Focus sur le bourdon, un formidable pollinisateur

Le bourdon terrestre n’est pas le mâle de l’abeille mellifère comme on le pense parfois, mais c’est également un formidable pollinisateur qui mérite toute notre attention.

L’une des caractéristiques qui fait du bourdon un pollinisateur irremplaçable est sa capacité à voler sous des climats peu cléments. Capable de produire sa propre chaleur, il peut sortir du nid dès que la température atteint 5°C, ce qui le rend particulièrement utile lorsque la belle saison tarde à s’installer. Il peut même voler par temps pluvieux et venteux.

Les premiers bourdons qui sortent au printemps peuvent nous impressionner par leur taille. Ce sont en fait les reines, à peine sorties de l’hivernage, qui cherchent un endroit propice à l’installation de la colonie. Contrairement à la reine des abeilles mellifères qui ne sort par de la ruche pour butiner, la reine bourdon est obligée de récolter elle-même les ressources qui lui permettront de nourrir ses premières larves. Lorsqu’elle a choisi son emplacement pour installer sa ruche et qu’elle a pondu ses premiers œufs, la reine est seule. Elle doit donc subvenir aux besoins de ses larves en leur apportant du pollen et du nectar pour les nourrir. Mais dès que les premières ouvrières deviennent adultes, elles prennent le relais et la reine se consacre uniquement à la ponte de ses œufs.

Pourvus d’une langue relativement courte, les bourdons ne sont pas en mesure d’atteindre le nectar dans les corolles les plus profondes. Ils disposent cependant de pièces buccales qui leur permettent de perforer les pétales à leur base, compensant ainsi la taille de leur langue.

Les jeunes bourdons choisissent par facilité des fleurs à corolle large et plane comme celles des Astéracées ou des Apiacées. Ces fleurs présentent une grande surface de corolle et sont relativement stables, facilitant l’approche de ces jeunes bourdons encore peu expérimentés. Avec l’expérience, leur technique s’améliore et il peuvent visiter des fleurs dont les ressources sont plus difficiles d’accès comme les Fabacées, les Lamiacées et les Scrophulariacées.

Certaines espèces de bourdons limitent leurs visites à une espèce de plante ou a un groupe d’espèces voisines. Cette fidélité accroit la pollinisation des plantes isolées. Cette fidélité est cependant rarement totale. Les bourdons visiteront une même espèce de fleurs durant un voyage ou quelques heures mais rarement durant plusieurs jours.

Les bourdons n’hibernent pas. En fin de saison, une nouvelle reine naîtra ainsi que des mâles qui la féconderont avant de mourir. Seule la future reine hibernera dans le sol jusqu’au printemps, avant de s’envoler pour fonder une nouvelle colonie.

Le bourdon est un insecte d’un naturel paisible. Il dispose d’un dard et peut piquer mais uniquement dans des cas extrêmes, lorsqu’il se sent en danger ou que la colonie est menacée.

Comme la plupart des pollinisateurs, les populations de bourdons sont en déclin. Si vous en avez la possibilité, plantez chez vous des espèces mellifères indigènes qui leur fourniront les ressources dont ils ont besoin pour survivre. Vous pouvez également installer un hôtel à insectes adapté pour les attirer. Un pot de terre cuite retourné, garni de foin et de brindilles et enfoui dans le sol peut leur convenir. Pensez à protéger l’orifice d’entrée de la pluie afin d’éviter l’inondation.

Votre happyculteur,

Stéphan

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