Ca nous a bien cassé les noix parce qu’on a attendu un an et demi avant d’avoir de vrais jeux sur PS2 et en attendant on avait une Dreamcast qui proposait des millions de trucs géniaux et personne n’y jouait. Le constat dressé par l’ancienne rédaction de Joypad sur son blog est aussi cruel qu’implacable. Il faut dire que « l’échec de la Saturn a complètement plombé le départ de la Dreamcast en novembre 1998 et Sega, qui trainait une image de looser auprès du grand public, n’a peut-être pas su très bien la vendre, la marketer. Le slogan ‘’Jusqu’à six milliards de joueurs’’ c’était prétentieux, ça ne voulait pas dire grand-chose et puis finalement ça s’est retourné contre eux puisqu’elle ne s’est vendue qu’à dix millions d’exemplaires ». Des chiffres qui contrastent avec ceux de la PlayStation 2, écoulée à plus de 100 millions d’unités. La PS2 venons-en. « Mars 1999, Sony réplique tout de suite et présente pour la première fois la PlayStation 2 à grands renforts d’images de synthèse ébouriffantes, avec la scène complètement refaite du bal de Final Fantasy, le Tekken avec plein de personnages qui se battent, le fameux dinosaure… » Du pipeau, mais « un véritable coup de maitre de la part de Sony qui communiquait sur une console qui allait finalement sortir plus d’un an après [avec le ridicule Fantavision NDLR]. Ainsi l’ombre de la PlayStation 2 planait tellement au-dessus des têtes que ça a tué la Dreamcast dans l’œuf ! Sega se battait avec des jeux, mais c’était avant tout une guerre d’image. « Et puis il y eu l’avènement du DVD qui n’était pas du tout démocratisé à l’époque et qui a complètement défoncé le GD-ROM [le format propriétaire de la Dreamcast, 1 Go NDLR]. Les gens achetaient aussi la machine de Sony pour mater des films. Sans compter ceux qui s’étaient pris une claque avec Ridge Racer sur la première PlayStation et qui ont donc tout naturellement attendu la deuxième. » Le succès entraîne le succès, l’échec entraîne l’échec. Enfin, la machine blanche n’a jamais bénéficié « du soutien d’Electronic Arts, ça veut dire pas de FIFA, pas de NBA Live, pas de NFL, aucune grosse licence EA… » Pas plus de la part de Squaresoft. La tuile. S’en était trop pour un Sega « en manque de liquidités » qui jettera l’éponge en Mars 2001, un an après la sortie de la PS2, un an avant celle de la Xbox. Le cul entre deux générations.
Un drame d’autant plus injuste que « les qualités intrinsèques de la Dreamcast – la meilleure console que Sega ait jamais sorti ! – n’étaient pas en cause. Il s’agissait avant tout d’un problème d’image de marque. » Aussi, l’histoire n’a peut-être pas reconnu à sa juste valeur les innovations quelle a apporté. On pense évidemment « au jeu en ligne, même si c’était sans doute trop tôt vu les faibles connexions de l’époque, au luxe que représentait le fait de pouvoir switcher entre 50 et 60 Hz » ou encore à la manette dont on retrouve aujourd’hui les gâchettes sur son homologue Xbox.
Mais la Dreamcast c’était surtout un tas « de titres absolument mythiques qui resteront très clairement dans l’histoire du jeu vidéo. » On en retiendra au moins trois : « Sonic Adventure pour être encore aujourd’hui de l’aveu de beaucoup le dernier grand Sonic, Sega Rally 2 parce que c’était enfin l’arcade à la maison tel qu’on l’avait toujours rêvé et Phantasy Star Online, premier vrai jeu online sur console. Et on pourrait encore citer Jet Set Radio – l’instigateur du cell-shading – Samba do amigo, Resident Evil Code Veronica, Powerstone, Soul Calibur, Virtua Tennis, F355, MSR [devenu PGR sur Xbox NDLR], House of The Dead, Ikaruga, Ecco le Dauphin, Skies of Arcadia et évidement Shenmue… » N’en jetez plus et écoutez plutôt l’intégralité du podcast sur gameblog.fr, lequel a le mérite de rendre justice à cette console inoubliable qui vie toujours dans nos cœurs mais aussi, surprise, sur nos écrans…
http://www.gameblog.fr/podcast_29_podcast-n-28-la-dreamcast
http://www.dreamcast-scene.com/index.php/FR/HomePage