<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	
	xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/"
	xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd"
>

<channel>
	<title>le blog des msf</title>
	<atom:link href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf</link>
	<description>Un site utilisant les blogs du soir.be</description>
	<lastBuildDate>Fri, 03 Feb 2012 14:45:14 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.0.4</generator>
	<!-- podcast_generator="podPress/8.8" - maintenance_release="8.8.6.3" -->
	<copyright>Copyright &#xA9; le blog des msf 2010 </copyright>
	<managingEditor>Eva.KONGS@brussels.msf.org (le blog des msf)</managingEditor>
	<webMaster>Eva.KONGS@brussels.msf.org (le blog des msf)</webMaster>
	<category>posts</category>
	<image>
		<url>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/wp-content/plugins/podpress/images/powered_by_podpress.jpg</url>
		<title>le blog des msf</title>
		<link>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf</link>
		<width>144</width>
		<height>144</height>
	</image>
	<itunes:subtitle></itunes:subtitle>
	<itunes:summary>Un site utilisant les blogs du soir.be</itunes:summary>
	<itunes:keywords></itunes:keywords>
	<itunes:category text="Society &amp; Culture" />
	<itunes:author>le blog des msf</itunes:author>
	<itunes:owner>
		<itunes:name>le blog des msf</itunes:name>
		<itunes:email>Eva.KONGS@brussels.msf.org</itunes:email>
	</itunes:owner>
	<itunes:block>no</itunes:block>
	<itunes:explicit>no</itunes:explicit>
	<itunes:image href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/wp-content/plugins/podpress/images/powered_by_podpress_large.jpg" />
		<item>
		<title>To blog or not to blog&#8230;</title>
		<link>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/02/03/to-blog-or-not-to-blog/</link>
		<comments>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/02/03/to-blog-or-not-to-blog/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 03 Feb 2012 14:35:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Médecins Sans Frontières</dc:creator>
				<category><![CDATA[médecin]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?p=1371</guid>
		<description><![CDATA[(with apologies to Shakespeare) Cela fait maintenant trois mois que je travaille « sur le terrain » au Sud-Soudan, un tout nouvel Etat, qui lutte encore pour sa survie. Mon mandat était d’abord de travailler dans une région extrêmement reculée, accessible uniquement &#8230; <a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/02/03/to-blog-or-not-to-blog/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>(with apologies to Shakespeare)</em></p>
<p>Cela fait maintenant trois mois que je travaille « sur le terrain » au Sud-Soudan, un tout nouvel Etat, qui lutte encore pour sa survie.</p>
<p>Mon mandat était d’abord de travailler dans une région extrêmement reculée, accessible uniquement par avion (ou par hélicoptère pendant la saison des pluies si la piste est inondée), pour traiter une épidémie de kala-azar. C’est une maladie mortelle, particulièrement virulente, qui est bien souvent contractée par les petits garçons quand ils gardent le bétail. Elle est transmise par le phlébotome, un insecte qui vit dans le sol sombre du Soudan du Sud. Les enfants sont particulièrement affectés et meurent tous s’ils ne sont pas traités. Ma mission consistait principalement à soigner les cas de kala-azar mais, en travaillant avec MSF, j’ai appris que la flexibilité est une qualité indispensable.</p>
<p><span id="more-1371"></span>Au cours des trois derniers mois, j’ai souvent dû me passer d’internet, vivre avec peu ou pas d’électricité, des robinets à sec et, dans certaines situations particulièrement inhabituelles, je n’ai pas toujours mangé à ma faim. Cela a été un choc pour moi, même si MSF m’avait averti que « la capacité à s’adapter à des changements soudains » serait un atout à cultiver.</p>
<p>Le fait de blogger implique de se mettre en avant, en public, et ce qu&#8217;on dit ou pense ne nous appartient plus, le monde s’en empare. Enfin, du moins ceux qui voudraient en savoir plus sur le travail humanitaire, sa complexité et ses spécificités. Sur ce qui nous motive. Sur nos combats. Sur nos doutes. Sur ce monde solitaire et cette grande famille.</p>
<p>Travailler pour MSF, c’est un peu tout ça à la fois et, parfois, j’ai l’impression que c’est impossible à exprimer avec des mots. Mais bon… Je sais qu’il y a beaucoup de monde qui veut savoir à quoi ça ressemble. Qui envisagent peut-être de travailler en tant que volontaire un jour, quelque part. Qui se mettent au défi d’accomplir quelque chose d’extraordinaire pour une cause qui les dépasse. Je me dis donc que certains sont intéressés de savoir en quoi cela consiste vraiment, avant de se lancer. Comment on se sent ? Loin de chez soi, loin de sa famille, loin de ses amours, loin de tout ce qu’on connait et qu’on comprend facilement. Quand on saute à pied joints dans l’inconnu, l’étrange, le complètement absurde, le dangereux et le terrifiant, mais aussi dans l&#8217;incroyable camaraderie et le côté fun de certaines soirées où on se met à danser.</p>
<p>Parfois, on n’y comprend rien, c’est vrai. Je pense aussi que si vous faites un don à une ONG comme MSF (même en sachant que partir « sur le terrain » ne sera jamais possible pour vous), vous voulez savoir à quoi servent vos dons, avoir un aperçu des rouages de notre organisation. Comment utilisons-nous votre contribution financière pour notre travail ? Sommes-nous responsables et essayons-nous de faire de notre mieux avec ce que vous nous donnez?</p>
<p>Pour le moment, je fais une pause après avoir passé trois mois particulièrement tumultueux: passant sans arrêts d&#8217;un endroit à l&#8217;autre, sans moyen de téléphoner à ma famille, sans chez-moi, sans même avoir ma propre chambre (sauf trois semaines en tente), je suis finalement tombée malade. Vraiment très malade. J’ai eu droit à une medevac (évacuation médicale) d’urgence (MSF adore les raccourcis et les abréviations: PC, MedCo, PPD, Logtech, Finco : doucement, on finit par s’y retrouver). En pyjama, n’emportant que mon passeport et ma carte MSF, j&#8217;ai donc été évacuée du Sud-Soudan dans un avion pour moi toute seule jusqu’à l’hôpital de Nairobi. J’y ai reçu des soins incroyables qui m&#8217;ont remis sur pied en un rien de temps et m’ont redonné confiance en l’avenir. Il faut reconnaître que MSF est particulièrement présent dans les moments critiques, quand vous avez vraiment besoin d&#8217;aide. Je suis maintenant capable de prendre des vacances plus que méritées à la plage (où j’ai enfin l’énergie, le temps et l&#8217;envie d&#8217;écrire ceci), à un endroit où je peux me dire que j’ai peut-être vécu une histoire qui vaut le coup d’être partagée. Difficile à dire. J’ai tellement de questions et si peu de réponses. J’ai appris que ce que je pensais, n’est pas toujours vrai. A ne plus considérer tant de choses comme acquises. Que ce qui paraît évident ne l’est pas toujours. Même si j&#8217;avais déjà acquis beaucoup d&#8217;expérience en Afrique, il me reste encore tellement à apprendre.</p>
<p>Peut-être que vous pouvez m’accompagner lors de ce voyage. Mais alors, il faut d’abord revenir en arrière, revenir à ce qui explique comment une femme, pourtant entourée des enfants qu’elle a vu grandir et d’un copain tout à fait adorable, prend la décision de partir en laissant tout derrière elle. Je peux vous assurer que ça a été la partie la plus difficile de ce voyage.</p>
<img src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?ak_action=api_record_view&id=1371&type=feed" alt="" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/02/03/to-blog-or-not-to-blog/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	


