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		<title>Fistules : miser sur la prévention ou la guérison ?</title>
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		<pubDate>Wed, 22 May 2013 14:41:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Médecins Sans Frontières</dc:creator>
				<category><![CDATA[Récit du terrain]]></category>
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		<description><![CDATA[Ce 23 mai se tient pour la première fois la Journée internationale pour l&#8217;élimination de la fistule obstétricale. Le chirurgien Geert Morren s&#8217;en réjouit : la problématique des fistules a bien besoin d&#8217;attention. Car cette affection provoque de lourds dégâts &#8230; <a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2013/05/22/fistules-miser-sur-la-prevention-ou-la-guerison/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2101" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2013/05/Gitega-Martina-Bacigalupo.jpg"><img class="size-medium wp-image-2101" alt="© Martina Bacigalupo" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2013/05/Gitega-Martina-Bacigalupo-300x253.jpg" width="300" height="253" /></a><p class="wp-caption-text">© Martina Bacigalupo</p></div>
<p><strong>Ce 23 mai se tient pour la première fois la Journée internationale pour l&#8217;élimination de la fistule obstétricale. Le chirurgien Geert Morren s&#8217;en réjouit : la problématique des fistules a bien besoin d&#8217;attention. Car cette affection provoque de lourds dégâts tant physiques que sociaux.</strong><span id="more-2100"></span></p>
<p>La fistule obstétricale est une sorte de brèche entre la vessie et le vagin ou entre la vessie et le rectum. Les femmes atteintes ne peuvent plus retenir leur urine et/ou leurs selles. Ce type de fistule résulte d&#8217;accouchements difficiles : la pression prolongée qu’exerce la tête du bébé contre le bassin de la mère interrompt trop longtemps l’afflux du sang dans les tissus. Souvent, le bébé ne survit pas à l&#8217;accouchement.</p>
<p>« Pour la maman, il s&#8217;agit d&#8217;une expérience traumatisante », explique Geert Morren. « Non seulement l&#8217;accouchement est long et difficile, mais en plus elle perd son bébé et se retrouve avec une fistule qui la rend incontinente. » Au-delà de l&#8217;affection médicale, les femmes atteintes de fistules sont souvent exclues de leur cercle social. Heureusement, la fistule est dans la plupart des cas guérissable par le biais d&#8217;une intervention chirurgicale.</p>
<p>Les fistules sont symptomatiques de soins de santé qui fonctionnent mal. Car une femme qui bénéficie d&#8217;un bon accompagnement lors de son accouchement ne contractera pas de fistule. « Les fistules surgissent là où les femmes n&#8217;ont pas accès aux soins de santé », confirme Geert Morren. « Il ne faut pas perdre de vue la dimension sociale de ce problème : ce sont avant tout les femmes pauvres et jeunes qui en sont victimes. On estime que 100 à 150 femmes en contractent chaque jour. Aujourd&#8217;hui, 1 à 2 millions de femmes attendent d&#8217;être soignées. »</p>
<h3>Mettre l&#8217;accent sur la formation</h3>
<p>« Malheureusement, opérer des fistules est peu attirant pour les chirurgiens locaux. Tout d&#8217;abord, ces opérations sont techniquement difficiles. Si elles ne requièrent pas de matériel sophistiqué, il faut un certain temps pour maîtriser la technique. Par ailleurs, ces interventions ne sont pas intéressantes financièrement parce que la plupart des patientes sont pauvres. »</p>
<p>Il n&#8217;y aura donc jamais assez de chirurgiens pour venir en aide à toutes les patientes. C&#8217;est pourquoi il faut miser sur la prévention, et donc sur des services obstétriques de qualité. MSF se trouve dès lors confrontée à un choix difficile : former ses gynécologues à traiter les fistules ou les former plutôt à assister aux accouchements, privilégiant ainsi la prévention. Comment résoudre ce dilemme ?</p>
<p>« Le principe de MSF, c&#8217;est de ne pas démarrer de projets de traitement de fistules sans investir aussi dans la prévention », poursuit Geert Morren. « Un exemple ? Au Burundi, MSF a ouvert à Kabezi une clinique spécialisée en soins obstétricaux et à Gitega, un centre pour le traitement des fistules. Depuis le début du projet, plus de mille patientes se sont déjà fait opérer dans ce dernier. »</p>
<p>D&#8217;après Geert Morren, MSF peut jouer un rôle de premier plan en formant les gynécologues : « Nous avons beaucoup investi dans la formation de chirurgiens burundais à Gitega. Si nous parvenons à en former un nombre suffisant pour pouvoir ensuite nous retirer, on pourra dire que notre projet est couronné de succès. »</p>
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			<media:description type="html">© Martina Bacigalupo</media:description>
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		<title>10.000 Syriens aux portes de la Turquie</title>
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		<pubDate>Tue, 21 May 2013 11:11:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Médecins Sans Frontières</dc:creator>
				<category><![CDATA[Récit du terrain]]></category>
		<category><![CDATA[camp]]></category>
		<category><![CDATA[conflit]]></category>
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		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>

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		<description><![CDATA[Un homme sort d’une mosquée au nord de la Syrie. Il s’agit du principal lieu de culte musulman pour les Syriens qui ont été forcés de partir de chez eux et qui vivent maintenant dans un camp dans la province &#8230; <a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2013/05/21/10-000-syriens-aux-portes-de-la-turquie/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2095" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2013/05/Syrie-Camp-MSF-Anna-Surinyach.jpg"><img class="size-medium wp-image-2095" alt="© MSF/Anna Surinyach" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2013/05/Syrie-Camp-MSF-Anna-Surinyach-300x200.jpg" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">© MSF/Anna Surinyach</p></div>
<p>Un homme sort d’une mosquée au nord de la Syrie. Il s’agit du principal lieu de culte musulman pour les Syriens qui ont été forcés de partir de chez eux et qui vivent maintenant dans un camp dans la province d’Alep à la frontière turque. Il y a quelques mois, 4 000 personnes s’étaient installées dans ce campement temporaire; ce nombre est maintenant passé à 10 000. La plupart vivent dans des tentes, mais Hussein Alwawi et sa famille ont trouvé refuge dans la mosquée du camp.<span id="more-2093"></span></p>
<p>« Nous vivions à Alep », dit Hussein. « Un avion militaire a attaqué notre quartier et beaucoup de maisons ont été détruites, y compris la nôtre. Nous n’étions pas à la maison lorsque c’est arrivé, mais deux familles ont été tuées. Nous sommes restés à Alep les cinq jours suivants, puis nous sommes venus ici. »</p>
<p>Le récit de Hussein ressemble à celui de beaucoup d’autres familles qui vivent dans le camp et ont fui la guerre. Ces familles ont installé leurs tentes sur un terrain occupé auparavant par un bureau des douanes. Connu officiellement sous le nom de « camp de transit ». « Camp pour personnes déplacées » est toutefois un nom plus adéquat. Bien que certaines familles souhaitent se rendre en Turquie, beaucoup vivent dans le camp depuis plusieurs mois et le nombre de résidents ne cesse d’augmenter.</p>
<p>Les équipes de MSF mènent des activités de distributions d’eau et d’assainissement dans le camp. En outre, le personnel médical de MSF a vacciné plus de 3.300 enfants de moins de 15 ans contre la rougeole, une maladie qui peut se propager rapidement lorsque les gens vivent en promiscuité.</p>
<div id="attachment_2096" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2013/05/Syrie-Camp-2-MSF-Anna-Surinyach.jpg"><img class="size-medium wp-image-2096 " alt="© MSF/Anna Surinyach" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2013/05/Syrie-Camp-2-MSF-Anna-Surinyach-300x200.jpg" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">© MSF/Anna Surinyach</p></div>
<p>Le camp compte un grand nombre de coiffeurs et de vendeurs de produits alimentaires ainsi que des écoles pour les enfants déplacés. Un groupe d’enfants et d’adultes font un match de football avec une balle de basketball. Une ambulance passe à toute vitesse sur la route qui longe le camp pour aller chercher un blessé en Syrie et le ramener en Turquie pour le soigner. Les joueurs ne lèvent même pas la tête pour regarder ce qu’il se passe.</p>
<p>Près du terrain de football, un groupe de femmes se sont réunies pour discuter. Saleha Mustafa, une Syrienne de 44 ans, fait cuire une soupe aux lentilles sur un réchaud. « Nous sommes venus ici à cause des bombardements et des attaques d’hélicoptères, et aussi parce que je suis veuve et que je n’ai rien. » Saleha dépend de l’aide de ses cousins qui vivent dans des tentes non loin de là. « J’irai en Turquie si c’est ce que souhaite ma famille », dit-elle.</p>
<p>Mohammed sirote une tasse de café devant une autre tente. Il espère trouver refuge de l’autre côté de la frontière. « J’aimerais aller en Turquie avec ma famille », dit-il. « Nous ne sommes pas en sécurité ici, il y a des affrontements en permanence. »</p>
