Haïti: Les expats passent, le staff national reste !

© MSF

Laura quitte aujourd’hui Martissant, un quartier de Port-Au-Prince. Elle a fini sa mission avec MSF en Haïti. Elle est émue et ses collègues haïtiens aussi. Cela illustre la force des liens qui peuvent se tisser entre le personnel expatrié et le personnel national au sein de la mission. Le soir, je la retrouve avec Stijn à la maison. Encore en train de travailler sur son rapport de passation pour la personne qui la remplacera. A croire qu’une mission ne se termine jamais vraiment avant d’avoir embarqué dans l’avion pour son vol retour.

Une première désarçonnante
En tant qu’expatriée, Laura a géré la supervision infirmière du centre d’urgence et du CTC (centre de traitement du choléra) sous la direction d’un médecin haïtien, le Dr. Patrick. Ce dernier gère l’ensemble des aspects médicaux du projet. Laura a donc été intégrée pleinement à une équipe composée essentiellement de personnel national. Il en est de même pour Stijn, jeune médecin belge qui travaille quotidiennement avec une équipe d’une douzaine de médecins Haïtiens sous la supervision du Dr. Jecrois. Les Haïtiens qui travaillent à Martissant constituent la mémoire collective de ce projet depuis plus de 6 ans et ce sont eux qui sont le plus à même d’encadrer les premières missions.

Lorsque j’écoute Laura et Stijn, j’imagine qu’être médecin ou infirmière et se retrouver pour la première fois dans un contexte humanitaire où les ressources sont limitées et les besoins médicaux si importants doit être désarçonnant. Ils me confient alors que l’aide apportée par leurs collègues haïtiens est fondamentale et les aide à répondre au mieux aux besoins.

Stijn me raconte qu’un jour une personne victime de plaie par balle est arrivée au centre d’urgence. Grâce à l’expérience et aux conseils de l’un de ses confrères haïtiens, Stijn a su lui poser un drain thoracique qui a sauvé la vie de ce patient. Ce type de geste médical, Stijn ne l’avait jamais pratiqué auparavant.

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Partage d’expérience
Plus généralement, ils m’expliquent tous les deux que les traitements ne sont pas différents mais que les approches diagnostiques le sont car il faut apprendre à faire avec les moyens disponibles. Les moyens techniques ne sont pas les mêmes qu’en Europe. Le partage d’expérience entre les expatriés et le personnel national qui bénéficie d’une très grande expérience dans ce contexte est ici primordial.
Cette collaboration semble leur avoir beaucoup apporté. Après quelques mois de mission, ils paraissent plus sur d’eux dans leurs décisions et leurs pratiques professionnelles. Stijn m’avoue qu’il ose maintenant prendre des décisions médicales même s’il n’a pas pu faire tel ou tel examen. Il sait maintenant qu’il doit agir comme cela s’il veut être efficace à Martissant et répondre au mieux aux urgences qui se succèdent. Lorsque je l’écoute cela semble même lui apporter une plus grande satisfaction professionnelle qu’en Belgique. De son côté, Laura a acquis des compétences en management lors des 6 mois qu’elle a passés à Martissant et souhaite maintenant reprendre ses études en Italie pour mettre en avant et compléter ce qu’elle a pu acquérir ici.

Laura a l’air heureuse de sa mission et en parle avec beaucoup de passion. Son regard s’illumine lorsqu’elle évoque les expériences qu’elle a pu vivre ici et ce qu’elle a appris du personnel médical haïtien. Stijn partage les propos de Laura et esquisse un sourire. Lui est encore là pour quelques mois.

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