	</item>
		<item>
		<title>Ce qu’il faut vraiment envisager pour lutter contre les maladies tropicales</title>
		<link>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/02/02/ce-qu%e2%80%99il-faut-vraiment-envisager-pour-lutter-contre-les-maladies-tropicales/</link>
		<comments>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/02/02/ce-qu%e2%80%99il-faut-vraiment-envisager-pour-lutter-contre-les-maladies-tropicales/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 02 Feb 2012 12:09:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Médecins Sans Frontières</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?p=1368</guid>
		<description><![CDATA[Effectuer une ponction lombaire sur le terrain est une expérience stressante. Lorsqu’un médecin doit insérer une aiguille dans la colonne vertébrale d’un patient pour en extraire du liquide céphalorachidien, il s’agit d’une procédure difficile et risquée non seulement pour lui &#8230; <a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/02/02/ce-qu%e2%80%99il-faut-vraiment-envisager-pour-lutter-contre-les-maladies-tropicales/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Effectuer une ponction lombaire sur le terrain est une expérience stressante. Lorsqu’un médecin doit insérer une aiguille dans la colonne vertébrale d’un patient pour en extraire du liquide céphalorachidien, il s’agit d’une procédure difficile et risquée non seulement pour lui mais aussi pour celui qui la subit. Il s’agit toutefois d’une procédure que nos médecins doivent réaliser au quotidien pour tester la maladie du sommeil à un stade avancé. Imaginez ce que ressent le patient. Lorsque j’étais en charge des programmes MSF sur la maladie du sommeil en République du Congo, la seule idée de subir ce test avait tendance à faire fuir les patients qui devaient subir cette intervention.</p>
<p><span id="more-1368"></span></p>
<p>MSF salue donc les engagements pris à la conférence organisée à Londres le 30 janvier dernier pour tenter d’enrayer cette maladie négligée d’ici 2020 et d’en endiguer ou d’en éliminer neuf autres.</p>
<p>MSF fournit des traitements contre la maladie du sommeil ainsi que d’autres maladies mortelles qui ont fait débat à Londres, notamment la maladie de Chagas et le kala-azar. Bien que la nouvelle attention portée à ces pathologies nous enchante, nous sommes aussi inquiets de l’extrême simplification du problème. Certes, l’augmentation des dons de médicaments de la part de l’industrie pharmaceutique permettra de résoudre quelques problématiques liées à certaines de ces maladies et de soulager les maux de nombreuses personnes. Ces stratégies ne pourront cependant pas remédier aux problèmes plus complexes causés notamment par la maladie de Chagas, le kala-azar ou la maladie du sommeil.</p>
<p>Pour traiter ces maladies mortelles, la seule distribution de médicaments ne suffit pas. Il est impératif d’investir dans le dépistage et les traitements à l’échelle nationale des pays ainsi que dans la mise au point de tests diagnostics et de médicaments nouveaux et de meilleure qualité. À cet égard, un sondage réalisé en 2011 a indiqué que des grandes compagnies pharmaceutiques discuteraient lors de la conférence de Londres de l’idée d’investir 20,2 millions $ US en recherche et développement pour ces maladies négligées. Colossale à première vue, cette somme est pourtant loin des 1,3 milliards $ US que les compagnies pharmaceutiques disent dépenser en moyenne pour concevoir un nouveau médicament.</p>
<p>Avant même de songer à éradiquer la maladie du sommeil, revenons sur les défis que nous devrions surmonter pour son traitement. Fort heureusement, nous avons aujourd’hui délaissé l’abominable mélarsoprol, un produit dérivé de l’arsenic, tellement caustique qu’il attaquait les seringues en plastique utilisées pour les injections. Même si les médicaments ont évolué, ils requièrent encore d’être administrés par une série d’injections, un acte médical qui doit être effectué par un personnel spécifiquement formé, généralement en milieu hospitalier : un luxe dans la plupart des régions où sévit la maladie du sommeil.</p>
<p>Une véritable évolution dans le traitement de cette maladie serait de créer un médicament que les patients pourraient prendre par voie orale et obtenir auprès d’un simple poste de santé local. Il semble que deux médicaments en cours d’élaboration pourraient, peut-être, exaucer ce vœu : ceux mis au point par l’Initiative sur les médicaments contre les maladies négligées (Drugs for Neglected Diseases initiative, DNDi) qui a notamment bénéficié de la collaboration constante du gouvernement britannique.</p>
<p>Il est évident que de nouveaux tests diagnostics et médicaments contribueront à la solution. Cependant, en leur absence, la seule alternative réaliste pour traiter la maladie du sommeil, qui sévit surtout dans les régions isolées d’États aussi fragiles que la République démocratique du Congo (RDC), la République centrafricaine ou le Soudan du Sud, est de compter sur des équipes mobiles spécialisées pour tester et traiter la population. Même dans ces environnements difficiles et avec des ressources financières limitées, le travail de ces équipes mobiles a fait ses preuves. En 2010, moins de 7 200 cas confirmés ont été rapportés et la tendance est à la baisse. Toutefois, l’avenir des programmes de traitement est désormais incertain : la Belgique, principal bailleur de fonds du programme de lutte contre la maladie du sommeil en RDC, prévoit d’arrêter son financement en 2013.</p>
<p>Les activités de dépistage font elles aussi l’objet d’un cruel manque de financement : on suspecte que le nombre de cas soit trois fois supérieur aux chiffres évoqués actuellement. Les expériences antérieures ont révélé que, sans dépistage et programmes de traitement adéquats, nous pourrions assister à une recrudescence du nombre de cas.</p>
<p>Ainsi, si nous souhaitons effectivement enrayer cette maladie, nous devons financer adéquatement les programmes de traitement, y compris le dépistage et la surveillance épidémiologique, continuer de soutenir les partenariats innovants, comme le DNDi, pour élaborer des médicaments et diagnostics nouveaux et de meilleure qualité, et établir de meilleures politiques pour concevoir des médicaments abordables pour les patients des pays pauvres. De plus, les pouvoirs publics doivent aussi prendre leurs responsabilités et s’engager à mettre en place et à diriger ces programmes.</p>
<p>À moins d’une prise de conscience générale sur les défis plus larges que comporte la lutte contre ces maladies, nous ne sommes pas prêts d’en voir la fin, et des milliers de personnes continueront de souffrir de la maladie du sommeil, de la maladie de Chagas et du kala-azar.</p>
<p><em>Unni Karunakara<br />
Président International de MSF</em></p>
<img src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?ak_action=api_record_view&id=1368&type=feed" alt="" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/02/02/ce-qu%e2%80%99il-faut-vraiment-envisager-pour-lutter-contre-les-maladies-tropicales/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	


