Un dimanche en chanson dans les rues de Bruxelles

Le dimanche 28 novembre, la Coalition Climat avait décidé de réunir le plus de monde possible à Bruxelles pour manifester de manière originale et festive en faveur du climat, avec une thématique simple : « Chanter pour le climat ».

Après l’échec de Copenhague et à la veille du nouveau sommet international de Cancun, plus de 3000 personnes se sont donc rassemblées près de la gare du Nord pour défiler joyeusement dans les rues de Bruxelles, malgré le froid, avec pour point d’orgue le Mont des Arts et une reprise à l’unisson de la chanson spécialement créée pour l’occasion, «Hey you », sur l’air de « Hey Jude » des Beatles.

Le rendez-vous était donc pris à 13h30 ce dimanche avec l’équipe du CNCD- 11.11.11 (Centre National de Coopération au Développement), et plus particulièrement Caroline de Vrièse. Je rejoins Dorothée, du CASO, ainsi qu’une de ses amies. Branle-bas de combat sur des airs de djembé, il faut s’activer : chaussures de ski, lunettes, casque et planche de snowboard, l’attirail complet du parfait rider. Le CNCD-11.11.11 avait en effet eu l’idée originale de faire plancher Kroll sur plusieurs caricatures concernant cette thématique du climat et plus particulièrement du réchauffement climatique : « Il parait qu’avec le réchauffement les gens du Nord ne pourront plus faire de ski… Les pauvres ! » est la caricature qui a fait le plus d’effet : l’idée était alors toute trouvée et une joyeuse bande d’une trentaine de personnes s’est donc déguisée en skieurs ou snowboarders pour défiler dans les rues et faire entendre sa voix jusqu’à Cancun. (Voir caricature en bas de l’article)

14h15, le départ est donné, avec en tête de cortège les enfants de la Fanfar’Kids. De très nombreuses organisations et associations ainsi que des syndicats se sont donnés rendez-vous, l’ambiance est vraiment bon enfant. Les premiers slogans du CNCD-11.11.11 ne tardent pas à se faire entendre, avec une ironie que je vous laisse apprécier… « De l’essence pour mon 4×4 ! »,  « Du ski en Mauritanie ! »,  « Plus de fric pour mon téléphérique ! » et j’en passe…

Le trajet nous fait passer par le boulevard E. Jacqmain, De Brouckère, la Bourse, puis la remontée vers le mont des Arts par la rue de Lombard. Le soleil est au rendez-vous tout au long du défilé, ce qui le rend très agréable. Beaucoup de passants amusés s’arrêtent et nous regardent en se demandant ce que vient faire une bande de skieurs au milieu de cette manifestation. De nombreux parents sont venus défiler en famille avec leurs enfants et les couleurs vives des drapeaux de toutes les organisations donnent à ce cortège une véritable impression de chaleur, de quiétude. On se sent vraiment bien, malgré l’encombrante planche de snowboard qui commence réellement à endolorir mon bras droit… Au détour d’une rue, un journaliste et un cameraman me happent, me demandant si je pense qu’avec le dérèglement climatique, on pourra bientôt skier dans Bruxelles… La question me surprend, j’explique un peu décontenancé le concept (la caricature de Kroll…), puis reprend la marche en avant. On arrive déjà au Mont des Arts : quelques discours plus tard, les paroles de la chanson pour le climat commencent à défiler sur l’écran géant, tout le monde reprend alors en chœur : « Cancun, don’t make it bad, Take these measures, to save the climate, Remember that there’s only one earth, Then you can start, to make it better… ».

Personnellement, j’ai trouvé l’idée très originale et au final très réussie : il s’agissait de se faire entendre d’une manière différente, originale, ici à Bruxelles mais aussi jusqu’à Cancun où tous les plus grands décideurs de la planète se réunissent à partir du lundi 29 novembre pour discuter de l’avenir de notre planète. En tant que bénévole chez Médecins du Monde, je pensais que notre présence était nécessaire : MdM fait partie du CNCD-11.11.11, d’une part ; d’autre part, si aucune décision forte, concrète, n’est prise dans les mois ou les années à venir, le réchauffement climatique va engendrer à court et moyen terme de plus en plus de catastrophes climatiques, de plus en plus de réfugiés climatiques, et va donc accroître la pauvreté, la précarité et l’isolement des populations que MdM soigne au jour le jour aux quatre coins de la planète. De telles initiatives ne peuvent donc qu’être encouragées. En attendant des actes, des vrais, de l’autre côté de l’Atlantique…

Pierre-Henri

Bénévole MdM.

