A Carnot en RCA : Tout a changé

© MSF

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Tatiana a quatre ans. Elle est arrivée à l’hôpital de Carnot le 28 mars dernier. Elle souffrait de paludisme sévère et de marasme (une forme de malnutrition). Elle était aussi en hypothermie. Elle a été prise en charge par MSF, présente depuis 2010 dans l’hôpital de la ville.

C’est son père, Igor, âgé de 26 ans, qui l’a accompagné à l’hôpital. Avec sa femme et ses trois autres enfants, ils vivent à Carnot, à l’Ouest de la République centrafricaine (RCA).

Précipité dans la pauvreté par les combats

Avant la crise, la famille était pauvre mais pouvait se nourrir et vendre ce qu’ils cultivaient au marché ; du maïs, du manioc, des arachides… Mais avec l’arrivée des rebelles de l’ex-Séléka sur la ville, tout a changé. Au cours des violences qui ont suivi, Igor a perdu son frère et sa sœur. Il a dû fuir en brousse, avec sa femme est ses enfants, abandonnant leur maison. Les Sélékas ont tout pillé et ont détruit les précieuses réserves de semences que la famille gardait pour pouvoir cultiver. Leurs amis et voisins ont eux-aussi tout perdu…

Depuis, ils ne peuvent plus aller dans leurs champs. Igor essaye de gagner de l’argent en lavant des motos. Sa femme vend des petits articles sur le marché, mais cela ne suffit pas pour nourrir une famille de six personnes. Igor a alors décidé de partir pendant trois mois chez sa sœur, dans la ville voisine de Berberati, pour chercher de l’aide. Alors qu’il était absent, Tatiana est tombée malade. Sa mère n’arrivait plus à nourrir les quatre enfants. Tatiana a alors basculé dans la malnutrition.

Vivre ensemble à nouveau

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Igor constate que depuis le départ des musulmans de Carnot, l’activité commerciale de la ville s’est nettement réduite. Moins de voitures et moins de marchandises circulent. Il sait que les ex-Sélékas qui ont perpétré des exactions lors de leur offensive ne sont pas les mêmes que ces personnes aujourd’hui enfermées, enclavées, dans l’enceinte de l’église de la ville. « Je voudrais que les musulmans reviennent Ils ont le même sang que moi, ils font partie de la société centrafricaine » affirme-t-il.

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