	</item>
		<item>
		<title>Prodiguer des soins de santé dans les forêts rouges de l’Inde</title>
		<link>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/01/27/prodiguer-des-soins-de-sante-dans-les-forets-rouges-de-l%e2%80%99inde/</link>
		<comments>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/01/27/prodiguer-des-soins-de-sante-dans-les-forets-rouges-de-l%e2%80%99inde/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 27 Jan 2012 16:14:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Médecins Sans Frontières</dc:creator>
				<category><![CDATA[Récit du terrain]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?p=1363</guid>
		<description><![CDATA[Dans les forêts du centre de l’Inde, des rebelles maoïstes, les Naxalites, combattent les forces du gouvernement pour contrôler de grandes étendues de terre à l’intérieur du pays. Les habitants de dizaines de villages sont pris au piège dans ce &#8230; <a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/01/27/prodiguer-des-soins-de-sante-dans-les-forets-rouges-de-l%e2%80%99inde/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/01/MSF110574.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1364" title="Rebecca en Inde" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/01/MSF110574-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a>Dans les forêts du centre de l’Inde, des rebelles maoïstes, les Naxalites, combattent les forces du gouvernement pour contrôler de grandes étendues de terre à l’intérieur du pays. Les habitants de dizaines de villages sont pris au piège dans ce conflit et ne parviennent pas à rejoindre les cliniques du ministère de la Santé de l’État de Chhattisgarh. Le médecin Rebecca Cuthbert nous explique comment MSF s’arrange pour que « les cliniques viennent aux patients ».</em></p>
<p>Ça me prend cinq minutes pour descendre le sentier de sable qui mène à notre bureau. J&#8217;ouvre les verrous de la porte avec mon énorme trousseau de clés (digne d&#8217;un geôlier) et je jette un œil au tableau blanc sur lequel j’ai indiqué, la veille, le travail à réaliser aujourd’hui.</p>
<p>Tous les jours, nous organisons cinq cliniques mobiles. Aujourd’hui, nous serons 14, ce qui veut dire que nous devrons emporter beaucoup d’eau. L’été, quand la température est au plus haut, on prévoit trois litres d’eau par personne. Nous devrons aussi emporter tout notre matériel, qui comprend des équipements de laboratoire, des médicaments, des cartes de santé, des registres d’inscription, des bâches en plastique, des paravents et deux glacières.<br />
<span id="more-1363"></span><br />
Les membres de l’équipe commencent à arriver et tout le monde se met au travail. Les cuisiniers, eux, sont à pied d’œuvre depuis 5 heures du matin pour préparer notre déjeuner. Les packs de glace réfrigérants sont placés dans les glacières. Les sacs-à-dos sont empilés, prêts à être remplis.</p>
<p>Lors de la réunion du matin, nous faisons un dernier compte-rendu sur la sécurité. Nous avons appris que les Naxalites pourraient imposer un bandh, une interdiction de voyager, ce qui signifie que des routes pourraient être bloquées par des troncs d&#8217;arbres ou des tranchées fraîchement creusées.  Puis une foule de questions de dernière minute nous assaillent :  où est le chauffeur ? Où sont les snacks ? Où est mon téléphone ? Finalement, tout le monde s’entasse dans les deux voitures et nous partons.</p>
<p>Le long de la route principale de Bijapur, des buffles flânent tranquillement entre les vélos, les voitures et les enfants qui vont à l’école. Nous traversons un poste de contrôle et entrons dans la campagne. Nous devons éviter les poulets, porcelets, chiens et autres vaches et nous saluons de la main les enfants surexcités qui courent vers nous à travers les champs.</p>
<p>Une heure plus tard, nous nous garons, prenons nos sacs-à-dos et nous mettons en marche, en file indienne, en suivant un membre de notre équipe qui porte un drapeau aux couleurs de MSF. Des serviettes, chapeaux et foulards protègent nos têtes du soleil déjà brûlant. L’étroit sentier serpente à travers la forêt, longe des rizières et traverse des rivières dont le niveau monte jusqu’à la taille et le débit est rapide pendant la saison des pluies, mais qui aujourd’hui ressemblent plus à de grosses flaques qu’autre chose. Nous croisons quelques villageois, des femmes portant des ballots de riz ou de bois de chauffage sur leur tête ainsi qu’un enfant sur les hanches, et des chasseurs avec leur arc à flèche.</p>
<p>Après une heure de marche, nous arrivons au village et installons la clinique. Avec une précision d’horloger, l’équipe attache des rubans verts entre des poteaux pour délimiter les zones réservées aux visites prénatales et postnatales, aux consultations, au laboratoire et aux vaccinations. Les responsables de la pharmacie rangent les boîtes de médicament dans un vieux lit pour bébé. On installe les balances pour peser les enfants et les infirmières s’apprêtent à administrer des vaccins contre la polio, la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la rougeole et l’hépatite B. Le médecin se prépare, pendant que le promoteur de la santé va engager la conversation avec les personnes qui attendent d&#8217;être auscultées. Il leur explique comment on soigne et peut éviter la diarrhée, la gale et le paludisme (trois affections communes dans la région).</p>
<p><strong>Principes de base de la clinique mobile</strong></p>
<p>Les premiers patients s’enregistrent. La communication nécessite du temps et de la patience, car les informations doivent souvent être traduites en hindi (pour les infirmières), en anglais (pour les expats, si nécessaire) et dans le dialecte local. L’équipe de MSF comprend un interprète, qui ramasse les cartes d’inscription et appelle les patients pour la consultation. Les patients et leurs accompagnateurs sont longuement interrogés à propos de leurs antécédents médicaux et de leurs dernières visites à un centre de santé. Après avoir vu le médecin, certains doivent aller faire des tests supplémentaires ou reçoivent des médicaments, tandis que d’autres vont faire soigner leurs plaies ou se faire vacciner (les infirmières vaccinent tous les enfants de moins de 5 ans). Les femmes enceintes et les personnes venant se faire soigner pour malnutrition sont envoyées directement chez les infirmières. Tous les patients qui ont de la fièvre sont soumis à un dépistage du paludisme. (Il y a moins de cas de paludisme l’été que les mois précédents, mais des tests rapides permettent de dépister le falciparum et les infections mixtes.) Toute personne atteinte de tuberculose doit avoir un entretien avec le promoteur de la santé pour un soutien et des conseils.</p>
<p>Le temps passe et nous essayons de garder le labo à l&#8217;ombre et de refroidir les thermomètres dans les glacières. La chaleur est torride et il y a beaucoup  de poussière, mais l’équipe garde sa bonne humeur et reste concentrée sur son travail. Les pharmaciens expliquent patiemment aux patients comment ils doivent prendre leurs médicaments. Ils utilisent de petits sacs avec des dessins représentant le nombre de comprimés à prendre à chaque moment de la journée, pour faire passer le message à une population qui ne sait ni lire, ni écrire. Certains enfants reçoivent leur première dose contre le paludisme, un comprimé réduit en poudre et mélangé avec de l&#8217;eau et du sucre.</p>
<p>La plupart des enfants sont très maigres. La maladie réduit leur masse corporelle, surtout entre un et deux ans. La plupart d’entre eux doivent recevoir une aide nutritionnelle supplémentaire ou être admis dans le programme nutritionnel intensif. MSF offre aussi aux mères des aliments thérapeutiques riches en nutriments. Des agents de santé communautaires et de proximité leur expliquent à quel point il est important d’alimenter les enfants à horaires fixes et d’observent les progrès réalisés par les enfants.</p>
<p><strong>Transfert des urgences pouvant être fatales</strong></p>
<p>Je me rappelle d’un jeune homme qui est arrivé à la clinique avec un linge couvrant une énorme blessure sur son front. Elle avait été causée par une hache cinq jours plus tôt et laissait apparaître son crâne. Nous avons nettoyé la plaie sur place, puis l’avons conduit à l&#8217;hôpital du district de Bijapur et avons ensuite arrangé son transfert dans le département neurochirurgical de Raipur, à une dizaine d’heures de route.</p>
<p>La blessure a finalement guéri et le patient a pu rentrer chez lui. Mais ici, les transferts sont des entreprises périlleuses. Le chef d’équipe, son homologue et le médecin évaluent toutes les urgences qui requièrent un traitement immédiat. Nous devons prendre en compte que de nombreuses personnes préfèrent ne pas se rendre en ville, étant donné le climat politique tendu dans la région et la possibilité que le patient soit arrêté et interrogé aux postes de contrôle, sur le chemin. En outre, tous les patients doivent être accompagnés et un parent masculin doit donner son autorisation pour qu’une femme puisse être opérée ou transfusée. Si des patientes doivent se rendre au centre de soins mère-enfant de Bijapur, MSF met tout en œuvre pour qu&#8217;elles arrivent à destination.</p>
<p>Le régime local étant principalement composé de riz, de légumes et de dal, de nombreuses femmes enceintes souffrent de terribles anémies. Ceci engendre des complications lors des accouchements et nous oblige à surveiller les niveaux d&#8217;hémoglobine, à administrer des suppléments de fer et, parfois, à effectuer des transfusions. MSF a collaboré avec l’hôpital du district de Bijapur pour mettre en place une unité de réserve de sang qui peut être utilisée en cas de besoin, par exemple lorsqu’une dystocie oblige les médecins à pratiquer une intervention de chirurgie obstétricale en urgence. Si nécessaire, MSF réalise aussi des césariennes, la seule autre alternative étant un transfert vers un hôpital situé à quatre heures de route.</p>
<p><strong>On remballe tout juste avant le coucher du soleil</strong></p>
<p>Le chef d’équipe et son homologue surveillent l&#8217;heure. Ils savent que nous devons être rentrés au bureau avant 17 heures pour ne pas être dehors une fois la nuit tombée. Étant donné que nous ne reviendrons pas avant une semaine, ils veillent à ce que nous ayons assez de temps pour voir les patients restants et faire tous les tests nécessaires, puis démonter la clinique, retourner aux voitures et rentrer à Bijapur.</p>
<p>Au retour, nos sacs-à-dos sont moins lourds, même si tout le monde est encore très chargé. Aucun de nous n’a mangé depuis que nous sommes arrivés. Nous faisons donc une halte pour manger un morceau &#8211; des petits paquets de nouilles indiennes épicées &#8211; et boire un peu d&#8217;eau. Il fait toujours très chaud et l&#8217;équipe marche dans le calme. Seuls les chants des cigales viennent déranger notre trajet silencieux.</p>
<p>Une fois arrivés aux deux véhicules blancs de MSF, nous mangeons encore un peu et buvons de l&#8217;eau froide, puis montons en voiture et empruntons les routes non asphaltées et les voies en ciment qui mènent à notre bureau. « Bonne clinique ? », nous demande le coordinateur de projet à notre retour. « Combien de patients avez-vous vu ? »</p>
<p>C’était une « bonne clinique ». C’est pour cela que nous sommes ici : pour les bonnes journées mais aussi les mauvaises, qui commencent tôt et finissent tard, pour le sentiment d&#8217;accomplir un travail utile avec l&#8217;aide d&#8217;une équipe enthousiaste et dévouée.</p>
<p style="text-align: right;">Rebecca Cuthbert</p>
<img src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?ak_action=api_record_view&id=1363&type=feed" alt="" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/01/27/prodiguer-des-soins-de-sante-dans-les-forets-rouges-de-l%e2%80%99inde/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:thumbnail url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/01/MSF110574-300x225.jpg" />
		<media:content url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/01/MSF110574-300x225.jpg" medium="image">
			<media:title type="html">Rebecca en Inde</media:title>
		</media:content>

	</item>
		<item>
		<title>« Les gens n&#8217;osent pas encore retourner dans la ville depuis l&#8217;attaque »</title>
		<link>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/01/24/%c2%ab-les-gens-nosent-pas-encore-retourner-dans-la-ville-depuis-lattaque-%c2%bb/</link>
		<comments>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/01/24/%c2%ab-les-gens-nosent-pas-encore-retourner-dans-la-ville-depuis-lattaque-%c2%bb/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 24 Jan 2012 16:30:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Médecins Sans Frontières</dc:creator>
				<category><![CDATA[Récit du terrain]]></category>
		<category><![CDATA[Soudan]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?p=1356</guid>
		<description><![CDATA[Karel Janssens est coordinateur des activités de MSF à Pibor (Soudan du Sud), en proie à de violents affrontements depuis plusieurs semaines. Des civils victimes de violences, des centres de santé visés, il raconte la situation sur place. MSF dispense &#8230; <a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/01/24/%c2%ab-les-gens-nosent-pas-encore-retourner-dans-la-ville-depuis-lattaque-%c2%bb/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/01/Karel-Janssens.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1357" title="Karel Janssens" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/01/Karel-Janssens-243x300.jpg" alt="" width="243" height="300" /></a>Karel Janssens est coordinateur des activités de MSF à Pibor (Soudan du Sud), en proie à de violents affrontements depuis plusieurs semaines. Des civils victimes de violences, des centres de santé visés, il raconte la situation sur place.</em></p>
<p>MSF dispense des soins de santé dans trois structures médicales du comté de Pibor. Nos trois cliniques se situent dans les villes de Pibor, Lekwongole et Gumruk. Il s’agit des seules structures de soins accessibles aux 160.000 habitants du comté de Pibor.<br />
L’équipe MSF qui était basée à Pibor a été évacuée le 23 décembre, après que nous ayons été avertis de l’imminence d’une attaque sur Lekwongole et Pibor. Le jour de Noël, Lekwongole était effectivement prise pour cible, suivie, quelques jours plus tard par Pibor. <span id="more-1356"></span><br />
Le 7 janvier, l’équipe MSF est retournée à Pibor pour y redémarrer ses activités médicales. Quelques jours plus tard, le 13 janvier, je me suis moi-même rendu à Lekwonbole et j’y ai constaté que notre clinique, située au cœur de la ville, avait été complètement détruite par le feu. Seuls subsistaient les murs et le toit. Tout le reste avait été pillé ou brûlé. Les dégâts étaient épouvantables. Quant à Lekwongole, c’est devenu une ville fantôme. Tout a été ravagé par le feu et il ne reste plus un seul tukul, ni une seule hutte debout. Des chiens errants, quelques oiseaux et des hommes égarés errent dans ce paysage de désolation.<br />
Il y a trois jours, nous avons décidé d’y retourner avec une équipe médicale. Depuis, nous organisons des consultations pour les habitants restés dans les environs de la ville. Les gens n&#8217;osent pas encore retourner dans la ville depuis l&#8217;attaque, ils n’osent pas s’y réinstaller. D’une part parce qu’il n’y a plus rien mais aussi car ils craignent de nouvelles attaques. Les habitants commencent à ressortir de la brousse où ils s’étaient terrés dans l’espoir d’une distribution de vivres sur la piste d’atterrissage et, depuis trois jours – c’est-à-dire depuis que nous sommes revenus &#8211; pour venir se faire soigner.</p>
<p>Le redémarrage de nos activités se heurte à un obstacle majeur : 27 membres* de notre personnel sud-soudanais sont toujours portés disparus. À l&#8217;instar du reste de la population, ils ont été touchés de plein fouet par les violences.</p>
<p>Trois semaines après les attaques, des patients blessés par balles qui tentaient d&#8217;échapper à la violence continuent d&#8217;arriver chez nous pour se faire soigner. Il y a aussi beaucoup de cas de malaria – près de la moitié des patients que nous recevons en sont atteints. Les diarrhées et les infections respiratoires sont aussi très fréquentes ce qui n’a rien d’étonnant quand on sait que ces gens se sont réfugiés en pleine brousse et ont dormi dehors, sans moustiquaire.</p>
<p>Les attaques sur les villes et villages du comté de Pibor ont été terribles. Il y a trois jours, j’ai pris la route en direction du sud et la moitié des villages que j’ai croisés en chemin avaient été réduits en cendres.</p>
<p>Ce n&#8217;est pas la première fois que l&#8217;État du Jonglei subit des telles attaques. Il y en a eu plusieurs l’année dernière, ici, dans le comté de Pibor, mais aussi à Pieri, une région au nord de Pibor. Nos équipes ont été confrontées aux mêmes problèmes : hôpital mis à sac, évacuation, afflux de blessés, notamment des femmes et des enfants.  Ces événements n’ont plus rien d’unique ; ils se répètent régulièrement dans tout l’État du Jonglei.<br />
*Depuis, deux membres du personnel de MSF qui étaient portés disparus ont été localisés; on est toujours sans nouvelle de 25 autres.</p>
<img src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?ak_action=api_record_view&id=1356&type=feed" alt="" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/01/24/%c2%ab-les-gens-nosent-pas-encore-retourner-dans-la-ville-depuis-lattaque-%c2%bb/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:thumbnail url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/01/Karel-Janssens-243x300.jpg" />
		<media:content url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/01/Karel-Janssens-243x300.jpg" medium="image">
			<media:title type="html">Karel Janssens</media:title>
		</media:content>

