<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	
	xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/"
	xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd"
>

<channel>
	<title>le blog des msf</title>
	<atom:link href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf</link>
	<description>Un site utilisant les blogs du soir.be</description>
	<lastBuildDate>Wed, 22 Feb 2012 12:27:01 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.0.4</generator>
	<!-- podcast_generator="podPress/8.8" - maintenance_release="8.8.6.3" -->
	<copyright>Copyright &#xA9; le blog des msf 2010 </copyright>
	<managingEditor>Eva.KONGS@brussels.msf.org (le blog des msf)</managingEditor>
	<webMaster>Eva.KONGS@brussels.msf.org (le blog des msf)</webMaster>
	<category>posts</category>
	<image>
		<url>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/wp-content/plugins/podpress/images/powered_by_podpress.jpg</url>
		<title>le blog des msf</title>
		<link>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf</link>
		<width>144</width>
		<height>144</height>
	</image>
	<itunes:subtitle></itunes:subtitle>
	<itunes:summary>Un site utilisant les blogs du soir.be</itunes:summary>
	<itunes:keywords></itunes:keywords>
	<itunes:category text="Society &amp; Culture" />
	<itunes:author>le blog des msf</itunes:author>
	<itunes:owner>
		<itunes:name>le blog des msf</itunes:name>
		<itunes:email>Eva.KONGS@brussels.msf.org</itunes:email>
	</itunes:owner>
	<itunes:block>no</itunes:block>
	<itunes:explicit>no</itunes:explicit>
	<itunes:image href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/wp-content/plugins/podpress/images/powered_by_podpress_large.jpg" />
		<item>
		<title>Les victimes silencieuses de la malnutrition infantile en RDC</title>
		<link>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/02/21/les-victimes-silencieuses-de-la-malnutrition-infantile-en-rdc/</link>
		<comments>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/02/21/les-victimes-silencieuses-de-la-malnutrition-infantile-en-rdc/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 21 Feb 2012 12:24:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Médecins Sans Frontières</dc:creator>
				<category><![CDATA[Récit du terrain]]></category>
		<category><![CDATA[blog]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[Kivu]]></category>
		<category><![CDATA[malnutrition]]></category>
		<category><![CDATA[RDC]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?p=1395</guid>
		<description><![CDATA[Malgré la végétation luxuriante des environs, les maladies dues à la malnutrition, résultat d’années de guerre et d’insécurité, continuent à prélever un lourd tribut au Sud-Kivu. Dans l’hôpital sous tente de MSF, de nombreux enfants meurent des suites de maladies &#8230; <a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/02/21/les-victimes-silencieuses-de-la-malnutrition-infantile-en-rdc/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1396" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/02/Chris-Bird-Blog.jpg"><img class="size-medium wp-image-1396 " title="© Emily Lynch/MSF" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/02/Chris-Bird-Blog-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">Le Dr Chris Bird (à gauche) et un infirmier montrent à une mère le poids gagné par son enfant depuis son admission au centre nutritionnel thérapeutique. © Emily Lynch/MSF</p></div>
<p><strong>Malgré la végétation luxuriante des environs, les maladies dues à la malnutrition, résultat d’années de guerre et d’insécurité, continuent à prélever un lourd tribut au Sud-Kivu. Dans l’hôpital sous tente de MSF, de nombreux enfants meurent des suites de maladies qui auraient pourtant pu être évitées.</strong></p>
<p>Au moment où j’allais finir mon service, Steve, un des infirmiers, m’a demandé si je pouvais voir un dernier patient avant de partir. Béatrice (ce n’est pas son vrai nom) avait deux ans et sept mois quand elle est arrivée dans le département de pédiatrie de notre hôpital sous tente à Kimbi Lulenge, au Sud-Kivu, en République démocratique du Congo (RDC). Au premier regard à l’enfant prostré dans le halo de lumière projeté par la seule ampoule de la tente, j’ai pensé qu’il s’agissait d’un nouveau cas de malaria. Steve a secoué la tête. « Non, docteur. C&#8217;est un nouveau cas de malnutrition. »</p>
<p><span id="more-1395"></span><br />
J&#8217;ai immédiatement touché les pieds de l’enfant – glacés. En regardant attentivement Béatrice, j’ai remarqué que les courbes et les fossettes du visage d’un enfant en bonne santé avaient fondu, faisant place aux angles brutaux d&#8217;une gravure en bois. Béatrice était alerte, mais silencieuse, une sinistre bulle de silence perdue au milieu des pleurs des autres enfants dans la tente. Une lueur d’inquiétude brillait encore dans ses yeux chassieux, mais elle se ternissait petit à petit, comme si elle perdait pied.</p>
<p>J’ai doucement ôté les linges de coton. La malnutrition avait ravagé sa peau, qui tombait en lambeaux en marquant ses bras, ses jambes et sa poitrine de plaies suintantes. Elle n’avait même plus la force de protester quand on l’a mise sous perfusion.</p>
<p><strong>Traitement complexe</strong><br />
Le personnel infirmer est entré en action. Ils lui ont administré du glucose pour éviter l&#8217;hypoglycémie et des antibiotiques en perfusion pour combattre l’infection. Ils ont conseillé à sa mère de la tenir au chaud parce que l&#8217;hypothermie coûte la vie à nombre de ces enfants pendant la nuit. Ils ont commencé à la réhydrater et à la nourrir à nouveau, pas à pas et avec précaution : si l&#8217;enfant reçoit trop peu, il entre en état de choc et meurt de déshydratation ; donnez-lui trop et il succombera à une défaillance cardiaque.</p>
<p>Le traitement d’un enfant souffrant de malnutrition est complexe. Sortir sa panoplie de tasses de lait et de paquets de pâte de cacahuètes ne suffit pas. Quand un enfant comme Béatrice arrive enfin sous notre tente, il a déjà parcouru une longue distance, attaché sur le dos de sa mère, qui a dû marcher une journée entière pour arriver à notre hôpital. S’il a de la chance, il a fait le trajet à l’arrière de la moto d&#8217;un membre de la famille, le long des dangereux chemins de terre.</p>
<p>Béatrice avait besoin de soins intensifs, le genre de soins qui impliquent qu’un infirmer reste en permanence au pied de son lit pour surveiller sa température et ses signes vitaux toutes les heures. Il doit aussi aider à préparer sa mère à l’horaire strict dont ces enfants ont besoin pour retrouver une alimentation normale, mais aussi pour guérir des plaies cutanées semblables à des brûlures.</p>
<p><strong>&#8220;Loi inverse des soins&#8221;<br />
</strong>L’ampleur des besoins dans le dénuement le plus complet rappelle le travail du médecin anglais Julian Tudor Hart. Dans les années 1960, il a été à l’avant-garde des soins de santé ciblant les plus pauvres dans la ville galloise de Glyncorrwg. Cette expérience lui a inspiré la « loi inverse des soins », dictant que la disponibilité des soins de santé de qualité est inversement proportionnelle au besoin que la population en a.</p>
<p>Le grandiloquent Centre nutritionnel thérapeutique (CNT) est l&#8217;endroit que je préfère dans l’hôpital. Dans une tente à l’écart des autres patients, vous pouvez voir ces petits enfants, qui semblaient n&#8217;avoir aucune chance de s’en sortir, prendre petit à petit du poids et recommencer à sourire et à jouer avec leurs parents. Grâce au personnel supplémentaire que nous avons recruté, nos soins sont aussi ciblés et intensifs que possible, étant donné nos moyens limités.</p>
<p>Mais Béatrice est arrivée avant que notre CNT ne soit installé. Cette nuit-là, il n’y avait que deux infirmiers complètement épuisés dans notre tente de pédiatrie. Nous étions aussi en pleine saison des pluies, ce qui veut dire que les cas de malaria étaient nombreux et l’hôpital débordé.</p>
<p>Béatrice est arrivée alors que les dernières lueurs du jour disparaissaient derrière la toile blanche de la tente. Elle était déjà très malade. Après l’avoir délicatement réchauffée en la plaçant tout près de sa mère et avoir dosé les premiers fluides pour la réhydratation, Steve a commencé à la nourrir. Il s’est occupé de sa peau et, quand elle a commencé à avoir des difficultés à respirer, il l’a placée sous le seul concentrateur d’oxygène de l’hôpital, le niveau maximum de soins que nous pouvons offrir aux enfants les plus malades.</p>
<p>Mais le matin suivant, quand j’ai été appelé pour la voir, son cœur s’était déjà arrêté. Dans ses yeux, la lueur d’inquiétude s’était éteinte.</p>
<p>La mère de Béatrice sanglotait quand nous avons emmailloté sa fille dans le tissu de coton vert dans lequel elle était arrivée. Son père l’a soulevée sans efforts dans ses bras et a quitté l’hôpital, le visage drainé de toute émotion. Sa mère l’a suivi en pleurant, s’arrêtant de temps à autre sur le chemin de terre, écrasée par la douleur. Un vieil homme qui arrivait en sens inverse, un brassard de la Croix-Rouge au bras, est descendu de son vélo pour leur adresser un salut formel alors que la famille passait devant lui.</p>
<p><strong>&#8220;Arrivée silencieusement, partie sans un bruit&#8230;&#8221;<br />
</strong>Vous lirez peu de choses sur la malnutrition en RDC parce que le pays ne correspond pas à l’image de désert de poussière qui sous-tend l&#8217;idée qu&#8217;on a de la famine et de la malnutrition. Là où je suis, dans l&#8217;est du pays, tout est vert et luxuriant mais, suite à des années de guerre, d’insécurité et d’effondrement économique, tous les enfants sous nos tentes souffrent de malnutrition à des degrés divers. C’est cette faiblesse sous-jacente qui influe sur la capacité des enfants à résister aux maladies infectieuses qui fauchent leurs vies avec une régularité implacable.</p>
<p>Selon les estimations, 9,7 millions d’enfants de moins de cinq ans mourront cette année de maladies parfaitement évitables. On considère que la malnutrition est à l’origine de la moitié de ces morts. Qu’est-ce que ces chiffres représentent réellement?</p>
<p>Ils représentent une petite fille fragile comme Béatrice, que ses parents ont aimée et qui, arrivée silencieusement, nous a quittés sans un bruit.</p>
<p>Chris Bird</p>
