Deux collègues enlevés en Somalie

Fin de week-end, dimanche soir. 18h00, le téléphone sonne. C’est Koen, notre attaché de presse à Bruxelles. Comme il appelle rarement, il faut s’attendre à une nouvelle grave. Et elle l’est effectivement. Nous avons perdu le contact avec deux de nos expatriés alors qu’ils revenaient d’une visite dans la région de Bakool, au sud-ouest de la Somalie

Dans cette région, MSF gère un centre de santé d’une capacité de 293 lits dans la capitale régionale Huddur, qui touche une population d’approximativement 250.000 personnes. MSF y tient un département de consultations externes incluant une composante en santé maternelle et de l’enfant et qui comprend des unités pour les adultes, pédiatrique, pour soigner le kala azar, la tuberculose ainsi que des structures de consultations externes et un centre nutritionnel thérapeutique. MSF gère également 4 postes de santé, trois dans la région de Bakool et un autre dans la région voisine de Bay.

Les échanges de mail se succèdent. Très vite une cellule de crise est mise en place. Juste le temps d’une nuit pour “avaler” la nouvelle. Ce lundi, l’ambiance est pesante dans les couloirs de nos bureaux à Bruxelles. 10h30, un premier flash réunit la maison pour mettre tout le monde au courant et faire un premier point sur la situation. Pas beaucoup plus d’informations depuis la veille. On y apprend qu’il s’agit d’un médecin de nationalité belge et d’un infirmier hollandais, qui revenaient d’une visite d’encadrement médical quand ils ont été arrêtés par un groupe d’hommes armés, sur la route entre Rabdhore et Hudur. Les deux expatriés ont été enlevés alors que tous leurs collègues somaliens ont pu repartir. Pour autant que l’on sache, aucune violence n’a été utilisée lors de l’enlèvement en dehors de tirs en l’air. Trois voitures ont également été saisies mais elles ont été retrouvées, un peu plus tard, non loin du lieu de l’enlèvement. Jusqu’à présent, MSF n’a pas pu rétablir le contact avec les deux membres du personnel enlevés.

Compte tenu de la situation sécuritaire très instable, MSF n’a actuellement pas de personnel international basé dans le pays de façon permanente. Le travail humanitaire vital mené par notre organisation se poursuit sur le terrain grâce aux membres du personnel national qui gèrent les programmes, assistés par une équipe dirigeante basée à Nairobi, qui visite les projets pour apporter un soutien capital lorsqu’il est possible de le faire.

MSF met tout en son pouvoir pour garantir le retour rapide et sauf de ses collègues. En attendant, nos pensées sont avec eux et leurs familles. La situation délicate et le respect envers les familles ne permettent pas à MSF de fournir de plus amples informations à ce stade.

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