278 personnes à faire rentrer dans un capteur de 24×36 mm ?

Gérald Talpaert, photographe bénévole pour Médecins du Monde, partage son expérience des 20 km de Bruxelles en compagnie des coureurs de Médecins du Monde. Un témoignage tout en émotions.

278, c’est en effet le nombre de coureurs de la team MdM pour la photo de groupe !
Pas évident de les rassembler. Par prudence, je prends la photo avant le départ, et non à l’arrivée.

Après m’être crevé les yeux pour les identifier depuis le haut du Cinquantenaire, je vais me poster sur le parcours, aux environs du quatorzième kilomètre.

Le boulevard est vide. Après quelques minutes passe un Marocain. Il gagnera d’ailleurs l’épreuve. Le dossard n° 3 fuse également. Enfin, la rue s’anime, d’autres coureurs apparaissent. Des petits groupes isolés, de plus en plus importants, avant un flot quasi ininterrompu.

Je cherche du regard ceux qui posaient, tout souriant encore, il y a maintenant deux heures. Toujours rien. Et puis, oui, là-bas, un « bleu ». Je le vise, le cadre, et … c’est un « Unicef », ensuite, un « Baxter », tous deux en bleu également. Le temps passe, comme les coureurs. Je commence à me féliciter de les avoir photographiés avant le départ !

“Joy in solidarity for Bamako”! Ca y est, ce slogan sur fond bleu, ils arrivent !

Bamako, capitale du Mali. J’y étais en 2008, à peu près à la même époque. Un million d’habitants, comme Bruxelles, mais avec quatre ou cinq mille enfants des rues. C’est pour eux que la team court, pour leur venir en aide. Sans les connaître et probablement sans jamais les rencontrer dans le futur. Aucun des participants n’ira sans doute jamais à Bamako, mais ils courent quand même dans les rues de Bruxelles, ce dimanche.

La rue est aujourd’hui leur point commun, on y court ce dimanche à Bruxelles, mais on y vit toute l’année à Bamako. On y mendie, on y mange, on y dort. Il fait chaud et lourd à Bruxelles cet après-midi, 26°, contre 35° à Bamako, mais 42° en température ressentie, vu la sécheresse de l’air. Et cela va encore monter, peut-être de 10° dans les prochains jours. Pas question de courir là-bas ! Pourtant, des enfants vont et viennent, toute la journée. Des fugueurs ou des Talibés, des enfants soldats aussi, « démobilisés » des pays voisins. D’autres sont des saisonniers, ne viennent en ville qu’une fois leur main-d’œuvre devenue inutile à la campagne, en attendant les prochaines récoltes. Tous ne sont pas totalement désocialisés mais la précarité et la misère sont communes.

A la fin de la journée, ils se rassembleront pour dormir, par groupe. A la fin de la course, nous trouveront un stand pour nous accueillir, ou peut-être même une terrasse pour nous reposer.

Je distribue de l’eau au point de ravitaillement, cherchant toujours des MdM à photographier. La bouteille ne reste que quelques secondes dans ma main, immédiatement saisie par le premier coureur qui passe, la boit, s’en asperge. Pour 4 MdM ravitaillés, j’ai probablement distribué une centaine de bouteilles. Je piétine dans l’eau, marche sur les bouteilles vides qui s’écrasent sous mes pieds. Il y avait des dizaines de milliers de bouteilles il y a peu, tout ou presque est bu à présent. Cinq ravitaillements en deux heures, deux bouteilles d’un demi-litre par coureur par ravitaillement, trente milles coureurs, plus les réserves, combien de litres d’eau ?

L’eau doit commencer à manquer au Mali, dans les rues bien sûr, mais aussi à la campagne où les puits doivent être au plus bas en ce mois de mai. Même le Niger n’est plus navigable en amont du lac Débo, près de Mopti. Le trafic s’arrête, le commerce aussi. Pour certains, le salut est dans la ville, dans les rues de la ville, de Bamako. Des pères y envoient un enfant, pour soulager le reste de la famille, pour quelques mois, le temps que les pluies reviennent, que cela aille mieux.

On peut toujours trouver quelque chose dans la rue, parfois même y manger presque à sa faim. Parfois aussi, on se fait dépouiller, ou agresser. La drogue et la prostitution sont limitées à Bamako, pour l’instant, c’est déjà ça.

« Bientôt l’arrivée, plus que cinq kilomètres les gars ! Courage! »

Une distance, un temps, un repère. Ce sont aussi toutes ces choses qui vous manquent dans la rue, qui vous déstructurent, avant de vous désocialiser, et de vous faire perdre tout espoir.

L’espoir ! Beaucoup de participants à qui je demandais, ce midi, leur chrono ou s’ils pensaient terminer l’épreuve, en avait ! « Oui, j’espère bien ! On se retrouve après. »

Gérald, photographe pour MdM

La santé demeure scandaleusement un luxe !