	</item>
		<item>
		<title>Affronter la saison de la malaria en République démocratique du Congo</title>
		<link>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/01/23/affronter-la-saison-de-la-malaria-en-republique-democratique-du-congo/</link>
		<comments>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/01/23/affronter-la-saison-de-la-malaria-en-republique-democratique-du-congo/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 23 Jan 2012 14:11:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Médecins Sans Frontières</dc:creator>
				<category><![CDATA[Récit du terrain]]></category>
		<category><![CDATA[congo]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[malaria]]></category>
		<category><![CDATA[RDC]]></category>
		<category><![CDATA[stock]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?p=1344</guid>
		<description><![CDATA[Travailler dans une clinique reculée de RDC apporte son lot de défis quotidiens ; il faut en effet faire face au manque de place, aux pénuries de médicaments et de matériel et aux files de patients qui s’allongent. Notre équipe est &#8230; <a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/01/23/affronter-la-saison-de-la-malaria-en-republique-democratique-du-congo/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1345" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/01/DRC.jpg"><img class="size-medium wp-image-1345" title="DRC" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/01/DRC-300x180.jpg" alt="Des gens font la file devant un centre de santé en République démocratique du Congo. Photographie : Véronique Aubin/MSF" width="300" height="180" /></a><p class="wp-caption-text">Des gens font la file devant un centre de santé en République démocratique du Congo. Photographie : Véronique Aubin/MSF</p></div>
<p>Travailler dans une clinique reculée de RDC apporte son lot de défis quotidiens ; il faut en effet faire face au manque de place, aux pénuries de médicaments et de matériel et aux files de patients qui s’allongent.</p>
<p>Notre équipe est arrivée à l’hôpital de Lulimba pour y travailler en plein pic de la saison de la malaria. Une fois sur place, nous avons à peine eu le temps de déballer nos caisses qu’une foule d’enfants malades nous attendait déjà et, depuis, la salle d&#8217;attente ne désemplit pas, bien au contraire. Très vite, nous nous sommes aperçus qu&#8217;il n&#8217;y avait qu&#8217;un seul thermomètre de disponible.<span id="more-1344"></span></p>
<p><strong></strong>Or, lorsqu’il est impossible de réaliser les tests les plus courants, prendre la température est absolument essentiel lorsqu’on se trouve dans une zone où la malaria et d&#8217;autres maladies tropicales sont endémiques. Le personnel a donc passé les premières journées à faire le tour du service des consultations externes, de la maternité, du service de pédiatrie et de médecine interne à la recherche de ces précieux petits tubes de verre et de mercure que nous devons absolument placer sous le bras des enfants brûlants de fièvre et léthargiques. Nous avons aussi trouvé deux autres thermomètres dans les kits médicaux de MSF qui étaient dans nos voitures.</p>
<p>Le manque de thermomètres n&#8217;est que l&#8217;un des nombreux problèmes et pénuries qui assaillent cet hôpital qui, à présent, essaie de faire face à l&#8217;afflux massif de patients depuis l’annonce de la gratuité des soins grâce à l&#8217;arrivée de notre équipe.</p>
<p>Un nouvel hôpital sera bientôt construit. Mais en attendant, nous farfouillons dans nos premiers stocks de médicaments, à la recherche surtout d&#8217;antipaludéens et de paracétamol. Les enfants sont de plus en plus nombreux. Ils sont à deux ou à trois sur un même matelas, avec les mères et souvent les frères et sœurs. Le personnel de l’hôpital croule sous le travail, mais gère à merveille ce démarrage en trombe, avec patience et humour.</p>
<p>Lorsque j&#8217;ai demandé à une mère dont je venais d&#8217;examiner l&#8217;enfant si je pouvais faire quelque chose d&#8217;autre pour les aider, elle m&#8217;a répondu en swahili, provoquant l’hilarité générale. L’infirmière de garde, Silele, m’a traduit sa réponse avec un large sourire : « Elle a demandé si vous pouviez l’aider à résoudre ses problèmes de couple, mais je pense que nous avons déjà assez de pain sur la planche. »</p>
<p>Les pénuries en tout genre, et surtout de personnel infirmier, pèsent sur toutes nos activités. Au début, nous n&#8217;avions pas de tests pour le diagnostic rapide de la malaria (il en manque apparemment un peu partout dans le monde) et les très nombreux enfants fiévreux envahissaient le minuscule labo – une toute petite pièce poussiéreuse dont le seul et unique microscope est installé devant la fenêtre pour qu&#8217;il y ait suffisamment de lumière pour traquer les parasites qui infestent nos patients. La nuit, les laborantins utilisent une lampe de poche pour faire réverbérer la lumière sur le miroir du microscope.</p>
<p>Dans la salle d’opération, on anesthésie les patients à la kétamine et on place sur l&#8217;une de leurs narines une petite mèche de coton : si elle se soulève et s&#8217;abaisse régulièrement, l&#8217;équipe chirurgicale sait que le patient respire. L’utilisation de coton à la place de machines qui clignotent et qui bipent sur les tables d&#8217;opération des blocs opératoire de chez nous illustre parfaitement cette phrase qui est sur toutes les lèvres : Il faut se débrouiller !</p>
<p>Construire un hôpital prend du temps, mais face à l&#8217;afflux de patients, il a fallu improviser rapidement. Nous avons transféré les services de médecine interne et de pédiatrie hors des salles sombres qui les abritaient pour les installer dans quatre grandes tentes en attendant la construction du nouvel hôpital. Nous avons pu ainsi faire de la place pour d’autres services.</p>
<p>Nous avons à présent des moustiquaires de lit pour chaque patient qui permettent d’éviter que le moustique vecteur de la malaria ne transmette la maladie d’un patient à l’autre. Dans chaque service, des seaux d’eau chlorée aident à prévenir les infections croisées par les mains souillées ou de l&#8217;eau contaminée.</p>
<p>La salle d&#8217;opération est désormais pourvue d’éclairage et les instruments sont correctement stérilisés. C’en est fini de les désinfecter dans des autocuiseurs chauffant sur des foyers à charbon comme c’était le cas lorsque nous sommes arrivés ici. Nous avons aussi un générateur qui nous permet de placer sous oxygène les patients souffrant de troubles respiratoires. Avant l’arrivée des tests rapides, nous nous contentions de traiter tous les enfants fiévreux contre la malaria. Les premières données mises en évidence par ces tests indiquaient que 85% des enfants étaient positifs au <em>P. falciparum</em>, responsable d&#8217;une forme potentiellement mortelle de la malaria.</p>
<p>Ce matin, c’est un coup de tonnerre et la pluie s’abattant violemment  sur le toit qui m&#8217;ont réveillé. Les pluies font craindre une nouvelle recrudescence des cas de malaria et l’arrivée de nouveaux patients. Elles menacent aussi d&#8217;aggraver encore l&#8217;état déjà déplorable des routes et des pistes d&#8217;aviation que nous devons utiliser pour transporter les médicaments et le matériel dont cet hôpital isolé a absolument besoin.</p>
<p>Chris Bird</p>
<p>Ancien journaliste, Chris a terminé des études de médecine avant de rejoindre MSF pour une première mission en République démocratique du Congo. Anglais d&#8217;origine, son blog a d&#8217;abord été publié sur le site du Guardian.</p>
<img src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?ak_action=api_record_view&id=1344&type=feed" alt="" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/01/23/affronter-la-saison-de-la-malaria-en-republique-democratique-du-congo/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
	
