Naître à Kibera: “L’eau en bouteille est bien trop chère”

Je me sens de plus en plus à l’aise à Kibera. Le soleil brille et tout le monde est de bonne humeur. De la musique reggae résonne dans toutes les échoppes et je vois surtout des visages souriants. En revanche, je commence à sentir que je n’ai pas assez bu. Je regarde les échoppes autour de moi et me dis qu’une bouteille d’eau fraîche serait la bienvenue. Je pars donc à la recherche d’un magasin. Un des mes accompagnateurs me voit partir et me demande où je vais. Je lui explique. “Ok, j’y vais avec toi”.

Nous nous rendons ensemble vers une échoppe, mais il n’y a que des grandes bouteilles de Coca. Je réalise rapidement que partout, on ne trouve que ça. Avec cette chaleur, je n’ai pourtant pas du tout envie de Coca. Mais pourquoi est-il si difficile de trouver une simple bouteille d’eau? “Parce que l’eau en bouteille est bien trop chère”, m’explique-t-on. Je réalise qu’entretemps, on a pas mal dévié de notre route. “On est tout près de chez moi”, m’indique mon accompagnateur. “Tu veux passer un moment ?”

Il part vers la droite et nous commençons à zigzaguer entre les tôles ondulées. Après quelques minutes, il m’invite à prendre l’escalier sur sa droite. Sa femme ouvre la porte, me salue et me fait entrer. Je découvre un salon plutôt normal avec trois fauteuils et une table sur un tapis. Il y a des posters sur le mur et une télé sur un meuble. Un intérieur plutôt agréable, en fait. Je n’aurais jamais cru qu’on pourrait trouver un salon aussi accueillant sous des tôles rouillées.

Une chose m’interpelle rapidement: un tas de chaises de jardin dans un coin. “Qu’est-ce que vous comptez faire avec ces chaises?” Il me répond: “Ma femme et moi comptons ouvrir un restaurant. Alors, on épragne.” J’ai encore une question en quittant les lieux: “Comment faites-vous pour retrouver votre maison dans ce labyrinthe?” Il rit: “Tu vois ce poteau électrique ? C’est notre point de repère!”

Je n’avais pas non plus remarqué hier qu’il y avait tant d’enfants. Ils me regardent avec curiosité et m’interpellent avec de grands sourires: “How are you, how are you?” Plus je leur accorde de l’attention, plus ils deviennent téméraires et s’approchent.

Je rigole avec eux et distribue quelques “high five”. Des enfants, de plus en plus nombreux, apparaissent de tous les côtés et me suivent partout. Adorables, il me mettent sérieusement de bonne humeur. Je commence vraiment à apprécier la vie à Kibera et, surtout, ses habitants.

Christof Godderis, attaché de presse au siège bruxellois de MSF, est en mission pendant une semaine au Kenya.

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Une réponse à Naître à Kibera: “L’eau en bouteille est bien trop chère”

  1. Juda dit :

    Il n’y a qu’a regarder le documentaire d’Arte : Je cite, le Hold Up de l’eau pour comprendre à quoi tout cela rime.

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