Posté par admin le sept 30, 2009

Need For Speed Shift : EA accélère… et patine

A la rue depuis trop longtemps, Need For Speed s’est remis profondément en question et revient plein de bonnes intentions avec Shift, base plus ou moins saine d’un possible renouveau sur le secteur ultra concurrentiel des jeux de courses dits sérieux.

Au lieu de persister dans sa noble quête du Most Wanted (2005), la licence Need For Speed s’est perdue dans le Grand Carbon (2006), égarée sur les circuits légaux du ProStreet (2007) avant de terminer complètement paumée au milieu d’un mauvais film de gangsters dans un rôle d’agent Sous Couverture (2008). Bref, la psychiatrie tient là un cas de crise identitaire particulièrement aiguë. Aujourd’hui, cette crise d’identité s’est mutée en une schizophrénie galopante. Need For Speed part dans tous les sens : un jeu PC en ligne gratuit sur le marché asiatique (NFS World Online), ensuite un bon coup de Nitro sur Wii et DS dans un titre forcément très arcade et enfin une première incursion dans le monde sans concession de la simulation automobile avec Shift (PC, PS3, Xbox 360), l’épisode qui nous occupe aujourd’hui.

Alors, alors il va comment docteur ? Votre patient va beaucoup mieux Monsieur EA ! C’est qu’il a été repris en mains par nos meilleurs spécialistes en simulation, des scandinaves respectés dans la profession, notamment grâce à leur travail sur GT Legends et GTR2, de solides références en la matière. Mais attention, le patient est encore convalescent. On y est allé progressivement, on ne peut pas encore parler ici de simu à part entière. Il faut d’abord une étape de transition, ce qui explique que Shift aie le cul entre deux chaises comme vous pouvez le voir. Bien que le moteur du jeu et la physique des voitures soient beaucoup plus réalistes qu’auparavant, Shift ne s’est pas tout d’un coup transformé en une machine de compétition que seule une élite de pilotes chevronnés peuvent piloter. Il s’est toujours montré très accessible et il le reste. Un peu comme Race Driver GRID docteur ? Tout à fait exact ! Lui aussi n’assumait pas non plus totalement son petit côté arcade. Ici aussi, d’ailleurs nous n’avons pas totalement réussi à corriger sa fâcheuse tendance à déraper. Par moment, je me serais cru devant OutRun ! Même avec toutes les aides à la conduite, les véhicules (une soixantaine en tout ) ne maintiennent au mieux qu’une relation ténue avec la route, ce qui rend le pilotage délicat. Il faudra s’y adapter. Vous vous doutez bien aussi que nous ne sommes pas parvenus à rendre NFS moins bourrin. Quinze ans à jouer de tous les vices en fonçant dans le peloton et en multipliant les queues de poisson, ça ne s’oublie pas comme ça. N’espérez pas gagner une course à la régulière, c’est encore trop tôt. Je ne vais pas vous mentir, le patient est en bonne voie, mais il devra encore faire beaucoup d’efforts pour rivaliser avec Forza ou Gran Turismo.

En revanche, et là, la concurrence ferait bien de s’en inspirer, nous avons réalisé un travail tout à fait remarquable sur la vue en cockpit. C’est même tout l’intérêt de ce nouvel NFS. En réalité, plus que le cockpit, nous sommes surtout derrière les yeux du pilote. Et ça change tout ! Comment ça docteur ? Tenez par exemple, quand le conducteur appuie à fond sur le champignon, sa vision devient trouble. Et lorsqu’il heurte un obstacle, l’écran se brouille et va même jusqu’à devenir noir et blanc en fonction de la force de l’impact. Soumis au choc, le pilote doit alors attendre de reprendre ses esprits avant de repartir. C’est tout à fait inédit, de mémoire, je n’avais jamais eu un patient capable de procurer de telles sensations. On s’y croit vraiment alors ? Oui, les résultats sont spectaculaires sur ce point là, nous en sommes très fiers. On se réjouit également des progrès effectués par l’Intelligence Artificielle. Loin d’être une succession d’obstacles sur rails comme dans Gran Turismo, les adversaires font des erreurs, se mettent dans le pétrin, multiplient les têtes-à-queues. Chacun adopte même un style de conduite identifiable au premier coup d’œil. Comme humanisé, les opposants renforcent l’immersion du jeu tout en le rendant encore plus fun.

Ah Docteur vous parlez de « fun » au sujet de Need For Speed, ça ne lui était plus arrivé depuis quatre ans ! Oui, il faut dire que nous avons multiplié les modes de jeux : courses classiques, contre-la-montre, élimination, endurance… on a même réintégré les Drifts ! Bon ce n’est pas encore tout à fait au point mais… Ah oui, j’oubliais le mode Duel, un mode en ligne assez marrant vous verrez. L’une des deux voitures part en tête avec pour mission de la conserver alors que dans le même temps l’autre doit essayer lui piquer la première place et y tenir au moins cinq secondes. Durant la deuxième manche, les places s’inversent et en cas d’égalité, une troisième manche est nécessaire pour départager les deux joueurs. Un principe qui se poursuit jusqu’en finale avec élimination directe à la moindre défaite ! Histoire de corser un p’tit peu, nous n’avons pas hésité à rendre les circuits (fictifs pour la plupart) bien plus techniques qu’auparavant. Et pour couronner le tout, notre chirurgien esthétique a donné le meilleur de lui-même sur Shift . Il faut voir les rayons du soleil frapper la carrosserie parfaitement modélisée d’une Audi R8 par exemple, ça en jette ! Les décors se révèlent également très soignés.

Alors il est guéri docteur ? Son pronostic vital n’est plus engagé. En l’état, ce nouveau Need For Speed peut sortir de clinique et tenter de séduire des joueurs en quête de spectacle et de sensations fortes. Evitez toutefois de l’approcher d’un Forza 3, il risque de ne pas supporter la comparaison. Avec les conséquences que l’on sait, schizophrénie, crise identitaire et nouvelle refonte dès l’an prochain.

Grégory Dall’Agnol

Plate-forme : PC, PlayStation 3, Xbox 360
Développeur : Slightly Mad Studios
Editeur : EA
Sortie : 17 septembre 2009
Prix : 59 euros
Site officiel : http://shift.needforspeed.com/fr

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2 réponses to “Need For Speed Shift : EA accélère… et patine”

  1. Jstyle dit :

    Je Trouve ton article comment dire déplacer need for speed a toujours chercher a faire différent ”le vrai monde”(Tu y est exclus) ne cherche pas toujours a courrir sur un circuit parce que après que le jeux sois finit que fait tu? tu te promene sur les mêmes circuit affrontant les mêmes véhicule ? Non sa devient long et ennuyant .. vive les ancien need for speed et laisser ses jeux de simulation sur circuit a grand turismo c’est tout

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  2. Jeu très agréable qui complète bien GT5 P et permet d’attendre la sortie de GT5

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