Plan Maya : un premier pas nécessaire mais non suffisant

Le plan Maya fête son 3e anniversaire. Ci-joint le bilan réalisé par la DGARNE qui dresse le portrait de l’apiculture en Wallonie. C’est un premier pas mais il faut faire plus!

Le plan Maya a un grand mérite, celui d’attirer l’attention des autorités communales et des citoyens sur la problématique de la disparition des pollinisateurs. A l’heure actuelle, il s’agit de son effet le plus intéressant.

L’aménagement d’espaces mellifères dans les communes constitue un premier pas indispensable mais il demeure insuffisant, il faut aller plus loin.

La seule manière d’enrayer dans nos régions le déclin des pollinisateurs – et de la biodiversité en général – consiste à transformer rapidement notre modèle agricole intensif au profit de pratiques plus durables et respectueuses de notre environnement.

Nous devons soutenir les agriculteurs afin qu’ils puissent transformer leurs pratiques dans le sens de l’agroécologie :

- Réduction de la taille des exploitations agricole au profit de fermes de taille humaine fonctionnant en polyculture.
- Réintroduction de la culture des légumineuses favorable aux pollinisateurs.
- Réduction de l’usage des intrants chimiques au profit de techniques agroécologiques dont l’efficacité est désormais largement démontrée.
- Développements de circuits de distribution courts afin de limiter le nombre d’intermédiaires et d’augmenter les marges bénéficiaires des agriculteurs tout en limitant l’augmentation du coût pour le consommateur.
- Sensibiliser les citoyens à l’importance d’une alimentation saine et au danger majeur que représente l’usage intensif des pesticides.

Les solutions existent donc bel et bien. Pourquoi ne les met-on pas en place me demanderez-vous?

Pour des raisons purement économiques : les intérêts financiers des géants de l’agroalimentaire et du phytosanitaire. Un changement de modèle agricole représenterait pour eux un manque à gagner considérable, raison pour laquelle ils brandissent comme des épouvantails les arguments fallacieux de la croissance démographique et du chômage. Selon ces bienfaiteurs, nous ne pourrions sans eux nourrir la planète et d’innombrables personnes se retrouveraient sans emploi. Faux! Le modèle agricole actuel bénéficie à leur seul portefeuille au détriment du bien-être de l’ensemble des citoyens.

Nous citoyens devons pousser nos politiques à prendre plus fermement leurs responsabilités. Nous-mêmes devons prendre nos responsabilités en tant que consommateurs en privilégiant les petites productions biologiques. Si on ne le fait pas pour pour notre environnement, il faut au moins le faire pour notre santé et celle de nos enfants. Les légumes et les fruits issus de l’agriculture intensive que l’on achète dans les grandes surfaces sont empoisonnés. On commence seulement à mesurer l’ampleur des dégâts sanitaires effrayants qu’ils occasionnent.

En 1962, il y a plus de 50 ans, la biologiste Rachel Carson nous mettait déjà en garde : “Nous exposons actuellement des populations entières à des produits chimiques dont nous savons, pour les avoir expérimentés sur des animaux, qu’ils sont extrêmement toxiques et dont, bien souvent, les effets sont cumulatifs. Ces expositions commencent dès la naissance, ou même avant, et se poursuivront – à moins que nous ne changions nos méthodes – tout au cours de l’existence de ceux qui sont aujourd’hui vivants. Personne ne sait quelles en seront les conséquences parce que nous ne pouvons pas nous appuyer sur les expériences du passé.”

Désormais nous savons. Les conséquences consistent en un empoisonnement généralisé de notre environnement, une baisse générale de la biodiversité, la disparition massive des pollinisateurs et l’explosion des maladies liées directement aux pesticides.

Pour la santé de nos enfants, celle de notre environnement et de nos abeilles, nous devons consommer bio, local et de saison ! Nous aurons ainsi au moins fait ce que nous pouvions.

Le bilan Maya : 2-plan-maya-apiculture-jm-ceval

Votre happyculteur,

Stéphan

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