Sortie de ma tour d’ivoire…
posté le 21 décembre 2010 |
catégorie Belgique, CASO, demandeurs d'asile, sans papiers, sans-abri
En tant que coordinateur de projets, ce n’est pas tout de passer ses journées derrière son ordinateur ou dans des réunions, il faut parfois sortir de sa tour d’ivoire pour à nouveau percevoir ce que fait Médecins du Monde sur le terrain. Participer dans l’accueil des patients dans un projet, c’est déjà pas mal. Mais en tant qu’infirmier, mettre la main à la pâte lors du plan hiver me procure une satisfaction bien plus grande.
Avec le temps, je trouve que c’est de plus en plus facile de parler à des publics variés: grands ou petits, médecins, intellectuels ou adolescents rebelles, cela n’a pas d’importance. Répondre à la critique d’un journaliste? Pas de problème. Réfléchir à la stratégie d’un projet avec une équipe ou un coordinateur ? La discussion est ouverte. Mais face au sans-abri assis face à moi, j’ai parfois du mal à trouver mes mots… J’ai le sentiment que l’écoute ne suffit pas.
Bart a à peine 18 ans. Il a une toux persistante et un peu de fièvre. Il me raconte qu’il vient de vivre quelques jours en rue. « Mis à la porte par sa mère lors d’une querelle d’ivrognes », admet-il. Dans son récit un peu confus, je comprends qu’il a un léger retard mental et qu’il a arrêté de prendre ses médicaments antipsychotiques. Il ne connaît pas de personne de confiance ou de famille chez qui il pourrait se rendre, « mais il est sûr qu’il s’en sortira tout seul ». Bien qu’il n’ait pas encore eu de contact avec le CPAS, il espère qu’on pourra vite l’aider à trouver un logement adapté. Je lui donne du sirop contre la toux et des comprimés pour atténuer sa fièvre. Je lui explique aussi comment voir un médecin si son état ne s’améliore pas dans les jours à venir. Lors du briefing du soir il s’avère que, Matthieu, travailleur social au Samu Social, a également détecté que Bart est une personne vulnérable ayant besoin d’un accompagnement particulier. Ensemble, nous planifions son suivi.
Basam parle mal l’anglais. Il sort immédiatement une pile de papiers avec tout au-dessus son ‘annexe 26′. Ce document atteste qu’il a introduit, à peine deux jours plus tôt, une demande d’asile auprès de l’Office des Etrangers. Il a 34 ans, comme moi. Kurde d’Irak. Comme beaucoup, il n’a pas obtenu de désignation de place d’accueil, Fedasil n’a pas de place pour lui. Il a mal au genou depuis des années et me demande si une opération est possible. Je lui explique qu’il doit tout d’abord retourner régulièrement au Dispatching de Fedasil, la première étape étant de trouver une place d’accueil. Là-dessus, il m’explique qu’il a mal partout, surtout au niveau des épaules, du cou et de la tête. Il ne parvient pas à dormir depuis une semaine et pense qu’il sera trop nerveux pour passer sa première nuit ici. Je pense à notre psychologue du CASO, qui souligne souvent les symptômes subtils du stress post-traumatique, mais le contexte de la consultation n’est pas idéal pour approfondir cette piste avec Basam. Je lui donne un somnifère inoffensif à base d’extraits de plantes et insiste pour qu’il se rende au CASO où il pourra avoir une discussion dans un contexte plus calme et à l’aide d’un interprète. Basam est d’accord, mais je me demande s’il va vraiment faire la démarche…
Les centaines de patients rencontrés lors du plan d’hiver ont chacun leur histoire, qu’ils racontent par fragments. Et à chaque fois les réponses aux questions qui les préoccupent sont loin d’être claires. Après chaque consultation, mon respect augmente pour tous ces bénévoles qui réussissent à surmonter leur sentiment d’impuissance et à mener à bien les consultations avec les gens de la rue. Ce qui me frappe le plus, c’est la complexité des problèmes et les conditions de vie des personnes qui atterrissent au Samu Social. Et les problèmes complexes ne peuvent se réduire à des solutions simples, même si un journaliste ou le grand public le demandent. Oui, cela me semble être une bonne conclusion pour retourner à ma tour d’ivoire au deuxième étage de la rue d’Artois à Bruxelles…
Frank Vanbiervliet
Coordinateur des projets belges
Et pendant ce temps, 40 places, en chambres individuelles ou doubles, avec WC et douches à proximité, prise en charge sociale, médicale, gîtes et couverts restent délibérément vacantes au Centre d’Accueil l’Espoir, Place Saint Job à Uccle.
Fedasil a décidé de ne pas reconduire la convention avec l’ ASBL qui gère le seul centre d’accueil privé à taille humaine du pays.
FEDASIL : Une certaine conception du social !
Monsieurle CORDINATEUR
Avant je vous présente mes sincères meilleurs voeux pour l’année 2011 et vous exhorte pour le travail abattu depuis plusieurs décenies.Je suis LOGISTICIEN de formtion et mon ambition c’est de vous aidez à la reconstruction la ville HAITI car pour moi c’est la manière à contribuer mon soutien envers vous étant donné que je suis dans une Association International dénomée LE LIONS CLUBS INTERNATIONAL qui oeuvre à faire de bénévols dans le sens et à trouver des fiancement auprès des parternaires ou le renforcement des projets et surtout envers les pauvres.Je présente tous les meilleurs à toute l’équipe du medecins du monde je crois que je suis pret a vous soutenir dans vos action de cette facon en apportant mon savoir .Recevez les meilleures salutations