La maraude: À la rencontre des sans-abri (ÉPISODE 1/3)

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Médecins du Monde accompagne l’équipe de nuit du Samu Social lors des maraudes dans les rues de la capitale. Aller à la rencontre des sans-abri permet d’évaluer les conditions médicales de ces personnes et leur dispenser, si besoin, des soins de santé primaires. Dans certains cas, ces derniers sont orientés vers le centre d’hébergement d’urgence du Samu Social ou vers tout autre organisme adapté à la problématique rencontrée (hôpital, maison d’accueil, centre d’hébergement pour mineurs, etc…).

Marc Njeim, un de nos bénévoles a accompagné la maraude du 23 mars 2010, il nous livre son témoignage.

“ Il est presque 21h lorsque j’arrive au SAMU Social. Comme souvent à cette heure là, un petit attroupement se presse devant les portes du centre d’accueil de nuit. J’entre dans le bâtiment. A l’intérieur, des gens installés dans des canapés discutent, d’autres, dans le réfectoire un peu plus loin, mangent un repas fourni par le SAMU Social.

Je rejoins alors l’équipe que je vais accompagner ce soir en maraude dans les rues de la capitale.  Viviane est photographe. Christian est médecin.  Tout deux sont bénévoles pour Médecins du Monde.  Ils sont  accompagnés de Félix le chauffeur et Aurélien l’aide soignant. Cela fait plusieurs années que Félix se rend presque chaque soir à la rencontre des sans-abris. Il les connaît d’ailleurs pour la plupart. Avant notre départ, il trace un itinéraire reliant des lieux où nous pourrons rencontrer les sans-abris. A ma grande surprise, l’itinéraire de ce soir nous mènera à Ixelles, Uccle et Watermael-Boitsfort.  Avant d’embarquer dans la camionnette, nous passons en vitesse par la cuisine où nous remplissons nos sacs de sandwichs, thermos de thé et de soupe. ”

A suivre…

Un œil extérieur sur le centre MASUI

2202_0171-copie.jpg© Viviane Joakim

Témoignage de Leonieke Karlas, Responsable Communication chez Fortis Insurance International

Fortis Insurance International étant une entreprise partenaire de Médecins du Monde, je me suis rendue au centre MASUI pour découvrir le travail effectué sur le terrain par l’association. Depuis 2007, le Centre d’action sociale urgente (CASU – qui chapeaute le dispositif hivernal en faveur des plus démunis) dispose du centre MASUI en tant que seconde antenne à Bruxelles pour y accueillir les sans-abri. L’encadrement proposé comprend, non seulement l’hébergement, un repas le soir et un petit déjeuner mais également des consultations sociales et paramédicales, assurées par les volontaires de Médecins du Monde. Le centre peut héberger jusqu’à 200 personnes par nuit.  Des repas chauds sont distribués à leur l’arrivée. Il y a quelques douches à disposition et une consigne pour leurs bagages.

Nous avons rendez-vous avec Adélaïde, une assistante sociale volontaire qui nous fait visiter les lieux. Elle a voulu s’engager auprès de Médecins du Monde, pour offrir son écoute aux personnes nécessiteuses. Elle nous explique en quoi consiste son accompagnement aux personnes accueillies au centre.Pour les personnes sans domicile fixe, l’hiver est le moment le plus pénible. Elles souffrent souvent de problèmes dermatologiques, respiratoires etc. Ici, au centre, elles trouvent une permanence assurée par Médecins du Monde. Les personnes qui vivent dans la rue sont rejetées des hôpitaux pour de nombreuses raisons. En effet, il leurs arrive de faire preuve d’agressivité, elles manquent d’hygiène corporelle et n’ont pas les moyens de payer les soins… Ce sont les soins dentaires qui font généralement le plus défaut. Au Centre MASUI, il y a des consultations 7 jours sur 7 de 20h à 22h. Un médecin de garde est également joignable. Afin de pouvoir assurer un suivi médical, il existe pour chaque personne qui se présente aux consultations un dossier dans lequel sont répertoriées les visites.

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Le centre MASUI, un peu de réconfort pour les sans-abri

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Témoignages de Wilfried, infirmier bénévole pour le Plan Hiver au centre MASUI 

« On reconnaît facilement dans le tram les sans-abri qui se rendent au centre MASUI. Lorsqu’ils descendent du tram, ils se ruent devant la porte pour ne pas être les derniers de la file. Mais ils doivent attendre dans le froid jusqu’à 20h30, heure d’ouverture, pour pouvoir rentrer ».

« La précipitation avec laquelle ils terminent leur assiette atteste de la faim qui les tenaille. » 

« Pour la plupart, le centre est un des seuls endroits où ils ont l’occasion de rencontrer des personnes dans la même situation, de se changer les idées, de s’amuser. C’est un échange à la fois difficile et saisissant entre nationalités, langues et cultures différentes. »

« Les consultations médicales sont rapides. Pourtant, ils ont bien plus à confesser que leurs ennuis de santé. Malheureusement, nous n’avons que peu de temps à leur consacrer. En retrouvant le soir notre confort, c’est un sentiment déplaisant qui nous envahi en pensant qu’eux n’ont ni chambre ni maison. »  masui2.jpg 

©Viviane Joakim

MDM à l’écoute des femmes

parle-avec-elle.jpg© Frédéric Pauwels (Luna)

La 100ème journée de la femme, le 8 mars 2010, a remis en lumière l’isolement et la solitude de certaines femmes. Médecins du Monde l’avait déjà constaté lors de ses consultations médicales. Et a lancé la mission « Parle avec Elle » pour leur apporter du réconfort et des solutions. C’est surtout un observatoire de l’isolement des femmes et de son impact sur leur santé.

Créée en 2002, la mission « Parle avec Elle » s’adresse aux femmes en difficulté. Belges en situation précaire ou femmes migrantes, mères célibataires sans emploi ou violentées, ces femmes vivent au quotidien des situations difficiles à surmonter. Les cinq bénévoles de « Parle avec Elle » offrent à ces femmes une écoute et des soins de santé lors des consultations au Centre d’accueil, de soin et d’orientation à Bruxelles et pendant les permanences à Nasci.

« Notre objectif principal est de les écouter et leur faire comprendre qu’elles ne sont pas seules. Elles n’osent souvent pas parler de leurs problèmes dans leur entourage. Nous voulons les aider à sortir de l’isolement, les encourager à retrouver confiance en elles afin qu’elles reprennent leur vie en main. Certaines sont orientées vers d’autres associations, aide médicale, juridique etc. Un suivi leur est proposé afin de voir l’évolution de leur parcours », explique Irma Bellis, coordinatrice du projet. « Si je devais mettre l’accent sur un élément, c’est sur la planification familiale. Ces femmes n’ont quasiment aucune connaissance sur le sujet et se retrouvent seules avec plusieurs enfants à charge. »

Virginie, bénévole à la mission Parle avec elle :
L. est iraquienne, demandeuse d’asile. Elle est venue nous voir car sa fillette de deux ans souffrait de douleurs aiguës aux jambes. J’ai orienté cette femme pour une consultation gratuite chez un médecin pédiatre de Médecins du Monde afin qu’il soigne sa fille“.