Paris, place du Palais Royal, à deux pas du Louvre, le jeudi 7 avril 2011, des limousines-ambulances transportent brancards et médecins. Des médicaments, des stéthoscopes et des vaccins sont présentés sous vitrines blindées, des sociétés d’assurance vendent des cartes SIS Gold ou Platinium. A l’occasion de la Journée Mondiale de la Santé (et à Paris parce que la France préside le G20 qui se penche actuellement sur les mécanismes de protection sociale), Médecins du Monde met en scène tous les codes du luxe et de l’exclusivité, certes de façon provocante mais surtout réaliste, afin de rappeler que la santé demeure scandaleusement un luxe.

Des écarts qui se creusent

Pourtant, une analyse globale laisserait entendre que des progrès gigantesques ont été réalisés en médecine ces vingt dernières années, en Belgique comme dans le monde. Ces progrès sont indiscutables mais les plus pauvres n’en bénéficient pas. Pour eux, le bilan est amer, parce que les inégalités de santé, elles, se sont aggravées : l’amélioration ne bénéficie pas aux plus démunis. Si la mortalité infantile a diminué d’un tiers en 20 ans, un enfant africain sur 8 meurt avant l’âge de 5 ans pour un enfant européen sur 167. Chaque jour, près de 1.000 femmes décèdent suite à des complications liées à la grossesse ou à l’accouchement. Sur ces 1.000 femmes, 570 vivent en Afrique sub-saharienne, 300 en Asie du Sud et 5 seulement au sein de pays riches. Sur un territoire comme le Mali, où Médecins du Monde Belgique déploie sa mission la plus importante, on recense moins d’un médecin pour 10.000 habitants alors qu’ici, on en compte 30 fois plus. Les dépenses de santé entre les pays les plus pauvres et les pays les plus riches varient de 1 à 1.000. Ce que nous voulons dire à travers ces chiffres est simple et dramatique : « ceux qui ont le plus besoin de soin en sont les plus exclus ».

Ce constat, nous le faisons partout dans le monde. Partout veut dire chez nous aussi. En Belgique, les familles qui logent à 7 dans un deux pièces, les personnes qui dorment à la rue, les enfants qui vivent à côté de ce qu’il nous reste d’industrie, les femmes enceintes qui parlent berbère ou lingala, les travailleurs du sexe, les personnes souffrant d’une dépendance…bénéficient largement moins des services de santé que la moyenne. Le docteur Luc Berghmans de l’ULB rappelait, il y a un an, quelques chiffres édifiants : « 20% des adultes diplômés de l’enseignement primaire déclarent souffrir d’au moins deux maladies chroniques, ils ne sont que 5% si diplômés de l’enseignement supérieur. Idem pour la dépression, elle touche 17% des personnes moins favorisées et 6% des plus favorisées en Wallonie. On retrouve les mêmes tendances pour le surpoids, le tabagisme, l’inactivité physique, etc. L’inéquité sociale de santé coûte au Hainaut environ 1 800 morts chaque année ». Lutter contre cette inéquité sociale réclame non des dispositifs généraux élargissant qualitativement ou quantitativement la couverture santé, mais des mesures spécifiques, visant ces populations précaires en particulier.

Protéger les plus faibles

Or, la Belgique, et singulièrement les Communautés et les Régions, pourtant compétentes, ne disposent pas de véritables stratégies de lutte contre les inégalités de santé. L’Etat a pourtant pour vocation première de protéger les plus faibles.

Pourquoi remettre en avant aujourd’hui cette revendication quasiment éculée ? Pour trois raisons très contemporaines. D’abord parce que l’Etat théoriquement protecteur devient insensiblement lui-même prédateur. Parce que les crispations politiques du moment tendent dangereusement à faire porter le chapeau de nos impasses aux plus vulnérables. Sans-abri, migrants, demandeurs d’asile, sans-papiers, Rroms, personnes se prostituant,… tous ceux que Médecins du Monde soigne depuis plus de 10 ans, sont parfois considérés non plus comme des personnes en grande précarité, mais comme des menaces. Après avoir constaté que le lent arrive moins loin, on en vient à penser que c’est sa faute si le groupe n’arrive nulle part. Expulsions répétées (du travail, du logement, des institutions d’aide), démantèlement des lieux de vie, retour à la rue après les plans Hiver pour personnes sans abri, contrôles policiers… Toutes ces stratégies visant à « remettre de l’ordre dans le désordre » des groupes précaires génèrent un mal-être à l’opposé de la santé. Si la pauvreté est en soi un facteur d’inégalité de santé, la “stigmatisation des pauvres” a, elle aussi, des répercussions sur leurs conditions de vie et, ipso facto, sur leur santé. A force de chasser les pauvres, l’Etat et l’économie les soumettent à un régime qui nuit à leur santé. Plutôt qu’un Etat qui soigne, on aurait un Etat qui nuit.