		<media:thumbnail url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/01/DRC-300x180.jpg" />
		<media:content url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/01/DRC-300x180.jpg" medium="image">
			<media:title type="html">DRC</media:title>
			<media:description type="html">Des gens font la file devant un centre de santé en République démocratique du Congo. Photographie : Véronique Aubin/MSF</media:description>
		</media:content>

	</item>
		<item>
		<title>Un long périple aux confins du Congo</title>
		<link>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/01/13/un-long-periple-aux-confins-du-congo/</link>
		<comments>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/01/13/un-long-periple-aux-confins-du-congo/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 13 Jan 2012 09:31:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Médecins Sans Frontières</dc:creator>
				<category><![CDATA[Récit du terrain]]></category>
		<category><![CDATA[aide humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[conflit]]></category>
		<category><![CDATA[congo]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[malnutrition]]></category>
		<category><![CDATA[médecin]]></category>
		<category><![CDATA[RDC]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?p=1338</guid>
		<description><![CDATA[Pour un médecin, travailler à Lulimba, une ville isolée à l’est de la République démocratique du Congo, est un vrai défi. La République démocratique du Congo est le pays de tous les extrêmes… Alors que l’État regorge de précieux minéraux, &#8230; <a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/01/13/un-long-periple-aux-confins-du-congo/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/01/Congo.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1339" title="Une infirmière porte un bébé souffrant de malnutrition en RDC. Ben Milpas/MSF" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/01/Congo-300x182.jpg" alt="" width="300" height="182" /></a>Pour un médecin, travailler à Lulimba, une ville isolée à l’est de la République démocratique du Congo, est un vrai défi.</strong></p>
<p>La République démocratique du Congo est le pays de tous les extrêmes… Alors que l’État regorge de précieux minéraux, un enfant sur cinq meurt avant d’avoir atteint son cinquième anniversaire. Ici, les longs trajets font partie de la vie de tous les jours. Sur les 153.497 kilomètres de routes qui traversent cette nation d&#8217;une superficie égale aux deux tiers de l&#8217;Europe, seuls 2.749 sont goudronnés. Sitôt sorti de la périphérie de Bukavu, la capitale de la province du Sud-Kivu, les routes ne le sont plus.<span id="more-1338"></span></p>
<p><strong>Deux jours en 4&#215;4<br />
</strong>Je dois me rendre à Lulimba, une petite ville isolée de l’est de la RDC. Elle est située à 300 km de Bukavu, mais le trajet prend deux jours en 4&#215;4. Impossible d’y aller en avion : la piste d’atterrissage en terre, autrefois entretenue par des missionnaires qui ont quitté la région depuis bien longtemps, est cahoteuse et pleine de nids-de-poule. Les secousses, alors que nous parcourons les pistes en terre rouge et traversons des rivières où les enfants s’éclaboussent (je me demande combien d’entre eux sont porteurs des vers qui transmettent la schistosomiase), ainsi que les brefs échanges avec des hommes armés m&#8217;empêchent d&#8217;étudier la grammaire française ouverte sur mes genoux.</p>
<p>Mais ce n’est rien par rapport au chemin que j’ai moi-même parcouru avant de devenir médecin en RDC. Avant d’étudier la médecine, j’ai travaillé comme reporter de guerre en Bosnie, en Afghanistan, etc. J’étais sur le terrain et j’écrivais à propos des réfugiés, des guerres civiles, des troubles politiques&#8230;</p>
<p>Les journalistes fréquentent souvent les hôpitaux et les cliniques, car ce sont les meilleurs indices de la souffrance des populations piégées dans les conflits. J’ai discuté avec des médecins et des infirmiers le long de nombreuses lignes de front et plus je leur parlais, plus j’avais du mal à me contenter de prendre des notes, alors qu’ils risquaient leur vie pour soigner les malades et les blessés, souvent avec un minimum de médicaments et de matériel. J’ai donc rangé mon bloc-notes et je suis rentré dans une école de médecine à Londres.</p>
<p><strong>Lourdes responsabilités<br />
</strong>Dix ans plus tard, alors que je passe devant un bar peint en bleu marine et appelé Clinique de la Soif, je m’inquiète de l’augmentation soudaine de mes responsabilités médicales. Au Royaume-Uni, je m’occupe de patients dans un service d’urgences surchargé, mais je ne dois pas m’affoler si j’ai besoin d&#8217;antibiotiques ou d’une radio du thorax. En RDC, où l’indice de développement humain des Nations unies est extrêmement bas, les ressources sont limitées. On m’a déjà prévenu qu’en plus des consultations, je devrai faire l’inventaire des stocks de l’hôpital, éventuellement faire face à des épidémies de choléra ou de rougeole et contribuer à la mise en place d&#8217;un traitement pour les patients coinfectés par la tuberculose et le VIH, deux pathologies complexes souvent accompagnées de conditions sociales difficiles, ce qui complique terriblement l’instauration des traitements partout dans le monde, et en particulier dans une ville reculée comme Lulimba.</p>
<p>À notre arrivée, je constate que notre camion, qui transporte environ une tonne de précieux médicaments, est embourbé en travers de la rue principale. Les petites maisons faites de terre crue et de chaume ne sont pas raccordées à l’électricité. L’équipe de MSF arrive à l’hôpital de la ville – deux bâtiments d&#8217;un étage chacun en briques de terre crue et avec un toit en tôle – et nous expliquons au personnel notre intention d’instaurer la gratuité des soins de santé. Ce soir-là, le personnel enlève avec enthousiasme les affiches indiquant les prix des traitements.</p>
<p>La rumeur se répand durant la nuit. Le lendemain, une foule de femmes portant des vêtements en coton bariolés se rassemble devant le service des consultations avec, dans les bras, des enfants fiévreux et qui toussent, dans l&#8217;espoir de les faire ausculter gratuitement. Georges, l’un des infirmiers, semble un peu désespéré dans son habit blanc. « Maintenant que le traitement est gratuit, tout le monde va venir ! », explique-t-il.</p>
<p>En septembre, avant l’arrivée de MSF, 231 patients se sont rendus à l&#8217;hôpital. En une semaine, nous en avons déjà reçu plus de 300.</p>
<p>L’hôpital est situé sur une prairie luxuriante, à basse altitude, au pied des monts Mitumba, au Kivu. La beauté du paysage contraste avec les besoins désespérés de la population en matière de soins de santé. Lors de ma première journée sur place, je découvre un enfant de 14 mois dans le département de pédiatrie, qui pèse à peine 5 kg. Il souffre de marasme nutritionnel, une forme grave de malnutrition qui donne à l’enfant l’air d’un vieillard. Il doit partager un lit vétuste avec un autre petit malade, parce qu’il n’y a pas assez de lits pour bébés. Avec Pierre, un infirmier, je le soigne contre la tuberculose, qui est sans doute à la base de sa malnutrition, et instaure un régime alimentaire thérapeutique prudent. Pierre, qui a beaucoup d&#8217;expérience de ce genre de cas, est optimiste.<br />
<strong><br />
Césarienne à haut risque</strong><br />
Les médecins de l’hôpital, Serge et Albert, me demandent d’assister à une césarienne dans le bloc opératoire, une pièce vide, sans électricité ni lampe. La journée, ils dépendent d’une lucarne en plastique percée dans le toit pour voir ce qu’ils font et, la nuit, ils utilisent des lampes frontales. Ils ont peu d’espoir que le bébé survive, étant donné que la mère a fait une rupture utérine. L’opération a pour but de la sauver. Mais grâce à quelques bouffées d’air insufflées dans les poumons du bébé par un ballon respiratoire, la petite fille laisse échapper un cri. La mère et le bébé vont bien.</p>
<p>Le conflit en RDC est à la base des problèmes de santé à Lulimba. En 2009, l’hôpital a été attaqué par un groupe armé qui a détruit et volé une grande partie de ses maigres réserves. Si les besoins sont déjà énormes à Lulimba, vous pouvez facilement imaginer leur ampleur dans les régions encore plus reculées du Congo. Pour arriver à Lulimba, nous avons dû traverser Forêt 17, un lieu-dit connu pour son banditisme et pour le va-et-vient constant des groupes armés qui sillonnent le Sud-Kivu. L’infirmière en chef d’un poste de santé isolé de la région explique que les récents combats ont poussé des centaines de villageois à se réfugier dans la forêt. Là-bas, ils n’ont aucun moyen de lutter contre le paludisme, la pneumonie, les diarrhées et autres maladies curables qui continuent de faire tant de morts au Congo.</p>
<p>Chris Bird</p>
<p><em>Ancien reporter, Chris Bird est aujourd&#8217;hui médecin pour Médecins Sans Frontières à Lulimba, en RDC.</em></p>
<p><em>Ce post a d&#8217;abord été publié sur le site du Guardian.</em></p>
<img src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?ak_action=api_record_view&id=1338&type=feed" alt="" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/01/13/un-long-periple-aux-confins-du-congo/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>3</slash:comments>
	
		<media:thumbnail url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/01/Congo-300x182.jpg" />
		<media:content url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/01/Congo-300x182.jpg" medium="image">
			<media:title type="html">Une infirmière porte un bébé souffrant de malnutrition en RDC. Ben Milpas/MSF</media:title>
		</media:content>