<p><em>Ancien journaliste, Chris a terminé des études de médecine avant de rejoindre MSF pour une première mission en République démocratique du Congo. Anglais d’origine, son blog a d’abord été publié sur le site du Guardian.<!-- AKPC_IDS += "1344,"; // --></em></p>
<img src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?ak_action=api_record_view&id=1395&type=feed" alt="" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/02/21/les-victimes-silencieuses-de-la-malnutrition-infantile-en-rdc/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:thumbnail url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/02/Chris-Bird-Blog-300x200.jpg" />
		<media:content url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/02/Chris-Bird-Blog-300x200.jpg" medium="image">
			<media:title type="html">© Emily Lynch/MSF</media:title>
			<media:description type="html">Le Dr Chris Bird (à gauche) et un infirmier montrent à une mère le poids gagné par son enfant depuis son admission au centre nutritionnel thérapeutique. © Emily Lynch/MSF</media:description>
		</media:content>

	</item>
		<item>
		<title>Réfugiés à Dadaab: les populations prises au piège</title>
		<link>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/02/16/refugies-a-dadaab-les-populations-prises-au-piege/</link>
		<comments>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/02/16/refugies-a-dadaab-les-populations-prises-au-piege/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 16 Feb 2012 14:59:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Médecins Sans Frontières</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[camp]]></category>
		<category><![CDATA[conflit]]></category>
		<category><![CDATA[Dadaab]]></category>
		<category><![CDATA[Kenya]]></category>
		<category><![CDATA[Réfugiés]]></category>
		<category><![CDATA[Somalie]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?p=1390</guid>
		<description><![CDATA[Depuis vingt ans, la population civile somalienne est prise au piège d’un conflit armé. Les événements de l’année 2011 n’ont fait qu’aggraver une situation déjà très précaire. Des centaines de milliers de somaliens se sont déplacés à l’intérieur du pays &#8230; <a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/02/16/refugies-a-dadaab-les-populations-prises-au-piege/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1391" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/02/Dadaab.jpg"><img class="size-medium wp-image-1391" title="Dadaab" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/02/Dadaab-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">© Brendan Bannon</p></div>
<p>Depuis vingt ans, la population civile somalienne est prise au piège d’un conflit armé. Les événements de l’année 2011 n’ont fait qu’aggraver une situation déjà très précaire. Des centaines de milliers de somaliens se sont déplacés à l’intérieur du pays ou ont fui vers les Etats voisins pour échapper aux violences et aux conséquences de la sécheresse.<span id="more-1390"></span></p>
<p>Durant le premier semestre 2011, près de 200 000 personnes sont arrivées au Kenya dans les camps de Dadaab, qui se sont rapidement révélés inadaptés face à cet afflux massif de population. Prévu initialement pour accueillir 90 000 personnes, Dadaab en compte aujourd’hui près d’un demi-million qui reçoivent une assistance bien inférieure à leurs besoins. En conséquence, la majorité des nouveaux réfugiés ont vu leur état de santé se détériorer après leur arrivée par manque d’accès à l’eau, à la nourriture, et aux soins médicaux.</p>
<p>Les acteurs de secours ont mis du temps à mesurer l’étendue de cette urgence médicale. Il a fallu attendre l’été 2011 pour que les nouveaux arrivants soient pris en charge de manière adéquate. Mais aujourd’hui, tout nous pousse à être de nouveau inquiets pour les 470 000 réfugiés à Dadaab.</p>
<p>Les camps ne remplissent plus leur rôle de refuge, le conflit somalien s’y est exporté. Depuis le mois d’octobre, le Kenya, autrefois perçu comme une terre d’accueil pour les populations réfugiées, est devenu une partie au conflit en intervenant militairement en Somalie. Alors que la sécurité se détériore dans les camps, ce sont les populations réfugiées qui in fine sont les principales victimes de la violence grandissante.</p>
<p>En effet, depuis l’enlèvement de deux volontaires de MSF en octobre dernier, la majorité des acteurs de l’aide ont drastiquement réduit leurs activités. Les populations se retrouvent souvent livrées à elles-mêmes, avec comme alternative d’assurer seules une partie des services délaissés par les organisations humanitaires.</p>
<p>Aujourd’hui, MSF est confrontée à un dilemme : nous voulons continuer à travailler à Dadaab car les besoins humanitaires sont extrêmement importants mais l’insécurité nous empêche de déployer une réponse adaptée. Face à ce dilemme, nous avons choisi de nous concentrer sur les activités médicales vitales. Nous restons cependant engagés à renforcer notre action dès que les conditions le permettront.</p>
<p>A Dadaab, la santé des réfugiés est en danger. Il est essentiel que les parties belligérantes respectent le droit des Somaliens fuyant le conflit à bénéficier d’une aide adaptée dans une zone sûre. Cela est d’autant plus urgent que les besoins des populations, prises au piège d’un conflit s’aggravant, ne cessent de croître. Des milliers de personnes vulnérables en paient déjà les conséquences.</p>
<p>Laurent Ligozat, directeur adjoint des opérations de Médecins Sans Frontières</p>
<p><a href="http://www.msf-azg.be/fr/nouvelle/dadaab-les-populations-prises-au-pi%C3%A8ge">Lire le rapport de MSF &#8220;Dadaab: retour à la case départ&#8221;.</a></p>
<img src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?ak_action=api_record_view&id=1390&type=feed" alt="" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/02/16/refugies-a-dadaab-les-populations-prises-au-piege/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:thumbnail url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/02/Dadaab-300x200.jpg" />
		<media:content url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/02/Dadaab-300x200.jpg" medium="image">
			<media:title type="html">Dadaab</media:title>
			<media:description type="html">© Brendan Bannon</media:description>
		</media:content>

	</item>
		<item>
		<title>RDC : en route dans les Hauts-Plateaux</title>
		<link>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/02/14/rdc-en-route-dans-les-hauts-plateaux/</link>
		<comments>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/02/14/rdc-en-route-dans-les-hauts-plateaux/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 14 Feb 2012 15:50:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Médecins Sans Frontières</dc:creator>
				<category><![CDATA[Récit du terrain]]></category>
		<category><![CDATA[clinique mobile]]></category>
		<category><![CDATA[Coordinateur]]></category>
		<category><![CDATA[Kivu]]></category>
		<category><![CDATA[RDC]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?p=1384</guid>
		<description><![CDATA[Réveil à 5h du matin, encore une fois. Après quelques jours de repos, je me prépare pour un voyage jusque dans la forêt d&#8217;Itombwe, soit deux jours de marche à travers la chaîne de montagnes la plus à l&#8217;est des &#8230; <a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/02/14/rdc-en-route-dans-les-hauts-plateaux/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/02/Blog-Ferry-1Post-03_preparados.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1385" title="Blog Ferry 1Post-03_preparados" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/02/Blog-Ferry-1Post-03_preparados-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a>Réveil à 5h du matin, encore une fois. Après quelques jours de repos, je me prépare pour un voyage jusque dans la forêt d&#8217;Itombwe, soit deux jours de marche à travers la chaîne de montagnes la plus à l&#8217;est des Hauts-Plateaux. Hier, nous avons prévenu la communauté locale et les villages avoisinants que nous aurions besoin de porteurs. De beaucoup de porteurs. Trente-quatre pour être précis.<br />
Avec ce corps qui ne rajeunit pas, il me faut une bonne demi-heure pour trouver le courage de me hisser hors du lit. Je mets par contre moins de cinq minutes pour m&#8217;habiller. Une victoire personnelle que je me dois de célébrer, me dis-je. J&#8217;y repenserai à mon retour, dans une semaine…</p>
<p><span id="more-1384"></span>Les premiers porteurs sont déjà là quand je me rends aux toilettes, une latrine sèche recouverte d&#8217;une petite structure en bambou et d&#8217;un toit en herbe. Une vision presque romantique ! Dans la vallée, les nuages bas recouvrent la rivière. Tout au bout se trouve le marché de Magunda. Je me dis que la journée va être belle, lumineuse et ensoleillée et je m&#8217;arrête un instant pour profiter de ce moment de tranquillité.</p>
<p><strong>Tout est prêt pour la clinique mobile<br />
</strong>Derrière le bureau, je peux voir une longue rangée de matériel, bien empaqueté, protégé contre la pluie et prêt à être transporté : des tables et des chaises pliantes, des tentes de consultation, des piles de couvertures en plastique, des boîtes de vaccins, une grande glacière bleue (qui requiert quatre porteurs), des sacs en plastique avec du riz, des haricots, du poisson séché et salé, des babulas (des poêles à charbon traditionnels) et bien sûr du charbon, des sacs de couchage et des tentes individuelles pour dormir. En bref, tout ce dont nous avons besoin pour notre clinique mobile.<br />
Je compte arriver dans la forêt d&#8217;Itombwe deux jours plus tard. Il nous faut d&#8217;abord marcher six heures jusqu&#8217;à la vallée à l&#8217;extrémité des Hauts-Plateaux, puis dormir dans un petit village parmi la très accueillante population locale. Le lendemain, nous devrons grimper dans la montagne en direction de l&#8217;ouest, avant de redescendre dans la forêt tropicale humide, ce qui prendra encore neuf heures. Je découvrirai bien assez tôt pourquoi elle est qualifiée d&#8217;humide.<br />