(c) Pierre KROLL /CNCD-11.11.11

(c) CNCD-11.11.11

MdM et ses bénévoles

L’exposition « Exil, Exit ? » a été pour l’équipe de Médecins du Monde une occasion idéale de travailler en étroite collaboration avec nos bénévoles. En effet, ils étaient 30 à nous accompagner lors de ces 10 jours d’exposition.

Après coup, nous avons tous eu envie de leur dire merci, de souligner que sans eux ce genre d’actions ne serait pas possible, mais nous avons surtout eu envie de récolter leurs témoignages… En voici quelques extraits.

A propos de leur investissement :

« Je trouve l’action de MdM si formidable que moi aussi j’ai voulu participer avec mes petits moyens » Valentin, bénévole pour la première fois chez MdM.

«Je suis touchée par les nombreuses actions au nord (en Belgique) en faveur des sans papiers, car c’est un thème qui me touche beaucoup. Je suis déjà engagé dans un projet de coopération au développement en Afrique sahélienne et il était important pour moi de pouvoir agir également en Europe » Elisabeth, jeune bénévole chez MdM.

A propos de ce que le bénévolat leur apporte d’un point de vue personnel :

« Il s’agissait de ma première expérience de ce type. La thématique de l’exposition étant difficile, j’ai vécu ma rencontre avec le public avec une certaine intensité. Écouter ces personnes partager un bout de leur expérience ou simplement leurs points de vue… ça m’a énormément apporté. Plus marquant encore, certaines rencontres faites grâce à ce bénévolat m’ont amenées à découvrir de nouvelles possibilités, en ce qui concerne mes projets personnels pour l’avenir. A 21 ans, pas encore très affirmée… ces nouvelles perspectives tombent au bon moment…et ne se seraient sûrement pas présentées sans ma participation à “Exil, Exit?”. » Stéphanie, étudiante et nouvelle bénévole chez MdM.

« Mes expériences pratiques étant assez limitées, il me semble que cette expo m’a apporté une vision plus réelle de ce que fait Médecins du Monde » Anne, infirmière bénévole chez MdM.

« Il y avait pas mal de personnes qui possédaient un esprit ouvert contrairement à ce que je pensais. Tout n’est pas perdu ! » Khadija, nouvelle bénévole chez MdM.

A propos de nouvelles actions bénévoles, c’est plein d’énergie qu’ils nous confient :

« Oui!  Je suis partant quand et où vous voulez », Valentin.

« Oui, si j’en ai le temps et l’occasion car cette expérience m’a certainement enrichie et appris énormément de choses ! Encore merci à MdM pour toutes ces formidables actions :)  » Elisabeth.

« Oui ! Ce serait un plaisir de pouvoir à nouveau soutenir MdM de cette façon. » Stéphanie.

« Oui. Parce que je crois qu’on ne se bouscule pas aux portillons pour aider les autres, que je suis infirmière retraitée et que je souhaite pouvoir apporter ne fusse qu’un peu de baume au cœur aux êtres humains qui en ont besoin… et qui sont demandeurs. » Anne.

« Oui, tant que je le peux j’ai un besoin d’engagement à combler. » Khadija.

Au nom de toute l’équipe de Médecins du Monde, aujourd’hui, c’est nous qui les remercions !

Manon

Bénévole MdM.

(c) Viviane Joakim

Soirée Filigranes au profit de Médecins du Monde ce 9 décembre 2010… Le rendez-vous est pris!

Pierre Verbeeren, directeur général de MdM-Belgique nous distille ses conseils de lectures… De quoi vous guider dans vos achats lors de la soirée au profit de Médecins du Monde dans la librairie Filigranes le 9 décembre!

“Se balader dans une librairie, c’est parcourir l’homme, ses passions et ses déraisons. J’ai envie aujourd’hui de vous partager ce parcours. Venez avec moi.

Traversez à pas de géant la grande entrée sans dire bonjour pour d’emblée vous réfugier au rayon des beaux-arts. Vous éviterez la foule mais surtout ces livres surfant sur les grandes questions contemporaines qui disparaîtront demain, balayées au rang des hoquettements de l’histoire.

A droite, un très beau livre : “Images de la folie” de Claude Quétel chez Gallimard. En quatrième de couverture, il vous est parlé de “cette maladie toujours aussi mystérieuse et encombrante pour la société“. Moi, je l’aime cette folie, cette aliénation tellement plus humaine que l’aliénation au pouvoir, à la vertu, au pognon. Elle ne m’encombre pas, cette folie, elle m’invite à la rencontre des profondeurs. En feuilletant le livre, je m’arrête sur Pinel, ce médecin du 18ème à la Salpêtrière, qui fit enlever les chaînes aux fous.

