“Eh bien, tu n’as plus qu’à accoucher chez toi.”

Il a été pratiquement impossible de recevoir des soins pendant ma grossesse. Les gens que je connaissais m’effrayaient “Si tu vas à l’hôpital, ils vont t’expulser !” Un jour je me sentais vraiment mal et je suis allée dans un dispensaire d’accès libre pour un contrôle. Ils m’ont dit qu’ils ne pouvaient pas m’aider et que si ça empirait, je devrais aller aux urgences. J’ai ensuite essayé d’aller dans le cabinet d’un médecin généraliste – j’étais alors déjà enceinte de cinq mois – où on a refusé de m’enregistrer. Une femme a même laissé un mot indiquant que si je revenais, ils ne devraient pas me prendre en charge. Je suis allée directement à l’hôpital. Malheureusement, ce n’était pas mieux. La personne chargée du recouvrement des coûts auprès des étrangers m’a dit de payer 2 800 euros sinon je serais expulsée. Quand j’essayais d’expliquer que je n’avais pas autant d’argent, ils me répondaient juste “Eh bien, tu n’as plus qu’à accoucher chez toi.” C’est pour cela que je n’ai eu aucun suivi de grossesse.

F. Ougandaise, au Royaume-Uni depuis deux ans
(venue pour voir sa soeur mourante)

Enceintes, pas ou peu de soins…

Dans son deuxième rapport, l’Observatoire Européen de Médecins du Monde s’est notamment penché sur la problématique de l’accès aux soins des femmes enceintes. Parmi l’ensemble des femmes enceintes interrogées, seule une petite moitié d’entre elles (48 %) sont suivies pour leur grossesse (l’enquête ne permettant pas de savoir depuis quand elles sont enceintes). Cette proportion est à peu près identique dans tous les pays sauf en Suède, où plus de 80 % des femmes enceintes ont un suivi (mais la faiblesse des effectifs empêche toute comparaison statistique rigoureuse).

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P. Philippin, vit au Royaume-uni

Je suis parti des Philippines vers le Royaume-Uni il y a 1 an et demi. Dans mon pays, j’ai eu une transplantation du rein pour laquelle j’ai l’équivalent de 10,500 £ (11 540 Euros) de dettes. Après l’opération, mon docteur m’a donné des immunosuppresseurs nécessaires mais c’était aussi très cher. Mes dettes étaient trop importantes et je me suis dit que ma seule possibilité était de partir chercher un travail mieux payé ailleurs. Maintenant, je vis à Londres. lire la suite