Bilan du plan hiver 2010

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Les beaux jours étant de retour, le plan hiver a fermé ses portes ce dimanche 28 mars 2010. Premiers constats : les sans-abri sont de plus en plus nombreux et de plus en plus jeunes !

2.500 : c’est le nombre de consultations assurées par nos équipes cet hiver auprès des sans-abri ! Depuis novembre, 45 infimièr(e)s, 10 médecins ainsi que des coordinateurs bénévoles ont ainsi suivi intensivement 400 patients.

Cette année encore, nous constatons une forte augmentation du nombre des sans-abri. Nos équipes médicales bénévoles nous font part de pathologies rencontrées liées au froid ainsi qu’aux problèmes d’hygiène : infections respiratoires, affections dermatologiques, problèmes dentaires, etc.

Mais ce qui nous frappe le plus, c’est l’énorme souffrance psychique dans laquelle sont plongés les sans-abri : solitude, dépression, symptômes de stress, troubles du sommeil, ne sont que quelques exemples de symptômes liés à l’exclusion, à ce sentiment d’invisibilité. Au-delà des séquelles physiques, les plus démunis ont donc surtout besoin d’être écoutés. C’est pourquoi qu’au-delà de la simple consultation médicale, nos bénévoles ont aussi pris le temps d’être à l’écoute. Médecins du Monde a d’ailleurs décidé de renforcer son partenariat avec le SAMU Social pour prendre en charge les souffrances psychiques.

Un autre chiffre à retenir est l’âge moyen de nos patients : 30,5% du public n’a qu’entre 20 et 29 ans. Un public décidément de plus en plus jeune…

Merci aux bénévoles et donateurs qui ont rendu possible cette action. Nous comptions sur vous et, une fois de plus, vous avez répondu à notre appel. Mille mercis ! 

Un œil extérieur sur le centre MASUI

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Témoignage de Leonieke Karlas, Responsable Communication chez Fortis Insurance International

Fortis Insurance International étant une entreprise partenaire de Médecins du Monde, je me suis rendue au centre MASUI pour découvrir le travail effectué sur le terrain par l’association. Depuis 2007, le Centre d’action sociale urgente (CASU – qui chapeaute le dispositif hivernal en faveur des plus démunis) dispose du centre MASUI en tant que seconde antenne à Bruxelles pour y accueillir les sans-abri. L’encadrement proposé comprend, non seulement l’hébergement, un repas le soir et un petit déjeuner mais également des consultations sociales et paramédicales, assurées par les volontaires de Médecins du Monde. Le centre peut héberger jusqu’à 200 personnes par nuit.  Des repas chauds sont distribués à leur l’arrivée. Il y a quelques douches à disposition et une consigne pour leurs bagages.

Nous avons rendez-vous avec Adélaïde, une assistante sociale volontaire qui nous fait visiter les lieux. Elle a voulu s’engager auprès de Médecins du Monde, pour offrir son écoute aux personnes nécessiteuses. Elle nous explique en quoi consiste son accompagnement aux personnes accueillies au centre.Pour les personnes sans domicile fixe, l’hiver est le moment le plus pénible. Elles souffrent souvent de problèmes dermatologiques, respiratoires etc. Ici, au centre, elles trouvent une permanence assurée par Médecins du Monde. Les personnes qui vivent dans la rue sont rejetées des hôpitaux pour de nombreuses raisons. En effet, il leurs arrive de faire preuve d’agressivité, elles manquent d’hygiène corporelle et n’ont pas les moyens de payer les soins… Ce sont les soins dentaires qui font généralement le plus défaut. Au Centre MASUI, il y a des consultations 7 jours sur 7 de 20h à 22h. Un médecin de garde est également joignable. Afin de pouvoir assurer un suivi médical, il existe pour chaque personne qui se présente aux consultations un dossier dans lequel sont répertoriées les visites.

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Le centre MASUI, un peu de réconfort pour les sans-abri

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Témoignages de Wilfried, infirmier bénévole pour le Plan Hiver au centre MASUI 

« On reconnaît facilement dans le tram les sans-abri qui se rendent au centre MASUI. Lorsqu’ils descendent du tram, ils se ruent devant la porte pour ne pas être les derniers de la file. Mais ils doivent attendre dans le froid jusqu’à 20h30, heure d’ouverture, pour pouvoir rentrer ».

