10.000 Syriens aux portes de la Turquie

© MSF/Anna Surinyach

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Un homme sort d’une mosquée au nord de la Syrie. Il s’agit du principal lieu de culte musulman pour les Syriens qui ont été forcés de partir de chez eux et qui vivent maintenant dans un camp dans la province d’Alep à la frontière turque. Il y a quelques mois, 4 000 personnes s’étaient installées dans ce campement temporaire; ce nombre est maintenant passé à 10 000. La plupart vivent dans des tentes, mais Hussein Alwawi et sa famille ont trouvé refuge dans la mosquée du camp.

« Nous vivions à Alep », dit Hussein. « Un avion militaire a attaqué notre quartier et beaucoup de maisons ont été détruites, y compris la nôtre. Nous n’étions pas à la maison lorsque c’est arrivé, mais deux familles ont été tuées. Nous sommes restés à Alep les cinq jours suivants, puis nous sommes venus ici. »

Le récit de Hussein ressemble à celui de beaucoup d’autres familles qui vivent dans le camp et ont fui la guerre. Ces familles ont installé leurs tentes sur un terrain occupé auparavant par un bureau des douanes. Connu officiellement sous le nom de « camp de transit ». « Camp pour personnes déplacées » est toutefois un nom plus adéquat. Bien que certaines familles souhaitent se rendre en Turquie, beaucoup vivent dans le camp depuis plusieurs mois et le nombre de résidents ne cesse d’augmenter.

Les équipes de MSF mènent des activités de distributions d’eau et d’assainissement dans le camp. En outre, le personnel médical de MSF a vacciné plus de 3.300 enfants de moins de 15 ans contre la rougeole, une maladie qui peut se propager rapidement lorsque les gens vivent en promiscuité.

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Le camp compte un grand nombre de coiffeurs et de vendeurs de produits alimentaires ainsi que des écoles pour les enfants déplacés. Un groupe d’enfants et d’adultes font un match de football avec une balle de basketball. Une ambulance passe à toute vitesse sur la route qui longe le camp pour aller chercher un blessé en Syrie et le ramener en Turquie pour le soigner. Les joueurs ne lèvent même pas la tête pour regarder ce qu’il se passe.

Près du terrain de football, un groupe de femmes se sont réunies pour discuter. Saleha Mustafa, une Syrienne de 44 ans, fait cuire une soupe aux lentilles sur un réchaud. « Nous sommes venus ici à cause des bombardements et des attaques d’hélicoptères, et aussi parce que je suis veuve et que je n’ai rien. » Saleha dépend de l’aide de ses cousins qui vivent dans des tentes non loin de là. « J’irai en Turquie si c’est ce que souhaite ma famille », dit-elle.

Mohammed sirote une tasse de café devant une autre tente. Il espère trouver refuge de l’autre côté de la frontière. « J’aimerais aller en Turquie avec ma famille », dit-il. « Nous ne sommes pas en sécurité ici, il y a des affrontements en permanence. »

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Depuis trois mois, Mohammed vit dans une tente avec sa femme et leurs cinq enfants. Ils ont fui Alep à cause des attaques aériennes et des missiles qui les menaçaient constamment et qui effrayaient leurs enfants. Selon lui, les traumatismes dont souffrent ses compatriotes sont loin d’être terminés. « Les enfants se souviendront pendant de nombreuses années de ce qu’il s’est passé en Syrie », ajoute-t-il.

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