Les Hauts-Plateaux sont peuplés de nombreuses ethnies différentes : Babembe, Bafuliro, Banyamulenge… Les habitants de Kihuha (et de Marungu aussi, d&#8217;ailleurs) sont des Banyamulenge, que l&#8217;on appelle aussi Tutsis congolais. Ils sont arrivés du Rwanda il y a deux siècles, mais d&#8217;autres afflux ont eu lieu au fil du temps. Le nom « Banyamulenge » a été choisi au début des années 1970 pour éviter celui de « Banyarwanda » (« ceux qui viennent du Rwanda »), qui les faisait passer pour des étrangers. Les tensions ethniques contre les Tutsis ont augmenté à la fin de la période coloniale ainsi qu&#8217;après le massacre de masse des Hutus au Burundi, en 1972. En réaction, les Tutsis ont essayé de se distancier de leur origine rwandaise et se sont associés à Mulenge, un village des Moyens-Plateaux. Aujourd&#8217;hui, on les appelle donc les Banyamulenge, « ceux qui viennent de Mulenge »&#8230;<br />
Juste avant notre départ, je croise une femme avec une pile de pierres sur la tête.<a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/02/Blog-ferry-2Post-03_mujer.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-1386" title="Blog ferry 2Post-03_mujer" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/02/Blog-ferry-2Post-03_mujer-198x300.jpg" alt="" width="198" height="300" /></a> Je me suis toujours demandé comment ces femmes pouvaient porter de tels objets sur la tête, marcher droit, monter et descendre des montagnes, tout en gardant leur grâce et leur fierté. C&#8217;est incroyable ! J&#8217;ai essayé une fois. J&#8217;avais tellement de mal à trouver mon équilibre que j&#8217;ai trébuché sur un tronc d&#8217;arbre et me suis presque rompu le cou !</p>
<p>À suivre&#8230;</p>
<p><strong>Ferry Schippers est coordinateur de terrain pour Médecins Sans Frontières. Il travaille actuellement dans les Hauts-Plateaux du Sud-Kivu, en République démocratique du Congo.<br />
Après une première mission en Azerbaïdjan, en 1995, comme coordinateur logistique, il a travaillé comme administrateur financier en République démocratique du Congo, comme responsable d’un programme d’urgence en Bosnie et comme coordinateur logistique au Burundi. Chaque fois pour MSF.<br />
Ferry a également exercé divers métiers en dehors de MSF : il a dirigé une agence de voyages aux Pays-Bas, a été directeur de marketing au Burundi, conseiller logistique pour une société qui organise des safaris en Tanzanie…<br />
Entre deux missions, il vit à Arusha, en Tanzanie.</strong></p>
<p><strong><br />
</strong><em>À la suite des nombreux affrontements entre groupes armés dans les Hauts-Plateaux d’Uvira, MSF a démarré une intervention d’urgence en février 2010 afin d’aider les nombreuses victimes déplacées par les combats. Dans le cadre de ce projet, MSF a soutenu six centres de santé et organisé les transferts vers les hôpitaux d’Uvira et de Bukavu. Les équipes de MSF ont également organisé deux cliniques mobiles qui peuvent être déployées rapidement auprès des populations déplacées par les affrontements. Les équipes de MSF assurent par ailleurs la prise en charge médicale et psychologique des victimes de violences sexuelles.</em></p>
<img src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?ak_action=api_record_view&id=1384&type=feed" alt="" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/02/14/rdc-en-route-dans-les-hauts-plateaux/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
	
		<media:thumbnail url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/02/Blog-Ferry-1Post-03_preparados-300x200.jpg" />
		<media:content url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/02/Blog-Ferry-1Post-03_preparados-300x200.jpg" medium="image">
			<media:title type="html">Blog Ferry 1Post-03_preparados</media:title>
		</media:content>
		<media:content url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/02/Blog-ferry-2Post-03_mujer-198x300.jpg" medium="image">
			<media:title type="html">Blog ferry 2Post-03_mujer</media:title>
		</media:content>

	</item>
		<item>
		<title>Flashback : mes premiers pas chez MSF</title>
		<link>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/02/10/flashback-mes-premiers-pas-chez-msf/</link>
		<comments>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/02/10/flashback-mes-premiers-pas-chez-msf/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 10 Feb 2012 13:40:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Médecins Sans Frontières</dc:creator>
				<category><![CDATA[Récit du terrain]]></category>
		<category><![CDATA[Formation]]></category>
		<category><![CDATA[médecin]]></category>
		<category><![CDATA[Soudan du Sud]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?p=1381</guid>
		<description><![CDATA[Qu&#8217;est-ce que cela fait de travailler pour MSF? Dans un pays étranger, loin de tout ce que l&#8217;on connaît, dans des conditions difficiles? Lorna Adams, une doctoresse canadienne raconte son quotidien au Soudan du Sud&#8230; Il y a bien longtemps, &#8230; <a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/02/10/flashback-mes-premiers-pas-chez-msf/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Qu&#8217;est-ce que cela fait de travailler pour MSF? Dans un pays étranger, loin de tout ce que l&#8217;on connaît, dans des conditions difficiles? Lorna Adams, une doctoresse canadienne raconte son quotidien au Soudan du Sud&#8230;</strong></p>
<p><span style="color: #000000;">Il y a bien longtemps, je me suis dit un jour que je travaillerais volontiers pour une association comme MSF. MSF est neutre, impartiale et non-confessionnelle et elle travaille dans tous les contextes difficiles. Elle semble toujours prendre les bonnes décisions, avoir des principes moraux. Ça m&#8217;est apparu très clairement lorsque l&#8217;association a annoncé publiquement, peu de temps après le tsunami de 2004, qu&#8217;elle n&#8217;allait plus demander de dons pour cette urgence. La générosité des donateurs pour les victimes du tsunami avait été telle que MSF n’aurait pas pu utiliser tout l&#8217;argent reçu de manière appropriée et opportune. D&#8217;où sa proposition de restituer les montants versés aux donateurs qui le souhaitaient et l&#8217;annonce que les fonds non restitués seraient utilisés pour d&#8217;autres projets en mal de financement.<span id="more-1381"></span><br />
J&#8217;ai longtemps mûri ma décision de poser ma candidature chez MSF. Le problème, c&#8217;est que l&#8217;association demande un engagement d&#8217;une assez longue durée – 6 mois minimum, mais le plus souvent un an. Partir en mission pendant 6 ou 12 mois, c&#8217;est long. C&#8217;est très long et il faut donc régler des tas de choses : le job, la maison, les enfants, les amis, le petit-ami, les factures et tout ce qui risque d&#8217;arriver pendant une si longue période. Sans compter qu&#8217;il faut aussi renoncer à son salaire pendant de nombreux mois. Beaucoup de décisions donc, et autant d&#8217;indécision.<br />
J&#8217;avais déjà travaillé en Afrique avant. J&#8217;avais voyagé. J&#8217;y ai pensé, j&#8217;y ai longtemps et longuement pensé, je n&#8217;arrêtais plus d&#8217;y penser. Mais je n&#8217;en ai parlé à personne. Je ne savais pas s&#8217;ils allaient m&#8217;accepter, mais je pensais avoir mes chances. J&#8217;ai gardé cela pour moi, par crainte de ne pas être prise. Je croyais savoir à quoi m&#8217;attendre, alors j&#8217;ai envoyé ma candidature (une lettre très longue et très détaillée) et j&#8217;ai attendu. Attendu. Attendu très longtemps. J&#8217;ai finalement appelé et on m’a dit «Désolé, nous n&#8217;avons pas examiné votre candidature mais voulez-vous passer pour un entretien?» «D&#8217;accord,» ai-je dit. «Ça irait pour vous demain ?» «Oui, je peux venir demain» Voilà, le décor est planté.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Evacuer ou ne pas évacuer?</strong><br />
La pièce est très petite. Nous sommes trois. Les deux autres personnes me posent des questions. Des questions difficiles. «Supposons que votre PC (coordinateur de projet) – qui, soit dit en passant, a 20 ans de moins que vous – vous dise qu&#8217;on va procéder MAINTENANT à une évacuation d&#8217;urgence en raison de l&#8217;insécurité. Vous savez que vous allez devoir pratiquement tout laisser derrière vous, à commencer par vos patients, qui ne survivront probablement pas. Décidez-vous de rester ou de partir ? Ça me rappelle bien une chanson des Clash, mais je n&#8217;y trouve pas la réponse. On doit être en train de me tester. Vais-je obéir ? Vais-je privilégier l&#8217;intérêt et le bien-être de mes patients ou le mien? Mon Dieu.<br />
Ils ont dit oui. Vous êtes acceptée sous condition et faites partie de notre «pool» de volontaires. Nous vous contacterons lorsque nous aurons un poste susceptible de correspondre à vos besoins, à vos compétences et à nos besoins. Mais avant cela, nous devons vérifier vos références. Vous allez aussi devoir passer un examen médical approfondi et recevoir de très nombreux vaccins. Nous vous dirons ensuite si vous êtes définitivement retenue. Vous pourrez ensuite lire le JP (le profil de poste) et nous dire si cette mission et ce poste vous intéressent. Commence alors une période d&#8217;attente. Je sais aujourd&#8217;hui que cette période peut être très brève ou très longue.<br />
J&#8217;ai donc fait part de ma décision à ma famille et à mes amis et vécu des adieux déchirants avec mon fiancé. L&#8217;attrait de l&#8217;inconnu, le défi de travailler avec MSF étaient plus forts que mon besoin de rester. La conversation fut très pénible mais les choses se sont finalement bien passées, j&#8217;ai donc pu me consacrer avec excitation à mes préparatifs. Je l&#8217;en remercie.<br />
Et un beau jour, enfin, un profil pour un poste au Soudan du Sud, ce tout nouveau pays. Ce profil de poste m&#8217;est parvenu le jour même de son indépendance. Était-ce une sorte de karma? Un signe qui m&#8217;indiquait le chemin à suivre, le pays où aller? A moins que je n&#8217;aie simplement voulu aller quelque part, après ces mois de réflexion, d&#8217;espoir, de questionnement et d&#8217;attente. Je me suis dit que cela pourrait bien me convenir mais ils ont estimé que ce n&#8217;était pas le cas. Ils m&#8217;ont alors proposé un autre profil. Et j&#8217;ai donc dit oui. Oui, c&#8217;est bon.<br />
Mais avant cela, m&#8217;a-t-on dit, il faut que je suive une formation PPD (Premier départ). Il semble que c&#8217;est en passant une semaine à Amsterdam, avec 40 autres tout nouveaux MSF &#8211; une semaine d&#8217;étude et de conférences à raison de 12 heures par jour au cours de laquelle je devrai à bien des reprises me surpasser – que j&#8217;en saurai plus sur la mission que j&#8217;ai acceptée.<br />