« La précipitation avec laquelle ils terminent leur assiette atteste de la faim qui les tenaille. » 

« Pour la plupart, le centre est un des seuls endroits où ils ont l’occasion de rencontrer des personnes dans la même situation, de se changer les idées, de s’amuser. C’est un échange à la fois difficile et saisissant entre nationalités, langues et cultures différentes. »

« Les consultations médicales sont rapides. Pourtant, ils ont bien plus à confesser que leurs ennuis de santé. Malheureusement, nous n’avons que peu de temps à leur consacrer. En retrouvant le soir notre confort, c’est un sentiment déplaisant qui nous envahi en pensant qu’eux n’ont ni chambre ni maison. »  masui2.jpg 

©Viviane Joakim

MDM à l’écoute des femmes

parle-avec-elle.jpg© Frédéric Pauwels (Luna)

La 100ème journée de la femme, le 8 mars 2010, a remis en lumière l’isolement et la solitude de certaines femmes. Médecins du Monde l’avait déjà constaté lors de ses consultations médicales. Et a lancé la mission « Parle avec Elle » pour leur apporter du réconfort et des solutions. C’est surtout un observatoire de l’isolement des femmes et de son impact sur leur santé.

Créée en 2002, la mission « Parle avec Elle » s’adresse aux femmes en difficulté. Belges en situation précaire ou femmes migrantes, mères célibataires sans emploi ou violentées, ces femmes vivent au quotidien des situations difficiles à surmonter. Les cinq bénévoles de « Parle avec Elle » offrent à ces femmes une écoute et des soins de santé lors des consultations au Centre d’accueil, de soin et d’orientation à Bruxelles et pendant les permanences à Nasci.

« Notre objectif principal est de les écouter et leur faire comprendre qu’elles ne sont pas seules. Elles n’osent souvent pas parler de leurs problèmes dans leur entourage. Nous voulons les aider à sortir de l’isolement, les encourager à retrouver confiance en elles afin qu’elles reprennent leur vie en main. Certaines sont orientées vers d’autres associations, aide médicale, juridique etc. Un suivi leur est proposé afin de voir l’évolution de leur parcours », explique Irma Bellis, coordinatrice du projet. « Si je devais mettre l’accent sur un élément, c’est sur la planification familiale. Ces femmes n’ont quasiment aucune connaissance sur le sujet et se retrouvent seules avec plusieurs enfants à charge. »

Virginie, bénévole à la mission Parle avec elle :
L. est iraquienne, demandeuse d’asile. Elle est venue nous voir car sa fillette de deux ans souffrait de douleurs aiguës aux jambes. J’ai orienté cette femme pour une consultation gratuite chez un médecin pédiatre de Médecins du Monde afin qu’il soigne sa fille“.  
  

“Être en première ligne d’une action d’utilité publique, c’est ce qui fait la richesse de notre engagement.”

2202_0096-blog.jpg©Viviane Joakim

Je voudrais tout d’abord adresser mes plus vifs remerciements aux collègues travailleurs sociaux du Samu non seulement pour l’excellent accueil qu’ils ont réservé à nos différentes équipes infirmières mais aussi pour la qualité de l’immense travail qu’ils accomplissent quotidiennement dans des conditions parfois difficiles.

En recevant en consultation plusieurs centaines de personnes fragilisées, toutes et tous travaillons à l’action de Médecins du Monde et du SAMU Social aux côtés des exclus et favorisons l’accès aux soins de santé de ceux que le monde oublie peu à peu. Pour cela, nous devons parfois vaincre de nombreux obstacles, contourner bien des difficultés, pour simplifier l’accès au médecin.

Nous avons la volonté claire de veiller à la stricte application des droits sociaux et sanitaires des personnes que nous recevons. Elles ont tant besoin d’une aide véritable, d’amitié, de solidarité.

En plus des maladies liées aux conditions de vie de nos patients (affections respiratoires, cutanées et digestives principalement), nous constatons une grande détresse psychologique et sociale. Notre approche ne peut être que globale, impossible de dissocier un élément des autres. Il s’agit, chaque fois, de personnes UNIQUES. Être en première ligne d’une action d’utilité publique, c’est ce qui fait la richesse de notre engagement.

Les leçons de vie et la joie que je reçois souvent des invités à Masui font que je souhaite parfois aller plus loin dans mon accompagnement. Malgré toutes les barrières, administratives, linguistiques ou culturelles. Il y a tant à faire et, surtout, à apprendre des autres, pour les autres…

Salutations fraternelles,

Jean-Marc, infirmier bénévole MDM à Masui