Pour sortir de l’urgence : tenir les promesses faites aux Haïtiens
posté le 12 janvier 2011 |
catégorie Haïti
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posté le 12 janvier 2011 |
catégorie Haïti
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posté le 6 janvier 2011 |
catégorie Belgique, demandeurs d'asile, sans papiers, sans-abri
Les décorations de Noël font leur apparition. Les premiers vins chauds sont proposés à la vente. Je n’arrête pas de tourner en rond, de continuer à marcher. J’ai trouvé ce que je cherchais. Mais je n’ose pas m’arrêter. Pas facile d’aller à la rencontre de sans-abris.
Un coup de vent fait rouler un gobelet en carton. Je m’accroupis et le remet à sa place, devant Kader, assis sur le trottoir.
Il me remercie, me tend la main. Je leste le gobelet de trente cents, et m’assied à ses côtés, dos au mur.
Le hasard a décidé pour moi. Je resterai 3 heures à parler avec Kader, à faire la manche aussi.
Les gens passent, le regard figé devant eux. Au moins, ils ne me voient pas. Je n’ai pas envie qu’ils me voient.
Je reviens le lendemain. Kader n’est plus là. Il pleut, il a dû s’abriter.
Le jeudi, je rencontre Jan, il est polonais. Il y a tout un groupe de Polonais.
Samedi, je suis assis avec eux. Nous discutons longuement. Le lundi aussi.
Jan a travaillé pour MSF dans le passé. Il parle de sa dernière mission, pendant la guerre civile au Surinam. Christophe était photographe, avant, dans son pays. J’ai deux « bons » gratuits pour des pizzas. Nous mangeons à même le trottoir. Une bouteille de vodka circule.
Il fait de plus en plus froid. La neige tient au sol. Certains se réfugient dans le métro pour dormir. Moi, je rentre chez moi. Tout simplement.
Christophe avait disparu. Je le retrouve par hasard à la Gare du Nord. Ils sont nombreux. Trente, quarante peut-être, avec les demandeurs d’asiles. Ici, il y a des lits de camps, et 2 canons à chaleur. Je reviens plusieurs soirs par semaine.
Je rencontre 2 Irakiens. Ils ont fuit leur pays. Ils ont 22 et 23 ans.
Je sympathise aussi avec Karwan, Shao et Hardy. Karwan parle un peu anglais, Hardy seulement le farsi. Ils viennent d’Afghanistan. Le lendemain, ils logeront dans un centre d’accueil.
Le lendemain, c’est mon anniversaire. J’ai préparé du vin chaud. L’après-midi, je suis de nouveau à la Bourse. Jan dors, à même le sol. Pas question de le déranger. Il rate le vin chaud.
Cela m’attriste un peu. Cela fait plusieurs fois qu’il dort quand je passe. Cela m’inquiète aussi.
A la Gare du Nord, la valse des réfugiés s’est ralentie. Le calme est revenu.
Il est temps pour moi de partir également. J’ai trop sympathisé, je suis devenu trop proche.
J’annonce mon départ à Christophe et à Darius.
Une poignée de main, un sourire, quelques mots. A plus tard.
J’étais venu pour une après-midi, je suis resté 25 jours.
Lundi, j’ai rendez-vous chez Médecins du Monde.
Je vais leur proposer mes services de photographe.
Gérald