J&#8217;ai beaucoup aimé les jeux de rôle lors desquels il faut essayer d&#8217;imaginer quelle est la meilleure réaction lorsqu&#8217;un individu s&#8217;apprête à tirer sur vous, fusil pointé directement sur vous ou non, car il semble que la réponse soit différente. Aïe! Et puis aussi de la lecture avec «Staying Alive», qui vous explique quoi faire lorsqu&#8217;une grenade arrive dans votre direction. C&#8217;est toujours utile.<br />
</span><span style="color: #000000;">J&#8217;ai passé une très bonne semaine. Ce fut pour moi un soulagement d&#8217;être avec des gens qui avaient bien conscience que nous avions chacun décidé de travailler pour une organisation humanitaire qui se rend dans des endroits dangereux. Une décision que nous avions tous pris en toute connaissance de cause et qu&#8217;il n&#8217;était pas nécessaire de justifier. Chez nous, nous avions tous dû affronter les regards de ceux et celles qui se demandaient si nous n&#8217;avions pas perdu la raison lorsque nous leur faisions part de nos projets. Cela faisait un bien fou de ne pas devoir expliquer pourquoi je me portais volontaire pour vivre dans un endroit dangereux, pour manger des conserves pendant des mois, pour ne pas avoir d&#8217;eau courante, pour affronter serpents et lézards et dormir dans un tukul – une hutte aux murs de boue séchée et au toit de chaume où la température retombe à 35°C à 3 heures du matin. Des situations d&#8217;autant plus difficiles que je n&#8217;ai pas vraiment de réponse censée à cette question. Difficile de mettre des mots sur ce qui est avant tout de l&#8217;ordre de l&#8217;instinct. Un besoin. Un désir difficile à verbaliser Cela m&#8217;a fait beaucoup de bien d&#8217;avoir ce sentiment d&#8217;appartenir à un groupe, un groupe où l&#8217;on se comprend sans avoir besoin de parler.<br />
Une semaine plus tard, je rentrais chez moi faire mes bagages.<br />
</span></p>
<img src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?ak_action=api_record_view&id=1381&type=feed" alt="" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/02/10/flashback-mes-premiers-pas-chez-msf/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	


	</item>
		<item>
		<title>To blog or not to blog&#8230;</title>
		<link>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/02/03/to-blog-or-not-to-blog/</link>
		<comments>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/02/03/to-blog-or-not-to-blog/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 03 Feb 2012 14:35:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Médecins Sans Frontières</dc:creator>
				<category><![CDATA[Récit du terrain]]></category>
		<category><![CDATA[Kala-Azar]]></category>
		<category><![CDATA[médecin]]></category>
		<category><![CDATA[Soudan du Sud]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?p=1371</guid>
		<description><![CDATA[    (with apologies to Shakespeare) Qu&#8217;est-ce que cela fait de travailler pour MSF? Dans un pays étranger, loin de tout ce que l&#8217;on connaît, dans des conditions difficiles? Lorna Adams, une doctoresse canadienne raconte son quotidien au Soudan du Sud&#8230; &#8230; <a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/02/03/to-blog-or-not-to-blog/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div><em> </em></div>
<div><em> </em></div>
<div><em></em></div>
<p><em></p>
<div id="attachment_1372" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/02/lorna-large2.jpg"><img class="size-medium wp-image-1372 " title="Soudan du Sud, 2011 © Jean-Marc Jacobs/MSF" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/02/lorna-large2-300x225.jpg" alt="Soudan du Sud, 2011 © Jean-Marc Jacobs/MSF" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">Soudan du Sud, 2011 © Jean-Marc Jacobs/MSF</p></div>
<p>(with apologies to Shakespeare)</p>
<p></em></p>
<p><strong>Qu&#8217;est-ce que cela fait de travailler pour MSF? Dans un pays étranger, loin de tout ce que l&#8217;on connaît, dans des conditions difficiles? Lorna Adams, une doctoresse canadienne raconte son quotidien au Soudan du Sud&#8230;<br />
</strong>Cela fait maintenant trois mois que je travaille « sur le terrain » au Sud-Soudan, un tout nouvel Etat, qui lutte encore pour sa survie.</p>
<p>Mon mandat était d’abord de travailler dans une région extrêmement reculée, accessible uniquement par avion (ou par hélicoptère pendant la saison des pluies si la piste est inondée), pour traiter une épidémie de kala-azar. C’est une maladie mortelle, particulièrement virulente, qui est bien souvent contractée par les petits garçons quand ils gardent le bétail. Elle est transmise par le phlébotome, un insecte qui vit dans le sol sombre du Soudan du Sud. Les enfants sont particulièrement affectés et meurent tous s’ils ne sont pas traités. Ma mission consistait principalement à soigner les cas de kala-azar mais, en travaillant avec MSF, j’ai appris que la flexibilité est une qualité indispensable.</p>
<p><span id="more-1371"></span>Au cours des trois derniers mois, j’ai souvent dû me passer d’internet, vivre avec peu ou pas d’électricité, des robinets à sec et, dans certaines situations particulièrement inhabituelles, je n’ai pas toujours mangé à ma faim. Cela a été un choc pour moi, même si MSF m’avait averti que « la capacité à s’adapter à des changements soudains » serait un atout à cultiver.</p>
<p>Le fait de blogger implique de se mettre en avant, en public, et ce qu&#8217;on dit ou pense ne nous appartient plus, le monde s’en empare. Enfin, du moins ceux qui voudraient en savoir plus sur le travail humanitaire, sa complexité et ses spécificités. Sur ce qui nous motive. Sur nos combats. Sur nos doutes. Sur ce monde solitaire et cette grande famille.</p>
<p>Travailler pour MSF, c’est un peu tout ça à la fois et, parfois, j’ai l’impression que c’est impossible à exprimer avec des mots. Mais bon… Je sais qu’il y a beaucoup de monde qui veulent savoir à quoi ça ressemble. Qui envisagent peut-être de travailler en tant que volontaire un jour, quelque part. Qui se mettent au défi d’accomplir quelque chose d’extraordinaire pour une cause qui les dépasse. Je me dis donc que certains sont intéressés de savoir en quoi cela consiste vraiment, avant de se lancer. Comment on se sent ? Loin de chez soi, loin de sa famille, loin de ses amours, loin de tout ce qu’on connait et qu’on comprend facilement. Quand on saute à pied joints dans l’inconnu, l’étrange, le complètement absurde, le dangereux et le terrifiant, mais aussi dans l&#8217;incroyable camaraderie et le côté fun de certaines soirées où on se met à danser.</p>
<p>Parfois, on n’y comprend rien, c’est vrai. Je pense aussi que si vous faites un don à une ONG comme MSF (même en sachant que partir « sur le terrain » ne sera jamais possible pour vous), vous voulez savoir à quoi servent vos dons, avoir un aperçu des rouages de notre organisation. Comment utilisons-nous votre contribution financière pour notre travail ? Sommes-nous responsables et essayons-nous de faire de notre mieux avec ce que vous nous donnez?</p>
<p>Pour le moment, je fais une pause après avoir passé trois mois particulièrement tumultueux: passant sans arrêt d&#8217;un endroit à l&#8217;autre, sans moyen de téléphoner à ma famille, sans chez-moi, sans même avoir ma propre chambre (sauf trois semaines en tente), je suis finalement tombée malade. Vraiment très malade. J’ai eu droit à une medevac (évacuation médicale) d’urgence (MSF adore les raccourcis et les abréviations: PC, MedCo, PPD, Logtech, Finco : doucement, on finit par s’y retrouver). En pyjama, n’emportant que mon passeport et ma carte MSF, j&#8217;ai donc été évacuée du Sud-Soudan dans un avion pour moi toute seule jusqu’à l’hôpital de Nairobi. J’y ai reçu des soins incroyables qui m&#8217;ont remis sur pied en un rien de temps et m’ont redonné confiance en l’avenir. Il faut reconnaître que MSF est particulièrement présent dans les moments critiques, quand vous avez vraiment besoin d&#8217;aide. Je suis maintenant capable de prendre des vacances plus que méritées à la plage (où j’ai enfin l’énergie, le temps et l&#8217;envie d&#8217;écrire ceci), à un endroit où je peux me dire que j’ai peut-être vécu une histoire qui vaut le coup d’être partagée. Difficile à dire. J’ai tellement de questions et si peu de réponses. J’ai appris que ce que je pensais, n’est pas toujours vrai. A ne plus considérer tant de choses comme acquises. Que ce qui paraît évident ne l’est pas toujours. Même si j&#8217;avais déjà acquis beaucoup d&#8217;expérience en Afrique, il me reste encore tellement à apprendre.</p>
<p>Peut-être que vous pouvez m’accompagner lors de ce voyage. Mais alors, il faut d’abord revenir en arrière, revenir à ce qui explique comment une femme, pourtant entourée des enfants qu’elle a vu grandir et d’un copain tout à fait adorable, prend la décision de partir en laissant tout derrière elle. Je peux vous assurer que ça a été la partie la plus difficile de ce voyage.</p>
<img src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?ak_action=api_record_view&id=1371&type=feed" alt="" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/02/03/to-blog-or-not-to-blog/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:thumbnail url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/02/lorna-large2-300x225.jpg" />
		<media:content url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/02/lorna-large2-300x225.jpg" medium="image">
			<media:title type="html">Soudan du Sud, 2011 © Jean-Marc Jacobs/MSF</media:title>
			<media:description type="html">Sud-Soudan, 2011 © Jean-Marc Jacobs/MSF</media:description>
		</media:content>

	</item>
		<item>
		<title>Ce qu’il faut vraiment envisager pour lutter contre les maladies tropicales</title>
		<link>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/02/02/ce-qu%e2%80%99il-faut-vraiment-envisager-pour-lutter-contre-les-maladies-tropicales/</link>
		<comments>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/02/02/ce-qu%e2%80%99il-faut-vraiment-envisager-pour-lutter-contre-les-maladies-tropicales/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 02 Feb 2012 12:09:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Médecins Sans Frontières</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?p=1368</guid>