	</item>
		<item>
		<title>Week-end à Mogadiscio…</title>
		<link>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/01/10/week-end-a-mogadiscio%e2%80%a6/</link>
		<comments>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/01/10/week-end-a-mogadiscio%e2%80%a6/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 10 Jan 2012 12:15:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Médecins Sans Frontières</dc:creator>
				<category><![CDATA[Récit du terrain]]></category>
		<category><![CDATA[camp]]></category>
		<category><![CDATA[coordinateur des opérations]]></category>
		<category><![CDATA[Somalie]]></category>
		<category><![CDATA[urgences]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?p=1239</guid>
		<description><![CDATA[Nos collègues et amis Philippe Havet et Andrias Karel Keiluhu, mieux connu sous le nom de « Kace », ont perdu la vie le 29 décembre dernier lors d’un incident armé à Mogadiscio. Philippe et Kace y travaillaient pour apporter &#8230; <a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/01/10/week-end-a-mogadiscio%e2%80%a6/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Nos collègues et amis Philippe Havet et Andrias Karel Keiluhu, mieux connu sous le nom de « Kace », ont perdu la vie le 29 décembre dernier lors d’un incident armé à Mogadiscio. Philippe et Kace y travaillaient pour apporter une aide médicale d’urgence à la population somalienne, victime de 20 années de conflit et d’une terrible sécheresse.</em></p>
<p><em>Philippe, coordinateur d&#8217;urgence expérimenté belge de 53 ans, travaillait avec MSF depuis 2000, et ce dans de nombreux pays dont l’Angola, la République démocratique du Congo, l’Indonésie, le Liban, la Sierra Leone, l’Afrique du Sud et la Somalie.<br />
Kace était un médecin de 44 ans. Il travaillait pour MSF depuis 1998, tant en Indonésie, dont il était natif, qu’en Ethiopie, en Thaïlande et en Somalie.<br />
En hommage à nos deux collègues et à leur engagement, voici le dernier post rédigé par Philippe il y a quelques semaines durant sa mission en Somalie.</em></p>
<p><a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2011/12/Moga1.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1241" title="© MSF" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2011/12/Moga1-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a>Des plages à perte de vue, du sable couleur… sable, un océan Indien des plus attirants, un soleil qui ne fait que briller, une chaleur étouffante aérée par un vent rafraîchissant venant du large, une odeur de vacances en été&#8230; Voilà ce que nous ressentons lors de notre première arrivée à Mogadiscio, capitale de la Somalie…</p>
<p>Le sentiment de s’évader d’une prison, la soif de liberté, l’envie de prendre le large, le besoin de, enfin, respirer librement, l’envie de courir le plus loin possible sans se retourner, ne pas s’arrêter afin de mettre de la distance entre Mogadiscio et nous. Voila ce que nous ressentons lors de notre départ de cette même ville…<span id="more-1239"></span></p>
<p>Et entre ces deux extrêmes, me direz-vous ?</p>
<p>Un défi formidable, une mission difficile mais ô combien intéressante, une de celles qu’on oubliera jamais car atypique et tellement justifiée quand on pense aux bénéficiaires.</p>
<p>Ils sont des dizaines de milliers à arriver à Mogadiscio et plusieurs millions à essayer de survivre à une crise nutritionnelle qui est aussi grave que celle du début des années 90. Mogadiscio est devenue un des objectifs de cette population qui n’arrête pas de trinquer depuis plus de 20 ans. Ils veulent essayer d’échapper à la guerre qui ravage ce pays depuis trop longtemps, de survivre aux sécheresses qui détruisent les récoltes.<br />
<a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2011/12/Moga-9.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1246" title="© Yann Libessart / MSF" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2011/12/Moga-9-199x300.jpg" alt="" width="199" height="300" /></a>Beaucoup de ces déplacés arrivent dans un état très faible : ils ont marché des dizaines ou des centaines de kilomètres. Seule la volonté de survivre est la plus forte et quand ils arrivent à “Moga”, c’est pour encore essayer de subsister. Car les camps sont nombreux, mais les conditions de vie (mais est-ce que c’est une “vie” ?), sont tout aussi difficiles pour ces familles.<br />
Très peu d’eau, presque pas d’abris dignes de ce nom, très peu de nourriture et pour en avoir, il faut faire la queue pendant des heures sans être sûr d’en recevoir.<br />
Beaucoup de nourriture arrive à Moga mais, à peine sortie des bateaux, elle est détournée en grosse partie et est accessible… sur les marchés locaux où les businessmen n’hésitent pas une seconde à profiter du malheur de ces déplacés.<br />
Beaucoup de camps sont sur des parcelles privées. Ces familles de déplacés doivent donc louer leurs maigres emplacements : ils payent avec de la nourriture ou des articles non alimentaires qu’ils ont pu trouver à une distribution locale. Bref, même dans les camps, ils sont encore rançonnés.</p>
<p><strong>La motivation mise à l&#8217;épreuve<br />
</strong><br />
Les choses ne vont pas s’améliorer pour un certain temps et il est à craindre que Mogadiscio devienne un nouveau Goma du milieu des années 90. Probable aussi que les épidémies vont vouloir se mettre au diapason de ce pays et y faire des ravages en cette fin d’année ou au début de la prochaine. Ce n’est qu’une question de temps pour qu’un nouveau malheur s’ajoute aux autres. Décidément rien, absolument rien n’est épargné à cette population somalienne…<a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2011/12/Moga-81.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-1243" title="© Yann Libessart / MSF" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2011/12/Moga-81-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a></p>
<p>Depuis août, la section opérationnelle bruxelloise de MSF est complètement impliquée dans plusieurs programmes à Moga. La malnutrition à travers un centre nutritionnel thérapeutique intensif et des équipes ambulantes, une vaccination rougeole, un programme choléra, des distributions de bâches plastiques pour les abris, de savon, de couvertures et, depuis peu, l’approvisionnement en eau de camps de déplacés.<br />
Les besoins sont énormes, toutes les ressources MSF, tant financières qu’humaines ne suffiraient pas à répondre aux demandes gigantesques de ce pays.<br />
Vu les conditions d’accès extrêmement difficiles, on peut être satisfait du travail déjà accompli : plus de 55.000 enfants ont été vaccinés, plus de 220 cas de rougeole ont été isolés, plus de 1.200 enfants sévèrement malnutris sont passés dans notre centre nutritionnel, plus de 7.000 dans notre programme ambulant, plus de 1.000 cas de choléra traités&#8230; Et ceci n’est qu’un début car l’arrivée de la pluie et des milliers de déplacés va aggraver sérieusement la situation sanitaire de la population.</p>
<p>Bien sûr, tout ceci n’est qu’un début, il y a encore des montagnes de travail, d’aide à donner. Mais vu les conditions de contexte et de sécurité, nous devons aller de l’avant pas à pas en assurant nos arrières car la moindre erreur pourrait avoir des conséquences énormes sur l’avenir de notre projet.</p>
<p>Seuls les collaborateurs nationaux et délocalisés peuvent être opérationnels dans les camps de déplacés, car les risques de kidnapping pour les expatriés sont très grands. Pas ou très peu de sorties autorisées et, quand elles le sont, c’est avec un luxe de précaution digne des plus grands chefs d’état. Sortie décidée en dernière minute, jamais deux fois le même trajet : il faut être imprévisible et ne jamais rester plus de quelques minutes au même endroit.<br />
A cela s’ajoute les nombreux attentats dont des attaques à la grenade, aux bombes humaines ou télécommandées, à la “musique somalienne” (coups de feu) qui anime jour et nuit la vie de cette ville…</p>
<p>Bien sûr, pas de bière au bistrot du coin, pas de pastis aux terrasses, pas de plage dorée, pas de promenade au bord de l’eau et encore moins de sortie nocturne…<br />
Comme dirait un ami expat : “c’est ici que l’on peut juger de la motivation de chacun”. Bien dit, ça ! Car il en faut beaucoup pour rester des semaines enfermés dans des bureaux sans avoir d’autres possibilités que de regarder le ciel et laisser l’esprit s’évader un peu…<br />
Et savoir qu’à quelques kilomètres, il y a le ciel, le soleil et la mer…</p>
<p>Philippe Havet<br />
Mogadiscio 26/11/2011</p>
<img src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?ak_action=api_record_view&id=1239&type=feed" alt="" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/01/10/week-end-a-mogadiscio%e2%80%a6/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
	
		<media:thumbnail url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2011/12/Moga1-300x225.jpg" />
		<media:content url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2011/12/Moga1-300x225.jpg" medium="image">
			<media:title type="html">© MSF</media:title>
		</media:content>
		<media:content url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2011/12/Moga-9-199x300.jpg" medium="image">
			<media:title type="html">© Yann Libessart / MSF</media:title>
		</media:content>
		<media:content url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2011/12/Moga-81-300x199.jpg" medium="image">
			<media:title type="html">© Yann Libessart / MSF</media:title>
		</media:content>