<div id="attachment_2097" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2013/05/Syrie-Camp-3-MSF-Anna-Surinyach.jpg"><img class="size-medium wp-image-2097" alt="© MSF/Anna Surinyach" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2013/05/Syrie-Camp-3-MSF-Anna-Surinyach-300x200.jpg" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">© MSF/Anna Surinyach</p></div>
<p>Depuis trois mois, Mohammed vit dans une tente avec sa femme et leurs cinq enfants. Ils ont fui Alep à cause des attaques aériennes et des missiles qui les menaçaient constamment et qui effrayaient leurs enfants. Selon lui, les traumatismes dont souffrent ses compatriotes sont loin d’être terminés. « Les enfants se souviendront pendant de nombreuses années de ce qu’il s’est passé en Syrie », ajoute-t-il.</p>
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		<title>RCA: une crise après l&#8217;autre</title>
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		<pubDate>Fri, 17 May 2013 08:58:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Médecins Sans Frontières</dc:creator>
				<category><![CDATA[Récit du terrain]]></category>
		<category><![CDATA[RCA]]></category>
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		<description><![CDATA[Le président de MSF-Espagne, José Antonio Bastos, vient tout juste de rentrer d’une visite en République Centrafricaine (RCA), un pays actuellement en proie à d’importants troubles et qui a été propulsé sous les feux de l’actualité dans les médias à &#8230; <a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2013/05/17/rca-une-crise-apres-lautre/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2090" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2013/05/Bangui.jpg"><img class="size-medium wp-image-2090" alt="© Jean-Paul Delain/MSF" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2013/05/Bangui-300x272.jpg" width="300" height="272" /></a><p class="wp-caption-text">© Jean-Paul Delain/MSF</p></div>
<p><em>Le président de MSF-Espagne, José Antonio Bastos, vient tout juste de rentrer d’une visite en République Centrafricaine (RCA), un pays actuellement en proie à d’importants troubles et qui a été propulsé sous les feux de l’actualité dans les médias à la fin du mois de mars, lorsqu’un coup d’État perpétré par la coalition des opposants Séléka a renversé le gouvernement de François Bozizé. Depuis, la volatilité politique qui s’en est suivie, avec des vols et des pillages généralisés, des combats occasionnels, n’a fait qu’empirer la situation d’urgence dans laquelle le pays s’est enfoncé au cours des dernières années.</em></p>
<p><strong>Tu étais à Bangui il y a quelques temps. Comment as-tu trouvé la capitale  aujourd’hui ?</strong></p>
<p>Je suis allé à Bangui en 2011. Elle m’avait alors semblé  une ville pauvre, languide, léthargique. Aujourd’hui, c’est une ville qui a peur, où la crainte et l’insécurité sont de mise,  avec des jeunes gens armés jusqu’aux dents qui patrouillent dans les rues en camionnette. <span id="more-2088"></span>Si on demande à quelqu’un comment il a passé la nuit, par exemple, il répond que c’était une bonne nuit parce qu’il n’y a pas eu de coups de feu dans son quartier ou qu’ils ont été sporadiques. La situation est encore très instable et personne ne peut prédire ce qu’il adviendra dans un proche avenir.</p>
<p><strong>Quel a été le but de ta visite ?</strong></p>
<p>Je suis surtout allé à Bangui pour rencontrer les nouvelles autorités et pour échanger des impressions avec d’autres acteurs humanitaires présents dans le pays. Nous avons participé à des réunions avec le Ministère de la Santé, celui de l’Intérieur et avec le nouveau président du gouvernement de transition, Michael Djotodia, entre autres.  Nous leur avons fait part de notre préoccupation quant au pillage généralisé qui a touché toutes les organisations humanitaires et les ONG, y compris MSF, des attaques et des pillages dans les structures de santé, de l’insécurité qui a obligé certaines de nos équipes à laisser derrière elles, pour l’instant, les projets. Mais par dessus tout, notre préoccupation majeure est liée à la vulnérabilité aggravée de la population, qui se trouvait déjà dans une situation très fragile avant le coup d’État.</p>
<p><strong>Quelles sont les craintes de MSF concernant à la population ?</strong></p>
<p>Nous avons été témoins du déplacement des populations, de personnes qui fuient leur maison et leur village pour se cacher dans les champs, dans les forêts, où elles ont été exposées aux piqures de moustiques, ce qui veut dire une plus grande exposition au paludisme. Et la saison des pluies n’est pas encore arrivée… Cette saison où les cas de paludisme atteignent leur pic. La population n’a pas pu s’occuper de ses cultures, les gens avaient trop peur pour se rendre dans les champs. Les graines, les réserves et les outils ont été volés, c’est pourquoi nous craignons la survenue d’un épisode grave d’insécurité alimentaire et la multiplication de cas de malnutrition. Beaucoup de patients ont dû interrompre leur traitement contre le VIH ou la tuberculose, ce qui est très dangereux. Les maladies évitables telles que la rougeole, dans un pays avec des niveaux de vaccination très faibles, sont aussi une source de préoccupation. Nous parlons de crises l’une après l’autre.</p>
<p>Il ne faut pas oublier que la RCA se trouvait déjà dans une situation d’urgence, quant à la situation sanitaire générale : avec une espérance de vie de 48 ans, un nombre très élevé de cas de paludisme, des niveaux de mortalité très au-dessus des seuils d’urgence, un système de santé très pauvre… Un réel scénario d’urgence.  Et la crise actuelle est venue empirer la situation : nous avons une combinaison de besoins aigus (davantage de malnutrition, davantage de cas de paludisme, des centres de santé et des hôpitaux détruits, vandalisés ou pillés) s’ajoutant aux besoins généraux qui constituaient déjà une urgence avant le coup d’État.</p>
<p><strong>Comment vont les équipes de MSF?</strong></p>
<p>Elles m’ont impressionné. À Bangui certaines de nos équipes ont dû évacuer les projets de Kabo et de Batangafo dans le nord en raison de sérieux incidents concernant la sécurité. Elles étaient encore sous le choc mais néanmoins elles ne pensaient qu’à y retourner au plus vite (elles l’ont déjà fait) ; les deux projets couvrent une zone dans laquelle se trouvent plus de 130.000 personnes qui s’étaient retrouvées sans prise en charge médicale spécialisée.</p>
<p>Nous avons souffert de sérieuses pertes : des véhicules volés, des magasins et des bureaux pillés, mais nous sommes fermement déterminés à reprendre nos activités régulières et à développer davantage les activités d’urgence. Mais on a besoin de plus et ce maintenant afin de pouvoir faire face à la situation actuelle.</p>
<p><strong>Quelle a été la réponse des agences internationales et des autres acteurs humanitaires ?</strong></p>
<p>Hormis quelques exceptions, celle-ci a été décevante. Les pillages et l’insécurité ont forcé certaines agences des Nations Unies et certaines ONG à réduire leurs activités et il ne semble pas qu’elles envisagent d’en reprendre le même niveau d’avant à court terme, alors qu’il s’agit d’une période où les besoins sont les plus importants. C’est pourquoi MSF appelle à une plus grande implication des ONG et des agences des Nations Unies dans le pays, afin qu’elles réagissent de manière urgente à la crise actuelle et aux besoins aigus de la population, mais en même temps de respecter et de mettre en œuvre les engagements pris auparavant par les donateurs et par la communauté internationale.</p>
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			<media:description type="html">© Jean-Paul Delain/MSF</media:description>
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		<title>L&#8217;épique traversée d’un réfrigérateur dans le nord du Congo</title>
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		<pubDate>Wed, 15 May 2013 13:03:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Médecins Sans Frontières</dc:creator>
				<category><![CDATA[Récit du terrain]]></category>
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		<category><![CDATA[logistique]]></category>
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		<category><![CDATA[RDC]]></category>

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		<description><![CDATA[Parcourir les pistes boueuses de la forêt tropicale en moto et naviguer en pirogue sur des rivières en crue, le tout en portant un réfrigérateur, un microscope et un générateur, ce n&#8217;est pas une tâche facile. C&#8217;est pourtant le défi &#8230; <a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2013/05/15/lepique-traversee-dun-refrigerateur-dans-le-nord-du-congo/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2085" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2013/05/MSF135140.jpg"><img class="size-medium wp-image-2085" alt="© Stefan Dold/MSF" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2013/05/MSF135140-300x199.jpg" width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">© Stefan Dold/MSF</p></div>
