Mme Z., Arménienne, 32 ans, vit aux Pays-Bas depuis quatre ans

En octobre 2007, Mme Z. souffre de violentes douleurs à l’estomac. Le médecin traitant pense à des calculs rénaux et l’envoie faire des examens à l’hôpital. Elle s’y rend mais on refuse de réaliser les examens parce qu’elle n’est pas assurée et qu’elle ne peut pas payer. Le médecin lui prescrit alors des médicaments antidouleur puissants, mais les douleurs persistent. Un mois et demi plus tard, le médecin renvoie Mme Z. à l’hôpital après avoir appelé le personnel en urologie. A la réception en urologie, Mme Z. s’entend dire à nouveau qu’on ne peut pas lui faire ces examens si elle ne les paie pas. Dix mois plus tard, elle souffre toujours et n’a pas accès aux soins.

“Eh bien, tu n’as plus qu’à accoucher chez toi.”

Il a été pratiquement impossible de recevoir des soins pendant ma grossesse. Les gens que je connaissais m’effrayaient “Si tu vas à l’hôpital, ils vont t’expulser !” Un jour je me sentais vraiment mal et je suis allée dans un dispensaire d’accès libre pour un contrôle. Ils m’ont dit qu’ils ne pouvaient pas m’aider et que si ça empirait, je devrais aller aux urgences. J’ai ensuite essayé d’aller dans le cabinet d’un médecin généraliste – j’étais alors déjà enceinte de cinq mois – où on a refusé de m’enregistrer. Une femme a même laissé un mot indiquant que si je revenais, ils ne devraient pas me prendre en charge. Je suis allée directement à l’hôpital. Malheureusement, ce n’était pas mieux. La personne chargée du recouvrement des coûts auprès des étrangers m’a dit de payer 2 800 euros sinon je serais expulsée. Quand j’essayais d’expliquer que je n’avais pas autant d’argent, ils me répondaient juste “Eh bien, tu n’as plus qu’à accoucher chez toi.” C’est pour cela que je n’ai eu aucun suivi de grossesse.

F. Ougandaise, au Royaume-Uni depuis deux ans
(venue pour voir sa soeur mourante)

Monsieur B., 35 ans, vit aux Pays-Bas

Il a fui la Côte d’Ivoire et est arrivé en 2004 à Malte où il est enfermé pendant un an et demi dans un centre de rétention. Durant cette période il se fait battre par des policiers à coups de massue. Il en garde des séquelles aux épaules et aux genoux. Il est relâché en 2006 et se rend aux Pays-Bas où il est souvent obligé de dormir à la rue. lire la suite

Enceintes, pas ou peu de soins…

Dans son deuxième rapport, l’Observatoire Européen de Médecins du Monde s’est notamment penché sur la problématique de l’accès aux soins des femmes enceintes. Parmi l’ensemble des femmes enceintes interrogées, seule une petite moitié d’entre elles (48 %) sont suivies pour leur grossesse (l’enquête ne permettant pas de savoir depuis quand elles sont enceintes). Cette proportion est à peu près identique dans tous les pays sauf en Suède, où plus de 80 % des femmes enceintes ont un suivi (mais la faiblesse des effectifs empêche toute comparaison statistique rigoureuse).

lire la suite

Détresse familiale

A la fin de l’après-midi de consultations, un homme attend encore. Il me dit qu’il comprend très bien le néerlandais mais il s’avère qu’il ne connait que quelques mots : « malade, hôpital, enfant » et répète sans arrêt « Slovaquie, Slovaquie ». lire la suite