Incompétence ou diabolisme

La 2ème raison de cet appel prolonge la 1ère : la Belgique est caractérisée par un droit à la santé quasiment universel. Avec des mécanismes de protection sociale tels le statut Omnio, l’Aide médicale urgente, la carté santé… quasiment personne ne devrait avoir de difficulté d’accès aux soins. Or, la Belgique est clairement pointée du doigt pour la différence entre le droit théorique et l’exercice de ce droit. En cause : la complexité administrative. Serait-ce à dire que l’Etat est incapable de rendre effectif des droits pourtant prévus par des lois ? Si on analyse cette inefficacité à la lumière du déferlement de questions parlementaires contre les dispositifs d’accès aux soins des indigents et de la multiplication des instructions administratives proposant une réinterprétation restrictive de la loi, on peut sérieusement se poser la question de savoir cette inefficacité n’est pas choisie. On peut légitimement se demander si l’objectif n’est pas de rationaliser l’accès à la santé des pauvres qui seraient tenus pour responsables de leur précarité. Quoi qu’il en soit, la résultante est vraie : les personnes précaires retardent voire renoncent aux soins de santé. Pire, dans certains cas, ils n’y ont même plus accès.

Enfin, en laissant s’installer la saturation de la médecine générale, en ne répondant pas à la pénurie de services de santé mentale, de maisons médicales et de plannings familiaux, en déclarant réalité le soi-disant « trou de la sécu », bref, en ne remettant pas suffisamment à flot les dispositifs d’accès sensés protéger les plus faibles, ces derniers en deviennent exclus, chassés par des publics dits plus faciles et dont le nombre est largement suffisant pour faire tourner le système. Les services qui étaient destinés aux groupes vulnérables sont de plus en plus captés par le tout venant. Les 15% de population au seuil de la pauvreté y ont de moins en moins accès.

Médecins du Monde doit donc tirer la sonnette d’alarme : la pression exercée sur les plus précaires détériore leur santé d’année en année. S’il est une urgence humanitaire aujourd’hui, c’est de réapprendre à nous indigner de la pauvreté plutôt que la stigmatiser.

Cette année, saluons-le, le G20 constate sous présidence française que « les pays en développement font face à des inégalités croissantes et à des risques sociaux graves [et que] seuls 20 % de la population mondiale bénéficient d’une couverture sociale globale ». Au même moment et en parallèle, nous voulons rappeler que, dans nos pays développés, une proportion comparable de la population n’a pas ou plus accès à la santé. A l’heure où le Fédéral est en rade, les Communautés et les Régions ont les compétences utiles pour prendre des mesures spécifiques.

Pierre Verbeeren
Directeur général de Médecins du Monde

Donner la vie en Haïti…

Haïti, 12 janvier 2010. Le pays tremble. Un violent séisme ravage le pays. Sarah Neusy, jeune gynécologue, part sur le terrain pour coordonner pendant plusieurs mois la remise sur pied de la maternité de Petit Goâve. Un an plus tard, de retour en Belgique, elle partage son expérience.

Sarah, quel était ton rôle en Haïti, en tant que gynécologue ?
J’étais là pour superviser l’équipe des infirmières et des gynécologues nationaux, aider à l’organisation du service, à l’amélioration des soins donnés. A aucun moment, je n’ai remplacé les Haïtiens qui sont des professionnels compétents. Evidemment, ils n’ont pas toujours le bon matériel opératoire ou la technique la plus appropriée. Mais ils font avec ce qu’ils ont. Ce sont eux les premiers acteurs. Mon objectif avec Médecins du Monde, c’était d’augmenter la qualité des soins pour les mamans et les bébés et d’assurer un service optimal 24h/24 et 7j/7, en renforçant les capacités de l’équipe nationale en place.

En Haïti, comment se passe la naissance d’un enfant ?
Au moins 80% des femmes accouchent à la maison dans des conditions très difficiles. La mortalité maternelle en Haïti est la plus élevée des Amériques. C’est un très gros problème de santé publique. L’accouchement à la maison se passe en général avec une accoucheuse traditionnelle (appelée « matrone »). Cela peut être une femme ou un homme, ce sont des personnes qui ne sont pas du tout formées médicalement. On devient matrone de père en fils, de mère en fille. Ce sont des gens importants dans la communauté.

Comment se passe la prise en charge des mamans et des bébés ?
Au niveau prénatal, il y a trois consultations prévues, comme chez nous. Mais ici, quand ça se fait une fois, on est déjà content. On pousse les futures mères à venir plus fréquemment et surtout à venir tôt dans la grossesse pour avoir une idée plus précise du terme et pour permettre un meilleur suivi. Concrètement, les femmes enceintes sont pesées, on les mesure, on prend leur tension artérielle, on écoute le cœur du bébé, on fait une prise de sang de base, etc.

Il n’y a pas d’échographie ?
Médecins du Monde a apporté un échographe, car il n’y en avait pas. J’ai ensuite formé les 3 gynécologues et les infirmières de la maternité à réaliser des échographies basiques : pouvoir dire si le bébé est en sommet, en siège, s’il y en a 1 ou 2, quel est le sexe, identifier les grosses malformations, etc. Les gynécologues ont eu une formation plus poussée permettant aussi le dépistage de pathologies gynécologiques (grossesse extra utérine, etc.).