Si vous êtes amusé(e), vous voudrez prolonger. Alors je vous propose de passer côté “soignants” et de voir quelles folies les habitent. “L’image obscène” de Gilles Tondini, chez Mark Batty Publisher, ouvre les portes des salles de garde des hôpitaux parisiens et révèle par la photo d’incroyables fresques qui en ornent les murs. Ces salles de garde situées au cœur même de l’institution médicale française regorgent d’images burlesques et obscènes. Vous serez subjugué(e) par la vulgarité, la violence et l’exultation qui transpirent de ces fresques. Vous n’en reviendrez pas de les voir dans ce que vous considériez jusqu’ici – l’hôpital – comme un lieu de relation intime avec le corps garantie par des professionnels qui le chérissent. Ils le déifient comme le veau d’or de l’Ancien Testament. A ce demander qui faut-il enchaîner, le soignant ou le soigné ? A prolonger peut-être en enchaînant les puissants.

Et si la folie vous siéd jusqu’à plus soif, emportez “Frida Kahlo” par Frida Kahlo, chez Points (P2096). On y trouve la correspondance de cette artiste féministe dont la folie nous ouvre sur des combats à réactualiser. Pas cher, très chaire, sanguinaire.

Sans transition, je vous invite à ouvrir “Jean Cocteau, Archéologue de sa nuit”, par Dominique Marny chez Textuel collection Passion, toujours au rayon des Arts. Vous plongerez dans cette histoire de la seconde moitié d’un XXéme siècle tellement contrasté qu’il fait émerger de l’horreur une culture exploratoire, abordant avec la légèreté toute française l’amour et la mort comme on les étudierait en classe de poésie. Une histoire du “tout est possible” dans le beau comme si on ne s’était pas rendu compte, en 14-18 et plus encore en 40-45 que tout était possible dans le mal.

Tout autre chose avec “Archi et BD, la ville dessinée“, collectif sous la direction de Jean-Marc Thévenet et de Francis Rambert, chez Cité Chaillot. Un catalogue de la ville dans la bande dessinée. Cet ouvrage intéressera autant les amateurs de Spirou que ceux mangas. Sans compter évidemment les urbanistes. J’ai du plaisir à retrouver au chapitre du livre dédié aux utopistes les vrais comme Moebius et les faux, ceux qu’on cache derrière l’utopie alors qu’ils sont prophètes, comme Bilal. Je dédie la page 147 à Charles Picqué et sa vision rurale de la ville qu’il a récemment revisitée en y dressant avec Athanor quelques tours, pour “densifier la ville” :-)

Au rayon romantisme, un recueil des œuvres de Gustav Adolf Mossa, aux éditions d’Art Somogy. Vous y trouverez une peinture symboliste au croisement de Klimt, Ensor et Horta. Et ça, c’est beau.

Oserais-je encore vous balader dans les tréfonds, au fond de la librairie, contre le mur, dans les Monographies d’artistes ? Jetez un oeil dans “Berlinde De Bruyckere, Schmerznsmann”. (Man of Sorrows) chez Steidl Hauser & Wirth. On y trouve le travail magnifique, cru et morbide de cette artiste sur le corps. Un ouvrage difficile et pas facile à trouver. Je vous aide : il trône tout au dessus des présentoirs du fond consacrés aux monographies, entre Jean-Marc Bustamante et Pierre Lallemand. Sur la couverture, il n’y a pas de titre. Juste la photo d’une colonne en pierre sur laquelle semble empalé un corps dont on ne voit que les jambes.

Allez, tournez à droite vers les rayons “littérature pour enfants” et dans le couloir central, arrêtez-vous sur un petit bouquin vite lu, facile. Collectif donc allant dans tous les sens, portant ce titre très commercial “Ethique de la mode féminine”, sous la direction de Michel Dion et Mariette Julien, chef PUF. Il pose des questions bien torchées pour bien vendre. Par exemple : “l’anorexie des fillettes et des adolescentes est-elle aussi tributaire de la mode qu’on le prétend ? Et pourquoi leurs mères s’inquiètent-elles autant de les voir se transformer en lolitas alors qu’elles sont elles-mêmes prêtes à se soumettre à tous les supplices pour paraître belles et sexys ?“. Bonne question qui me rappelle une Tribune que j’avais publiée sur mon Facebook : “et si le voile était une expression de la modernité ?” Si ces questions dérangent, juste à droite du livre, mais plus caché, il y a Eco Fashion de Sass Brown, plus consensuel.

