Une journée pour célébrer les humanitaires

A l’occasion de la journée mondiale de l’aide humanitaire, Virginie Le Borgne, journaliste au Soir, a interviewé Angelina Jane Lê, coordinatrice du projet “Enfants des rues” pour Médecins du Monde à Bamako (Mali).

angelinale-080.jpgPouvez–vous vous présenter brièvement?
J’ai 33 ans et une formation d’anthropologue. Je travaille dans le secteur de la protection de l’enfance depuis cinq ans et ai déjà travaillé au Pakistan, au Darfour, au Soudan. Je suis actuellement à Bamako depuis janvier dernier en tant que coordinatrice du projet « Enfants des rues ». D’habitude, j’ai affaire à des situations d’urgence, ce qui n’est pas le cas ici, même si la situation est préoccupante.

En quoi consiste votre mission ?
Ma mission est un projet de renforcement des capacités présentes sur place, qui appuie quatre ONG maliennes. C’est un projet d’accompagnement psycho-médico-social des enfants. Je fais partie d’une équipe mobile de sept personnes dont des psychologues et médecins. Nous prenons en charge les enfants qui ont des séquelles physiques et psychologiques. Nous nous occupons beaucoup des enfants qui travaillent ou encore des enfants qui étudient le Coran, qui sont obligés de mendier dans la rue. Nous avons un volet de formation des équipes maliennes des ONG sur place afin qu’il y ait un suivi.

Comment décririez-vous le résultat de vos actions sur le terrain ?
Je vois bien les résultats de nos actions car en quelques mois, l’attitude de l’enfant évolue. Il devient moins agressif, moins replié sur lui-même. Il a plus confiance en lui. Nous faisons également un travail de médiation où nous tentons de faire renouer l’enfant avec sa famille, le but n’étant pas que l’enfant reste dans le centre d’hébergement.

Quels sont vos projets et vos rêves ? Et que pensez–vous de cette Journée mondiale de l’humanitaire ?
Il serait très souhaitable qu’il y ait un changement politique. Tant qu’il n’y en a pas, je resterai là. Il faut un droit à la survie pour les enfants, une meilleure prise en charge sanitaire. On fait beaucoup de lobbying pour sensibiliser la population. Je suis consciente que cela prendra des années.

Pakistan: le plus urgent, l’eau potable!

Consultation médicale (c) Shezad Jameel

Dans l’immédiat, le plus urgent est d’apporter aux sinistrés abris, eau potable et nourriture. Promiscuité, non accès à l’eau potable, toutes les conditions sont malheureusement réunies pour que se déclenche une épidémie de choléra. Dans le district de Kohat, nous avons recensé des dizaines de cas d’adultes et d’enfants présentant des cas de diarrhées aiguës, entraînant pour certains des déshydratations sévères. Nous rencontrons sur chaque site 300 personnes par jour dont beaucoup de femmes et d’enfants ; les cas de gastro-entérites sont très fréquents.

Marc Tyrant, Responsable de Mission

Médecins du Monde a déployé 2 cliniques mobiles (consultations médicales curatives et préventives, vaccinations) sur 3 sites des districts de Nowshera et de Charsadda, touchant un bassin de population de 50.000 personnes.

Copyright photo: Shezad Jameel