Mission à Titule: repérage mouvementé!

Mercredi 1er septembre – J 17

 Alors que le soleil est déjà couché depuis une bonne heure et que notre réunion quotidienne est terminée, je m’isole dans le bureau pour écrire les dernières nouvelles. La plupart des équipes qui étaient parties dimanche en évaluation sont rentrées ; il n’en reste plus que deux qui passent la nuit à quelques kilomètres de Titule et reprendront la route du retour à la base demain à l’aube.  Tout le monde est unanime : les routes sont en très mauvais état, même les motos ont du mal à passer. Une des équipes a mis 3h pour faire une dizaine de kilomètres. Ils ont du traverser pas moins de 6 rivières sur ce petit tronçon de route et demander de l’aide à la population pour pouvoir construire un pont de fortune et permettre aux motos de passer sur l’autre rive. Certains ont du faire plus de 20 km à pieds dans une forêt épaisse, sans chemin véritablement tracé, pour atteindre les zones à évaluer. D’autres sont restés embourbés avec leur véhicule. D’autres encore sont tombés en panne sèche, ayant même utilisé le carburant de réserve ; les moteurs des motos souffrent, sont mis à rude épreuve, la consommation augmente donc d’autant plus. Cette évaluation pré-vaccination était donc d’une importance capitale pour tenter de réduire la marge d’imprévus lors de la vaccination. Il y aura encore des surprises, mais les autres, espérons-le, seront minimes.  Mais tous sont également unanimes sur l’accueil des populations : très chaleureuses, contentes de voir que des équipes médicales viennent jusqu’à eux, dans ces endroits reculés que presque tout le monde a oublié. Beaucoup d’adultes rencontrés n’ont jamais été vaccinés contre aucune maladie, les campagnes à l’échelle régionale ou nationale visant souvent les enfants.  Nos équipes ont également croisé quelques infirmiers titulaires de ces postes de santé de brousse. Puisqu’ils ne sont généralement pas de cette zone, ils marchent des jours pour rejoindre leur centre, accompagnés d’un éclaireur pour éviter qu’ils se perdent dans ce dédale végétal. Ne disposant que de peu de ressources sur place, ils font ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils ont. « Ces hommes sont vraiment des héros » nous disait le Dr Hippolyte, responsable de l’intervention PUC.  Demain et après-demain, le planning sera chargé : analyser toutes les données médicales et logistiques récoltées lors des derniers jours sur le terrain et dresser le dernier état des lieux. Mon boulot viendra en dernière ligne : analyser les besoins exprimés et les traduire en moyens humains et financiers. Les deux étapes suivantes consisteront à approvisionner les sites de vaccination avec le matériel nécessaire et envoyer l’équipe de promotion de la santé. Elle recrutera notamment les crieurs qui annonceront les dates de la vaccination.  

Le jour J approche, l’ambiance dans l’équipe est bonne, nous n’avons pas de retard sur le planning, les repas sont exotiques (sorte de porc-épic, serpent et chèvre au menu de ce soir), mais que demande le peuple ? Ah oui… Une vaccination !

Amélie Deprez est en charge de l’administration et des finances au PUC (Pool d’Urgence Congo).

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