<p>Parcourir les pistes boueuses de la forêt tropicale en moto et naviguer en pirogue sur des rivières en crue, le tout en portant un réfrigérateur, un microscope et un générateur, ce n&#8217;est pas une tâche facile. C&#8217;est pourtant le défi qu’ont relevé le coordinateur de projet MSF Will Turner et son équipe ; une expédition vouée à tester 40.000 personnes contre la maladie du sommeil ou THA (trypanosomi</p>
<p>ase humaine africaine) dans les villages reculés de la République démocratique du Congo (RDC). <span id="more-2084"></span></p>
<p>La ville de Bili, dans l&#8217;extrême nord du pays, se situe dans une zone fortement boisée entre la rivière Uélé et la frontière avec la République centrafricaine. La région est un foyer mondial de la THA, une maladie mortelle transmise par la mouche tsé-tsé, mais la région est si difficile à atteindre que le problème a longtemps été ignoré. 85% de tous les cas de cette pathologie se trouvent en RDC.</p>
<h3>Aucune prise en charge</h3>
<p>« Nous sommes venus dans cette zone parce que c&#8217;est dans le foyer le plus actif de la maladie du sommeil dans le monde », explique Will Turner. « Mais cette maladie mortelle n&#8217;est tout simplement pas prise en charge ici en raison de l&#8217;insécurité et de l&#8217;enclavement de la région. »</p>
<p>Début avril 2013, l&#8217;équipe mobile du projet de MSF contre la maladie du sommeil a installé une salle de laboratoire et de traitement à l&#8217;hôpital de Bili et a commencé à tester les populations locales. Une fois que toute la population de la ville a été testée, l&#8217;équipe tournera son attention vers quelque 50 villages répartis dans la forêt tropicale environnante. Les personnes diagnostiquées positives à la maladie seront transférées à l&#8217;hôpital de Bili.</p>
<p>« L&#8217;équipe sera sur la route pendant trois à quatre semaines d&#8217;affilée », explique Turner. « Parfois, ils se déplaceront à moto le long de sentiers à peine accessibles, à travers la forêt. Ils passeront dans un nouveau village chaque jour et dormiront dans des tentes. Grâce à cette stratégie de proximité, nous espérons pouvoir atteindre et soigner plusieurs centaines de patients infectés ».</p>
<p>Les défis logistiques sont énormes. Approvisionner Bili en fournitures peut prendre jusqu&#8217;à un mois. Les petits avions utilisés atterrissent sur une piste improvisée dans la forêt et ne peuvent apporter que de faibles quantités de fournitures à la fois. Les camions doivent être chargés sur des radeaux pour traverser les rivières, alors que les pistes boueuses sont souvent bloquées par des arbres renversés. Pendant la saison des pluies, de nombreux villages sont complètement inaccessibles.</p>
<div id="attachment_2086" class="wp-caption alignleft" style="width: 235px"><a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2013/05/MSF135136.jpg"><img class="size-medium wp-image-2086" alt="© Stefan Dold/MSF" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2013/05/MSF135136-225x300.jpg" width="225" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">© Stefan Dold/MSF</p></div>
<p>En plus des considérations logistiques, le test pour la maladie du sommeil est complexe et comporte plusieurs composantes qui doivent être refroidies en permanence, de sorte qu&#8217;un générateur et un réfrigérateur sont nécessaires, même dans les zones les plus reculées. Pour établir un diagnostic, des techniciens de laboratoire expérimentés ont besoin d&#8217;outils sensibles tels que des microscopes et des centrifugeuses, qui doivent également être transportés à travers la forêt tropicale.</p>
<h3>Diminuer la prévalence</h3>
<p>Mais l&#8217;équipe mobile est prête à relever ces défis, qu’elle a déjà expérimentés lors de missions similaires au Soudan du Sud, au Tchad, en République centrafricaine, en République du Congo et ailleurs en RDC.</p>
<p>Récemment, l&#8217;équipe a passé neuf mois au Soudan du Sud, un autre point névralgique historique de la maladie du sommeil et un pays avec un système de santé fragile qui lutte pour surmonter des décennies de guerre civile. L&#8217;équipe a ciblé des villages à travers l&#8217;Equateur central et occidental, où les taux de la maladie du sommeil étaient très élevés. En parcourant des milliers de kilomètres de village en village, l&#8217;équipe a pu examiner plus de 60.000 personnes. Trente-huit cas confirmés ont été identifiés et traités, signifiant une diminution considérable de la prévalence de la maladie dans ces zones. Outre le dépistage actif, l&#8217;équipe de MSF a également travaillé sur l’amélioration du dépistage, du diagnostic et du traitement dans les cliniques du ministère de la Santé. Plus de 200 membres du personnel sud-soudanais ont reçu une formation en matière de surveillance, de dépistage et de traitement qu’ils pourront mettre en pratique dans les années à venir.</p>
<p>A Bili, Turner et son équipe espèrent terminer ce qui a été commencé il y a quatre ans, quand une équipe MSF a dépisté et traité 120 patients atteints de la maladie du sommeil dans la région en seulement trois mois, avant que le projet ne doive être suspendu pour des raisons de sécurité.</p>
<p>A quelques heures de vol de là, une autre équipe MSF est à pied d’œuvre pour endiguer la maladie du sommeil dans et autour des villes de Dingila et Ango.</p>
<p>« En dépistant et traitant les patients sur une large zone, nous sauvons avant tout des vies mais nous réduisons également la prévalence de la maladie », explique Turner. « Chaque personne traitée est un pas dans la bonne direction. »</p>
<p>Mais la difficulté du terrain, les contraintes logistiques et l’insécurité régionale ne sont pas les seuls défis. « Tant qu’il n’y aura pas d’outils de diagnostic et de traitement plus simples et mieux adaptés ainsi que des financements fiables pour les programmes nationaux, l’élimination de la maladie continuera d&#8217;être un combat difficile. »</p>
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		<title>Pakistan : le visage de la violence</title>
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		<pubDate>Tue, 14 May 2013 10:03:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Médecins Sans Frontières</dc:creator>
				<category><![CDATA[Récit du terrain]]></category>
		<category><![CDATA[pakistan]]></category>
		<category><![CDATA[urgences]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>

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		<description><![CDATA[Trois attentats, trois vagues de blessés en trois jours, du jamais vu à l’hôpital Hangu où pourtant les explosions sont monnaie courante. Des dizaines de patients qui affluent aux urgences, hommes, femmes, enfants. Du sang, des cris, de la colère &#8230; <a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2013/05/14/pakistan-le-visage-de-la-violence/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2080" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2013/05/Pakistan-Haroon-Khan-MSF.jpg"><img class="size-medium wp-image-2080" alt="Le projet de MSF à Hangu. © Haroon Khan/MSF" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2013/05/Pakistan-Haroon-Khan-MSF-300x200.jpg" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">Le projet de MSF à Hangu. © Haroon Khan/MSF</p></div>
<p>Trois attentats, trois vagues de blessés en trois jours, du jamais vu à l’hôpital Hangu où pourtant les explosions sont monnaie courante. Des dizaines de patients qui affluent aux urgences, hommes, femmes, enfants. Du sang, des cris, de la colère et du sang-froid. Pendant trois jours, les Médecins Sans Frontières, expatriés et pakistanais, se sont mobilisés pour porter secours aux victimes.</p>
<p>« C’est monté crescendo. Lundi, à 16h, le téléphone sonne. C’est Damien, le responsable du projet MSF à Hangu qui m’appelle pour me prévenir qu’un attentat a eu lieu à Kurram, à 3h de route d’ici. » C’est ainsi que Nicolas, responsable de la logistique à Hangu, démarre le récit de ces trois jours sous tension.<span id="more-2079"></span> « Les premiers patients transférés depuis Saada sont arrivés vers 20h. On était prêt et ça s’est bien passé ».</p>
<h3>Contrôler la foule</h3>
<p>Mardi, c’est à 12h30 que Damien appelle Emmanuel, médecin référent. « Je venais à peine de rentrer d’Islamabad en voiture quand Damien m’annonce qu’un autre attentat vient d’avoir lieu à Doaba, à 1h de route d’Hangu, et qu’il y a beaucoup de blessés. On avait entre 45 minutes et 1h avant l’arrivée des premiers patients. »  C’est le top départ. Les équipes sont préparées à ce genre de situation et savent exactement quoi faire. « Il y a deux enjeux, l’un logistique et l’autre médical, explique Emmanuel. Pour la logistique, le principal danger c’est la foule, il faut la contrôler pour éviter qu’elle envahisse les urgences. Et pour le médical, il faut s’assurer en quelques minutes que les étapes essentielles du plan soient effectives : une chaine de communication en place, une équipe chirurgicale prête et le bloc disponible, des lits libres, une salle de tri et un service d’urgence organisé en terme d’équipement et de répartition des tâches».</p>
