Lina Ben Mhenni, jeune blogueuse de 27 ans, s’est rendue célèbre par son combat contre la censure et son rôle dans la révolution. “Quand j’ai commencé à blogguer, je voulais juste donner mon avis, je ne m’attendais pas à avoir autant de retours”, nous confie Lina Ben Mhenni tout juste auréolée du prix international “Meilleur blog 2011“. “C’est étonnant d’avoir des fans et des gens qui écoutent vos paroles, qui suivent vos tweets. Mais c’est une responsabilité, aussi…”
A la terrasse d’un café en plein centre de Tunis, elle revient, équipée de son Mac, sur les récents événements et, surtout, sur l’avenir qui attend les jeunes Tunisiens. Morceaux choisis.
“Cette révolution, on ne l’avait pas prévue… Je suis heureuse: Ben Ali est parti, c’est fait. Parfois, je me dis que je suis dans un rêve. Je sais que le régime de l’ex-didacteur est toujours présent et que la police politique – bien qu’elle soit officiellement dissoute – est toujours là. Mais je suis très optimiste pour l’avenir. Parce que les jeunes Tunisiens sont très
vigilants. Ils ne se laisseront plus faire.”
“Par contre, la situation des médias m’inquiète. Ils ont désormais la possibilité d’écrire ce qu’ils veulent mais on a l’impression qu’ils ne font pas d’efforts. Ils ont travaillé pendant des années dans ce système alors ils s’auto-censurent encore. En plus, il y a un problème de crédibilité. Comment croire la présentatrice télé qui nous dit aujourd’hui que la révolution est une bonne chose alors qu’en janvier, elle disait que les jeunes manifestants étaient des délinquants ?”
“Pourtant l’information joue un rôle très important. On en a besoin pour préserver les acquis de la révolution. Ce qui m’inquiète, c’est qu’on va entrer en campagne électorale avec les médias… de Ben Ali! Certains éditeurs de journaux sont toujours les mêmes. Alors que ces gens là doivent être jugés et punis. Ils ont menti au peuple tunisien !”
“Le problème, c’est que maintenant, tout le monde utilise le web pour communiquer et pour faire sa propagande. La situation est confuse, mais c’est normal vu le changement qu’on a eu. On doit continuer à travailler. Les vieux n’ont pas réussi à faire la révolution. Nous, on l’a faite avec le coeur. On ne doit pas laisser la main désormais. Le rôle d’un blogueur ne s’arrête jamais. On doit mettre la pression. Sur les réseaux sociaux, ou sur le terrain.”

Je viens de parler avec un jeune marocain qui revient du Maroc, il parait que ça bouge pas mal là bas aussi, mais bon ils sont loin de ce qui c’est passé/ce passe en Tunisie.Ce serait bien que le Soir s’intéresse un peu à la révolte/au conflit de génération en cours au Maroc.
Dès l’annonce de la fuite de Ben Ali, la totalité de la presse a immédiatement retourné sa veste pour soutenir la révolution “populaire” et “légitime” du peuple tunisien.
La veille encore, ils stigmatisaient cette jeunesse rebelle et délinquante (…)
Aucun des médias n’a réellement fait son “méa-culpa”, ils se sont contentés d’explications vaseuses qui n’ont convaincu personne.
(Correspondant à Bruxelles du “Jérusalem Post”-natif de Tunisie)
Aujourd’hui, on nous parle d’une nouvelle “ère” de la presse tunisienne alors qu’il n’y a pas si longtemps, seuls les médias nord-coréens (!) égalaient la presse locale
en matière de mensonges et de manipulation de l’information.
Bravo, Mademoiselle BEN MHENNI !
Toute la jeunesse de la planète devrait enfin s’intéresser aux vraies entraves à une vie harmonieuse qui récompense le courage, les efforts, l’imagination.
Le conseil d’un presque octogénaire : tous les efforts doivent tendre vers un but essentiel : mettre et maintenir tous les pouvoirs publiques, politiques, législatifs, judiciaires, financiers, syndicaux, médicaux, médiatiques, religieux, et de médiation, au service exclusif des gens, et non l’inverse, que nous subissons tous à des degrés divers d’opacité, et cela, où que nous vivions…
Bon courage et que Dieu vous protège.
Il serait bien en effet que l’on parle aussi de ce qui se passe au Maroc d’autant plus que la Belgique compte un nombre important de personnes originaires de ce pays!
Bravo à cette jeunesse tunisienne …cela fait 30 ans qu’on attendait cette révolution du jasmin. Tiens c’est avril……y-a-t-il déjà du mimosa dans les rues de Tunis. Ici …en Belgique …la population n’a plus aucune idéologie politique …elle s’est endormie depuis longtemps et pendant ce temps la démocratie se meurt ..pas à pas
Vive …la jeunesse tunisienne.