Les “Bombers” remportent le tournoi HalfTime! avec panache

bombers.JPGImaginez que les joueurs de l’équipe gagnante de la Coupe du Monde se soient rencontrés pour la première fois cinq jours avant le match décisif, qu’ils se soient entraînés et aient finalement remporté le titre au terme d’un parcours super convaincant… Pure fiction, n’est-ce pas ?
Et pourtant, MSF vous l’avait promis : l’initiative HalfTime! vous proposait une alternative à la Coupe du Monde de football 2010. Et, au final, on a eu exactement ce que l’on espérait : un véritable succès !
HalfTime! a réuni à Johannesburg six équipes de joueurs séropositifs issus des quatre coins de l’Afrique australe, tandis que des matchs similaires se déroulaient un peu partout dans le monde. Cette initiative avait pour but de tirer la sonnette d’alarme face à la diminution de l’aide financière pour les traitements anti-rétroviraux, une diminution qui met des millions de vies en danger, au moment où plusieurs bailleurs de fonds se rétractent et rompent leurs engagements financiers.
Contrairement aux autres équipes du tournoi, l’équipe des « OI Bombers » (Opportunistic Infection* Bombers) n’a été réunie pour la première fois au complet que quelques jours avant le départ pour Johannesburg, à Harare au Zimbabwe. À l’entame du tournoi, tout le monde les donnait donc perdants.
Non seulement les Bombers devaient surmonter le fait qu’ils venaient de deux villes différentes distantes de 500 km – Bulawayo et Buhera, où MSF dirige des projets de traitement du VIH/SIDA –, mais ils étaient en outre séparés par la langue. Trois membres de l’équipe parlent en effet le Shona, tandis que les trois autres s’expriment en Nbedele. Malgré ces obstacles, l’équipe s’est rapidement soudée autour d’un objectif commun : rappeler au monde que la crise du VIH n’est pas terminée et que les bailleurs de fonds internationaux doivent continuer à s’engager dans le match que nous livrons contre le VIH et le SIDA.
« On n’arrête pas de me demander ce que je ressens en tant qu’entraîneur de cette équipe et si nous comptons remporter le moindre match. Je leur réponds que je prends en tout cas ce tournoi très au sérieux et que, bien sûr, nous comptons ‘gagner’. Mais ‘gagner’, c’est avant tout faire de son mieux, et c’est ce que nous allons faire », nous a confié Munyaradzi Dodho.

Pour ne pas dire adieu à la vie

La veille du tournoi, les Bombers ont dit aux autres équipes : « on va vous ‘exploser’ sur le terrain, tout comme les ARV explosent les infections opportunistes telles que la tuberculose. »
Le vendredi 2 juillet, lorsqu’ils sont montés sur le terrain pour se mesurer aux cinq autres équipes d’Afrique du Sud, du Mozambique, du Swaziland et du Zimbabwe, ils ont effectivement montré de quoi ils étaient capables !
Ils ont d’abord vaincu les « Manbinhas » du Mozambique sur un score de 2-0. Lors du match suivant, ils ont littéralement écrasé l’équipe sud-africaine « Siyaphila » par un cinglant 8-0, concrétisant ainsi leurs promesses.
Partis de zéro, les Bombers étaient maintenant des héros, devenant du même coup l’équipe à battre, plus encore que celle des « ARV Swallows », l’autre équipe zimbabwéenne pourtant désignée comme favorite au début du tournoi. Une fois qualifiés pour la finale, où ils auraient à en découdre avec les redoutables « Fluconazole Pirates » sud-africains, les Bombers avaient définitivement assis leur réputation : ils ne feraient pas de la figuration !
Finalement, les Bombers ont donc remporté cette finale, 2 buts à 1, devenant du même coup l’équipe ayant inscrit le plus grand nombre de buts (12), et montrant surtout au monde et aux bailleurs de fonds internationaux que la mi-temps, ce n’est PAS LE MOMENT D’ABANDONNER !
« Si le financement s’interrompt, je peux dire adieu à la vie. Ces bailleurs de fonds internationaux ne doivent pas se désengager et doivent continuer à nous soutenir. Et même les gouvernements africains devraient contribuer à la hauteur de leurs moyens, de façon à permettre à ces donateurs extérieurs de faire davantage et de poursuivre leurs efforts de financement », a déclaré Cloud Mapiti, défenseur de l’équipe OI Bombers.


Maureen Mazibisa, membre de l’équipe OI Bombers, et Borrie La Grange, Directeur de la communication, MSF Afrique du Sud.

* Les infections opportunistes comme la tuberculose sont l’ennemi le plus dangereux pour les personnes vivant avec le VIH/SIDA. Les médicaments anti-rétroviraux permettent de combattre ces infections en renforçant la capacité de réaction des systèmes immunitaires affaiblis

Cette entrée a été publiée dans Afrique du Sud, épidémie, sida. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>