée de quitter les régions d’Irak touchées par le conflit. Aujourd’hui, la diminution de la violence permet à MSF d’intervenir à nouveau dans le pays. En 2008, MSF a prudemment démarré divers nouveaux projets en territoire irakien.

D’après le HCR et le Centre de surveillance du Conseil Norvégien pour les Réfugiés, quatre millions de personnes ont été déplacées par la guerre en Irak, la moitié ayant fui le pays. Au cours de ces derniers 18 mois, l’insécurité a baissé. Les niveaux de violence ont globalement diminué dans un environnement politique en pleine évolution. Malgré ces changements, la situation en Irak reste incertaine et nombre de personnes vivent encore sous la menace de la violence.

Bombardements et attentats se poursuivent, provoquant la mort ou des blessures sévères chez des patients qui nécessitent une attention et un suivi médical particulièrement élevé. Au-delà du traumatisme, l’ensemble du système de santé irakien demeure préoccupant. Malgré les efforts récents du gouvernement, les soins médicaux restent encore insuffisants ou inexistants pour des milliers d’Irakiens. Cette situation résulte de services de santé négligés pendant plusieurs années (en particulier pour les soins primaires) et d’un manque de personnel médical, ayant fui l’Irak par peur d’enlèvement ou d’assassinat.

MSF continue ses activités dans son programme chirurgical à Amman, en Jordanie, à destination des victimes du conflit référés par leurs confrères irakiens, ainsi qu’au Kurdistan irakien pour les grands brûlés. Les équipes fournissent également du matériel et des médicaments à certains hôpitaux irakiens, et proposent des formations médicales et en soutien psychologique aux professionnels de santé.

Dans la province de Anbar et à Bagdad, MSF apporte ainsi son aide à huit hôpitaux du ministère de la Santé en formant du personnel soignant, par des formations aux techniques de l’accompagnement psychologique et en fournissant du matériel médical.

À Bassora, MSF assure actuellement une séance de formation pour les soins pré et post-opératoires, et prévoit de mener des évaluations dans les gouvernorats du sud pour y cerner les besoins. Dans les gouvernorats du nord de Tameen et Ninewa, MSF soutient cinq hôpitaux par la fourniture régulière de matériel et de médicaments, ainsi que par une aide d’urgence et des campagnes d’éducation sanitaire visant à sensibiliser les populations sur les maladies transmissibles. MSF vient également en aide aux personnes déplacées dans le gouvernorat de Dohuk via un soutien psychologique.

Ces interventions n’atteignent néanmoins qu’une faible part des populations victimes du conflit. La complexité des blessures soignées et le nombre d’infections bactériennes multirésistantes donne un aperçu, bien que limité, de l’ampleur de la crise humanitaire que traverse le pays.

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