Comment réagissent les patientes à l’échographie ?
Les haïtiennes n’ont jamais accès à l’échographie gratuitement, c’est toujours un service payant sauf quand il est proposé par une ONG ; c’est peu de dire qu’elles sont très demandeuses de faire l’examen. Comme toutes les mères, elles veulent savoir si leur bébé va bien et quel est son sexe. Une particularité qui les différencie de la majorité des mamans belges : elles n’ont pas besoin de voir l’image de leur bébé sur l’écran de l’échographe pour y croire. Les papas n’accompagnent en général pas ; c’est une histoire de femmes !

Et après la naissance, comment se passe la prise en charge de la maman et du bébé ?
Après la naissance, la maman reste 3 ou 4 jours à la maternité suite à un accouchement normal et 8 jours après une césarienne. Pour le bébé, aucun suivi postnatal immédiat n’était prévu avant l’arrivée de Médecins du Monde. On a donc mis l’accent sur cette prise en charge en formant le staff infirmier. On a aussi engagé une infirmière haïtienne qui a été formée au suivi des bébés, ainsi qu’à l’allaitement maternel. L’examen du nouveau-né est très simple mais permet de dépister de nombreux petits problèmes qui pris à temps peuvent être arrangés (température, déshydratation, non prise de poids…). Même si c’est basique, c’est un travail constant, une habitude à prendre.

Plus d’infos : www.medecinsdumonde.be
Photo: Sarah Neusy forme une infirmière à l’utilisation de l’échographe. © Benjamin Struelens

Etre en bonne santé, c’est le pied !

Angie (ou Angela) a rejoint l’équipe du Plan Hiver fin janvier à raison d’une fois par semaine, chaque vendredi. Elle est pédicure médicale bénévole. Elle voulait aider des gens qui en avaient vraiment besoin. Aujourd’hui, elle revient sur cette expérience.

Vous êtes pédicure médicale, un tel métier est-il vraiment nécessaire dans le cadre du Plan Hiver ?

C’est la première année qu’on pratique la pédicure au Plan Hiver. Avant, on n’y avait pas pensé. On n’avait pas pensé que des petites choses, tel qu’un massage des pieds, étaient aussi importantes et pouvaient changer autant la vie des patients.

C’est vrai que le premier jour où je suis arrivé là, l’équipe était un peu sceptique en demandant mais qu’est-ce qu’elle va faire, qu’est-ce que ca va donner. Donc, directement j’ai préparé le matériel, j’ai mis le bassin et le premier jour déjà, j’ai eu trois patients. Le courant est très vite passé. Et maintenant, chaque vendredi, beaucoup de patients m’attendent. Ils veulent vraiment tout le temps venir près de moi. Je reste après mes heures et j’essaye de soigner entre trois et quatre patients sur une soirée. Avec l’aide des infirmières et des bénévoles, chacun a apporté un bassin. Et quand on voit qu’il y a trop de demande, en attendant que je termine de soigner mon patient, le suivant met déjà ses pieds dans l’eau.

Pouvez-vous nous expliquer comment se passe une consultation ?

Les patients du Plan Hiver sont toute la journée dans la rue, donc leurs pieds sont très sollicités et en très mauvais état. Il y a énormément de dermatophites, de cors aux pieds, d’onychomycoses, énormément de problèmes. Je commence d’abord par un bain, je reste avec le patient une heure. Je termine toujours par un massage. Et cette personne se sent vraiment « appuyée», elle sent qu’on s’occupe d’elle. Ce qui m’a vraiment touché, c’est que j’ai déjà eu des personnes, quand j’ai eu fini le massage, qui se sont mises à pleurer. Il y en a qui viennent juste pour se sentir écouter. Ils passent leur tête par la porte et viennent nous embrasser. Ils ont besoin de contact.
A la fin du soin, je donne une paire de chaussettes propres. Et ça, ça vaut de l’or ! Donc le fait de reprendre leurs anciennes chaussettes sales, ils voient qu’ils sont considérés en tant qu’être humain. Et ça c’est très important.

Sans suivi, ils ne guériront pas. Pour quiconque, même les sportifs, les dermatophites, les onychomycoses, c’est un traitement de longue haleine. Si on n’en prend pas soin, ça ne va pas partir. Dans la rue comme dans le privé, il faut faire le traitement et vraiment être suivi. Il faut se laver tous les jours, bien sécher. Ici, c’est impensable pour nos patients. En plus, ils marchent toute la journée.

Est-ce différent de soigner un patient de la rue qu’un de vos patients habituels ?

