Giovanna est chirurgienne et travaille à l’hôpital de Tabarre, à Port-au-Prince, où MSF vient d’ouvrir le dernier né de ses hôpitaux. Pour sa première mission, elle opère des patients polytraumatisés ou victimes de violence. Malgré de très longues études, elle n’a jamais renoncé à son idéal de mettre ses compétences au service de l’action humanitaire.
Quand je dis que je travaille pour MSF, beaucoup de monde me félicite comme si j’étais une héroïne ou comme si je faisais quelque chose d’extraordinaire. Moi, je ne sais jamais quoi répondre parce que parfois je m’amuse beaucoup plus à travailler ici qu’en Italie et j’ai du mal à penser que je suis différente de ce que j’étais avant mon arrivée ici.
Je ne me sens pas différente de la plupart des autres personnes parce que je suis ici, mais parce que je fais dans ma vie quelque chose que j’aime. J’ai décidé d’étudier la médecine parce que je me sens proche du genre humain lorsqu’il souffre. La gratitude des patients est alors la satisfaction la plus grande que l’on peut avoir. C’est une chance pour moi car n’ai jamais eu de problèmes économiques pour étudier ou pour devoir soutenir ma famille. C’est plutôt le contraire en fait…
Chirurgie essentielle
J’ai donc pu faire médecine et ensuite la chirurgie s’est imposée à moi. Les personnes qui commencent des études de médecine ont toutes des motivations différentes. Pour moi, c’était extrêmement dur de passer 12 années à l’université, soit parce que je suis une femme, soit pour avoir choisi la chirurgie, et surtout parce que je n’ai jamais renoncé à ma personnalité et à mes idéaux.
Ce n’est pas la spécialité qui te définit, mais c’est plutôt ta façon de travailler. Si tu le fais pour le patient, pour toi ou pour le salaire. Ici je n’ai pas changé ma façon de travailler, j’ai seulement changé de patients. Ici ce sont surtout de jeunes patients polytraumatisés et des victimes de violences, tandis que chez moi ce sont surtout des personnes atteintes de cancer. Lorsque tu travaille dans un contexte comme Haiti tu sens davantage la différence que tu peux apporter. Ici, il s’agit de chirurgie essentielle.
Le projet sur lequel je travaille est encore jeune et on peut travailler tous ensemble
pour améliorer la stratégie. Je suis contente de travailler avec une équipe jeune, motivée, dynamique et surtout de collaborer avec les Haïtiens. Travailler ensemble pour utiliser efficacement les ressources de chacun est très intéressant. Les satisfactions ne manquent pas en Haiti.
Mais pour vraiment apporter quelque chose à MSF il faut acquérir des compétences. Et ça c’était dur à comprendre quand j’étais encore interne. Maintenant, je sens que tout ce que j’ai appris m’aide beaucoup.
Finalement, est-ce que c’est vraiment bien ce que j’ai fait en venant ici ? Je veux poursuivre mon idéal malgré tout. Malgré l’éloignement avec mes proches et mes amis. Aujourd’hui, j’essaye de vivre pleinement cette première mission avec MSF.
Vivez, vous aussi, votre première mission “virtuelle” sur www.premieremission.be




J’apprecie beaucoup le travail que vous faites en Haiti et je suis persuade que mon pays(Haiti) a fortement besoin de personnes comme vous! Je fais actuellement une etude sur la chirurgie essentielle en Haiti, je suis interne a Justinien, pourrait on echanger quelques correspondances
? Merci deja!