Pourquoi mon travail en tant que bénévole auprès des SDF a du sens ?

« Les personnes dans la rue que nous soignons manquent de tout, pas uniquement des soins gratuits que nous leur offrons. Mais au moins, ces gens – souvent refoulés ailleurs – sont considérés comme des humains ici. Le simple fait de se dire bonjour, de donner un sourire, les confirme dans leur existence. Trop souvent, les personnes sans-abri doivent mener une existence invisible. Les patients ne viennent pas uniquement me voir pour faire soigner leurs engelures ou leurs infections respiratoires. Il y a un énorme besoin de parler, de renouer avec un autre être humain. »

Françoise, infirmière bénévole MDM au centre Masui du SAMU Social à Schaerbeek

Où va-t-elle accoucher?

Anna est toute jeune, probablement 25 ans. Elle est arrivée en Belgique le 27 août avec ses enfants de 2 et 4 ans. Elle vient de Tchétchénie. Je n’ose pas imaginer son voyage. Je la rencontre dans un village un peu à l’écart de Bruxelles. C’est là que l’Agence fédérale pour l’accueil des demandeurs d’asile l’a envoyée. Elle vit dans un hôtel à moitié vide et reçoit 6 € par jour pour manger. Je suis infirmière bénévole pour Médecins du Monde. Je vois qu’elle est enceinte, à un stade avancée de la grossesse. Elle parle le Tchétchène et le Russe, deux langues que je ne connais pas. Grâce aux interprètes par téléphone, j’apprends qu’en 8 mois de grossesse, elle n’a jamais rencontré un médecin ou une sage-femme. Où va-t-elle accoucher ? Comme préparer cet accouchement ? C’est ce que je prépare aujourd’hui.

 

L’inquiètude se lit sur le visage des enfants…

Nous avons visité une famille composée de 2 jeunes garçons et de leurs parents. La maman est asthmatique et attend son 3ème enfant. Ils sont arrivés la veille, ne connaissent qu’un peu d’allemand, la communication est donc plutôt difficile. Les parents sont très inquiets: ils ont perdu leur précédent enfant à 8 mois ½ de gestation. La maman est Rh-. Elle est dépendante de médicaments contre les allergies, mais n’ose rien prendre vu son état. La chambre est petite, couverte de tapis-plain et de couvertures! Personne ne dort bien car la maman a une grosse toux. L’inquiétude se lit sur le visage des enfants. Avec l’aide de Sophie, assistante sociale, nous prenons rapidement un rendez-vous avec un médecin. J’ai rarement vu un papa aussi reconnaissant, mais s’excusant de devoir prendre les gamins avec lui en consultation, car ils ne peuvent quand même pas rester seuls à l’hôtel…

Françoise
Infirmière bénévole

Trop de bruit…

Accompagnée d’une collègue infirmière, nous rendons visite à une dame, hébergée dans un hôtel près de la gare. Elle y partage une chambre avec 4 fils, mais elle n’a plus de nouvelles de 4 autres enfants, restés en Serbie. Un des fils présents sert d’interprète, il parle un peu le néerlandais, néanmoins la communication se fait difficilement. Un autre fils est parti chercher les médicaments pour la maman, qui est fortement diabétique et dont le traitement nécessite un remise au point, vue la glycémie très élevée du moment. Au moindre cri, la maman sursaute et fait de l’hyperventilation… L’hôtel est situé juste à côté de la Foire du Midi, cela n’arrange rien! Elle a également des lancements aux bras et des douleurs à la poitrine. Petit à petit, nous comprenons qu’à chaque bruit, elle se remémore la fuite familiale, accompagnée de coups de fusils des assaillants. La nourriture n’est pas équilibrée, sa glycémie est perturbée, tout cela lui importe peu. Elle veut le calme et retrouver sa famille!

Françoise
Infirmière bénévole

Détresse familiale

A la fin de l’après-midi de consultations, un homme attend encore. Il me dit qu’il comprend très bien le néerlandais mais il s’avère qu’il ne connait que quelques mots : « malade, hôpital, enfant » et répète sans arrêt « Slovaquie, Slovaquie ». lire la suite

Première journée auprès des demandeurs d’asile

Nous sommes parties à trois – deux infirmières bénévoles et une assistante sociale – afin d’aider des demandeurs d’asiles hébergés dans un hôtel en périphérie bruxelloise. J’ai été marquée par le besoin de soins, la peur et la tristesse de ces personnes.La rencontre avec une jeune femme congolaise d’à peine 19 ans m’a laissé un souvenir inoubliable. Dans ses yeux, je lisais la souffrance endurée pendant sa jeunesse. Nous avons établi le contact pour déterminer si elle avait besoin de soins médicaux. Petit à petit, elle nous a raconté sa solitude, sa tristesse, son inquiétude. Avec des gestes, le contact visuel et quelques mots de français, nous avons essayé de l’aider à avancer. lire la suite

Mission d’urgence auprès des demandeurs d’asile

Ce lundi 27 juillet, Médecins du Monde a lancé une mission d’urgence auprès des demandeurs d’asile hébergés dans les hôtels, sans aucune forme d’accompagnement ou d’encadrement. Pourtant, depuis l’entrée en vigueur de la loi sur l’accueil des demandeurs d’asile en 2007, ces personnes ont droit à une aide matérielle tout au long de leur parcours: logement, accompagnement médical, psychologique, social, juridique, etc. lire la suite