Moi je ne fais aucune distinction entre un client privé et un client de la rue. Pour moi, c’est un être humain avant tout. Au contraire donc j’aime bien prendre le temps avec eux parce qu’ils se confient. Il y en a même qui ratent leur repas, ils ne vont même pas manger pour venir à la consultation.
J’ai une anecdote à vous raconter. Un homme est venu faire ses pieds, il était saoul. C’était un vendredi, il pleuvait. Il était avec des tongs donc ses pieds étaient vraiment humides, blancs et je lui avais promis des chaussures. J’ai noté sa pointure. J’ai pensé : « il est saoul, il ne va jamais venir ». Et je vous assure, le vendredi d’après, il était là. Et je lui ai offert la paire de basket. Le dimanche je l’ai vu en rue, et il avait la paire de basket aux pieds. Il était vraiment heureux. Ca me touche énormément.

« Ce qu’elle fait, c’est quelque chose d’extraordinaire. » ajoute Flor, infirmière bénévole.

Légende de la photo: “Il a les pieds sur mes genoux comme un autre patient. Je ne fais vraiment aucune différence” explique Angie.

Etre infirmière au Plan Hiver.

Flor est péruvienne. Elle est infirmière et a exercé dans différents services hospitaliers. Au Pérou, elle faisait déjà du bénévolat dans les hôpitaux publics. Arrivée en Belgique, elle voulait continuer à aider les gens. Depuis le mois de janvier, deux fois par mois, elle travaille comme bénévole au Plan Hiver. Médecins du Monde lui a posé quelques questions:

Votre premier jour au Plan Hiver, comment ça s’est passé ?

Je voulais faire quelque chose. Vous savez, moi je suis étrangère aussi ! Beaucoup de malades parlaient espagnol. Dans leur dossier médical, c’était écrit problème de langue, de communication. Alors, quand j’ai commencé à parler avec eux, dans leur langue, ils étaient tellement contents.
Puis, vous savez le contact passe si vous traitez gentiment quelqu’un. Il faut établir un climat de confiance. D’abord, il faut se présenter : « Je suis péruvienne et vous, de quel pays venez-vous ?… ». C’est important de les mettre en confiance. Et eux, nous le rendent bien aussi. Il arrive qu’un patient s’énerve sur nous, alors les autres sont tout de suite là pour nous défendre. On est vraiment très bien accueillis.

Que faites-vous exactement ?

On fait les pansements, il y a beaucoup de blessures aussi. Il y des gens qui se blessent dans la rue, qui sont agressés, qui s’automutilent. Ici, on soigne des petites choses qui restent chroniques. Une plaie, c’est soigné un jour. Après, il repart dans la rue. Et sa plaie va continuer à s’ouvrir, à s’infecter.

Les patients sont souvent stressés. Il faut d’abord les écouter. On leur propose d’aller prendre leur douche, de se détendre et puis de revenir à la consultation. Ils reviennent complètement changé. Ils sont calmés. Ils ont besoin d’écoute, de parler surtout. Ils ont besoin d’être traité comme des êtres humains. Alors on leur parle avec des mots comme « Mon frère, mon ami » en lui tenant la main. On ne pensait pas que des petites choses pouvaient changer autant. Ils ont besoin de ça.

Outre la prise en charge purement médicale, avez-vous déjà eu des patients avec des problèmes plus psychologiques ?

Oui, un jour, un homme est arrivé. Il disait qu’il avait mal la gorge, mal à l’oreille. Chaque fois, il y avait quelque chose. Mais quand il continuait à parler, il racontait toute son histoire et il était totalement perdu.

Une autre fois, c’était un alcoolique. C’était un marocain et il parlait espagnol. Je lui ai demandé s’il buvait. Il m’a dit qu’il buvait pour pouvoir dormir. Je lui ai répondu qu’il ne devait plus boire car son foie était assez gonflé. Il devait absolument venir le lendemain quand le médecin serait présent pour l’envoyer à l’hôpital. C’était peut-être un problème hépatique ou une cirrhose. Je lui également expliqué ce qui allait se passer. Il m’a répondu que sans boire, il ne savait pas comment il pourrait faire pour dormir, que s’il ne buvait pas, il ne dormait pas. Quand je lui ai demandé depuis combien de temps il buvait, il m’a répondu d’un regard vers le ciel. Il buvait depuis très longtemps.

Collaboration avec l’association Keoogo au Burkina Faso

Angelina Jane Lê a terminé sa mission avec Médecins du Monde, en tant que coordinatrice du projet « Enfants des Rues » au Mali. Elle a lancé la collaboration entre Médecins du Monde et l’association Keoogo à Ouagadougou au Burkina Faso. Nous y soutenons la prise en charge médicale des jeunes filles des rues au sein de la clinique créée par Keoogo.

Quelles sont les raisons d’être de cette clinique ?

