London to Paris à vélo : défi relevé !

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Ce samedi 24 juillet, les 50 cyclistes du London to Paris Bike Ride ont rejoint la capitale française au terme d’une épopée de 318km entre Londres et Paris en 3 jours.

Epuisés mais fiers d’être arrivés au bout de leur périple, les participants ont été accueillis par leurs proches au pied de la Tour Eiffel. Parmi eux se trouvaient 7 cyclistes belges : Jan Piet Bauwens, Jean-Marie Lambrechts, Myriam Roosen, Xavier Richoux, Sebastien Coulon, Andy Wauters et Carlo Tiribelli (mention spéciale pour ce dernier qui a parcouru les 318km sur un Brompton pliable !)  

« Nous avons été très bien encadrés. Nous étions accompagnés par un coach sportif, un médecin et un mécanicien tout au long de la course. Nous faisions une pause tous les 20km pour se ravitailler et attendre le groupe. L’ambiance était très chouette, j’en garde un très bon souvenir » explique Xavier Richoux. 

Ces trois jours d’effort se sont clôturés samedi soir autour d’un dîner festif au cœur de Paris. Les sportifs étaient face à un double défi, sportif mais aussi financier puisque chaque personne s’est engagée à récolter 1.200 € pour soutenir les projets de Médecins du Monde d’accès aux soins de santé en Belgique et à l’étranger. 

Félicitations aux sportifs !

Retrouvez toutes les photos de l’arrivée
Découvrez le portrait de nos cyclistes !

Londres-Paris à vélo: c’est parti !

image-3.jpgCe matin, les 50 cyclistes du London to Paris Bike Ride se sont élancés de la capitale anglaise pour relever un beau défi : parcourir 318 km entre Londres et Paris pour soutenir les activités de Médecins du Monde. 

Les 7 participants belges, arrivés à Londres hier dans la soirée, se sont levés aux aurores pour être sur la ligne de départ à 7h15. Ils doivent parcourir aujourd’hui 116km entre Londres et Douvres où ils prendront le ferry en direction de la France vers 19h. 

Demain, le parcours sera plus court (88km) mais également plus escarpé. Les coureurs rejoindront Paris, samedi après-midi, et seront accueillis par leurs amis, familles et supporters sur les Champs-Elysées. 

Découvrez ici les portraits des 7 participants belges.

Haïti : Six mois après le tremblement de terre, c’est encore la catastrophe.

Le mardi 13 janvier, nous sortions de notre sommeil, secoués par la nouvelle : la veille, un tremblement de terre avait frappé le cœur d’Haïti. Probablement 270.000 morts. Le monde restait en haleine durant 20 jours, sous le choc des images et dans l’espoir de miracles. Les miracles donnent du sens. Le monde restait attentif durant 80 jours, jusqu’à la conférence de New York qui mit un chiffre sur les promesses de tous les États du monde. Le rêve : dix milliards de dollars. Le rêve efface les cauchemars. Ensuite, le monde se rendormit, rassuré.Cent quatre-vingts jours après le séisme, le silence règne dans le monde tandis qu’en Haïti, ce qu’on avait prédit se réalise : rien n’avance. Ou, comme le disait un responsable haïtien : “on avance, vers le pire”. Les habitants plongent dans une précarité rongeante. Durablement. Aucun signe tangible ne crédibilise le scénario d’un avenir digne à un peuple qui n’en finit pas de tout perdre.  

En ce jour anniversaire des 6 mois de la catastrophe, les Unes des médias sont évidemment à la finale de la coupe du monde, aux larmes orange et au bonheur des rouges. Mais au rythme des sujets qui s’égrainent dans les quotidiens et les journaux parlés, on peine à trouver quelqu’infos sur Haïti. Lorsque le sujet est traité, c’est au départ d’agences de presses ou de reportages achetés. Dure est la chute. Nous avons probablement trop rassuré.  Mais, soyez-en sûr, dans 6 mois, un an après le drame, certains investigateurs bien pensants se réveilleront en se demandant “où est passé l’argent que nous avions donné pour Haïti ?”. Les ONG seront mises sur le grill. Le doute s’installera à nouveau dans l’opinion, renforçant une fois de plus l’idée qu’il ne sert à rien d’être solidaire puisque cela ne change rien sur le terrain.  

Or, sur le terrain, les Haïtiens et les grandes ONG ont réalisé un travail gigantesque. Pour donner un exemple, à elles seules, les 4 grandes organisations médicales (la Croix-Rouge, MSF, Médecins du Monde et AMI) ont pris en charge les soins de plus d’un demi-million de personnes. Depuis la catastrophe, tous les centres de santé ont été réouverts et les soins sont devenus gratuits. Si bien qu’après le séisme, 90% de la population avait accès à la santé là où, avant le séisme, 60% des Haïtiens ne pouvaient pas se permettre de consulter un médecin. Il n’y a pas eu d’épidémie, parce qu’elles ont été endiguées. Le pire n’est pas venu.  Le paradoxe est là : en matière de santé, le séisme a créé un tel afflux de services de première nécessité que la situation post tremblement de terre est meilleure que celle existant avant le séisme. Cette situation positive est également imputable à une coordination largement plus efficace que précédemment. Les grandes ONG ont tiré les leçons des pertes d’efficacité liées à l’atomisation des interventions. Sous la houlette des grandes agences des Nations Unies, elles se sont parlé. Et ont conjugué leurs efforts. Sur ce volet, il y a encore du chemin à parcourir mais on va vers un mieux.  