		<description><![CDATA[Effectuer une ponction lombaire sur le terrain est une expérience stressante. Lorsqu’un médecin doit insérer une aiguille dans la colonne vertébrale d’un patient pour en extraire du liquide céphalorachidien, il s’agit d’une procédure difficile et risquée non seulement pour lui &#8230; <a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/02/02/ce-qu%e2%80%99il-faut-vraiment-envisager-pour-lutter-contre-les-maladies-tropicales/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Effectuer une ponction lombaire sur le terrain est une expérience stressante. Lorsqu’un médecin doit insérer une aiguille dans la colonne vertébrale d’un patient pour en extraire du liquide céphalorachidien, il s’agit d’une procédure difficile et risquée non seulement pour lui mais aussi pour celui qui la subit. Il s’agit toutefois d’une procédure que nos médecins doivent réaliser au quotidien pour tester la maladie du sommeil à un stade avancé. Imaginez ce que ressent le patient. Lorsque j’étais en charge des programmes MSF sur la maladie du sommeil en République du Congo, la seule idée de subir ce test avait tendance à faire fuir les patients qui devaient subir cette intervention.</p>
<p><span id="more-1368"></span></p>
<p>MSF salue donc les engagements pris à la conférence organisée à Londres le 30 janvier dernier pour tenter d’enrayer cette maladie négligée d’ici 2020 et d’en endiguer ou d’en éliminer neuf autres.</p>
<p>MSF fournit des traitements contre la maladie du sommeil ainsi que d’autres maladies mortelles qui ont fait débat à Londres, notamment la maladie de Chagas et le kala-azar. Bien que la nouvelle attention portée à ces pathologies nous enchante, nous sommes aussi inquiets de l’extrême simplification du problème. Certes, l’augmentation des dons de médicaments de la part de l’industrie pharmaceutique permettra de résoudre quelques problématiques liées à certaines de ces maladies et de soulager les maux de nombreuses personnes. Ces stratégies ne pourront cependant pas remédier aux problèmes plus complexes causés notamment par la maladie de Chagas, le kala-azar ou la maladie du sommeil.</p>
<p>Pour traiter ces maladies mortelles, la seule distribution de médicaments ne suffit pas. Il est impératif d’investir dans le dépistage et les traitements à l’échelle nationale des pays ainsi que dans la mise au point de tests diagnostics et de médicaments nouveaux et de meilleure qualité. À cet égard, un sondage réalisé en 2011 a indiqué que des grandes compagnies pharmaceutiques discuteraient lors de la conférence de Londres de l’idée d’investir 20,2 millions $ US en recherche et développement pour ces maladies négligées. Colossale à première vue, cette somme est pourtant loin des 1,3 milliards $ US que les compagnies pharmaceutiques disent dépenser en moyenne pour concevoir un nouveau médicament.</p>
<p>Avant même de songer à éradiquer la maladie du sommeil, revenons sur les défis que nous devrions surmonter pour son traitement. Fort heureusement, nous avons aujourd’hui délaissé l’abominable mélarsoprol, un produit dérivé de l’arsenic, tellement caustique qu’il attaquait les seringues en plastique utilisées pour les injections. Même si les médicaments ont évolué, ils requièrent encore d’être administrés par une série d’injections, un acte médical qui doit être effectué par un personnel spécifiquement formé, généralement en milieu hospitalier : un luxe dans la plupart des régions où sévit la maladie du sommeil.</p>
<p>Une véritable évolution dans le traitement de cette maladie serait de créer un médicament que les patients pourraient prendre par voie orale et obtenir auprès d’un simple poste de santé local. Il semble que deux médicaments en cours d’élaboration pourraient, peut-être, exaucer ce vœu : ceux mis au point par l’Initiative sur les médicaments contre les maladies négligées (Drugs for Neglected Diseases initiative, DNDi) qui a notamment bénéficié de la collaboration constante du gouvernement britannique.</p>
<p>Il est évident que de nouveaux tests diagnostics et médicaments contribueront à la solution. Cependant, en leur absence, la seule alternative réaliste pour traiter la maladie du sommeil, qui sévit surtout dans les régions isolées d’États aussi fragiles que la République démocratique du Congo (RDC), la République centrafricaine ou le Soudan du Sud, est de compter sur des équipes mobiles spécialisées pour tester et traiter la population. Même dans ces environnements difficiles et avec des ressources financières limitées, le travail de ces équipes mobiles a fait ses preuves. En 2010, moins de 7 200 cas confirmés ont été rapportés et la tendance est à la baisse. Toutefois, l’avenir des programmes de traitement est désormais incertain : la Belgique, principal bailleur de fonds du programme de lutte contre la maladie du sommeil en RDC, prévoit d’arrêter son financement en 2013.</p>
<p>Les activités de dépistage font elles aussi l’objet d’un cruel manque de financement : on suspecte que le nombre de cas soit trois fois supérieur aux chiffres évoqués actuellement. Les expériences antérieures ont révélé que, sans dépistage et programmes de traitement adéquats, nous pourrions assister à une recrudescence du nombre de cas.</p>
<p>Ainsi, si nous souhaitons effectivement enrayer cette maladie, nous devons financer adéquatement les programmes de traitement, y compris le dépistage et la surveillance épidémiologique, continuer de soutenir les partenariats innovants, comme le DNDi, pour élaborer des médicaments et diagnostics nouveaux et de meilleure qualité, et établir de meilleures politiques pour concevoir des médicaments abordables pour les patients des pays pauvres. De plus, les pouvoirs publics doivent aussi prendre leurs responsabilités et s’engager à mettre en place et à diriger ces programmes.</p>
<p>À moins d’une prise de conscience générale sur les défis plus larges que comporte la lutte contre ces maladies, nous ne sommes pas prêts d’en voir la fin, et des milliers de personnes continueront de souffrir de la maladie du sommeil, de la maladie de Chagas et du kala-azar.</p>
<p><em>Unni Karunakara<br />
Président International de MSF</em></p>
<img src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?ak_action=api_record_view&id=1368&type=feed" alt="" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/02/02/ce-qu%e2%80%99il-faut-vraiment-envisager-pour-lutter-contre-les-maladies-tropicales/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	


	</item>
		<item>
		<title>Prodiguer des soins de santé dans les forêts rouges de l’Inde</title>
		<link>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/01/27/prodiguer-des-soins-de-sante-dans-les-forets-rouges-de-l%e2%80%99inde/</link>
		<comments>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/01/27/prodiguer-des-soins-de-sante-dans-les-forets-rouges-de-l%e2%80%99inde/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 27 Jan 2012 16:14:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Médecins Sans Frontières</dc:creator>
				<category><![CDATA[Récit du terrain]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?p=1363</guid>
		<description><![CDATA[Dans les forêts du centre de l’Inde, des rebelles maoïstes, les Naxalites, combattent les forces du gouvernement pour contrôler de grandes étendues de terre à l’intérieur du pays. Les habitants de dizaines de villages sont pris au piège dans ce &#8230; <a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/01/27/prodiguer-des-soins-de-sante-dans-les-forets-rouges-de-l%e2%80%99inde/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/01/MSF110574.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1364" title="Rebecca en Inde" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/01/MSF110574-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a>Dans les forêts du centre de l’Inde, des rebelles maoïstes, les Naxalites, combattent les forces du gouvernement pour contrôler de grandes étendues de terre à l’intérieur du pays. Les habitants de dizaines de villages sont pris au piège dans ce conflit et ne parviennent pas à rejoindre les cliniques du ministère de la Santé de l’État de Chhattisgarh. Le médecin Rebecca Cuthbert nous explique comment MSF s’arrange pour que « les cliniques viennent aux patients ».</em></p>
<p>Ça me prend cinq minutes pour descendre le sentier de sable qui mène à notre bureau. J&#8217;ouvre les verrous de la porte avec mon énorme trousseau de clés (digne d&#8217;un geôlier) et je jette un œil au tableau blanc sur lequel j’ai indiqué, la veille, le travail à réaliser aujourd’hui.</p>
<p>Tous les jours, nous organisons cinq cliniques mobiles. Aujourd’hui, nous serons 14, ce qui veut dire que nous devrons emporter beaucoup d’eau. L’été, quand la température est au plus haut, on prévoit trois litres d’eau par personne. Nous devrons aussi emporter tout notre matériel, qui comprend des équipements de laboratoire, des médicaments, des cartes de santé, des registres d’inscription, des bâches en plastique, des paravents et deux glacières.<br />
<span id="more-1363"></span><br />
Les membres de l’équipe commencent à arriver et tout le monde se met au travail. Les cuisiniers, eux, sont à pied d’œuvre depuis 5 heures du matin pour préparer notre déjeuner. Les packs de glace réfrigérants sont placés dans les glacières. Les sacs-à-dos sont empilés, prêts à être remplis.</p>
<p>Lors de la réunion du matin, nous faisons un dernier compte-rendu sur la sécurité. Nous avons appris que les Naxalites pourraient imposer un bandh, une interdiction de voyager, ce qui signifie que des routes pourraient être bloquées par des troncs d&#8217;arbres ou des tranchées fraîchement creusées.  Puis une foule de questions de dernière minute nous assaillent :  où est le chauffeur ? Où sont les snacks ? Où est mon téléphone ? Finalement, tout le monde s’entasse dans les deux voitures et nous partons.</p>
<p>Le long de la route principale de Bijapur, des buffles flânent tranquillement entre les vélos, les voitures et les enfants qui vont à l’école. Nous traversons un poste de contrôle et entrons dans la campagne. Nous devons éviter les poulets, porcelets, chiens et autres vaches et nous saluons de la main les enfants surexcités qui courent vers nous à travers les champs.</p>
<p>Une heure plus tard, nous nous garons, prenons nos sacs-à-dos et nous mettons en marche, en file indienne, en suivant un membre de notre équipe qui porte un drapeau aux couleurs de MSF. Des serviettes, chapeaux et foulards protègent nos têtes du soleil déjà brûlant. L’étroit sentier serpente à travers la forêt, longe des rizières et traverse des rivières dont le niveau monte jusqu’à la taille et le débit est rapide pendant la saison des pluies, mais qui aujourd’hui ressemblent plus à de grosses flaques qu’autre chose. Nous croisons quelques villageois, des femmes portant des ballots de riz ou de bois de chauffage sur leur tête ainsi qu’un enfant sur les hanches, et des chasseurs avec leur arc à flèche.</p>