<p>37 patients sont arrivés par à-coups, en l’espace de deux heures. Nicolas se trouve dans la salle des urgences : « Je supervise le transport des patients, j’appelle les brancardiers, les ambulances ». Emmanuel, quant à lui, est chargé tout d’abord de ce que l’on appelle le « triage » : en fonction de la sévérité de leur état, en quelques secondes je leur attribue une couleur de priorité en fonction de la sévérité de leur blessures, selon le système NOIR&gt;ROUGE&gt;JAUNE&gt;VERT »</p>
<p>Pour Emmanuel, c’est du sang-froid et des réflexes qu’il faut avoir à ce moment-là. « On doit rester sur nos priorités, contrôler la foule, réorienter les patients « verts », les moins urgents, et distinguer les patients  « noirs », ceux qui n’ont plus aucune chance de s’en sortir. Ceux là ont besoin d’un autre type de soins ; on soulage leur douleur et on les accompagne avec dignité jusqu’à la fin. Ce sont les patients « rouges » et « jaunes » sur lesquels on doit concentrer nos ressources thérapeutiques, ceux dont le pronostic vital est engagé, et que l’on peut sauver. »</p>
<p>Parmi les victimes de l’explosion de mardi, un enfant de huit ans arrive aux urgences avec son père en même temps que deux autres patients. « Son père était énervé, stressé, j’ai essayé de le calmer » explique Nicolas. Pendant ce temps, Emmanuel examine le garçon. « Il avait reçu un projectile explosif dans la poitrine, il était en détresse respiratoire et circulatoire. C’était difficile, il était dans un tel état que sur le coup je me suis dit qu’il ne survivrait pas plus de quelques minutes. Mais on avait quand même peut-être une chance. Alors je l’ai mis rouge et il est allé directement en salle de réanimation. L’éclair d’un instant, l’anesthésiste et moi, on espérait qu’une ultime tentative pouvait marcher, mais malgré tous nos efforts, il est décédé quelques minutes plus tard. Ce sont ces cas-là les plus difficiles, les cas rouges presque noirs pour lesquels on a quand même un espoir… »</p>
<h3>Garder la tête froide</h3>
<p>Rester concentré sur ce qu’il y a à faire, garder la tête froide. « Sur le moment, tu ne vois pas que c’est intense, tu es dedans, c’est après qu’on réalise. La nuit suivante, j’ai eu du mal à dormir. Et puis mercredi, on s’y attendait, la période critique c’est entre 11h et 14h, au moment de la prière. A 14h il ne s’était toujours rien passé, on souffle un peu à la maison, raconte Nicolas. Dix minutes plus tard, j’entends un gros boum. Là, tu as le cœur dans les talons. Heureusement, on a un staff fabuleux… Le temps de courir les 400m qui séparent la maison de la salle d’urgence et de jeter trois matelas par terre, il y avait déjà des patients qui arrivaient. » Quand Emmanuel a entendu l’explosion tout près de l’hôpital, il se met à courir vers les urgences, prévient le chirurgien en chemin : « en quelques minutes, il y avait déjà 10 patients qui gisaient par terre dans leur sang aux urgences. »</p>
<p>Contrairement aux deux jours précédents, les victimes arrivent instantanément à l’hôpital, et la foule avec eux. Car c’est au marché que l’explosion a eu lieu. « Dans l’entrée des urgences, l’ambiance est apocalyptique, bruyante, les gens crient, il y a du sang partout, sur les vêtements, sur le sol… On n’a peu de temps pour réfléchir, d’où l’importance d’être bien préparé. A Hangu c’est une expérience que le staff a acquise, malheureusement. » Il faut agir vite, Nicolas et son équipe ferment l’accès aux urgences de l’intérieur et de l’extérieur. « Quand un patient arrive, il est accompagné de 5, 6, 7 personnes, qui veulent toutes être auprès de lui, être au courant. Donc pour laisser leur espace de travail aux soignants, on n’autorise qu’un seul accompagnant par patient à entrer dans la salle d’urgences. Ce sont les gardiens qui sont en première ligne. Les gens crient, ils sont violents, poussent les barrières. Alors, on leur parle et ils finissent par comprendre. »</p>
<p>18 blessés arrivent dans la salle d’urgences en moins de 10 minutes. Même si chacun sait qu’en venant à Hangu, ils risquaient d’affronter ce type de situation, la tension est là, palpable. « On est jamais prêt à ça, nous les logisticiens, à voir tout ce sang… Mercredi, les deux premières patientes, c’était des petites filles, de 7 et 10 ans, avec de grands yeux bleus, magnifiques, l’une en état de choc, l’autre avec le bras brûlé&#8230; T’as la haine…».</p>
<p>80 patients en tout ont été pris en charge aux urgences mercredi. Parce qu’en plus des 18 victimes de l’attentat, 17 autres cas rouges sont arrivés, urgences cardiologiques, neurologiques, traumatisme crânien, des patients qui demandent toute l’attention et les ressources de l’équipe. Une journée exceptionnellement chargée et éprouvante. « Les derniers blessés sont arrivés vers 16h30, on a repris l’activité normale de l’hôpital, et j’ai fait acheter des glaces pour tout le monde. La nuit dernière était agitée, on réfléchit pour savoir comment améliorer ci ou ça… C’est Hangu, mais trois attentats coup sur coup, c’est beaucoup ».</p>
<p>Après trois jours à ce rythme, la fatigue commence à se faire sentir dans l’équipe. Les neuf expatriés savent qu’ils seront remplacés dans quelques mois, mais le personnel pakistanais, lui, reste là et se bat au quotidien. « Tous les jours, dit Nicolas, ils me répètent « on est à Hangu, tout et n’importe quoi peut arriver n’importe quand ». Ils vivent avec ça au quotidien, ils vont au bazar, faire des courses, boire un thé, ils vivent quoi… »</p>
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			<media:description type="html">Le projet de MSF à Hangu. © Haroon Khan/MSF</media:description>
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		<title>Paludisme : en attendant des jours meilleurs</title>
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		<pubDate>Thu, 02 May 2013 09:38:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Médecins Sans Frontières</dc:creator>
				<category><![CDATA[paludisme]]></category>
		<category><![CDATA[msf]]></category>
		<category><![CDATA[Niger]]></category>
		<category><![CDATA[Tchad]]></category>

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		<description><![CDATA[Selon les estimations les plus récentes de l’OMS, le nombre de cas de paludisme dans le monde a diminué d’un quart en l’espace de dix ans. Ainsi, plus d’un million de décès auraient été évités. Ce progrès est notamment le &#8230; <a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2013/05/02/paludisme-en-attendant-des-jours-meilleurs/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2070" class="wp-caption alignleft" style="width: 235px"><a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2013/05/Blog-Malaria.jpg"><img class="size-medium wp-image-2070" alt="© Aurelie Lachant/MSF" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2013/05/Blog-Malaria-225x300.jpg" width="225" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">© Aurelie Lachant/MSF</p></div>
<p>Selon les estimations les plus récentes de l’OMS, le nombre de cas de paludisme dans le monde a diminué d’un quart en l’espace de dix ans. Ainsi, plus d’un million de décès auraient été évités.<br />
Ce progrès est notamment le fruit d’une augmentation exponentielle des financements internationaux destinés à cette pathologie au cours de la même période. Ceci a permis de développer l’accès à deux outils fondamentaux : les tests diagnostiques rapides et les combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine (ACT), qui ont révolutionné la prise en charge de la maladie dans les pays en développement.</p>
<p>Pourtant, on estime que dans le monde plus de 600 000 décès sont encore attribuables au paludisme chaque année. L’énorme majorité d’entre eux sont des enfants de moins de 5 ans qui vivent en Afrique subsaharienne.<span id="more-2069"></span><br />
En 2012, les équipes de Médecins Sans Frontières ont dû faire face à des augmentations exceptionnelles des cas de paludisme au Mali, au Niger, en République Démocratique du Congo, au Soudan du Sud, mais aussi en Grèce et à Madagascar.</p>
<h3>4 médecins pour 100.000 habitants</h3>
<p>L’énorme majorité des décès dus au paludisme découle des formes sévères d’infection par Plasmodium falciparum. Elles se développent souvent à partir de cas simples soignés de façon tardive ou inadéquate, à cause du manque de personnel qualifié, des difficultés d’approvisionnement, de l’accès payant aux soins, de la distance des structures de santé.</p>
<p>Deux solutions sont alors possibles : améliorer la prise en charge ou prévenir la survenue des cas.<br />
Dans de nombreux pays il est difficile d’espérer une amélioration radicale de la couverture sanitaire avant plusieurs années : le Tchad par exemple, où le paludisme demeure la première cause de mortalité chez les enfants, ne compte aujourd’hui que quatre médecins par 100 000 habitants..<br />
Reste la prévention. Les moustiquaires imprégnées ont démontré leur efficacité, mais elles demeurent chères et leur bonne utilisation n’est pas toujours acquise. Les efforts de désinfestation par la pulvérisation d’insecticides dans les foyers requièrent des capacités logistiques et financières telles que leur application à très grande échelle dans la plupart des pays concernés est impossible. Enfin, bien des regards se tournent vers les différents vaccins en cours de développement. Mais même le plus prometteur d’entre eux semble montrer pour l’instant une efficacité et une durée d’immunisation très limitées.</p>