	</item>
		<item>
		<title>Soudan du Sud: « Je dis à mes enfants que nous fuyons la guerre. »</title>
		<link>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2011/12/15/soudan-du-sud-%c2%ab-je-dis-a-mes-enfants-que-nous-fuyons-la-guerre-%c2%bb/</link>
		<comments>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2011/12/15/soudan-du-sud-%c2%ab-je-dis-a-mes-enfants-que-nous-fuyons-la-guerre-%c2%bb/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 15 Dec 2011 11:02:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Médecins Sans Frontières</dc:creator>
				<category><![CDATA[Récit du terrain]]></category>
		<category><![CDATA[camp]]></category>
		<category><![CDATA[conflit]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[msf]]></category>
		<category><![CDATA[Réfugiés]]></category>
		<category><![CDATA[Soudan]]></category>
		<category><![CDATA[Soudan du Sud]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?p=1236</guid>
		<description><![CDATA[Samir (nom fictif), âgé de 33 ans, était agent de santé communautaire auprès d’une organisation non gouvernementale dans l’État du Nil Bleu, au Soudan, où des affrontements ont lieu actuellement. Durant la guerre civile au Soudan, il a passé 10 &#8230; <a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2011/12/15/soudan-du-sud-%c2%ab-je-dis-a-mes-enfants-que-nous-fuyons-la-guerre-%c2%bb/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2011/12/doro.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1237" title="Famille de réfugiés à Doro. © Jean-Marc Jacobs/MSF" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2011/12/doro-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a>Samir (nom fictif), âgé de 33 ans, était agent de santé communautaire auprès d’une organisation non gouvernementale dans l’État du Nil Bleu, au Soudan, où des affrontements ont lieu actuellement. Durant la guerre civile au Soudan, il a passé 10 ans dans un camp de réfugiés en Éthiopie avant de pouvoir retourner chez lui en 2005. Aujourd’hui, il est de nouveau inscrit comme réfugié avec sa femme et ses enfants dans un camp à Doro. Il a raconté au personnel de Médecins Sans Frontières (MSF) le périple qu’il a fait avec sa famille pour fuir l’insécurité.<span id="more-1236"></span></em></p>
<p>Cela a été très difficile pour ma famille et moi d’arriver jusqu’ici. Nous sommes partis de très loin, et cela nous a pris environ une semaine et demie de marche avant d’atteindre Doro. Nous avions des enfants qui étaient trop petits pour marcher longtemps. Ma femme et notre aîné de 11 ans portaient chacun un jumeau sur leur dos, tandis que je portais nos biens et nos provisions. Les autres enfants – âgés de neuf, sept et quatre ans – marchaient avec nous. Le petit de quatre ans pouvait marcher, mais se mettait à pleurer au bout d’un moment.<br />
Durant le trajet, les enfants avaient très faim, et plusieurs d’entre eux avaient la diarrhée. Il faisait chaud et nous avons bu de l’eau qui n’était pas salubre. Mais nous avons quand même réussi à atteindre le camp.<br />
Chaque matin, nous commencions notre route très tôt. Nous marchions pendant quatre heures avant de nous reposer au pied d’un arbre. Si les enfants étaient trop fatigués, nous campions là pour la nuit. Ils mangeaient le peu que nous avions à leur donner et jouaient. Mais dès qu’on leur annonçait qu’il était temps de reprendre la route, leur mine changeait subitement. Ils connaissaient l’épreuve qui les attendait et se mettaient à pleurer. S’ils avaient la force de marcher, nous continuions encore pendant quatre heures supplémentaires. Nous cherchions toujours un endroit avec un point d’eau.<br />
Les enfants me demandaient : « Où allons-nous? » Ils voulaient rentrer à la maison. Je leur expliquais qu’on fuyait la guerre. Il nous fallait trouver un endroit en sécurité.<br />
Ici, il y a beaucoup de problèmes. Nous restons seulement parce que l’endroit est sûr; nous pensons que nous serons en sécurité ici.<br />
Mais il fait très froid la nuit. Nous allumons un feu, parce que nous n’avons ni draps ni couvertures. La seule source d’eau disponible est une pompe à main qu’utilisent les gens d’ici. Nous sommes nombreux à arriver ici et nous devons partager l’eau avec les habitants de la région.<br />
Parfois, ma femme va à la pompe tôt le matin et ne rentre que tard le soir avec de l’eau. Elle doit parfois attendre jusqu’à 12 heures, dès le lever du jour jusqu’à tard dans la journée. Et si elle quitte la file, elle perd sa place.<br />
Les gens savent que MSF offre des services médicaux dans cette clinique. Si MSF n’était pas venue, nous aurions souffert davantage. On entend les gens dire à quel point ils sont heureux que la clinique leur offre de l’aide.<br />
Je veux juste dire au monde que nous avons besoin d’aide, de beaucoup d’aide, de leur part. Nous sommes venus dans un endroit où nous sommes protégés, mais le problème de sécurité que nous avons fui a été remplacé par celui de l’insécurité alimentaire. Je resterai ici jusqu’à ce que la paix revienne dans ma terre natale. Mais j’ai bien peur de devoir rester ici pendant très longtemps&#8230;</p>
<img src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?ak_action=api_record_view&id=1236&type=feed" alt="" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2011/12/15/soudan-du-sud-%c2%ab-je-dis-a-mes-enfants-que-nous-fuyons-la-guerre-%c2%bb/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
	
		<media:thumbnail url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2011/12/doro-300x225.jpg" />
		<media:content url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2011/12/doro-300x225.jpg" medium="image">
			<media:title type="html">Famille de réfugiés à Doro. © Jean-Marc Jacobs/MSF</media:title>
		</media:content>