En BD

Fêtez les 10 ans de la maison d’édition que j’adore : Poisson Pilote. Dévorez les désormais classiques :

- Miss Pas Touche, d’Hubert et Kerascoët,

- Isaac le Pirates de Christophe Blain

- Gilgamesh de Gewen de Bonneval et Frantz Duchazeau

- et tous les autres.

Si vous êtes plus difficile et que la prophétie vous envoûte comme moi, rejoignez-moi dans “Un siècle d’amour” de… toujours lui, Enki Bilal (avec Dan Franck chez Casterman) où il raconte ses rencontres avec Elles, des femmes qui l’ont passionné.

N’hésitez jamais devant un Nicolas de Crécy. Son Salvatore rejoint la poésie humaine de son Bibendum céleste et de Prosopopus.

Pour celles et ceux qui l’ont loupé : “Valse avec Bachir“, retour d’Ari Folman et David Polonsky sur les massacres de Sabra et Chatila. Chez Casterman.

Mon fils de 9 ans adore la série “Seuls” chez Dupuis de Gazzotti Vehlmann. Allez savoir s’il se sent abandonné dans la ville comme cette bande d’enfants qui doivent survivre dans un univers postapocalyptique.

Vous me plairez comme me plaisent ceux qui ont goûté le film “des Hommes et des Dieux” si vous lisez “Les mauvaises gens” d’Etienne Davodeau sur le parcours d’un couple au travers des Jeunesses Ouvrières Chrétiennes dans la France qui perd son industrie dans les combats entre patrons et syndicats. Ou ses deux tomes de “Lulu femme nue“. A la rencontre des gens simples mus par une conviction et dans l’humilité.

Après ce périple dans la BD, retraversez le restaurant pour filer chez les intellos, dans les rayons à gauche après le piano, je vous provoquerai par “ les Roms, une nation en devenir’ de Morgan Garo chez Syllepse. Je ne l’ai pas lu mais j’adore la question parce qu’elle interdit qu’on s’en débarrasse comme Sarko a voulu le faire croire. Donner un avenir aux Rroms, c’est aimer la diversité contre l’uniformisation, c’est penser le voyage autrement que par Ryanair, c’est vivre la danse plutôt que la regarder de son fauteuil de la Monnaie.

Puis, on y va :

- Amartya Sen, “Un nouveau modèle économique” en poche chez Odile Jacob,

- William T. Vollman, “Pourquoi êtes-vous pauvres?”, en poche chez Babel,

- Naomi Klein, “La stratégie du choc“, en poche chez Babel,

- Loïc Wacquant, “Punir les pauvres” chez Agones. Bon, il n’aime pas la 4ème de couverture et donc a renié son éditeur mais l’essentiel est intact : l’univers carcéral n’a jamais été créé pour enfermer les criminels mais pour écarter les marginaux.

- Luce Irigaray, “Speculum (de l’autre femme)” aux éditions de Minuit. Il fallait réinterroger la psychanalyse pour aborder la sexualité féminine. (Dans le rayon Féminisme).

- “Cours de philosophie en six heures un quart” de Witold Gombrowicz.

- “L’amitié”, de Giorgio Agamben

Quittez les rayons Sciences pour aller vers la caisse et là sur la droite, du plus léger mais plus profond : “le sexe pour les Nuls” ou l’insupportable “Roman sentimental’ d’Alain Robbe-Grillet, chez Fayard qui nous rappelle que la transgression de la norme est une histoire non écrite.

En fin de parcours :

Dans les Babel :

- Jose Carlos Somoza écrit “Clara et la Pénombre”

- Russell Banks écrit ‘American Darling”

- Laurent Gaude écrit ” Eldorado”

Le Murakami que j’ai préféré s’appelle “La Ballade de l’impossible” chez Points mais “Kafka sur le rivage”, “La course au mouton sauvage” et “Les amants du Spoutnik” sont bien aussi.

Terminez par notre livre de chevet : “L’Humanitaire : s’adapter ou renoncer” de l’ancien président de MdM-France, Pierre Michelletti chez Marabout. Vous nous ferez plaisir.

Bonne lecture, bon voyage.”