<p>Faut-il pour autant baisser les bras ? Quelles stratégies de terrain peut-on développer face à ces contraintes ? Au cours des dernières années, différentes approches opérationnelles se sont dessinées qui permettent de limiter l’infection ou de soigner plus rapidement un plus grand nombre de cas.<br />
Au Tchad, les équipes de Médecins Sans Frontières mènent depuis 2009 un projet qui prévoit le traitement des cas simples de la maladie dans les villages, par des « agents » non-médicaux formés au dépistage précoce et au traitement. En 2012, 40 000 enfants atteints de paludisme ont été soignés ainsi, évitant de nombreuses complications.<br />
Dans le sud du Mali et au Niger, cette même approche a été intégrée par MSF dans un ensemble de soins pédiatriques de routine à destination de tous les nourrissons. Ceci a pour effet, entre autres, de multiplier les contacts des enfants avec le système de santé, permettant donc de dépister plus rapidement le paludisme et ses complications.</p>
<h3>Des résultats encourageants</h3>
<p>Enfin, en 2012 Médecins Sans Frontières a mis en place, au Mali et au Tchad, des stratégies de chimioprévention du paludisme saisonnier (CPS). 200 000 enfants sains ont reçu un traitement contre le paludisme une fois par mois pendant la période de haute transmission de la maladie. Les résultats sont extrêmement encourageants : une réduction de 66% le nombre des cas de paludisme simple, de 70% du nombre d’hospitalisations et de 75% du nombre de transfusions dues au paludisme au cours de la période d’intervention dans le district de Koutiala, au Mali.</p>
<p>Aucune de ces approches ne représente pourtant une solution-miracle. Elles relèvent des mesures de contrôle que les acteurs humanitaires ont mis en place en situation d’urgence structurelle, pour faire face à un grand nombre de cas et à des taux de mortalité élevés dans des contextes faiblement médicalisés.<br />
Mais elles ont en commun certaines orientations : amener les soins au plus près des patients, s’adapter aux systèmes de soins existants et réduire le plus grand nombre de cas simples pour limiter le nombre de complications et de décès.</p>
<p>En attendant que la recherche scientifique apporte un jour des outils de vaccination et de traitement encore plus simples, efficaces et accessibles et que les systèmes de santé locaux soient enfin à même de faire face aux besoins, ces approches représentent à nos yeux une solution efficace et adaptée pour donner une nouvelle impulsion à la lutte contre cette grande tueuse.</p>
<p><em>Dr. Mathilde Berthelot, Référent médical pour les projets MSF au Tchad</em><br />
<em>Dr. Estrella Lasry, Référent maladies tropicales à MSF</em></p>
<p>Cette tribune a été publiée au préalable dans <a href="http://www.lequotidiendumedecin.fr/specialites/infectiologie/paludisme-msf-innove-en-attendant-des-jours-meilleurs"><em>Le Quotidien du Médecin</em></a> le 25 avril dernier.</p>
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		<item>
		<title>Psy en Syrie : « Les gens ne se reconnaissent plus&#8230; »</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Apr 2013 14:32:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Médecins Sans Frontières</dc:creator>
				<category><![CDATA[Récit du terrain]]></category>
		<category><![CDATA[camp]]></category>
		<category><![CDATA[conflit]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[Psychologue]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>

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		<description><![CDATA[Audrey Magis, jeune psychologue belge, vient de passer deux mois en Syrie où elle a mis en place un programme de santé mentale dans un des projets que MSF compte dans le nord du pays. Elle avait auparavant mené des &#8230; <a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2013/04/25/psy-en-syrie-les-gens-ne-se-reconnaissent-plus/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2013/04/Audrey-Magis.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2062" alt="OLYMPUS DIGITAL CAMERA" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2013/04/Audrey-Magis-216x300.jpg" width="216" height="300" /></a>Audrey Magis, jeune psychologue belge, vient de passer deux mois en Syrie où elle a mis en place un programme de santé mentale dans un des projets que MSF compte dans le nord du pays. Elle avait auparavant mené des missions à Gaza, en Libye et dans un camp de réfugiés syriens.</em></p>
<p><strong>Comment as-tu été accueillie en tant que psychologue par les populations que tu as rencontrées en Syrie ?</strong></p>
<p>En général, je ressens une certaine réticence quand j’explique que je suis psychologue. En Syrie, cela n’a pas du tout été le cas. Les réactions étaient très positives. Cela fait deux ans que cette guerre dure, les gens ne savent plus quoi faire.<span id="more-2061"></span> Au début, ils viennent parler de petits problèmes sociaux : les enfants ne vont plus à l’école et deviennent plus turbulents, les adultes ne travaillent plus, les gens vivent sous des tentes ou à plus de dix dans une pièce et cette promiscuité crée des tensions&#8230; Mais quand on creuse un peu, on découvre que la plupart ont vécu des traumatismes : ils ont perdu des proches, ont vu leur maison détruite, subissent des bombardements&#8230;</p>
<p><strong>Comment cela se manifeste-t-il ?</strong></p>
<p>Les gens ne se reconnaissent plus. Les hommes un peu plus âgés ne trouvent plus leur</p>
<div id="attachment_2063" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2013/04/MSF1320302.jpg"><img class="size-medium wp-image-2063" alt="© Nicole Tung" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2013/04/MSF1320302-300x200.jpg" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">© Nicole Tung</p></div>
<p>place dans la société et dans la famille : ils ont perdu leur emploi, ils ne sont pas combattants, ils ont une famille à charge, ils ont dû déménager à plusieurs reprises&#8230; Ils viennent demander de l’aide de leur propre initiative : « Je commence à être violent avec ma femme et mes enfants. Il faut faire quelque chose, je ne peux pas être comme ça. »<br />
J’ai vu beaucoup de femmes qui ont de plus en plus de mal à créer le lien avec leurs enfants. Il n’y a plus d’accès aux moyens de contraception et pas mal de femmes tombent enceintes sans le désirer. Elles ont vraiment du mal à se projeter dans le futur avec leur enfant. J’en ai rencontrées en fin de grossesse qui n’avaient rien préparé : pas de lit pour le bébé, pas de vêtements, pas de prénom. Cette capacité de se projeter dans le futur a disparu.<br />
Pour les enfants, le jeu à la mode, c’est la guerre. Ce ne sont plus les petites voitures ou d’autres jeux normaux. Ils jouent à se tirer dessus. J’en ai vu jeter des pierres sur des ânes, torturer des animaux. Ils expriment ainsi toute leur rage. Le fait de reproduire la guerre est un mécanisme normal qui permet de décharger la tension.<br />
J’ai également vu des jeunes hommes, d’une vingtaine d’années, qui ont été combattants et qui sont venus directement pour des raisons de dépression, de traumatisme. Ils avaient des flashbacks, des cauchemars&#8230;<br />
Des gens m’ont aussi dit de manière officieuse qu’ils ne savent plus pourquoi il y a la guerre. Ils sont terrifiés à l’idée qu’ils se battent aujourd’hui contre leurs voisins, leurs amis&#8230; Ils ne comprennent plus. Au départ, cela avait l’air d’avoir du sens, mais deux ans plus tard, ce n’est plus le cas. Ils veulent juste que cela se termine et qu’ils puissent rentrer chez eux.</p>
<h3>Pilote automatique</h3>
<div id="attachment_2066" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2013/04/MSF1320671.jpg"><img class="size-medium wp-image-2066" alt="© Nicole Tung" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2013/04/MSF1320671-300x200.jpg" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">© Nicole Tung</p></div>
<p>Le point de rupture est dépassé depuis longtemps. Les gens sont en pilote automatique. Mais ils ne s’autorisent pas à craquer. Ils ne le peuvent tout simplement pas. Ils ont développé des capacités de résistance et de résilience impressionnantes. Survivre deux ans dans des conditions pareilles, c’est impressionnant. Il y a un soutien familial et communautaire énorme. La solidarité les aide à surmonter les épreuves. Il faut dire que l’hospitalité syrienne est admirable. Quand j’allais visiter les camps de déplacés près de la frontière, les gens insistaient pour partager leur unique repas de la journée. C’est vraiment incroyable.</p>
<p><strong>Quel soulagement peut apporter un soutien psychologique ?</strong></p>
<p>Parfois, une seule session suffit. Certaines personnes ont juste besoin de savoir que ce qui leur arrive est normal et qu’elles ne sont pas devenues folles. Il y en a d’autres qu’on va voir pour un temps plus long. Là, on essaie de définir un objectif avec eux et d’y aboutir pas à pas avec des techniques comportementales. On n’a de toute façon pas le temps pour de longues analyses. On peut faire un très bon travail psychologique avec ce genre de thérapies brèves.<br />
