A partir de ce jour, Alex pourra être suivi!

Alex a 19 ans. Il a été orienté par une connaissance, ancien patient du CASO. Alex est arrivé de Roumanie il y a un an avec son papa et ses frères et sœurs. La famille a obtenu des papiers en Belgique car le papa a commencé à travailler comme indépendant. Le travail est rude et le salaire très limité.

Alex est diabétique. Depuis qu’il est en Belgique, il continue à se soigner via l’aide de la famille ou de l’entourage qui lui achète ses médicaments quand c’est possible. Il n’est pas suivi par un médecin. Il explique que certains mois, c’est très difficile de trouver de quoi payer les médicaments.

Après discussion, je réalise qu’Alex a une carte mutuelle. Il ne l’a jamais utilisée et ne connaît pas le fonctionnement. Il n’avait pas de mutuelle en Roumanie. Je téléphone à la mutuelle qui me confirme qu’il est en règle. Alex se demande s’il devra malgré tout payer une partie de ses médicaments. Je téléphone à une pharmacie qui me confirme que les médicaments qu’il prend sont entièrement remboursés. Je lui explique qu’il peut se rendre chez n’importe quel médecin qui lui prescrira les médicaments. Je lui explique aussi qu’il est important d’être bien suivi, surtout pour ce type de maladie. Alex me dit que son papa n’a pas de moyens pour le moment et qu’il ne pourra pas payer de consultation chez un médecin.

Je contacte une maison médicale du quartier qui fonctionne au forfait (gratuité pour les patients en ordre de mutuelle). Je leur explique la situation. La maison médicale propose un rendez-vous le jour même à Alex. La première consultation n’est pas gratuite mais la maison médicale accepte d’en diminuer le prix via le système tiers-payant.

A partir de ce jour, Alex pourra être suivi dans cette maison médicale, il ne paiera pas ses consultations et obtiendra ses médicaments gratuitement à la pharmacie.

Sophie B.
Assistante Sociale

“Je dois la pendre au mur de ma chambre?”

img_9898reduite.JPG © Frédéric Pauwels (Luna)

C’était il y a quelques mois. Un patient me rappelle. Il était en démarche auprès du CPAS de sa commune depuis plusieurs semaines déjà afin d’obtenir sa carte médicale. Il était pressé de l’avoir puisqu’il avait besoin de voir un spécialiste urgemment.

Il était donc repassé chez nous pour avoir un certificat médical pour le CPAS. Puis était repassé au CPAS pour introduire sa demande. Puis était retourné au CPAS pour y rapporter d’autres documents. Puis avait attendu la visite à domicile de l’assistante sociale. Puis était repassé chez nous après un certain temps sans nouvelles du CPAS. Puis était retourné au CPAS pour le nouveau rendez-vous que j’avais obtenu avec son assistante sociale.Après avoir reçu sa carte, il s’est présenté dans un centre médical de sa commune. Mais le médecin n’a pas pu le recevoir car il ne travaillait pas avec le CPAS. Le CPAS n’avait pas orienté Mr vers ses médecins conventionnés. Il me rappelle. Il m’explique qu’il a enfin sa carte mais qu’il n’a toujours pas pu voir de médecin. lire la suite

L’inquiètude se lit sur le visage des enfants…

Nous avons visité une famille composée de 2 jeunes garçons et de leurs parents. La maman est asthmatique et attend son 3ème enfant. Ils sont arrivés la veille, ne connaissent qu’un peu d’allemand, la communication est donc plutôt difficile. Les parents sont très inquiets: ils ont perdu leur précédent enfant à 8 mois ½ de gestation. La maman est Rh-. Elle est dépendante de médicaments contre les allergies, mais n’ose rien prendre vu son état. La chambre est petite, couverte de tapis-plain et de couvertures! Personne ne dort bien car la maman a une grosse toux. L’inquiétude se lit sur le visage des enfants. Avec l’aide de Sophie, assistante sociale, nous prenons rapidement un rendez-vous avec un médecin. J’ai rarement vu un papa aussi reconnaissant, mais s’excusant de devoir prendre les gamins avec lui en consultation, car ils ne peuvent quand même pas rester seuls à l’hôtel…

Françoise
Infirmière bénévole