Méningite au Niger : « C’était le chaos, l’hôpital était plein à craquer »

(c) Sylvain Cherkaoui/Cosmos

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L’épidémie de méningite continue de sévir au Niger, faisant 443 morts sur 6609 cas recensé depuis janvier selon les autorités.  Le Dr Clément Van Galen, a rejoint l’équipe médicale d’urgence de Niamey le 1er mai dernier. Il nous confie les défis rencontrés au cours de la réponse à cette épidémie.

Quand je suis arrivé à l’hôpital Lazaret de Niamey au début du mois de mai, c’était le chaos. L’hôpital était plein à craquer ! Chaque jour, nous hospitalisions 350 patients atteints de la méningite et prenions en charge près de 400 autres patients en ambulatoire. Pour pouvoir disponibiliser des lits en suffisance, nous étions obligés de libérer les patients qui allaient mieux et assurions la fin de leur traitement en ambulatoire. Une équipe médicale supplémentaire est très vite venue nous aider à soigner les patients.

Au cours de ces deux dernières semaines, le nombre d’admission a énormément diminué, passant de 100 à 30 patients par jour. Mais nous nous préparons maintenant à répondre à une nouvelle flambée qui surviendrait  à Niamey mais également dans d’autres régions du pays touchées par l’épidémie. Il faut en effet s’assurer que les malades soient pris en charge le plus rapidement possible et qu’ils soient dirigés vers des structures équipées afin d’être traités.

(c) Sylvain Cherkaoui/Cosmos

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Administré à temps, le traitement de la méningite est assez simple : il consiste en une dose d’antibiotique de Ceftriaxone pendant cinq jours. Les jeunes patients sont les plus touchés, la majorité d’entre eux sont âgés entre 5 et 30 ans. Ils se présentent souvent avec de la fièvre, une raideur de la nuque et des vomissements.  Parfois,  il y a des enfants qui convulsent toute la nuit et qui n’arrivent à l’hôpital que le lendemain matin. On voit malheureusement tous les jours des personnes qui arrivent en état comateux. Malheureusement, encore trop de malades consultent trop tard et  on n’arrive pas à les sauver. Heureusement,  il y a aussi des cas légers qui arrivent sur leurs deux jambes, ils ont de bien meilleures chances de survie.

La difficulté avec la méningite, c’est qu’un patient peut ne pas avoir l’air d’être dans un état inquiétant et tout à coup, on peut voir apparaître des complications qui nécessitent un transfert rapide en soins intensifs. Les complications surviennent lorsque la bactérie est particulièrement virulente. Elle épuise  l’organisme en utilisant ses réserves en sucres et en eau. La bactérie déclenche alors une cascade inflammatoire dans le corps entrainant la déshydratation, de la fièvre et une atteinte des organes vitaux. C’est pourquoi nous surveillons nos patients de manière rapprochée, et assurons un suivi du taux de glycémie et des constantes vitales adapté à l’état de chaque patient.

(c) Sylvain Cherkaoui/Cosmos

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La population nigérienne a conscience du danger de la maladie. Au début de l’épidémie, une certaine psychose s’est installée à Niamey, mais aujourd’hui, elle semble bien informée des signes de la maladie. De plus en plus de gens consultent dès l’ apparition de maux de tête ou de raideur de la nuque.  Beaucoup de gens veulent être vaccinés mais malheureusement, il n’y a pas assez de doses disponibles sur le marché mondial pour cette  souche de méningite.  Le ministère de la Santé priorise donc la vaccination des enfants de 2 à 15 ans.

Ce qui me frappe, c’est la manière dont la population accepte la mort. Nous, en tant que médicaux, on accepte très mal la mort. On refuse la fatalité surtout quand il existe un traitement.

Les familles sont très dignes et elles disent souvent : “il est parti” pour dire « il est décédé ». C’est un mot très doux qui cache souvent une grande douleur.

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