Par exemple, une patiente enceinte depuis plus de 6 mois est venue à l’hôpital parce qu’elle voulait accoucher prématurément. Il n’y avait aucun raison médicale pour cela. Elle voulait une césarienne et qu’on la délivre de son bébé. Elle était très nerveuse, très agitée. Là, on a compris ensemble que c’était l’enfant de trop, l’enfant de la guerre, et qu’elle avait l’impression que le bébé lui prenait toute son énergie. Tout ce qu’elle voulait, c’était prendre des anxiolytiques. Mais elle ne pouvait pas à cause de sa grossesse. Nous avons fait tout un travail de relaxation ensemble. Elle devait également tenir un planning où elle mettait en corrélation ses tensions et ce qui lui arrivait dans la vie. Et on a terminé en préparant l’arrivée du bébé. A la dernière séance, elle m’a apporté les petits vêtements de son futur bébé. Elle n’avait pas encore choisi son prénom, mais il y avait eu tout un cheminement. C’était mon dernier jour et ma dernière patiente. Je suis partie en me disant que cela valait vraiment la peine d’être venue.</p>
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		<title>RDC: Devoir accepter ses limites</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Apr 2013 13:39:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Médecins Sans Frontières</dc:creator>
				<category><![CDATA[Récit du terrain]]></category>
		<category><![CDATA[aide humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[chirurgie]]></category>
		<category><![CDATA[congo]]></category>
		<category><![CDATA[RDC]]></category>

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		<description><![CDATA[David Lauter est un chirurgien américain de Seattle, où il exerce son métier depuis 20 ans. Il a trois grands enfants et trois chats. David est actuellement en mission, sa deuxième pour MSF, à Rutshuru, en République démocratique du Congo. &#8230; <a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2013/04/23/rdc-devoir-accepter-ses-limites/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2013/04/David.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2056" title="" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2013/04/David.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a>David Lauter est un chirurgien américain de Seattle, où il exerce son métier depuis 20 ans. Il a trois grands enfants et trois chats. David est actuellement en mission, sa deuxième pour MSF, à Rutshuru, en République démocratique du Congo.</em></p>
<p>Ce qui me plaît dans mon métier de chirurgien, c&#8217;est que le premier objectif est d&#8217;aider les patients. La plupart des gens que je connais aiment aider les autres et essayent de leur venir en aide par leur travail, mais c&#8217;est rarement l&#8217;objectif de leur métier. Moi, tous les jours, je me lève dans le but d&#8217;aider des patients <span id="more-2055"></span>et non pas de marquer un but, de tourner un film, de gérer un projet, de gagner en Bourse, de remporter un procès, d&#8217;écrire un rapport ou de réaliser un quota de ventes. Je fais ce travail tous les jours depuis si longtemps que j&#8217;ai fini par tenir pour acquis que j&#8217;aiderai tous les patients que je rencontrerai. C&#8217;est donc d&#8217;autant plus difficile pour moi lorsque je suis face à quelqu&#8217;un que je ne peux pas aider.</p>
<h3>Diagnostic implacable</h3>
<p>La semaine passée, j&#8217;ai été appelé aux urgences pour un homme de 22 ans qui était venu chercher de l&#8217;aide. Son genou droit gonflait progressivement et lui faisait mal. Debout à côté de lui, je pouvais voir que son genou faisait au moins deux fois la taille normale. En Français, je lui ai demandé depuis combien de temps il était dans cet état-là. Le médecin congolais de garde aux urgences, le Dr C., a traduit la question en Swahili et a retraduit la réponse du patient en Français. « Un mois. » J&#8217;ai examiné son genou. Il était ferme et chaud mais pas douloureux au toucher. À l&#8217;aide du Dr C. qui me servait d&#8217;interprète, je lui ai demandé s&#8217;il avait été blessé ou avait attrapé une infection. Il m&#8217;a répondu que non. Puis j&#8217;ai examiné les radios que lui avait fait faire le Dr C. Elles montraient une croissance irrégulière et hors de contrôle de l&#8217;os du fémur distal, la partie de l&#8217;os de la cuisse juste au-dessus de l&#8217;articulation du genou. Pas de doute : c&#8217;était un cancer. Je suis retourné près du patient et l&#8217;ai de nouveau examiné. Cette fois, en le palpant au niveau de l&#8217;aine, j&#8217;ai senti des ganglions lymphatiques gonflés et durs, signe d&#8217;une maladie métastatique. Toujours à l&#8217;aide du Dr C., j&#8217;ai demandé au patient si cela durait vraiment depuis un mois ou depuis plus longtemps. Il m&#8217;a répondu que cela faisait plus longtemps.</p>
<p>Chez un homme aussi jeune, le diagnostic le plus probable était le sarcome d&#8217;Ewing, ou éventuellement l&#8217;ostéosarcome. Une fois que l&#8217;une de ces tumeurs s&#8217;est disséminée au-delà de sa localisation initiale, le patient a peu de chances de guérison, quel que soit le traitement. Aux États-Unis, les patients avec un sarcome d&#8217;Ewing métastatique sont traités par une combinaison de chimiothérapie, de radiothérapie et de chirurgie, mais n&#8217;ont tout de même que 15 % de chances de survie à cinq ans. La chimiothérapie et la radiothérapie ne sont pas disponibles en RDC et la chirurgie ne peut pas sauver cet homme car sa tumeur s&#8217;est déjà disséminée. Si j&#8217;ampute sa jambe et enlève autant de tumeurs que possible de son aine, il aura des difficultés à se rétablir et mourra quand même de la maladie aussi vite, voire plus vite.</p>
<h3>Aucune lueur d&#8217;espoir</h3>
<p>Aux États-Unis, je me retrouve parfois face à un patient à qui je dois annoncer la</p>
<div id="attachment_2057" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2013/04/Blog-David-Salle-dop.jpg"><img class="size-medium wp-image-2057" title="© David Lauter" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2013/04/Blog-David-Salle-dop-300x224.jpg" alt="" width="300" height="224" /></a><p class="wp-caption-text">© David Lauter</p></div>
<p>dramatique nouvelle d&#8217;un mauvais pronostic ou de l&#8217;absence de traitement médical. Mais dans ce cas, je peux toujours leur apporter une lueur d&#8217;espoir : une biopsie pourrait révéler que je me trompe et qu&#8217;il ne s&#8217;agit pas d&#8217;un cancer ou un spécialiste en oncologie pourrait connaître un nouveau traitement. Je dis toujours au patient : « Nous ne pouvons peut-être pas guérir votre maladie, mais nous pouvons vous aider ». Et aux États-Unis, c&#8217;est la vérité. Il y a des groupes de soutien spécifiques à la maladie et à l&#8217;âge, de nombreux assistants sociaux dans toutes les unités de l&#8217;hôpital, des spécialistes de la douleur et des services de soins palliatifs vers lesquels je peux renvoyer mes patients.</p>
<p>À l&#8217;est de la RDC, il n&#8217;y a pas d&#8217;oncologue chez qui je pourrais envoyer le patient dans l&#8217;espoir d&#8217;un diagnostic différent ou d&#8217;un nouveau traitement de pointe. Ici, il n&#8217;y qu&#8217;un seul psychologue pour tout l&#8217;hôpital et c&#8217;est le service des soins palliatifs qui s&#8217;occupe du contrôle de la douleur. Il n&#8217;y a pas d&#8217;autres services sociaux ou programmes médicaux qui pourraient l&#8217;aider. J&#8217;ai l&#8217;impression de ne pouvoir rien faire pour lui. Je ne maîtrise même pas assez le Français, et encore moins le Swahili, et ne connais pas assez sa culture pour pouvoir entamer une discussion respectueuse et subtile sur sa qualité de vie et sur les questions liées à la fin de vie. Tout ce que je peux faire, c&#8217;est transmettre mes connaissances sur le diagnostic et le pronostic au Dr C. et lui dire qu&#8217;il n&#8217;y a rien à faire&#8230;</p>
<h3>Injustice</h3>
<p>Aux États-Unis, ses chances de guérison seraient faibles, mais réelles. Il serait probablement venu chercher de l&#8217;aide plus tôt, peut-être avant que la tumeur n&#8217;ait eu le temps de se disséminer au-delà du fémur, quand ses chances de guérison étaient plus élevées. C&#8217;est injuste mais, sur le plan intellectuel, je peux comprendre et accepter la situation : c&#8217;est la vie&#8230; En quelque sorte, ce n&#8217;est pas différent des disparités éducatives ou économiques entre les populations de différents pays. Ce n&#8217;est même pas si différent de l&#8217;injustice que représente le risque accru de mourir par balle pour un adolescent vivant dans le centre de Chicago, par rapport à un ado vivant dans une riche banlieue de l&#8217;ouest des États-Unis. Ce que j&#8217;ai du mal à accepter, c&#8217;est que mon travail consiste à aider les patients et que, cette fois, je n&#8217;ai pas fait mon travail.</p>
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		<title>Syrie: &#8220;Pour elles, j&#8217;étais bien plus qu&#8217;une sage-femme&#8221;</title>
		<link>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2013/04/15/syrie-joies-et-frustrations-dune-sage-femme-en-zone-de-guerre/</link>
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		<pubDate>Mon, 15 Apr 2013 14:39:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Médecins Sans Frontières</dc:creator>
				<category><![CDATA[Récit du terrain]]></category>
		<category><![CDATA[conflit]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[médecins sans frontières]]></category>