	</item>
		<item>
		<title>Congo: une nouvelle journée au &#8220;paradis&#8221;</title>
		<link>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2011/12/12/une-nouvelle-journee-au-paradis/</link>
		<comments>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2011/12/12/une-nouvelle-journee-au-paradis/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 12 Dec 2011 13:06:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Médecins Sans Frontières</dc:creator>
				<category><![CDATA[Récit du terrain]]></category>
		<category><![CDATA[blog]]></category>
		<category><![CDATA[congo]]></category>
		<category><![CDATA[déplacés]]></category>
		<category><![CDATA[msf]]></category>
		<category><![CDATA[soins médicaux]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?p=1226</guid>
		<description><![CDATA[Il est cinq heures du matin. Il fait calme, très calme. Couché et les yeux fermés, j’essaie de me rappeler où je suis. L’air frais me caresse le visage et me réveille en douceur. Cela me fait penser à la &#8230; <a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2011/12/12/une-nouvelle-journee-au-paradis/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2011/12/Post-01_01-225x300.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1227" title="Post-01_01-225x300" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2011/12/Post-01_01-225x300.jpg" alt="" width="225" height="300" /></a>Il est cinq heures du matin. Il fait calme, très calme. Couché et les yeux fermés, j’essaie de me rappeler où je suis. L’air frais me caresse le visage et me réveille en douceur. Cela me fait penser à la voix douce de ma mère qui me disait, en chuchotant, qu&#8217;il était temps de me lever pour aller à l&#8217;école. J’ai l’impression que le temps s’est arrêté et j’en profite. Alors, je me laisse faire et j’offre mon visage à la douce brise du matin. Mais le chant du coq que je connais malheureusement trop bien et qui n’a définitivement pas la notion du temps rompt ce silence. Je sais bien qu’il est trop tôt pour me lever mais il est trop tard aussi pour me rendormir. Alors, j’ouvre doucement les yeux.</p>
<p>Je dors toujours la fenêtre ouverte. J’aime le spectacle du ciel étoilé et entendre le village de Marungu s’endormir doucement.<span id="more-1226"></span></p>
<p>Marungu est un petit village perché à 2 900 mètres d’altitude, dans les Hauts Plateaux du Sud-Kivu, à l’est du Congo. C’est un village très isolé, qui ne compte pas plus de quelques dizaines de maisons traditionnelles. Des maisons en bambou et bouse de vache mélangée à de l&#8217;argile, la plupart surmontées d&#8217;un toit en herbe.</p>
<p><a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2011/12/Post-01_03-300x225.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1228" title="Post-01_03-300x225" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2011/12/Post-01_03-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a>Je regarde autour de moi. La pièce fait 3 m sur 3. À gauche, sur une étagère, des tas de bouts de papier pour me souvenir de tout ce que j’ai à faire aujourd’hui, comme si j’allais oublier… En face de moi, à côté de la porte, d&#8217;autres étagères avec mes stocks de nourriture.</p>
<p>Car au niveau de l&#8217;alimentation, il n&#8217;y a pas beaucoup de choix ici à part les traditionnels riz et haricots, poulet, chèvre, poisson salé et fumé et le <em>bugali</em>, une pâte à base de maïs. J&#8217;ai besoin de manger autre chose de temps en temps. Alors, une fois par mois, je descends faire mes emplettes dans la vallée, à Uvira, une ville située sur les rives du lac Tanganyika. Et je m’aperçois aujourd’hui que je dois aller me chercher du fromage et quelques sandwiches. J&#8217;ai mangé le dernier il y a une semaine.</p>
<p>Je décide de me lever lentement. Il fait encore un peu noir et froid. La saison des pluies a commencé il y a quelques semaines et la nuit, le thermomètre ne dépasse pas 5 degrés. Mon babula, un petit poêle à charbon traditionnel, est froid. Je dépose mon moka italien sur le babula rallumé et chaud en attendant de pouvoir enfin boire un bon café et je sors pour écouter le village de Marungu se réveiller. J’aperçois déjà de la fumée par-dessus les toits en herbe. Ici, la première chose que les gens font en se levant c&#8217;est allumer un feu de bois à l&#8217;intérieur de leur maison sans cheminée. D’autres coqs se mettent à chanter, suivant l’exemple du coq de notre compound. Ils chantent, dans l’attente d’une réponse. Voilà, c’est un nouveau jour au paradis qui commence.</p>
<p><strong>Un calme tout relatif</strong></p>
<p>Un paradis, vraiment et pour diverses raisons. Tout d’abord, parce que la vie ici ressemble à l&#8217;idée que la plupart des gens se font du paradis : quelque chose de calme, de paisible. Mais en réalité, les choses sont loin d’être paisibles. Mes montagnes, ici tout en haut, servent en effet de cachette aux nombreuses factions armées qui se font la lutte entre elles et contre les autorités congolaises. Les affrontements armés entre ces factions et l’armée congolaise sont fréquents. Alors, ce sont des villages entiers qui se vident lorsque leurs habitants quittent tout ce qu’ils aimaient et protégeaient pour rejoindre un endroit plus sûr.</p>
<p><a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2011/12/Pots-01_05-300x199.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1229" title="Pots-01_05-300x199" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2011/12/Pots-01_05-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a>Cette zone fait environ 50 x 70 km. En raison de l’isolement, de l’insécurité et des difficultés d’accès, le système de soins de santé est pratiquement inexistant et très peu développé. Les habitants doivent marcher pendant des heures, voire des journées entières, pour rejoindre un centre de soins de santé. Une fois au centre, ils doivent payer les soins médicaux qui leur sont prodigués, alors qu&#8217;ils n&#8217;ont souvent pas d&#8217;argent. Même en cas de grave problème de santé, beaucoup ne vont pas consulter car ils n&#8217;en ont pas les moyens. Ou alors, ils se décident à parcourir de nombreux kilomètres pour rejoindre les structures de MSF, où les soins leur sont dispensés gratuitement. MSF soutient à présent six centres de soins de santé dans la région.</p>
<p>Je comprends parfaitement pourquoi Médecins Sans Frontières a décidé de venir en aide à cette population en détresse. En tant que coordinateur de terrain, je sais très bien pourquoi je suis ici et ce que j&#8217;ai à faire. Nous devons aider ces habitants. Les aider à mettre en place un système de santé de qualité, accessible gratuitement. Nous devons aider les populations déplacées et leur fournir un abri et des produits de première nécessité pour survivre. En plus des soins médicaux bien sûr, et j’entends ici les soins médicaux au sens large. Tous nos efforts, y compris la sensibilisation des populations, se concentrent sur l’identification des victimes de violences sexuelles avant le délai fatidique des 72 heures. Car il est alors possible de prendre des mesures pour prévenir la transmission du VIH et une grossesse, par exemple. Les soins psychologiques et le suivi des victimes et des personnes déplacées par les combats sont bien sûr un autre volet important des activités de nos équipes.</p>
<p>Ici, dans les Hauts Plateaux, il n’y a pas de routes sauf près de notre base à Marungu. Nous devons marcher des heures, franchir des montagnes encore plus hautes pour atteindre la population. Notre deuxième base, Kihuha, est à 10 heures de marche d’ici. Mon équipe est divisée entre ces deux bases, ce qui rend la gestion particulièrement difficile.</p>
<p><strong>&#8220;Pourquoi, pourquoi ?&#8221;</strong></p>
<p>Il est six heures et le jour s’est levé. Les gens commencent à sortir, parfois suivis de troupeaux entiers de chèvres. Les femmes, les jeunes filles et les fillettes vont chercher l&#8217;eau nécessaire pour la journée. Les plus âgées portent 20 litres, les enfants cinq ou dix litres.</p>
<p><a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2011/12/Post-01_04-300x225.jpg"><img class="size-full wp-image-1230 alignright" title="Post-01_04-300x225" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2011/12/Post-01_04-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a>En les voyant, je me souviens d’une conversation que j’ai eue avec l’une d’elles. Elle était arrivée au centre de santé du village, pendant la nuit. Elle avait été violée la nuit d&#8217;avant mais elle avait attendu qu’il fasse noir pour venir se faire soigner, afin de ne pas subir les préjugés et la condamnation morale de son mari, de sa famille et du reste de la communauté. Quatre hommes l’avaient violée durant la nuit, profitant de l&#8217;absence de son mari. Il lui avait fallu énormément de courage pour venir se faire soigner. Nous nous sommes précipités au centre de santé avec une infirmière spécialisée dans les violences sexuelles et notre psychologue afin de lui offrir la meilleure prise en charge possible. Elle nous a expliqué avoir besoin de notre aide, mais elle était triste car elle ne pensait pas vraiment qu’on puisse l’aider… « Pourquoi, pourquoi ? … Ce sera quand même pareil demain. » C’est ce qu’elle nous disait.</p>
<p>Non, je n&#8217;ai besoin d&#8217;aucune motivation extérieure pour travailler pour MSF. Je vis ici depuis plus d’un an à présent. J’écoute, je regarde et je fais de mon mieux pour aider ces populations en danger en leur prodiguant les soins de santé auxquels ils n&#8217;avaient pas accès avant MSF, ici, dans leur « paradis ».</p>
<p><strong><a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2011/12/ferry-profile1.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1231" title="ferry-profile1" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2011/12/ferry-profile1.jpg" alt="" width="150" height="200" /></a>Ferry Schippers est coordinateur de terrain pour Médecins Sans Frontières. Il travaille actuellement dans les Hauts-Plateaux du Sud-Kivu, en République démocratique du Congo.</strong></p>
<p><strong>Après une première mission en Azerbaïdjan, en 1995, comme coordinateur logistique, il a travaillé comme administrateur financier en République démocratique du Congo, comme responsable d&#8217;un programme d&#8217;urgence en Bosnie et comme coordinateur logistique au Burundi. Chaque fois pour MSF.</strong></p>
<p><strong>Ferry a également exercé divers métiers en dehors de MSF : il a dirigé une agence de voyages aux Pays-Bas, a été directeur de marketing au Burundi, conseiller logistique pour une société qui organise des safaris en Tanzanie…</strong></p>
<p><strong>Entre deux missions, il vit à Arusha, en Tanzanie.</strong></p>
<address>À la suite des nombreux affrontements entre groupes armés dans les Hauts-Plateaux d’Uvira, MSF a démarré une intervention d’urgence en février 2010 afin d’aider les nombreuses victimes déplacées par les combats. Dans le cadre de ce projet, MSF a soutenu six centres de santé et organisé les transferts vers les hôpitaux d’Uvira et de Bukavu. Les équipes de MSF ont également organisé deux cliniques mobiles qui peuvent être déployées rapidement auprès des populations déplacées par les affrontements. Les équipes de MSF assurent par ailleurs la prise en charge médicale et psychologique des victimes de violences sexuelles.</address>
<img src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?ak_action=api_record_view&id=1226&type=feed" alt="" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2011/12/12/une-nouvelle-journee-au-paradis/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
	
		<media:thumbnail url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2011/12/Post-01_01-225x300.jpg" />
		<media:content url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2011/12/Post-01_01-225x300.jpg" medium="image">
			<media:title type="html">Post-01_01-225&#215;300</media:title>
		</media:content>
		<media:content url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2011/12/Post-01_03-300x225.jpg" medium="image">
			<media:title type="html">Post-01_03-300&#215;225</media:title>
		</media:content>
		<media:content url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2011/12/Pots-01_05-300x199.jpg" medium="image">
			<media:title type="html">Pots-01_05-300&#215;199</media:title>
		</media:content>
		<media:content url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2011/12/Post-01_04-300x225.jpg" medium="image">
			<media:title type="html">Post-01_04-300&#215;225</media:title>
		</media:content>
		<media:content url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2011/12/ferry-profile1.jpg" medium="image">
			<media:title type="html">ferry-profile1</media:title>
		</media:content>

	</item>
		<item>
		<title>Niger: Amou, 20 ans, ne verra pas grandir ses jumelles</title>
		<link>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2011/11/23/niger-amou-20-ans-ne-verra-pas-grandir-ses-jumelles/</link>
		<comments>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2011/11/23/niger-amou-20-ans-ne-verra-pas-grandir-ses-jumelles/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 23 Nov 2011 10:04:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Médecins Sans Frontières</dc:creator>
				<category><![CDATA[Récit du terrain]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[msf]]></category>
		<category><![CDATA[Niger]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?p=1219</guid>
		<description><![CDATA[Voici l’histoire triste d’une toute jeune femme prénommée Amou. Amou a tout juste 20 ans, elle appartient à l’ethnie des Haoussa et est analphabète ; elle est née dans un petit village agricole de la région de Maradi dans le &#8230; <a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2011/11/23/niger-amou-20-ans-ne-verra-pas-grandir-ses-jumelles/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2011/11/Sarah-Niger.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1223" title="Sarah Niger" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2011/11/Sarah-Niger-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a>Voici l’histoire triste d’une toute jeune femme prénommée Amou.<br />
Amou a tout juste 20 ans, elle appartient à l’ethnie des Haoussa et est analphabète ; elle est née dans un petit village agricole de la région de Maradi dans le centre sud du Niger. Amou n’a que 20 ans, elle a pourtant déjà porté et enterré son premier enfant. Elle vient d’accoucher à la maison de belles petites jumelles en bonne santé. Malheureusement, Amou a développé une anémie chronique qui suite à sa grossesse et à son accouchement s’est aggravée.</p>
<p>Quand elle arrive à la maternité de l’hôpital de District de Dakoro où je travaille depuis un mois, son état est devenu critique et requiert une transfusion sanguine de toute urgence.<br />
Amou reçoit du sang mais la carence en oxygène due à l’anémie sévère dont elle souffre depuis trop longtemps a déjà créé des lésions au niveau de ses différents organes. Les lésions pulmonaires puis cérébrales vont entraîner de manière irréversible la mort d’Amou, et faire de ses deux petites filles des orphelines.</p>
<p>Des Amou qui ne fêteront jamais leurs 21 ans il y en a des milliers au Niger où le taux de mortalité maternelle est l’un des plus élevés du monde.<br />
Le projet médico-nutritionnel de MSF dans la région de Dakoro vise entre autres choses à l’amélioration du suivi prénatal, post-natal et de l’accouchement dans ces régions rurales éloignées et difficiles d’accès,  tendant à prévenir ces décès aussi insupportables qu’évitables.</p>
<p>Sarah Neusy est gynécologue-obstétricienne à Dakoro (Niger)</p>
<img src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?ak_action=api_record_view&id=1219&type=feed" alt="" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2011/11/23/niger-amou-20-ans-ne-verra-pas-grandir-ses-jumelles/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
	
		<media:thumbnail url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2011/11/Sarah-Niger-300x225.jpg" />
		<media:content url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2011/11/Sarah-Niger-300x225.jpg" medium="image">
			<media:title type="html">Sarah Niger</media:title>
		</media:content>

	</item>
	</channel>
</rss>