Alors, pourquoi affirmer que c’est encore la catastrophe ? D’abord parce qu’on a besoin de temps. A Bruxelles, le gouvernement régional de 2004 avait fait du logement sa priorité. Il en annonçait 8.000. Fin de législature en 2009, seuls quelques centaines étaient sortis de terre et on avait signé les contrats pour la presque totalité de l’objectif. Imaginez le relogement d’un million de personnes dans une ville escarpée, jonchée de 20 millions de m³ de gravas, avec une administration faible, un cadastre inexistant, des entreprises de construction dont la probité n’est pas nécessairement la qualité première et un matériel vétuste. Port-au-Prince se bidonvillise, autrement mais durablement. Nous attendrons probablement encore longtemps un plan d’urbanisme, un projet d’infrastructures routières, électriques, de santé, d’éducation… Le tremblement représentait l’opportunité d’un  nouveau départ pour Haïti. « Aujourd’hui, reconnaît Pierre Poupard de l’Unicef, on est un peu moins rêveur. Peu à peu, s’installe l’idée que cela va prendre du temps, beaucoup de temps. On ne peut plus dire que le pays va se relever rapidement ».  Or, pour MdM comme pour MSF, « l’échec à fournir des abris solides à la population constitue de loin la plus grande menace aux conditions de vie des rescapés. Les bâches et les tentes n’ont jamais été qu’une solution temporaire. Elles ont une espérance de vie d’environ six mois ». Mais où construire ?  

Une autre explication de la situation est liée aux retards des donateurs internationaux. Bill Clinton affirme que moins de 10% des montants promis ont été réellement versés et souvent sous forme d’annulation de dette. Le cash manque. Là aussi, on trouve la force des ONG qui, par leurs donateurs individuels, ont mobilisé plus d’un milliard de dollars pour Haïti dont un tiers a déjà été utilisé sur le terrain. Pour reprendre les 4 grandes ONG médicales (Médecins du Monde, MSF, AMI et la Croix-Rouge), elles ont été soutenues à hauteur de 200 millions $ par madame et monsieur tout le monde. Cela prouve une nouvelle fois l’importance du don, et de la solidarité.  Enfin, et c’est probablement l’essentiel, il faudra trancher entre deux options : quel rôle donner au secteur privé et quelle autorité conférer aux pouvoirs publics ?  Si les décisions ne sont prises que lorsqu’un intervenant privé y trouve son intérêt, Haïti attendra longtemps et les inégalités se creuseront de plus belle. La propriété foncière, la coexistence d’hôpitaux publics et privés, l’attribution des marchés d’infrastructures collectives (eau, électricité, réseaux routiers…) sont autant d’enjeux majeurs qui posent la question du leadership : qui décide lorsque l’intérêt général est à ce point aigu ?  

Alors, quelles conclusions tirer de tout cela ? D’abord, le pire n’est pas venu. On annonçait la violence, les épidémies,… Cela ne s’est pas produit. On parlait d’une opportunité gigantesque pour Haïti, cela ne s’est pas encore produit. Mais il faudrait surtout éviter de ne plus rien dire aujourd’hui parce qu’alors, à coup sûr, rien ne se produira.   Pierre Verbeeren
Directeur général de Médecins du Monde

20 ans, belge, sans-abri et sidéen

Témoignage d’Alice Budler, infirmière bénévole pour Médecins du Monde.

« Le cas qui m’a le plus marqué depuis que je suis bénévole pour Médecins du Monde, est celui d’un jeune sans-abri de 20 ans qui se rendait au centre pour le deuxième jour consécutif. Lorsqu’il est arrivé, une de mes collègues m’a mise en garde parce qu’il avait été agressif la veille alors que j’étais absente. J’ai quand même décidé de le faire entrer. Je lui ai demandé les raisons de ses visites et de son agressivité. Il m’a alors raconté que l’hôpital lui avait annoncé, le jour précédent, qu’il était séropositif ! Il était effondré et, pour cette raison, il avait été violent. Je l’ai rassuré en lui disant que nous ferions notre possible pour l’aider. Il avait besoin de parler, de se confier. Je me suis occupée de lui, il avait les pieds ensanglantés. Je lui ai fait un bain de pieds tout en discutant. Le fait d’avoir été soigné et d’avoir pu parler lui a fait beaucoup de bien. »

« En effet, le manque de contact est frappant. Les sans abri ont cruellement besoin d’être écoutés. Après avoir discuté avec eux pendant quelques minutes, il leur arrive même d’oublier pourquoi ils sont venus. » 2202_0096-blog.jpg

© Viviane Joakim