<p>Après une heure de marche, nous arrivons au village et installons la clinique. Avec une précision d’horloger, l’équipe attache des rubans verts entre des poteaux pour délimiter les zones réservées aux visites prénatales et postnatales, aux consultations, au laboratoire et aux vaccinations. Les responsables de la pharmacie rangent les boîtes de médicament dans un vieux lit pour bébé. On installe les balances pour peser les enfants et les infirmières s’apprêtent à administrer des vaccins contre la polio, la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la rougeole et l’hépatite B. Le médecin se prépare, pendant que le promoteur de la santé va engager la conversation avec les personnes qui attendent d&#8217;être auscultées. Il leur explique comment on soigne et peut éviter la diarrhée, la gale et le paludisme (trois affections communes dans la région).</p>
<p><strong>Principes de base de la clinique mobile</strong></p>
<p>Les premiers patients s’enregistrent. La communication nécessite du temps et de la patience, car les informations doivent souvent être traduites en hindi (pour les infirmières), en anglais (pour les expats, si nécessaire) et dans le dialecte local. L’équipe de MSF comprend un interprète, qui ramasse les cartes d’inscription et appelle les patients pour la consultation. Les patients et leurs accompagnateurs sont longuement interrogés à propos de leurs antécédents médicaux et de leurs dernières visites à un centre de santé. Après avoir vu le médecin, certains doivent aller faire des tests supplémentaires ou reçoivent des médicaments, tandis que d’autres vont faire soigner leurs plaies ou se faire vacciner (les infirmières vaccinent tous les enfants de moins de 5 ans). Les femmes enceintes et les personnes venant se faire soigner pour malnutrition sont envoyées directement chez les infirmières. Tous les patients qui ont de la fièvre sont soumis à un dépistage du paludisme. (Il y a moins de cas de paludisme l’été que les mois précédents, mais des tests rapides permettent de dépister le falciparum et les infections mixtes.) Toute personne atteinte de tuberculose doit avoir un entretien avec le promoteur de la santé pour un soutien et des conseils.</p>
<p>Le temps passe et nous essayons de garder le labo à l&#8217;ombre et de refroidir les thermomètres dans les glacières. La chaleur est torride et il y a beaucoup  de poussière, mais l’équipe garde sa bonne humeur et reste concentrée sur son travail. Les pharmaciens expliquent patiemment aux patients comment ils doivent prendre leurs médicaments. Ils utilisent de petits sacs avec des dessins représentant le nombre de comprimés à prendre à chaque moment de la journée, pour faire passer le message à une population qui ne sait ni lire, ni écrire. Certains enfants reçoivent leur première dose contre le paludisme, un comprimé réduit en poudre et mélangé avec de l&#8217;eau et du sucre.</p>
<p>La plupart des enfants sont très maigres. La maladie réduit leur masse corporelle, surtout entre un et deux ans. La plupart d’entre eux doivent recevoir une aide nutritionnelle supplémentaire ou être admis dans le programme nutritionnel intensif. MSF offre aussi aux mères des aliments thérapeutiques riches en nutriments. Des agents de santé communautaires et de proximité leur expliquent à quel point il est important d’alimenter les enfants à horaires fixes et d’observent les progrès réalisés par les enfants.</p>
<p><strong>Transfert des urgences pouvant être fatales</strong></p>
<p>Je me rappelle d’un jeune homme qui est arrivé à la clinique avec un linge couvrant une énorme blessure sur son front. Elle avait été causée par une hache cinq jours plus tôt et laissait apparaître son crâne. Nous avons nettoyé la plaie sur place, puis l’avons conduit à l&#8217;hôpital du district de Bijapur et avons ensuite arrangé son transfert dans le département neurochirurgical de Raipur, à une dizaine d’heures de route.</p>
<p>La blessure a finalement guéri et le patient a pu rentrer chez lui. Mais ici, les transferts sont des entreprises périlleuses. Le chef d’équipe, son homologue et le médecin évaluent toutes les urgences qui requièrent un traitement immédiat. Nous devons prendre en compte que de nombreuses personnes préfèrent ne pas se rendre en ville, étant donné le climat politique tendu dans la région et la possibilité que le patient soit arrêté et interrogé aux postes de contrôle, sur le chemin. En outre, tous les patients doivent être accompagnés et un parent masculin doit donner son autorisation pour qu’une femme puisse être opérée ou transfusée. Si des patientes doivent se rendre au centre de soins mère-enfant de Bijapur, MSF met tout en œuvre pour qu&#8217;elles arrivent à destination.</p>
<p>Le régime local étant principalement composé de riz, de légumes et de dal, de nombreuses femmes enceintes souffrent de terribles anémies. Ceci engendre des complications lors des accouchements et nous oblige à surveiller les niveaux d&#8217;hémoglobine, à administrer des suppléments de fer et, parfois, à effectuer des transfusions. MSF a collaboré avec l’hôpital du district de Bijapur pour mettre en place une unité de réserve de sang qui peut être utilisée en cas de besoin, par exemple lorsqu’une dystocie oblige les médecins à pratiquer une intervention de chirurgie obstétricale en urgence. Si nécessaire, MSF réalise aussi des césariennes, la seule autre alternative étant un transfert vers un hôpital situé à quatre heures de route.</p>
<p><strong>On remballe tout juste avant le coucher du soleil</strong></p>
<p>Le chef d’équipe et son homologue surveillent l&#8217;heure. Ils savent que nous devons être rentrés au bureau avant 17 heures pour ne pas être dehors une fois la nuit tombée. Étant donné que nous ne reviendrons pas avant une semaine, ils veillent à ce que nous ayons assez de temps pour voir les patients restants et faire tous les tests nécessaires, puis démonter la clinique, retourner aux voitures et rentrer à Bijapur.</p>
<p>Au retour, nos sacs-à-dos sont moins lourds, même si tout le monde est encore très chargé. Aucun de nous n’a mangé depuis que nous sommes arrivés. Nous faisons donc une halte pour manger un morceau &#8211; des petits paquets de nouilles indiennes épicées &#8211; et boire un peu d&#8217;eau. Il fait toujours très chaud et l&#8217;équipe marche dans le calme. Seuls les chants des cigales viennent déranger notre trajet silencieux.</p>
<p>Une fois arrivés aux deux véhicules blancs de MSF, nous mangeons encore un peu et buvons de l&#8217;eau froide, puis montons en voiture et empruntons les routes non asphaltées et les voies en ciment qui mènent à notre bureau. « Bonne clinique ? », nous demande le coordinateur de projet à notre retour. « Combien de patients avez-vous vu ? »</p>
<p>C’était une « bonne clinique ». C’est pour cela que nous sommes ici : pour les bonnes journées mais aussi les mauvaises, qui commencent tôt et finissent tard, pour le sentiment d&#8217;accomplir un travail utile avec l&#8217;aide d&#8217;une équipe enthousiaste et dévouée.</p>
<p style="text-align: right;">Rebecca Cuthbert</p>
<img src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?ak_action=api_record_view&id=1363&type=feed" alt="" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/01/27/prodiguer-des-soins-de-sante-dans-les-forets-rouges-de-l%e2%80%99inde/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:thumbnail url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/01/MSF110574-300x225.jpg" />
		<media:content url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/01/MSF110574-300x225.jpg" medium="image">
			<media:title type="html">Rebecca en Inde</media:title>
		</media:content>

	</item>
		<item>
		<title>« Les gens n&#8217;osent pas encore retourner dans la ville depuis l&#8217;attaque »</title>
		<link>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/01/24/%c2%ab-les-gens-nosent-pas-encore-retourner-dans-la-ville-depuis-lattaque-%c2%bb/</link>
		<comments>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/01/24/%c2%ab-les-gens-nosent-pas-encore-retourner-dans-la-ville-depuis-lattaque-%c2%bb/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 24 Jan 2012 16:30:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Médecins Sans Frontières</dc:creator>
				<category><![CDATA[Récit du terrain]]></category>
		<category><![CDATA[Soudan]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?p=1356</guid>
		<description><![CDATA[Karel Janssens est coordinateur des activités de MSF à Pibor (Soudan du Sud), en proie à de violents affrontements depuis plusieurs semaines. Des civils victimes de violences, des centres de santé visés, il raconte la situation sur place. MSF dispense &#8230; <a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/01/24/%c2%ab-les-gens-nosent-pas-encore-retourner-dans-la-ville-depuis-lattaque-%c2%bb/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/01/Karel-Janssens.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1357" title="Karel Janssens" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/01/Karel-Janssens-243x300.jpg" alt="" width="243" height="300" /></a>Karel Janssens est coordinateur des activités de MSF à Pibor (Soudan du Sud), en proie à de violents affrontements depuis plusieurs semaines. Des civils victimes de violences, des centres de santé visés, il raconte la situation sur place.</em></p>
<p>MSF dispense des soins de santé dans trois structures médicales du comté de Pibor. Nos trois cliniques se situent dans les villes de Pibor, Lekwongole et Gumruk. Il s’agit des seules structures de soins accessibles aux 160.000 habitants du comté de Pibor.<br />
L’équipe MSF qui était basée à Pibor a été évacuée le 23 décembre, après que nous ayons été avertis de l’imminence d’une attaque sur Lekwongole et Pibor. Le jour de Noël, Lekwongole était effectivement prise pour cible, suivie, quelques jours plus tard par Pibor. <span id="more-1356"></span><br />
