“Être en première ligne d’une action d’utilité publique, c’est ce qui fait la richesse de notre engagement.”

2202_0096-blog.jpg©Viviane Joakim

Je voudrais tout d’abord adresser mes plus vifs remerciements aux collègues travailleurs sociaux du Samu non seulement pour l’excellent accueil qu’ils ont réservé à nos différentes équipes infirmières mais aussi pour la qualité de l’immense travail qu’ils accomplissent quotidiennement dans des conditions parfois difficiles.

En recevant en consultation plusieurs centaines de personnes fragilisées, toutes et tous travaillons à l’action de Médecins du Monde et du SAMU Social aux côtés des exclus et favorisons l’accès aux soins de santé de ceux que le monde oublie peu à peu. Pour cela, nous devons parfois vaincre de nombreux obstacles, contourner bien des difficultés, pour simplifier l’accès au médecin.

Nous avons la volonté claire de veiller à la stricte application des droits sociaux et sanitaires des personnes que nous recevons. Elles ont tant besoin d’une aide véritable, d’amitié, de solidarité.

En plus des maladies liées aux conditions de vie de nos patients (affections respiratoires, cutanées et digestives principalement), nous constatons une grande détresse psychologique et sociale. Notre approche ne peut être que globale, impossible de dissocier un élément des autres. Il s’agit, chaque fois, de personnes UNIQUES. Être en première ligne d’une action d’utilité publique, c’est ce qui fait la richesse de notre engagement.

Les leçons de vie et la joie que je reçois souvent des invités à Masui font que je souhaite parfois aller plus loin dans mon accompagnement. Malgré toutes les barrières, administratives, linguistiques ou culturelles. Il y a tant à faire et, surtout, à apprendre des autres, pour les autres…

Salutations fraternelles,

Jean-Marc, infirmier bénévole MDM à Masui

J., Nicaraguayen, 53 ans, vit en Allemagne.

Il a eu un accident de travail et s’est cassé le pied. Un ami l’emmène chez un médecin : il doit être opéré immédiatement. Ils essayent plusieurs hôpitaux où on lui demande, aux urgences, de payer puisqu’il n’a pas de couverture maladie. Devant la souffrance de J., son ami finit par lui prêter sa carte d’assuré et J. est admis dans une clinique où il doit être opéré le lendemain. J. quitte la clinique dans la nuit, avant l’opération, car il a peur d’être arrêté et de porter préjudice à son ami.

Vivre dans la rue, cela vous marque terriblement, dans la chair et dans la tête

dscf0115bis.jpg © Frédéric Pauwels (Luna)

Chaque soir, des centaines de personnes sans-abri, parmi lesquels des enfants et des femmes, se rendent au Samu Social de Bruxelles. Ils y reçoivent un repas chaud, un lit, une douche… et la possibilité de voir un médecin de l’équipe de Médecins du Monde. Celui-ci arrive vers 20h30, après sa journée de travail, et reçoit bénévolement plus de 10 patients au cours de la soirée.

lire la suite

Camp de réfugiés: Jour 3.

191109_camp-refugies-medecins-du-monde_0078-copie-copie-light.jpg

Cela fait maintenant deux nuits que Médecins du Monde et quatre autres ONG (le CIRÉ, Vluchtelingenwerk Vlaanderen, Médecins Sans Frontières et Caritas International) accueillent des demandeurs d’asile dans le camp de réfugiés du parc Gaucheret à Schaarbeek. La nuit dernière, une cinquantaine de personnes, parmi lesquelles de nombreuses femmes avec enfants, ont été logées dans le camp. Un médecin et deux infirmières bénévoles de Médecins du Monde ont assuré des consultations médicales et ont ainsi pu soigner une quinzaine de patients. Les pathologies rencontrées sont symptomatiques du parcours de ces migrants : malnutrition, gale, détresse psychologique,…

Photo: © Viviane Joakim

Crise humanitaire en plein coeur de Bruxelles…

Nous sommes le 7/10/09, infirmière bénévole à MDM, je me rends à l’hôtel Solys, proche de la gare du Midi à Bruxelles, où un grand nombre de demandeurs d’asile sont logés dans l’attente que des places se libèrent dans les centres d’accueil. Des hommes, femmes et enfants circulent dans les couloirs et la salle à manger. On m’interpelle de part et d’autre : besoin de voir un médecin, besoin de médicaments, besoin d’un réquisitoire de Fédasil, toujours en attente…  lire la suite

Cherchez l’erreur!?

Il a mon âge ou presque.
Il a bourlingué, depuis son Algérie natale, quittée en 2003, entre le Maroc, l’Espagne la France et puis la Belgique.
Il a mal au poignet: une chute, il y a un mois. Il n’a pas soigné à ce moment-là, et le travail sur les marchés matinaux, maintenant, empêchent un rétablissement véritable. Mais il n’est pas vraiment inquiet ou préoccupé, juste ennuyé: ça l’empêche de travailler comme il devrait, comme il voudrait, son corps-machine ne répond pas à ses exigences. Alors on rafistole un peu, on navigue entre le cri du corps et les nécessités du moment… Pas vraiment de la bonne médecine.Avant de partir, une question, l’air de rien: « Vous pouvez me faire une attestation pour les papiers, pour prouver que je suis venu aujourd’hui? Vous savez, en rapport avec la nouvelle loi… ». lire la suite

Détresse familiale

A la fin de l’après-midi de consultations, un homme attend encore. Il me dit qu’il comprend très bien le néerlandais mais il s’avère qu’il ne connait que quelques mots : « malade, hôpital, enfant » et répète sans arrêt « Slovaquie, Slovaquie ». lire la suite