Cette clinique accueille exclusivement les filles des rues. L’hôpital universitaire pourrait les accueillir mais ces filles sont stigmatisées par le personnel soignant. Souvent très agressives, droguées et s’exprimant dans un langage particulier, elles sont refusées aux portes de cet hôpital. Keoogo a donc décidé de créer un endroit accueillant, de manière adéquate sur le plan médical, psychologique et social, pour ces jeunes filles en situation de rue ou victimes d’exploitation sexuelle à des fins commerciales. Cette clinique est soutenue par Médecins du Monde et reconnue par le Ministère de la Santé burkinabé.

Comment fonctionne la clinique de Keoogo ?

La clinique est composée de différentes salles : une salle à l’entrée pour l’accueil, une salle pour la sensibilisation, une salle pour les consultations gynécologiques et une salle pour les consultations psychologiques et l’accompagnement social. Elle possède également une pharmacie avec tous les produits nécessaires pour soigner les IST (infections sexuellement transmissibles) et vacciner. Un protocole de prise en charge pour les victimes de viol a été mis sur pied.

Quel est l’appui apporté par Médecins du Monde ?

Nous apportons un appui financier partiel aux frais de fonctionnement de la clinique pour le paiement des salaires du personnel, l’achat de préservatifs et de kits d’accouchement, l’approvisionnement en consommables médicaux, etc.

Une mission d’un an qui répond aux besoins des enfants vulnérables

Angelina Jane Lê, coordinatrice du projet des enfants vulnérables de Médecins du Monde au Mali, est de retour en Belgique après une mission d’un an. Elle répond à nos questions sur l’action de Médecins du Monde à Bamako visant à renforcer les capacités d’associations maliennes qui accueillent les enfants des rues. L’objectif : répondre de manière efficace et adéquate aux besoins de ces enfants vulnérables, sur le plan médical, psychologique et social.

Au niveau de l’appui médical, quelles sont les priorités de Médecins du Monde ?

Médecins du Monde met l’accent sur la responsabilité médicale des infirmiers qui travaillent dans les structures d’accueil des enfants des rues. Nous veillons à ce qu’ils identifient correctement les cas à référer et prennent la décision à temps. Nous voulons également être proche des structures sanitaires publiques afin qu’elles facilitent la prise en charge de ces enfants.

Comment se passe la prise en charge psychologique des enfants vulnérables ?

Avant l’intervention de Médecins du Monde, les associations partenaires maliennes n’assuraient pas la prise en charge psychologique des enfants et ne dissociaient pas du tout un problème médical d’un problème de santé mentale. Chez un enfant, l’agressivité ou encore le repli sur soi était uniquement mis sur le compte de la mauvaise volonté, voire la mauvaise humeur de l’enfant. Sans chercher à comprendre.

La formation du personnel éducatif et le coaching par Médecins du Monde permettent aux éducateurs de mieux comprendre par quels stades de développement l’enfant passe, quels sont ses besoins ou encore ce qu’il y a lieu de faire pour répondre à son état de souffrance psychologique.

Pourriez-vous nous donner un exemple de méthode utilisée pour répondre à la souffrance psychologique des enfants ?

Une méthode très efficace est le Kotéba thérapeutique. A l’origine dans les villages au Mali, c’est un moyen pour les participants d’exprimer leur frustration ou leur détresse à travers des ateliers d’expression théâtrale et artistique. Cela permettait à chacun d’exprimer ce qu’il avait sur le cœur. C’est devenu une méthode thérapeutique reconnue sur le plan international.

Médecins du Monde a intégré cet outil dans la prise en charge psychologique chez les associations partenaires. Il permet d’identifier les enfants en souffrance au travers de ce qu’ils expriment, de leur langage du corps. Cela permet aussi aux enfants de s’exprimer. Il y avait des enfants qui étaient complètement repliés sur eux-mêmes, certains avec des handicaps physiques et au bout de quelques séances, ils ont pu s’exprimer et sont devenus très actifs. Ça a vraiment changé leur comportement.

Médecins du Monde agit également au niveau social. Pourquoi est-ce important ?

Médecins du Monde travaille avec des centres d’hébergement transitoires. Qui dit transitoire dit une phase momentanée dans la vie de l’enfant. Le social est la cause et la solution du problème. Les enfants sont en effet en rupture familiale, que ce soient ceux qui se retrouvent en situation de rue, les enfants talibés (c’est-à-dire qu’il est confié par ses parents à un maître coranique) ou encore les enfants en conflit avec la loi. A travers les cas que Médecins du Monde gère, nous nous rendons compte que souvent la cause du problème de l’enfant, la cause de sa rupture familiale vient vraiment de sa famille. Notre objectif est donc de restaurer ce lien avec la famille, à travers la médiation. Car la place de l’enfant se situe au sein de sa famille, de sa communauté.

Rendez-vous à Anvers.

Je suis déjà venu à Anvers précédemment. Trois fois. Toujours au Zoo, et il y a longtemps. Autant dire que je ne connais pas la ville, ni ses habitants. En route donc pour l’inconnu. J’ai toutefois un point de contact, le COZO*, situé au 56 de la Van Maerlantstraat.