Le 7 janvier, l’équipe MSF est retournée à Pibor pour y redémarrer ses activités médicales. Quelques jours plus tard, le 13 janvier, je me suis moi-même rendu à Lekwonbole et j’y ai constaté que notre clinique, située au cœur de la ville, avait été complètement détruite par le feu. Seuls subsistaient les murs et le toit. Tout le reste avait été pillé ou brûlé. Les dégâts étaient épouvantables. Quant à Lekwongole, c’est devenu une ville fantôme. Tout a été ravagé par le feu et il ne reste plus un seul tukul, ni une seule hutte debout. Des chiens errants, quelques oiseaux et des hommes égarés errent dans ce paysage de désolation.<br />
Il y a trois jours, nous avons décidé d’y retourner avec une équipe médicale. Depuis, nous organisons des consultations pour les habitants restés dans les environs de la ville. Les gens n&#8217;osent pas encore retourner dans la ville depuis l&#8217;attaque, ils n’osent pas s’y réinstaller. D’une part parce qu’il n’y a plus rien mais aussi car ils craignent de nouvelles attaques. Les habitants commencent à ressortir de la brousse où ils s’étaient terrés dans l’espoir d’une distribution de vivres sur la piste d’atterrissage et, depuis trois jours – c’est-à-dire depuis que nous sommes revenus &#8211; pour venir se faire soigner.</p>
<p>Le redémarrage de nos activités se heurte à un obstacle majeur : 27 membres* de notre personnel sud-soudanais sont toujours portés disparus. À l&#8217;instar du reste de la population, ils ont été touchés de plein fouet par les violences.</p>
<p>Trois semaines après les attaques, des patients blessés par balles qui tentaient d&#8217;échapper à la violence continuent d&#8217;arriver chez nous pour se faire soigner. Il y a aussi beaucoup de cas de malaria – près de la moitié des patients que nous recevons en sont atteints. Les diarrhées et les infections respiratoires sont aussi très fréquentes ce qui n’a rien d’étonnant quand on sait que ces gens se sont réfugiés en pleine brousse et ont dormi dehors, sans moustiquaire.</p>
<p>Les attaques sur les villes et villages du comté de Pibor ont été terribles. Il y a trois jours, j’ai pris la route en direction du sud et la moitié des villages que j’ai croisés en chemin avaient été réduits en cendres.</p>
<p>Ce n&#8217;est pas la première fois que l&#8217;État du Jonglei subit des telles attaques. Il y en a eu plusieurs l’année dernière, ici, dans le comté de Pibor, mais aussi à Pieri, une région au nord de Pibor. Nos équipes ont été confrontées aux mêmes problèmes : hôpital mis à sac, évacuation, afflux de blessés, notamment des femmes et des enfants.  Ces événements n’ont plus rien d’unique ; ils se répètent régulièrement dans tout l’État du Jonglei.<br />
*Depuis, deux membres du personnel de MSF qui étaient portés disparus ont été localisés; on est toujours sans nouvelle de 25 autres.</p>
<img src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?ak_action=api_record_view&id=1356&type=feed" alt="" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/01/24/%c2%ab-les-gens-nosent-pas-encore-retourner-dans-la-ville-depuis-lattaque-%c2%bb/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:thumbnail url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/01/Karel-Janssens-243x300.jpg" />
		<media:content url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/01/Karel-Janssens-243x300.jpg" medium="image">
			<media:title type="html">Karel Janssens</media:title>
		</media:content>

	</item>
		<item>
		<title>Affronter la saison de la malaria en République démocratique du Congo</title>
		<link>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/01/23/affronter-la-saison-de-la-malaria-en-republique-democratique-du-congo/</link>
		<comments>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/01/23/affronter-la-saison-de-la-malaria-en-republique-democratique-du-congo/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 23 Jan 2012 14:11:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Médecins Sans Frontières</dc:creator>
				<category><![CDATA[Récit du terrain]]></category>
		<category><![CDATA[congo]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[malaria]]></category>
		<category><![CDATA[RDC]]></category>
		<category><![CDATA[stock]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?p=1344</guid>
		<description><![CDATA[Travailler dans une clinique reculée de RDC apporte son lot de défis quotidiens ; il faut en effet faire face au manque de place, aux pénuries de médicaments et de matériel et aux files de patients qui s’allongent. Notre équipe est &#8230; <a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/01/23/affronter-la-saison-de-la-malaria-en-republique-democratique-du-congo/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1345" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/01/DRC.jpg"><img class="size-medium wp-image-1345" title="DRC" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/01/DRC-300x180.jpg" alt="Des gens font la file devant un centre de santé en République démocratique du Congo. Photographie : Véronique Aubin/MSF" width="300" height="180" /></a><p class="wp-caption-text">Des gens font la file devant un centre de santé en République démocratique du Congo. Photographie : Véronique Aubin/MSF</p></div>
<p>Travailler dans une clinique reculée de RDC apporte son lot de défis quotidiens ; il faut en effet faire face au manque de place, aux pénuries de médicaments et de matériel et aux files de patients qui s’allongent.</p>
<p>Notre équipe est arrivée à l’hôpital de Lulimba pour y travailler en plein pic de la saison de la malaria. Une fois sur place, nous avons à peine eu le temps de déballer nos caisses qu’une foule d’enfants malades nous attendait déjà et, depuis, la salle d&#8217;attente ne désemplit pas, bien au contraire. Très vite, nous nous sommes aperçus qu&#8217;il n&#8217;y avait qu&#8217;un seul thermomètre de disponible.<span id="more-1344"></span></p>
<p><strong></strong>Or, lorsqu’il est impossible de réaliser les tests les plus courants, prendre la température est absolument essentiel lorsqu’on se trouve dans une zone où la malaria et d&#8217;autres maladies tropicales sont endémiques. Le personnel a donc passé les premières journées à faire le tour du service des consultations externes, de la maternité, du service de pédiatrie et de médecine interne à la recherche de ces précieux petits tubes de verre et de mercure que nous devons absolument placer sous le bras des enfants brûlants de fièvre et léthargiques. Nous avons aussi trouvé deux autres thermomètres dans les kits médicaux de MSF qui étaient dans nos voitures.</p>
<p>Le manque de thermomètres n&#8217;est que l&#8217;un des nombreux problèmes et pénuries qui assaillent cet hôpital qui, à présent, essaie de faire face à l&#8217;afflux massif de patients depuis l’annonce de la gratuité des soins grâce à l&#8217;arrivée de notre équipe.</p>
<p>Un nouvel hôpital sera bientôt construit. Mais en attendant, nous farfouillons dans nos premiers stocks de médicaments, à la recherche surtout d&#8217;antipaludéens et de paracétamol. Les enfants sont de plus en plus nombreux. Ils sont à deux ou à trois sur un même matelas, avec les mères et souvent les frères et sœurs. Le personnel de l’hôpital croule sous le travail, mais gère à merveille ce démarrage en trombe, avec patience et humour.</p>
<p>Lorsque j&#8217;ai demandé à une mère dont je venais d&#8217;examiner l&#8217;enfant si je pouvais faire quelque chose d&#8217;autre pour les aider, elle m&#8217;a répondu en swahili, provoquant l’hilarité générale. L’infirmière de garde, Silele, m’a traduit sa réponse avec un large sourire : « Elle a demandé si vous pouviez l’aider à résoudre ses problèmes de couple, mais je pense que nous avons déjà assez de pain sur la planche. »</p>
<p>Les pénuries en tout genre, et surtout de personnel infirmier, pèsent sur toutes nos activités. Au début, nous n&#8217;avions pas de tests pour le diagnostic rapide de la malaria (il en manque apparemment un peu partout dans le monde) et les très nombreux enfants fiévreux envahissaient le minuscule labo – une toute petite pièce poussiéreuse dont le seul et unique microscope est installé devant la fenêtre pour qu&#8217;il y ait suffisamment de lumière pour traquer les parasites qui infestent nos patients. La nuit, les laborantins utilisent une lampe de poche pour faire réverbérer la lumière sur le miroir du microscope.</p>
<p>Dans la salle d’opération, on anesthésie les patients à la kétamine et on place sur l&#8217;une de leurs narines une petite mèche de coton : si elle se soulève et s&#8217;abaisse régulièrement, l&#8217;équipe chirurgicale sait que le patient respire. L’utilisation de coton à la place de machines qui clignotent et qui bipent sur les tables d&#8217;opération des blocs opératoire de chez nous illustre parfaitement cette phrase qui est sur toutes les lèvres : Il faut se débrouiller !</p>
<p>Construire un hôpital prend du temps, mais face à l&#8217;afflux de patients, il a fallu improviser rapidement. Nous avons transféré les services de médecine interne et de pédiatrie hors des salles sombres qui les abritaient pour les installer dans quatre grandes tentes en attendant la construction du nouvel hôpital. Nous avons pu ainsi faire de la place pour d’autres services.</p>
<p>Nous avons à présent des moustiquaires de lit pour chaque patient qui permettent d’éviter que le moustique vecteur de la malaria ne transmette la maladie d’un patient à l’autre. Dans chaque service, des seaux d’eau chlorée aident à prévenir les infections croisées par les mains souillées ou de l&#8217;eau contaminée.</p>
<p>La salle d&#8217;opération est désormais pourvue d’éclairage et les instruments sont correctement stérilisés. C’en est fini de les désinfecter dans des autocuiseurs chauffant sur des foyers à charbon comme c’était le cas lorsque nous sommes arrivés ici. Nous avons aussi un générateur qui nous permet de placer sous oxygène les patients souffrant de troubles respiratoires. Avant l’arrivée des tests rapides, nous nous contentions de traiter tous les enfants fiévreux contre la malaria. Les premières données mises en évidence par ces tests indiquaient que 85% des enfants étaient positifs au <em>P. falciparum</em>, responsable d&#8217;une forme potentiellement mortelle de la malaria.</p>
<p>Ce matin, c’est un coup de tonnerre et la pluie s’abattant violemment  sur le toit qui m&#8217;ont réveillé. Les pluies font craindre une nouvelle recrudescence des cas de malaria et l’arrivée de nouveaux patients. Elles menacent aussi d&#8217;aggraver encore l&#8217;état déjà déplorable des routes et des pistes d&#8217;aviation que nous devons utiliser pour transporter les médicaments et le matériel dont cet hôpital isolé a absolument besoin.</p>