		<category><![CDATA[Sage-femme]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>

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		<description><![CDATA[Cathy Janssens, jeune sage-femme belge, revient d’une mission dans l’un des hôpitaux de Médecins Sans Frontières en Syrie. Je suis partie en Syrie pour lancer un projet de santé mère-enfant dans un hôpital de Médecins Sans Frontières. À l’époque, il &#8230; <a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2013/04/15/syrie-joies-et-frustrations-dune-sage-femme-en-zone-de-guerre/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2042" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2013/04/cathy_janssens_syria1.jpg"><img class="size-medium wp-image-2042" title="© Nicole Tung" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2013/04/cathy_janssens_syria1-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">© Nicole Tung</p></div>
<p><em>Cathy Janssens, jeune sage-femme belge, revient d’une mission dans l’un des hôpitaux de Médecins Sans Frontières en Syrie.</em></p>
<p>Je suis partie en Syrie pour lancer un projet de santé mère-enfant dans un hôpital de Médecins Sans Frontières. À l’époque, il n’y avait pas une seule femme médecin dans cette structure. Je me suis donc retrouvée avec de grandes responsabilités et énormément de travail.<br />
Lorsque je suis arrivée, les activités prévues pour les femmes enceintes venaient d’être lancées et le matériel était en cours d’acheminement. J’ai simplement reçu une pièce, équipée d’un lit de consultation. Rien d’autre. J’ai donc dû « faire avec » les premières semaines. <span id="more-2040"></span>Je me suis empressée de commander un lit d’accouchement mais il a bien sûr fallu quelques semaines pour que le matériel arrive.<br />
Les femmes n’ont pas attendu l’arrivée de ce lit d’accouchement. Elles sont venues pour accoucher avant même qu’il ne soit installé. On ne refuse quand même pas l’accès aux femmes enceintes ! Lorsque l’accouchement se déroule normalement, l’absence d’équipement n’est finalement pas un problème. Mais en cas de complications, il est important d’avoir à disposition du matériel médical.</p>
<h3>Des poches pour perfusion comme bouillottes</h3>
<p>Pendant les premières semaines, je me suis donc débrouillée avec les moyens du bord. En fait, je me suis rapidement adaptée. Le principal problème, c’était l’absence de matériel pour les nouveau-nés. Il faisait très froid dans l’hôpital. Le contact peau-à-peau – le bébé est blotti contre la poitrine de sa mère – reste la meilleure solution pour réchauffer les bébés dont la température est trop basse. Mais cette technique n’est pas utilisée en Syrie, d’où la difficulté de maintenir les nouveau-nés au chaud. J’ai donc eu à nouveau recours au système D : des poches pour perfusion réchauffées au micro-ondes ont servi de bouillottes.<br />
Nous nous sommes rapidement rendu compte que nous allions aussi devoir accueillir des femmes qui n’étaient pas enceintes. La nouvelle de l’arrivée d’une femme médecin s’est répandue comme une traînée de poudre et j’ai donc dû faire face à un afflux massif de femmes. Depuis le début du conflit, les femmes ont de plus en plus de difficultés pour se rendre dans un hôpital, et elles n’avaient donc pas d’endroit où se faire soigner. Mais pour elles, j’étais bien plus qu’une sage-femme, j’étais aussi celle qui leur offrait une oreille attentive. Lorsque ces femmes apprenaient qu’elles n’avaient pas de problème de santé, cela les réconfortait, malgré le conflit.</p>
<h3>Garantir l’intimité</h3>
<p>Lorsque le matériel médical est arrivé, la salle de consultation a été transférée dans une autre zone de l’hôpital. Au début, nous avons travaillé en face de la salle des urgences. Mais l’intimité des femmes n’était alors pas respectée, d’autant que de nombreux hommes arrivaient aux urgences. Une situation que les femmes vivaient mal.  Lorsque nous avons pu nous installer au fond de l’hôpital, cette indispensable intimité a pu être garantie. Les conditions d’accueil des femmes ont alors été fondamentalement améliorées et les urgences ont dans le même temps été déchargées.<br />
Dans une salle réservée aux femmes, comme celle où j’ai travaillé, toute pudeur disparaît et nous sommes très proches des patientes. J’ai ainsi examiné des femmes qui portaient la burqa à leur arrivée. Mais une fois dans la salle de consultation, elles se dévêtissent et se montrent très ouvertes. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles je tiens à repartir en mission en Syrie : le contact avec les patientes est excellent !</p>
<h3>Friandises et embrassades</h3>
<p>Il n’empêche que j’ai travaillé dur. Les femmes accouchent le plus souvent la nuit et les jours et les nuits de travail se succèdent. Pendant la journée, j’assurais les consultations mais j’étais sans cesse appelée à l’hôpital pour les accouchements. Deux bénévoles étaient à mes côtés pour m’aider, mais elles n’avaient pas de formation médicale. Et encore moins en obstétrique.   Elles avaient encore tout à apprendre et je ne pouvais donc pas les laisser seules ; je devais aussi être présente à chaque consultation. Consultation que je devais abandonner lorsqu’on m’appelait car une femme était en travail.<br />
Un travail très intensif donc, et très fatigant, mais lorsque tout roule, on garde l’énergie nécessaire. Les femmes nous sont incroyablement reconnaissantes. Elles vous couvrent de douceurs, vous étreignent, vous embrassent.</p>
<h3>Les premières victimes : les enfants</h3>
<p>Par contre, j’ai ressenti énormément de frustration chaque fois que des enfants arrivaient aux urgences. Des enfants de deux ou trois ans meurent dans de terribles souffrances ou présentent de graves blessures dont ils garderont les séquelles jusqu’à la fin de leur vie. Les enfants sont des victimes innocentes – c’est vraiment ce qui est le plus difficile à accepter. D’autant que la fin du conflit n’est pas pour demain&#8230;<br />
Mais j’aurai beaucoup de plaisir à retourner en Syrie. Il s’agit d’un projet très beau et très utile, mis en œuvre par une bonne équipe, bien soudée. Nous sommes en bonne voie d’étendre les activités et les Syriens nous sont infiniment reconnaissants.</p>
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		<item>
		<title>Au coeur du chaos : « Docteur, comment va mon frère ? »</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Apr 2013 13:23:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Médecins Sans Frontières</dc:creator>
				<category><![CDATA[Récit du terrain]]></category>
		<category><![CDATA[chirurgie]]></category>
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		<category><![CDATA[msf]]></category>
		<category><![CDATA[Tchad]]></category>
		<category><![CDATA[urgences]]></category>

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		<description><![CDATA[Raghu Venugopal est coordinateur médical dans le projet de MSF à Amtiman, au Tchad. Il explique comment son équipe a dû gérer un afflux massif de blessés suite à un accident de la route. Un homme désespéré m&#8217;a demandé : &#8230; <a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2013/04/12/au-coeur-du-chaos-docteur-comment-va-mon-frere/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2013/04/Raghu_150.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-2037" title="Raghu_150" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2013/04/Raghu_150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a>Raghu Venugopal est coordinateur médical dans le projet de MSF à Amtiman, au Tchad. Il explique comment son équipe a dû gérer un afflux massif de blessés suite à un accident de la route.</em></p>
<p>Un homme désespéré m&#8217;a demandé : « Docteur, comment va mon frère ? ». Le frère en question se trouvait quelque part dans l&#8217;une des chambres remplies de corps ensanglantés.</p>
<p>L&#8217;hôpital d&#8217;Am Timan venait de prendre en charge les nombreux blessés d&#8217;un accident. Cet homme cherchait son frère parmi la cinquantaine de victimes. Tout ce que nous savions, c&#8217;est qu&#8217;un camion à plate-forme rempli de voyageurs s&#8217;était retourné. <span id="more-2036"></span>Les blessés ont alors été chargés dans des camions et des voitures pour être transportés à l&#8217;hôpital.</p>
<h3>&#8220;Tout le monde hurlait&#8221;</h3>
<p>C&#8217;était un vendredi soir et j&#8217;étais de garde après une semaine éreintante. J&#8217;étais tellement à bout de force que j&#8217;avais besoin de m&#8217;asseoir pour réfléchir lors de ma tournée du soir dans l&#8217;unité de soins intensifs. J&#8217;étais en train de préparer une transfusion sanguine avec les infirmiers pour un enfant gravement anémique lorsque l&#8217;infirmier en chef de l&#8217;hôpital a fait irruption dans la chambre. Il m&#8217;a dit de venir tout de suite au triage. « Maintenant ? », lui ai-je demandé. « Oui, maintenant », m&#8217;a-t-il répondu, « il y a eu un grave accident ».</p>
<p>J&#8217;ai couru jusqu&#8217;au triage. C&#8217;était le chaos total : il y avait des policiers, des militaires, de la foule&#8230; Tout le monde hurlait. Dans l&#8217;air chaud de la nuit, la lumière des phares faisait ressortir la poussière. J&#8217;ai suivi la cohue jusqu&#8217;au département de triage. On aurait dit une zone de guerre. Il y avait des blessés et des personnes en sang partout. Tout ce que je pouvais voir, c&#8217;était des victimes couchées par terre. Des familles essayaient de retrouver leurs proches.</p>
