The Legend of Zelda : Phantom Hourglass (Le Sablier Fantôme) sort ce vendredi en Europe, sur console DS. Ce nouvel épisode, qui s’adresse à tous, profite de l’excellente réputation de la série à succès de Nintendo. Mais il fait aussi dans l’originalité, avec des contrôles au stylet entièrement pensés pour l’écran tactile.
Nintendo propose désormais un événement quasi-annuel à ses aficionados : la sortie d’un nouveau Zelda s’accompagne toujours de la promesse d’une aventure épique, d’énigmes tortueuses et de nombreuses heures de jeu en compagnie de Link, l’elfe au bonnet vert. Ce personnage, imaginé en 1986 par Shigeru Miyamoto dans les bureaux de Nintendo, est devenu une véritable icône du monde vidéoludique. Pour sa première apparition inédite sur DS, n’en déplaise à ceux qui n’ont jamais adhéré à ce design, Link revient sous une forme « cartoon », dans un monde aux couleurs chatoyantes et à l’atmosphère légère. Un archipel exotique en trois dimensions – les entrailles technologiques de la DS sont mises à contribution ! – visuellement très inspiré de l’univers du volet GameCube, The Wind Waker, dont il poursuit en quelque sorte le scénario mêlant princesses et pirates, châteaux et bateaux.
Phantom Hourglass joue ouvertement la carte de l’originalité rafraîchissante, ne serait-ce que par ses contrôles, qui délaissent tout bouton au profit de l’écran tactile. Désormais, Link répond réellement au doigt et à l’œil, à la seule force du stylet : il se déplace, donne des coups d’épée, navigue en haute mer, résout des énigmes et peut même prendre des notes sur sa carte pour éviter de se perdre ! D’autres fonctionnalités de la DS sont utilisées. Il faudra par exemple souffler dans le micro pour s’ouvrir un chemin. La console n’a pas attendu Zelda pour proposer cette interactivité un peu gadget, mais toujours efficace. Une seule ombre au tableau des commandes : le léger manque de précision du déplacement tactile qui fera regretter aux vétérans l’absence de contrôles à l’ancienne.
La quête proposée, d’une quinzaine d’heures, s’annonce loin d’être insurmontable. Hormis peut-être les passages où le fameux sablier fantôme s’écoule et contraint le joueur à réfléchir rapidement dans la pénombre des donjons. La grande facilité de Phantom Hourglass constitue une mauvaise nouvelle pour les amateurs de défi mais une porte grande ouverte aux novices.
Le public ciblé aujourd’hui par Nintendo s’est élargi et les joueurs les plus chevronnés cèdent un peu de place dans leur univers au grand public. C’est le nouveau pari de la firme japonaise qui dans ses productions récentes, cherche à satisfaire chacun, à grand renfort de références poussiéreuses pour les fans et d’innovations attractives pour les nouveaux venus. Cette recette à l’équilibre délicat n’a pas été trop mal suivie pour Phantom Hourglass, si l’on en croit la quasi-unanimité de la presse spécialisée. Ni gadget dénué de substance, ni énigme obscure réservée aux habitués, encore moins honteuse opération marketing, le nouveau Zelda se veut une grande aventure pour tous. Il laissera forcément des incrédules dans sa quête de nouveaux publics. À l’image du futur Link’s Crossbow Training sur Wii, un jeu de tir à l’arbalète qui semble n’être voué qu’à promouvoir le « WiiZapper », nouvel accessoire pour cette console. Nintendo compte plus que jamais sur Link pour attirer les foules, et ne le laissera pas de sitôt rendre son sablier !
Louis Darms (St.)