<p>Chris Bird</p>
<p>Ancien journaliste, Chris a terminé des études de médecine avant de rejoindre MSF pour une première mission en République démocratique du Congo. Anglais d&#8217;origine, son blog a d&#8217;abord été publié sur le site du Guardian.</p>
<img src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?ak_action=api_record_view&id=1344&type=feed" alt="" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/01/23/affronter-la-saison-de-la-malaria-en-republique-democratique-du-congo/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
	
		<media:thumbnail url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/01/DRC-300x180.jpg" />
		<media:content url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/01/DRC-300x180.jpg" medium="image">
			<media:title type="html">DRC</media:title>
			<media:description type="html">Des gens font la file devant un centre de santé en République démocratique du Congo. Photographie : Véronique Aubin/MSF</media:description>
		</media:content>

	</item>
		<item>
		<title>Un long périple aux confins du Congo</title>
		<link>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/01/13/un-long-periple-aux-confins-du-congo/</link>
		<comments>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/01/13/un-long-periple-aux-confins-du-congo/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 13 Jan 2012 09:31:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Médecins Sans Frontières</dc:creator>
				<category><![CDATA[Récit du terrain]]></category>
		<category><![CDATA[aide humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[conflit]]></category>
		<category><![CDATA[congo]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[malnutrition]]></category>
		<category><![CDATA[médecin]]></category>
		<category><![CDATA[RDC]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?p=1338</guid>
		<description><![CDATA[Pour un médecin, travailler à Lulimba, une ville isolée à l’est de la République démocratique du Congo, est un vrai défi. La République démocratique du Congo est le pays de tous les extrêmes… Alors que l’État regorge de précieux minéraux, &#8230; <a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/01/13/un-long-periple-aux-confins-du-congo/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/01/Congo.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1339" title="Une infirmière porte un bébé souffrant de malnutrition en RDC. Ben Milpas/MSF" src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/01/Congo-300x182.jpg" alt="" width="300" height="182" /></a>Pour un médecin, travailler à Lulimba, une ville isolée à l’est de la République démocratique du Congo, est un vrai défi.</strong></p>
<p>La République démocratique du Congo est le pays de tous les extrêmes… Alors que l’État regorge de précieux minéraux, un enfant sur cinq meurt avant d’avoir atteint son cinquième anniversaire. Ici, les longs trajets font partie de la vie de tous les jours. Sur les 153.497 kilomètres de routes qui traversent cette nation d&#8217;une superficie égale aux deux tiers de l&#8217;Europe, seuls 2.749 sont goudronnés. Sitôt sorti de la périphérie de Bukavu, la capitale de la province du Sud-Kivu, les routes ne le sont plus.<span id="more-1338"></span></p>
<p><strong>Deux jours en 4&#215;4<br />
</strong>Je dois me rendre à Lulimba, une petite ville isolée de l’est de la RDC. Elle est située à 300 km de Bukavu, mais le trajet prend deux jours en 4&#215;4. Impossible d’y aller en avion : la piste d’atterrissage en terre, autrefois entretenue par des missionnaires qui ont quitté la région depuis bien longtemps, est cahoteuse et pleine de nids-de-poule. Les secousses, alors que nous parcourons les pistes en terre rouge et traversons des rivières où les enfants s’éclaboussent (je me demande combien d’entre eux sont porteurs des vers qui transmettent la schistosomiase), ainsi que les brefs échanges avec des hommes armés m&#8217;empêchent d&#8217;étudier la grammaire française ouverte sur mes genoux.</p>
<p>Mais ce n’est rien par rapport au chemin que j’ai moi-même parcouru avant de devenir médecin en RDC. Avant d’étudier la médecine, j’ai travaillé comme reporter de guerre en Bosnie, en Afghanistan, etc. J’étais sur le terrain et j’écrivais à propos des réfugiés, des guerres civiles, des troubles politiques&#8230;</p>
<p>Les journalistes fréquentent souvent les hôpitaux et les cliniques, car ce sont les meilleurs indices de la souffrance des populations piégées dans les conflits. J’ai discuté avec des médecins et des infirmiers le long de nombreuses lignes de front et plus je leur parlais, plus j’avais du mal à me contenter de prendre des notes, alors qu’ils risquaient leur vie pour soigner les malades et les blessés, souvent avec un minimum de médicaments et de matériel. J’ai donc rangé mon bloc-notes et je suis rentré dans une école de médecine à Londres.</p>
<p><strong>Lourdes responsabilités<br />
</strong>Dix ans plus tard, alors que je passe devant un bar peint en bleu marine et appelé Clinique de la Soif, je m’inquiète de l’augmentation soudaine de mes responsabilités médicales. Au Royaume-Uni, je m’occupe de patients dans un service d’urgences surchargé, mais je ne dois pas m’affoler si j’ai besoin d&#8217;antibiotiques ou d’une radio du thorax. En RDC, où l’indice de développement humain des Nations unies est extrêmement bas, les ressources sont limitées. On m’a déjà prévenu qu’en plus des consultations, je devrai faire l’inventaire des stocks de l’hôpital, éventuellement faire face à des épidémies de choléra ou de rougeole et contribuer à la mise en place d&#8217;un traitement pour les patients coinfectés par la tuberculose et le VIH, deux pathologies complexes souvent accompagnées de conditions sociales difficiles, ce qui complique terriblement l’instauration des traitements partout dans le monde, et en particulier dans une ville reculée comme Lulimba.</p>
<p>À notre arrivée, je constate que notre camion, qui transporte environ une tonne de précieux médicaments, est embourbé en travers de la rue principale. Les petites maisons faites de terre crue et de chaume ne sont pas raccordées à l’électricité. L’équipe de MSF arrive à l’hôpital de la ville – deux bâtiments d&#8217;un étage chacun en briques de terre crue et avec un toit en tôle – et nous expliquons au personnel notre intention d’instaurer la gratuité des soins de santé. Ce soir-là, le personnel enlève avec enthousiasme les affiches indiquant les prix des traitements.</p>
<p>La rumeur se répand durant la nuit. Le lendemain, une foule de femmes portant des vêtements en coton bariolés se rassemble devant le service des consultations avec, dans les bras, des enfants fiévreux et qui toussent, dans l&#8217;espoir de les faire ausculter gratuitement. Georges, l’un des infirmiers, semble un peu désespéré dans son habit blanc. « Maintenant que le traitement est gratuit, tout le monde va venir ! », explique-t-il.</p>
<p>En septembre, avant l’arrivée de MSF, 231 patients se sont rendus à l&#8217;hôpital. En une semaine, nous en avons déjà reçu plus de 300.</p>
<p>L’hôpital est situé sur une prairie luxuriante, à basse altitude, au pied des monts Mitumba, au Kivu. La beauté du paysage contraste avec les besoins désespérés de la population en matière de soins de santé. Lors de ma première journée sur place, je découvre un enfant de 14 mois dans le département de pédiatrie, qui pèse à peine 5 kg. Il souffre de marasme nutritionnel, une forme grave de malnutrition qui donne à l’enfant l’air d’un vieillard. Il doit partager un lit vétuste avec un autre petit malade, parce qu’il n’y a pas assez de lits pour bébés. Avec Pierre, un infirmier, je le soigne contre la tuberculose, qui est sans doute à la base de sa malnutrition, et instaure un régime alimentaire thérapeutique prudent. Pierre, qui a beaucoup d&#8217;expérience de ce genre de cas, est optimiste.<br />
<strong><br />
Césarienne à haut risque</strong><br />
Les médecins de l’hôpital, Serge et Albert, me demandent d’assister à une césarienne dans le bloc opératoire, une pièce vide, sans électricité ni lampe. La journée, ils dépendent d’une lucarne en plastique percée dans le toit pour voir ce qu’ils font et, la nuit, ils utilisent des lampes frontales. Ils ont peu d’espoir que le bébé survive, étant donné que la mère a fait une rupture utérine. L’opération a pour but de la sauver. Mais grâce à quelques bouffées d’air insufflées dans les poumons du bébé par un ballon respiratoire, la petite fille laisse échapper un cri. La mère et le bébé vont bien.</p>
<p>Le conflit en RDC est à la base des problèmes de santé à Lulimba. En 2009, l’hôpital a été attaqué par un groupe armé qui a détruit et volé une grande partie de ses maigres réserves. Si les besoins sont déjà énormes à Lulimba, vous pouvez facilement imaginer leur ampleur dans les régions encore plus reculées du Congo. Pour arriver à Lulimba, nous avons dû traverser Forêt 17, un lieu-dit connu pour son banditisme et pour le va-et-vient constant des groupes armés qui sillonnent le Sud-Kivu. L’infirmière en chef d’un poste de santé isolé de la région explique que les récents combats ont poussé des centaines de villageois à se réfugier dans la forêt. Là-bas, ils n’ont aucun moyen de lutter contre le paludisme, la pneumonie, les diarrhées et autres maladies curables qui continuent de faire tant de morts au Congo.</p>
<p>Chris Bird</p>
<p><em>Ancien reporter, Chris Bird est aujourd&#8217;hui médecin pour Médecins Sans Frontières à Lulimba, en RDC.</em></p>
<p><em>Ce post a d&#8217;abord été publié sur le site du Guardian.</em></p>
<img src="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/?ak_action=api_record_view&id=1338&type=feed" alt="" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/2012/01/13/un-long-periple-aux-confins-du-congo/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>3</slash:comments>
	
		<media:thumbnail url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/01/Congo-300x182.jpg" />
		<media:content url="http://blog.lesoir.be/leblogdesmsf/files/2012/01/Congo-300x182.jpg" medium="image">
			<media:title type="html">Une infirmière porte un bébé souffrant de malnutrition en RDC. Ben Milpas/MSF</media:title>
		</media:content>

	</item>
	</channel>
</rss>