Arrivé sur le trottoir avant l’ouverture du centre, je fais connaissance avec nombre de patients.
Il y a quelques Belges, mais aussi des Tibétains, des Gambiens, des Anglais, des Sud-Américains, et d’autres encore. Cette population hétéroclite me rassure. J’ai des difficultés à communiquer, mais eux aussi. Mélangeant « un peu de tout » (anglais, flamand et français), on sympathise très vite, et à l’arrivée de la responsable, nous avons déjà réalisé quelques photos, à même la rue.

La salle d’attente est vaste mais devra refuser du monde. Nombreux sont ceux qui devront revenir demain, ou même lundi.

J’y côtoie Mamadou, un Sénégalais, heureux de rencontrer un francophone (Mamadou parle aussi le wolof, l’anglais, et est inscrit à un taalgroep. Son néerlandais, meilleur que le mien, est encore hésitant).

La conversation s’engage sur la Casamance, sa région d’origine qu’il a quittée l’an dernier, sur le climat sénégalais, l’ancien empire Mandingue, les nomades Peuls, les Bambaras qui ont contribués à la construction de voie ferrée vers le Mali, etc., etc., …

Je vais finalement lui demander pourquoi il a quitté son pays. C’est une question que je ne pose jamais, j’ai l’impression que cela revient à leur reprocher d’être venu « chez nous », ou d’être perçu comme tel.

Mais hier, sur internet, j’étais en contact avec un ami que je n’ai plus vu depuis 2007. Je lui conseillais de s’éloigner un peu de chez lui, le temps que cela s’arrange. Je ne parlais pas d’émigrer, juste de prendre des vacances, un peu plus loin.
Shiniki n’a pas voulu, il restera à Tokyo. Il ne veut pas abandonner ses amis, ses proches. Il verra plus tard, si la situation devient vraiment grave.

J’ai rencontré Shiniki au Mozambique, il venait de traverser la moitié du monde avec son sac à dos, et devait encore remonter les deux Amériques avant de rentrer au Japon. Il n’a donc pas peur de voyager vers l’inconnu. Mais après deux ans, il revenait au pays. Qu’il ne quittera que si cela devient vraiment grave.

C’est en repensant à tout cela que j’interrogeais Mamadou. Quelles motivations, quelles situations pouvaient être graves au point qu’un homme quitte définitivement son village et sa famille, abandonne ses proches et ses racines, probablement à tout jamais ?

Gérald, photographe pour MdM

* COZO : Centrum voor Onthaal, Zorg en Oriëntatie

DROIT DE FUITE

Du poste frontière de Saloum

Le poste frontière qui permet l’accès en Egypte des ressortissants étrangers fuyant les violences en Libye est situé à 4 kilomètres de la petite ville portuaire de Saloum, à l’extrême ouest des côtes méditerranéennes de l’Egypte. Ici, ce sont plus de 100.000 personnes qui ont déjà transité pour rejoindre leurs pays d’origine et fuir les violences en Libye. Loin de l’attention des média plus présents en Tunisie.

Plus de 30 nationalités au total, mais une majorité d’Egyptiens. Essentiellement des hommes, même si des familles arrivent désormais. Tous vivaient et travaillaient en Libye. Des travailleurs spécialisés, mais surtout une main d’œuvre bon marché, corvéable et silencieuse, souvent très pauvre, originaire des pays d’Asie mais aussi des pays d’Afrique Sub-saharienne.

La majorité de ces ressortissants étrangers a pu bénéficier sans trop de délais du soutien de leurs ambassades pour être rapatriée chez elle. Plus de 200.000 ont été évacués ces dernières semaines sur l’ensemble de la région.

En Egypte, ce sont prêt de 2.000 personnes qui continuent d’affluer chaque jour. Fin février, ils étaient 6.000. “Cela dépend des jours” nous dit-on.

Dans la zone d’attente entre les frontières libyenne et égyptienne, sur une colline désertique, plus de 5.000 personnes étaient encore présentes le 8 mars dernier. Vivant à même le sol, en plein air dans leur majorité, dans des conditions d’hygiène précaires, ils se protégeaient du froid, de la pluie et du vent, en constituant des protections avec leurs maigres bagages, des couvertures et des tapis de sol. Ils ont le soutien des Nations Unies, des autorités égyptiennes et d’ONG pour la nourriture, les soins, même si la situation reste un peu chaotique, entre arrivées et départs, difficultés de communication étant donné le nombre de nationalités présentes. Nombre de rescapés sont en état de choc, dépassés par ce qui s’est passé, et sans trop savoir ce que sera leur vie demain, “une fois rentré au pays”.

Nombreux sont ceux qui ont tout perdu, ont été dépouillés de tous leurs biens et titres de voyage dans leur fuite à travers la Libye, que ce soit dans les zones contrôlées par les hommes du régime ou celles de l’Est, dite “libérées”.

