L’effervescence est de retour au rucher

Enfin! Je suis content! Je ne suis pas le seul à l’être évidemment quand on pense aux beaux jours qui reviennent et qui amènent avec eux la miellée d’été. Les tilleuls commencent à être en fleurs, les châtaigniers sont sur le point de l’être, le sol gorgé d’eau permet aux plantes et arbres de fournir du nectar en abondance, les températures sont à la hausse et il ne pleut plus (enfin plus beaucoup…). Et c’est peu dire que les abeilles sont en effervescence! Un simple coup d’œil sur la planche d’envol permet de s’en rendre compte: les butineuses vont et viennent à tour d’ailes des fleurs à leur ruche. A peine leur nectar déchargé, elles repartent dare-dare se réapprovisionner. Elles peuvent ainsi effectuer une vingtaine de voyages sur une seule journée et visitent à chaque fois plusieurs centaines de fleurs. Devant l’ampleur de la tâche, certaines vont chercher du renfort dans la ruche en désignant l’emplacement à butiner de leur danse frétillante.

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L’activité n’en est pas moins intense dans la ruche: les jeunes ouvrières transforment et stockent tout ce nectar apporté par les butineuses, la reine alimentée en abondance intensifie sa ponte, les nourrices redoublent de soins pour leur couvain et les cirières s’activent pour fabriquer des alvéoles qui permettront de stocker tous ces précieux apports. Il ne faut pas perdre de temps, les provisions de printemps sont quasi épuisées, la miellée est courte et il faut constituer des réserves qui devront tenir jusqu’au printemps prochain. C’est la pérennité de toute la colonie qui en dépend!

Pourquoi placer des hausses?
Pour ceux qui ne l’ont pas encore fait, il est donc plus que temps de placer la hausse. Cela permet d’agrandir le volume de la ruche de moitié et de laisser ainsi suffisamment de place aux abeilles pour stocker rapidement tout ce nectar. Comme son nom l’indique, la hausse est toujours placée au dessus du corps de la ruche, les abeilles stockant naturellement le miel dans la partie supérieure de leur nid (que ce soit dans une ruche ou un emplacement naturel comme un tronc d’arbre). Mais pour que cette hausse se remplisse, cela va maintenant dépendre de la météo des prochaines semaines.

Pour ceux qui veulent aller plus loin, il est possible de suivre l’évolution du poids d’une quinzaine de ruches de référence disséminées en Wallonie et à Bruxelles (Uccle). Dans le cas de cette dernière, vous pourrez ainsi constater qu’après avoir perdu plus de 5 kg sur le dernier mois, la ruche a repris 1,7 kg en une seule journée et 1,4 kg le lendemain! 3,1 kg de nectar en deux jours… sachant qu’une butineuse ne peut rapporter que 40 mg sur un voyage… Faites le compte du nombre d’entrées-sorties de butineuses que cela représente… Et ce nectar qui contient entre 30 et 50% d’humidité doit encore être travaillé et réduit de moitié par de nombreuses ouvrières avant de devenir le miel tel qu’on le connaît (15-20% humidité).

Il est ainsi estimé que si on alignait tous les vols de butineuses nécessaires à la production d’un seul kilo de miel, cela représenterait environ 140.000 km … soit près de 4 fois le tour de la terre! Impressionnant, non? C’est pour cela aussi que le miel est un produit unique si précieux…

Votre Happyculteur,

Bruno Harmant

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