Le centre MASUI, un peu de réconfort pour les sans-abri

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Témoignages de Wilfried, infirmier bénévole pour le Plan Hiver au centre MASUI 

« On reconnaît facilement dans le tram les sans-abri qui se rendent au centre MASUI. Lorsqu’ils descendent du tram, ils se ruent devant la porte pour ne pas être les derniers de la file. Mais ils doivent attendre dans le froid jusqu’à 20h30, heure d’ouverture, pour pouvoir rentrer ».

« La précipitation avec laquelle ils terminent leur assiette atteste de la faim qui les tenaille. » 

« Pour la plupart, le centre est un des seuls endroits où ils ont l’occasion de rencontrer des personnes dans la même situation, de se changer les idées, de s’amuser. C’est un échange à la fois difficile et saisissant entre nationalités, langues et cultures différentes. »

« Les consultations médicales sont rapides. Pourtant, ils ont bien plus à confesser que leurs ennuis de santé. Malheureusement, nous n’avons que peu de temps à leur consacrer. En retrouvant le soir notre confort, c’est un sentiment déplaisant qui nous envahi en pensant qu’eux n’ont ni chambre ni maison. »  masui2.jpg 

©Viviane Joakim

MDM à l’écoute des femmes

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La 100ème journée de la femme, le 8 mars 2010, a remis en lumière l’isolement et la solitude de certaines femmes. Médecins du Monde l’avait déjà constaté lors de ses consultations médicales. Et a lancé la mission « Parle avec Elle » pour leur apporter du réconfort et des solutions. C’est surtout un observatoire de l’isolement des femmes et de son impact sur leur santé.

Créée en 2002, la mission « Parle avec Elle » s’adresse aux femmes en difficulté. Belges en situation précaire ou femmes migrantes, mères célibataires sans emploi ou violentées, ces femmes vivent au quotidien des situations difficiles à surmonter. Les cinq bénévoles de « Parle avec Elle » offrent à ces femmes une écoute et des soins de santé lors des consultations au Centre d’accueil, de soin et d’orientation à Bruxelles et pendant les permanences à Nasci.

« Notre objectif principal est de les écouter et leur faire comprendre qu’elles ne sont pas seules. Elles n’osent souvent pas parler de leurs problèmes dans leur entourage. Nous voulons les aider à sortir de l’isolement, les encourager à retrouver confiance en elles afin qu’elles reprennent leur vie en main. Certaines sont orientées vers d’autres associations, aide médicale, juridique etc. Un suivi leur est proposé afin de voir l’évolution de leur parcours », explique Irma Bellis, coordinatrice du projet. « Si je devais mettre l’accent sur un élément, c’est sur la planification familiale. Ces femmes n’ont quasiment aucune connaissance sur le sujet et se retrouvent seules avec plusieurs enfants à charge. »

Virginie, bénévole à la mission Parle avec elle :
L. est iraquienne, demandeuse d’asile. Elle est venue nous voir car sa fillette de deux ans souffrait de douleurs aiguës aux jambes. J’ai orienté cette femme pour une consultation gratuite chez un médecin pédiatre de Médecins du Monde afin qu’il soigne sa fille“.  
  

Pourquoi mon travail en tant que bénévole auprès des SDF a du sens ?

« Les personnes dans la rue que nous soignons manquent de tout, pas uniquement des soins gratuits que nous leur offrons. Mais au moins, ces gens – souvent refoulés ailleurs – sont considérés comme des humains ici. Le simple fait de se dire bonjour, de donner un sourire, les confirme dans leur existence. Trop souvent, les personnes sans-abri doivent mener une existence invisible. Les patients ne viennent pas uniquement me voir pour faire soigner leurs engelures ou leurs infections respiratoires. Il y a un énorme besoin de parler, de renouer avec un autre être humain. »

Françoise, infirmière bénévole MDM au centre Masui du SAMU Social à Schaerbeek

Un engagement bénévole bouleversant

dscf0064reduite.jpg© Frédéric Pauwels (Luna)

Malgré ses dix ans de pratique, le Dr. Joos se sent encore bouleversé par son engagement avec Médecins du Monde : «En tout cas, celapermet de relativiser les choses, d’avoir encore plus d’attention et d’enthousiasme à pratiquer mon métier.»

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Bordeaux, nouvelles du front: défis et innovations

Bordeaux – Journées des missions françaises de Médecins du Monde France

Le plaisir reste entier. Comme l’engagement. Mon post de la veille n’est pas démenti. L’ouverte par le délégué de l’étape, le Docteur François Cougoul, en ajoute une couche : “Il faut faire changer ce qui est et il n’y a pas de changement sans contestation“. De fait, le thème des journées porte sur “Précarité, solidarité et dérivés sécuritaires”. Trois mots qui résument les défis actuels des programmes français de MdM. lire la suite

L’inquiètude se lit sur le visage des enfants…

Nous avons visité une famille composée de 2 jeunes garçons et de leurs parents. La maman est asthmatique et attend son 3ème enfant. Ils sont arrivés la veille, ne connaissent qu’un peu d’allemand, la communication est donc plutôt difficile. Les parents sont très inquiets: ils ont perdu leur précédent enfant à 8 mois ½ de gestation. La maman est Rh-. Elle est dépendante de médicaments contre les allergies, mais n’ose rien prendre vu son état. La chambre est petite, couverte de tapis-plain et de couvertures! Personne ne dort bien car la maman a une grosse toux. L’inquiétude se lit sur le visage des enfants. Avec l’aide de Sophie, assistante sociale, nous prenons rapidement un rendez-vous avec un médecin. J’ai rarement vu un papa aussi reconnaissant, mais s’excusant de devoir prendre les gamins avec lui en consultation, car ils ne peuvent quand même pas rester seuls à l’hôtel…

Françoise
Infirmière bénévole

Trop de bruit…

Accompagnée d’une collègue infirmière, nous rendons visite à une dame, hébergée dans un hôtel près de la gare. Elle y partage une chambre avec 4 fils, mais elle n’a plus de nouvelles de 4 autres enfants, restés en Serbie. Un des fils présents sert d’interprète, il parle un peu le néerlandais, néanmoins la communication se fait difficilement. Un autre fils est parti chercher les médicaments pour la maman, qui est fortement diabétique et dont le traitement nécessite un remise au point, vue la glycémie très élevée du moment. Au moindre cri, la maman sursaute et fait de l’hyperventilation… L’hôtel est situé juste à côté de la Foire du Midi, cela n’arrange rien! Elle a également des lancements aux bras et des douleurs à la poitrine. Petit à petit, nous comprenons qu’à chaque bruit, elle se remémore la fuite familiale, accompagnée de coups de fusils des assaillants. La nourriture n’est pas équilibrée, sa glycémie est perturbée, tout cela lui importe peu. Elle veut le calme et retrouver sa famille!

Françoise
Infirmière bénévole

Détresse familiale

A la fin de l’après-midi de consultations, un homme attend encore. Il me dit qu’il comprend très bien le néerlandais mais il s’avère qu’il ne connait que quelques mots : « malade, hôpital, enfant » et répète sans arrêt « Slovaquie, Slovaquie ». lire la suite