Les récits des nouveaux arrivés sont alarmants. En particulier ceux des ces jeunes travailleurs africains, qui avant de se risquer à se mettre en route, se sont cachés pour éviter les violences. Ils font état parfois de descentes systématiques dans les maisons, leurs logements, d’hommes armés ou munis de bâtons, pour les pousser à fuir, pour les voler. “Ils nous accusent d’être des mercenaires du régime” me disait un jeune homme camerounais dont la compagne a été violée sous ses yeux. “Ils ne nous considèrent pas comme des êtres humains” disait un autre. Certains témoignent que des membres de leur communauté ont été tués parce qu’ils n’avaient pas d’argent ou tentaient de se défendre. Sans que l’on puisse le confirmer à ce stade.

On sait enfin que de nombreux étrangers, originaires du Tchad, mais aussi du Mali, ou de Syrie, doivent arrivés “dans les prochains jours”. Plusieurs dizaines de milliers de personnes.
Leur demande d’être écoutés est forte. A ce stade, les opérations de rapatriement ont mis de coté leurs revendications de témoigner de ce qu’ils ont vécu “là bas”.

Droit de fuite et calendrier électoral

Dans ce contexte, les déclarations des dirigeants français et d’autres pays européens faisant un lien entre les révolutions arabes et une possible vague d’immigration clandestine submergeant l’Europe sont particulièrement choquantes et scandaleuses.

Tout d’abord, elles ne correspondent simplement pas à la réalité observée.

Aujourd’hui, ceux qui fuient la Libye sont des ressortissants étrangers, travailleurs souvent très pauvres, qui cherchent juste à fuir la guerre, et les violences ou discriminations dont ils y font l’objet. Ils ne cherchent qu’à rentrer chez eux, alors qu’ils ont quasiment tout perdu.

Deuxièmement, les déclarations de nos gouvernements nient une autre réalité plus terrible. En situation de conflit, le droit de fuite existe et est reconnu par le droit international, afin de chercher refuge hors des frontières d’un pays livré à la violence. Ceci est d’autant plus important que se confirment les violences contre les civils dans de nombreuses villes de Libye, soumises aux bombardements aveugles, sans qu’il soit possible de leur venir en aide directement. Le travail des organismes de secours est entravé et leur mission médicale n’est pas respectée.

A ce stade, le nombre de libyens ayant quitté leur pays est faible. Tout juste quelques milliers dont l’accueil a été facilité en Egypte en particulier. Mais si les violences se poursuivent et faute de pouvoir leur venir en aide chez eux, peut-être observera-t-on plus de personnes tentées de chercher refuge dans les pays limitrophes. Il faudra alors leur porter assistance en tant que réfugiés, et certainement pas les présenter comme des clandestins.

Il faut aussi noter la situation particulière de nombreux ressortissants étrangers en fuite qui ne pourront pas retourner dans leur pays d’origine, lui même ravagé par la guerre (Somalie, Côte d’Ivoire par exemple). Ils demandent à pouvoir bénéficier d’un statut de réfugié et de la protection des Nations Unies.

Un dernier point, les déclarations de nos dirigeants européens sont, vu du Caire ou de Tunisie, une insulte aux révolutions en cours au Sud de la méditerranée, à cet élan de liberté et de changement qui souffle en Egypte, en Tunisie et en Libye en particulier; une incompréhension voir un mépris pour cette jeunesse qui a décidé de prendre son destin en main, et de refuser l’oppression de régimes corrompus et vieillissants. Croyez vous qu’ils ont envie de quitter leur pays aujourd’hui alors qu’ils sont en train d’écrire l’histoire ? Il suffit d’aller place Tahir pour avoir la réponse.

L’agenda pré électoral français a pris le pas sur une analyse rationnelle des faits. C’est choquant, loin des réalités du terrain, et des besoins de protection et d’assistance des populations qui fuient l’oppression ou luttent pour plus de libertés

Pierre Salignon, Directeur Général de Médecins du Monde

Karolina tente l’aventure du Brussels-to-Paris avec Médecins du Monde

Karolina, amatrice de cyclisme et passionnée d’humanitaire, a décidé de s’engager aux côtés de Médecins du Monde en participant cet été au Brussels-to-Paris Biketour 2011.

Pourquoi avez-vous décidé de vous engager dans cette aventure ?

Je travaille dans le domaine de la santé, pour la Fédération européenne des hôpitaux, c’est pourquoi ce sujet m’a directement touché. L’aide humanitaire a toujours attiré mon attention. C’est motivant de participer à un événement sportif afin de soutenir les actions de Médecins du Monde, rendre ces actions plus visibles, contribuer à une aide humanitaire, appartenir au monde des gens de bonne volonté. Je suis aussi motivée à l’idée de rencontrer des gens qui partagent mes intérêts, passions… et de faire un effort commun.

Comment allez-vous organiser votre entraînement ?

J’utilise quotidiennement le vélo pour mes déplacements, ça me fait un petit entraînement. De plus, cette année encore, je participerai aux 20km de Bruxelles… J’ai toujours eu l’esprit assez sportif !