<p>Il fallait absolument procéder au triage. Mais d&#8217;abord, je devais trouver de l&#8217;aide. J&#8217;ai couru jusqu&#8217;au Land Cruiser de MSF et j&#8217;ai utilisé la radio VHF pour appeler la base. J&#8217;ai crié à l&#8217;opérateur radio : « Fais venir Eve, l&#8217;infirmière, et qu&#8217;on m&#8217;apporte mon échographe ! ». Je savais que l&#8217;échographe portatif que j&#8217;avais ramené du Canada serait crucial pour diagnostiquer les blessures intra-abdominales nécessitant une intervention immédiate.</p>
<p>Je suis reparti au département de triage en courant. Puis je me suis systématiquement agenouillé auprès de chaque patient pour l&#8217;examiner. Premièrement, est-ce qu&#8217;il respire ? Deuxièmement, est-ce qu&#8217;il peut parler ? Troisièmement, comment est son abdomen quand je le palpe ? Mon pantalon était rouge de sang et je n&#8217;arrêtais pas de changer de gants.</p>
<p>J&#8217;ai rapidement compris qu&#8217;il y avait quatre patients grièvement blessés. Deux adultes souffraient de graves blessures à la tête et ne pouvaient pas parler. Un jeune garçon était aussi grièvement blessé à la tête mais pouvait encore parler. Un autre jeune garçon souffrait d&#8217;une grave fracture de la jambe.</p>
<h3>&#8220;Ramène tout le monde !&#8221;</h3>
<p>Mon téléphone s&#8217;est mis à sonner. Sigrid, notre sage-femme allemande, avait entendu dire qu&#8217;il se passait quelque-chose et voulait savoir si tout allait bien. J&#8217;ai hurlé au téléphone : « Amène-toi tout de suite ! Ramène tout le monde ! Je ne rigole pas. Trouve le chirurgien ! Maintenant, tout de suite ! »</p>
<p>Quelques minutes plus tard, Eve, notre infirmière canadienne, Andrea, notre infirmière allemande, Cristina, notre coordinatrice médicale espagnole et Sigrid, notre sage-femme allemande, ont débarqué.</p>
<p>J&#8217;ai envoyé Cristina à l&#8217;unité de soins intensifs avec les deux enfants. Sigrid s&#8217;est occupée de transporter les patients vers le bloc opératoire. Les deux patients grièvement blessés à la tête et ceux souffrant de blessures orthopédiques devaient être envoyés au bloc. Un par un, nous les avons portés sur un brancard à travers la foule. Quand nous sommes tombés à court de brancards, nous nous sommes mis à porter les blessés dans nos bras. J&#8217;ai couru jusqu&#8217;au bloc opératoire pour voir si tout allait bien. J&#8217;ai serré la main du chirurgien nigérian avant qu&#8217;il n&#8217;aille opérer les premiers cas. On commençait à s&#8217;en sortir. L&#8217;équipe faisait du bon boulot.</p>
<p>Je suis retourné au triage. Des infirmiers étaient venus volontairement à l&#8217;hôpital pour donner un coup de main. Le ministère de la Santé et MSF travaillaient main dans la main pour aider les blessés. Un homme avec plusieurs graves blessures faciales saignait beaucoup du nez. J&#8217;ai utilisé quelques abaisse-langues et du ruban adhésif pour stopper l&#8217;hémorragie. Avec les infirmiers, j&#8217;ai examiné les patients, les ai retournés et ai refermé de nombreuses plaies.</p>
<p>Ensuite, je me suis rendu dans l&#8217;unité de soins intensifs. Nous avons anesthésié le garçon avec une fracture du fémur. Une fois qu&#8217;il a été endormi, nous avons étendu sa jambe. Nous avons envoyé les patients stables dans les différents départements et avons installé des lits supplémentaires dans l&#8217;unité de soins intensifs.</p>
<p>Retour au triage. Un homme désespéré m&#8217;a demandé : « Docteur, comment va mon frère ? ». Je lui ai dit que je ne savais pas mais que nous pouvions le chercher ensemble. Nous avons exploré toutes les chambres une par une et avons fini par trouver son frère couvert de sang et couché par terre, seul. Il avait une grande blessure à l&#8217;arrière de la tête. Nous avons rassemblé six hommes et avons soulevé son frère, pour le coucher sur un lit. Nous l&#8217;avons examiné et j&#8217;ai demandé à Isidro, un infirmier espagnol de MSF, d&#8217;aller refermer ses plaies à la tête dans la maternité. Le patient était agité et ne voulait pas coopérer. Avec la permission de son frère, nous l&#8217;avons anesthésié pour terminer la procédure. Nous avons ensuite transporté l&#8217;homme dans l&#8217;unité de chirurgie pour le garder sous observation.</p>
<p>Je faisais des allers et retours jusqu&#8217;au triage. La situation se stabilisait. Les victimes étaient triées, traitées et hospitalisées. Nous refermions les plaies et soulagions les douleurs. Les médecins du ministère de la Santé s&#8217;activaient dans le bloc opératoire. L&#8217;unité de soins intensifs et d&#8217;autres départements étaient remplis de patients.</p>
<p>Nous étions nombreux, ce qui allégeait la charge de travail. Toute l&#8217;équipe travaillait d&#8217;arrache-pied. Eve veillait à ce que nous disposions de bandages et d&#8217;antidouleurs. Sigrid gardait le bloc opératoire sous contrôle et supervisait en même temps les accouchements à la maternité. Johanna, notre médecin suédois, nous aidait dans l&#8217;unité de soins intensifs. Oliver, notre logisticien allemand à l&#8217;approvisionnement, veillait à ce que nous disposions de couvertures supplémentaires.</p>
<p>En retournant au triage, j&#8217;ai rencontré l&#8217;infirmier en chef du ministère de la Santé. Il m&#8217;a remercié comme il ne l&#8217;avait jamais fait. À la façon dont il m&#8217;a dit « merci », j&#8217;ai compris qu&#8217;il n&#8217;oublierait jamais cette nuit où nous avons tous joint nos forces pour gérer cet accident qui avait fait tant de victimes.</p>
<h3>Epuisement</h3>
<p>La nuit a continué. Finalement, les choses ont commencé à se calmer. J&#8217;ai commencé à avoir du mal à tenir debout tellement j&#8217;étais épuisé – émotionnellement, physiquement et mentalement.</p>
<p>Je savais que le jour suivant serait difficile alors, à un moment, Eve, Oliver et moi avons quitté l&#8217;hôpital. Je me suis écroulé sur une chaise à la base. Au milieu de toute cette souffrance humaine, l&#8217;équipe avait réagi formidablement.</p>
<p>J&#8217;ai été me coucher avec mes trois téléphones car j&#8217;étais toujours de garde. Inquiet, je me demandais quel type de blessures pourrait encore apparaître des suites de l&#8217;accident : éclatement de la rate, blessure du foie entraînant une lente hémorragie…</p>
<p>Mes téléphones n&#8217;ont pas arrêté de sonner durant la nuit mais, étonnement, pas pour des victimes de traumatisme, mais pour d&#8217;autres sortes d&#8217;urgences qui arrivent la nuit à l&#8217;hôpital. Le moment le plus réconfortant a été quand Hasan, le superviseur pédiatrique, m&#8217;a appelé vers 5 heure du matin. Il s’était rendu volontairement à l&#8217;hôpital pour donner un coup de main. Il m&#8217;a informé de l&#8217;évolution de certains patients qui étaient désormais dans un état stable et m&#8217;a demandé la « permission » de rentrer à la maison. Je lui ai répondu que son dévouement pour les patients était un modèle pour nous. Je lui ai demandé de rentrer chez lui et de se reposer. Je lui ai assuré qu&#8217;il allait être payé pour ses heures supplémentaires, mais je pense qu&#8217;il voulait juste savoir qu&#8217;il pouvait rentrer chez lui.</p>
<p>Le lendemain, nous sommes retournés à l&#8217;hôpital pour identifier les patients qui n&#8217;avaient pas encore été traités ou chez qui on venait de découvrir de nouvelles blessures. J&#8217;ai fait le tour de l&#8217;hôpital avec le chirurgien et l&#8217;infirmier en chef. Nous avons identifié les victimes les plus gravement atteintes, que nous pourrions éventuellement transférer à l&#8217;hôpital de traumatologie du Comité international de la Croix-Rouge à Abéché, une ville à environ deux heures de vol d&#8217;Am Timan. J&#8217;ai appelé le chirurgien de la Croix-Rouge, le Dr Igor, et nous avons arrangé les transferts.</p>
<p>La veille, MSF avait répondu à une urgence inattendue, et ce, en plus de nos priorités habituelles pour nos patients. Avec nos partenaires du ministère de la Santé, nous avons traité chaque victime de traumatisme une à une. Il n&#8217;y a eu aucun décès et toute l&#8217;équipe de MSF et du ministère de la Santé a déferlé pendant la nuit pour gérer l&#8217;urgence. L&#8217;équipe de MSF était satisfaite de la façon dont nous avions réagi et des résultats positifs chez les patients.</p>
<p>En tant que médecin, que ce soit au Canada ou chez MSF, les gens me tapent souvent sur l&#8217;épaule pour me réclamer de l&#8217;attention. Il n&#8217;est pas facile de savoir s&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une urgence ou d&#8217;un problème moins grave. L&#8217;homme qui cherchait son frère était juste un proche inquiet la nuit de cet événement tragique. Mais tous ceux qui ont perdu leur frère ou leur sœur méritent qu&#8217;on les aide. C&#8217;est pour cela que nous sommes ici.</p>
<p><strong>Découvrez ici comment les MSF sont formés pour gérer des incidents causant de nombreuses victimes</strong>.<strong></strong><br />
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