Référence absolue auprès des élitistes de la baston, la série Virtua Fighter perpétue sa tradition d’excellence avec un cinquième épisode magistral, aboutissement d’un système de jeu en constante progression depuis près de quinze ans.
On ne présente plus Virtua Fighter. Plus beau représentant d’un genre dont il est lui-même l’instigateur, le jeu de baston en 3D a su traverser les époques et conserver son charme magnétique grâce à un gameplay très technique associé à une réalisation haut de gamme. A chaque fois proche de la perfection, Sega ne sait pourtant pas s’empêcher de repousser encore et encore ses limites pour offrir aux hardcoregamers les plus exigeants un titre toujours plus réaliste (ou élitiste, c’est selon). Le grand public lui est prié d’aller voir ailleurs, du côté d’un Dead Or Alive par exemple. Les concessions, ce n’est pas le genre de la maison. Une attitude à la limite de la philantrophie qu’il convient de saluer à une époque où les concepteurs s’évertuent à simplifier leurs produits pour fédérer le plus de consommateurs.
Disponible sur PS3 depuis la sortie de cette dernière, le cinquième volet déboule aujourd’hui sur 360 avec, en prime, un mode de jeu en ligne. Un mode attendu de longue date par une poignée d’initiés avides d’en découdre avec la terre entière (quand bien même il y aurait un peu de lag). Le monde comme arène de combat, enfin ! Articulé autour de matchs amicaux ou classés, il permet aussi aux joueurs d’exhiber fièrement sur la place publique leurs combattants relookés. Le jeu dispose en effet d’une boutique très fournie où Pai Chan & Co peuvent se rhabiller de la tête aux pieds en optant, par exemple, pour un nouveau costume ou une coiffure techtonik. Futile de prime abord, la customisation des personnages revêt en fait un grand intérêt puisqu’elle pousse le joueur à enchainer matchs et tournois jusqu’à la défaite. Un rang, des statistiques vues de tous et de l’argent viennent alors le récompenser. Et puis, le shopping s’est tellement amusant quand il y a un tel éventail de produits en magasin !
Un casting de rêve
Sans concurrence s’il on s’en réfère à la profondeur abyssale son gameplay ou à son énorme marge de progression, VF5 se distingue également des autres jeux de baston par son casting équilibré. Ici, pas de surhommes, ni de doublons, les 17 personnages sont tous aussi redoutables les uns que les autres et jouissent d’un style de combat vraiment unique qui s’appréhende à chaque fois d’une manière différente. Les anciens combattants seront toutefois en terrain connu puisque seuls deux petits nouveaux font leur apparition : El Blaze, un catcheur mexicain et Eileen, une jeune fille particulièrement agile. Cela semblerait peu si Akira, Lau et tous les vieux briscards n’avaient étoffé leur palette de coups, appris l’art du déplacement offensif et accessoirement gagné quelques rides.Chaque opposant dispose ainsi de plus d’une centaine de mouvements ! Il va donc falloir s’armer de patience pour dompter tout ce p’tit monde. Beaucoup de patience. Mais bon sang que le jeu en vaut la chandelle !
http://www.sega.com/gamesite/vf5/phase2/index.html
Grégory Dall’Agnol