Pierre Verbeeren

Directeur général de MdM-Belgique

Quoi? Jeudi 9 décembre, de 20h15 à 23h, nocturne exceptionnelle dans la librairie Filigranes ! 25% du montant de vos achats et 100% de la recette du bar seront reversés à Médecins du Monde.
Quand
? Le 9 décembre 2010, de 20h15 à 23h
Où?
Av. des Arts, 39-40 à 1000 Bruxelles

La littérature n’a jamais fait autant de bien.

Plus d’infos? http://www.medecinsdumonde.be/9-12-Nocturne-exceptionnelle-dans.html

Nous vous attendons nombreux!

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Hommage à Christophe.

Il y a deux jours, j’ai appris le décès d’un de nos patients du CASO.
Je me sens envahie d’un profond sentiment de honte, d’amertume et de tristesse.

Je suis honteuse que notre système tolère qu’une personne en chaise roulante vive dans la rue et que cette situation ne soit pas unique.

Je suis amère de constater que pendant plus de deux ans, nous avons du nous battre pour lui obtenir un accès aux soins adapté à sa situation. Certes, il était instable et difficile à suivre pour certaines institutions mais son parcours chaotique et sa personnalité ne justifiaient en rien le rejet que ce patient a subi de la part d’un système de soins trop souvent inadapté et peu créatif pour un public dans une telle précarité.  

Je suis triste car je m’y étais attachée et que nous avions pu construire avec lui et mes collègues, malgré un parcours semé d’embuches, une relation de confiance et des évolutions positives en respectant son rythme.

Ce monsieur était inexpulsable de part sa nationalité, il n’avait jamais pu obtenir l’asile faute de pouvoir la prouver (impossible d’ailleurs vu le pays d’où il provenait) ni une régularisation de son séjour faute d’adresse. Il s’était retrouvé il y a un an en chaise roulante suite à une chute pour échapper à l’incendie de son squat.

Douloureuse réalité et injustice sociale…

Alors que nous inaugurions l’exposition “Exil ,Exit?” à la gare du midi, j’ai eu une pensée émue pour lui qui vivait à quelques mètres à peine de nous…
Je tiens ici à lui rendre hommage ainsi qu’à toutes ces personnes qui fuient et espèrent un avenir meilleur, pour toutes celles qui se voient dans l’obligation de vivre en rue dans une précarité intolérable…
J’espère sincèrement que cette exposition permettra au public d’avoir un regard plus humain sur les situations de vie que nous rencontrons au quotidien et de nous rejoindre dans nos actions ainsi que celles de nos partenaires du réseau associatif.

Sophie D.

Assistante sociale

« Gare du midi : Exil, Exit ? »


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Fin octobre, nombre de navetteurs faisant arrêt à la Gare du Midi ont été intrigués par deux containers en bois entourés de photos. Le premier jour, un regard furtif vers ces deux containers et les photos. Le deuxième jour, une brève lecture des panneaux collés aux containers. Le troisième jour, c’est décidé, on visite l’exposition !

Ainsi, près de 9.500 personnes, du 21 au 31 octobre 2010 ont pris quelques minutes pour entrer dans l’univers des sans-papiers en Europe et de leurs difficultés pour accéder aux soins de santé en visitant l’exposition « Exil, Exit ? » de Médecins du Monde, dans le hall central de la gare du midi.

Dans le premier container, des photographies d’Olivier Jobard à regarder dans l’obscurité, pour mieux comprendre l’atmosphère dans laquelle les sans-papiers vivent tous les jours. Dans le deuxième, une vidéo et des témoignages de sans-papiers qui, très concrètement, expliquent comment ils vivent aujourd’hui.  Tout autour, des totems à hauteur d’Hommes avec des photographies toutes plus interpellantes les unes que les autres.

L’exposition s’est révélée être un véritable lieu d’échange avec les visiteurs, permettant de débattre, de discuter, de sensibiliser et de prendre conscience, ensemble, de l’importance de la problématique. 30 bénévoles ont acceptés de passer du temps sur l’exposition pour orienter les visiteurs et répondre à leurs questions. Près de 20 écoles sont venues, par groupe classe, approcher le monde des sans-papiers et en comprendre les difficultés. Nous avons également pu parler à beaucoup de sans-papiers venus chercher des renseignements. L’occasion pour nous de les orienter vers le CASO et le COZO, nos centres d’accueil, de soins et d’orientation à Bruxelles et Anvers.

L’équipe de Médecins du Monde Belgique est ravie d’avoir accueilli en Belgique cette exposition qui se dirige dès à présent vers Amsterdam et ensuite vers Munich. Une action de sensibilisation enrichissante pour tous !

Manon
Bénévole MdM


Photos:   © Viviane Joakim