Posté par Moi Jeux le oct 17, 2011

Indomptable FIFA 12

EA Sports avait préparé la sortie de FIFA12 à coups de communiqués et d’annonces dignes d’une campagne politique. Dans le programme, deux grandes réformes : défense tactique et Impact engine. Alors, promesses électorales ou changement de régime ? Décryptage.

C’est un éternel recommencement. Bien qu’incontestable leader du genre, FIFA se doit chaque année d’accroître son hégémonie sur la planète de la simulation de football, confortablement installé sur son trône. Soyons honnêtes : l’année dernière, EA Sports s’était surtout contenté d’améliorations trompe-l’œil accompagnées d’une refonte du système de tir de pénaltys. Un choix pourtant  contestable. Les gars d’EA Sports se savaient donc attendus. Et ils ne se sont pas foutus de nous.

Ligne Maginot

Dès les premières parties, stupéfaction. On a beau choisir des clubs de plus en plus forts contre des équipes boiteuses – tiens, les championnats turc et tchèque ont disparu -, le score final se révèle étonnant. Pire, frustrant. FIFA12 exige une remise à niveau, un apprentissage des nouvelles techniques de défense. Et c’est tant mieux. Car même pour les plus expérimentés, il flotte un air de jamais-vu. Première constatation : exit la touche « pression » pour s’emparer du ballon à l’aide d’un seul bouton permettant à la fois de courir vers l’adversaire, de lui imposer un pressing à la limite du harcèlement moral et de lui choper la gonfle en le bousculant pour repartir à l’attaque. Aussi propre qu’un tacle de Materazzi. Désormais, il s’agira de jongler avec les nouvelles touches et techniques défensives : le pressing de l’adversaire s’exerce à distance, le défenseur temporise tout en guettant les changements de direction et les éventuelles accélérations. Bien plus réaliste. La défense tactique exige également un timing pointu pour exécuter un tacle debout, sous peine de finir complètement à la ramasse et de regarder, impuissant, l’adversaire se ruer sur votre goal. Lorsque le défenseur et l’attaquant se trouvent au coude à coude, cette même touche se transforme alors en petit coup d’épaule ou léger tirage de maillot pour remporter le duel. A ne pas abuser, la patience des arbitres ne dure qu’un temps.

FIFA12 arbore donc une complète et ambitieuse révision des phases défensives, aussi bien tactique que technique. Et on entend déjà les dents grincer vu la difficulté d’adaptation : les phases de construction de l’adversaire sont parfois longues, de quoi s’arracher les cheveux pour prendre le ballon élégamment aux esthètes du FC Barcelone, façon Vincent Kompany. Qu’on se le dise, il faut laisser ses réflexes de FIFA-addict au vestiaire. La prise en main de Fifa 12 demande méthode, patience et quelques heures de pratique intense, bien plus que les anciennes versions. Pour donner le tournis à l’IA, il est impératif de préparer ses actions, faire circuler le ballon avant de trouver le bon décalage et de donner le coup d’accélérateur décisif pour passer les lignes défensives. Avec les meilleurs joueurs, il est à nouveau possible de se défaire du marquage dans des petits espaces et de partir vers le but sur un coup de rein dévastateur, sans nécessairement multiplier les gestes techniques improbables. Mais les actions en solo restent difficiles à réaliser, le joueur perdant de l’endurance au fil des mètres et les adversaires utilisant savamment le petit coup d’épaule ou le tirage de maillot. Cristiano Ronaldo va encore râler. L’intelligence artificielle a d’ailleurs été revue à la hausse. Plus d’actions stéréotypées, l’IA utilise aussi tous les aspects tactiques en temporisant pour mieux anticiper votre tentative de débordement, en rentrant dans le jeu si votre défenseur met du temps à se replacer après en corner ou même en préparant ses actions aux abords de la surface, genre tiki-taka barcelonais.

Haro sur les tricheurs

Autre (r)évolution, l’Impact engine. Les contacts semblent enfin réalistes grâce au découpage de  chaque partie du corps. L’impact du tibia ou du genou a donc une influence différente sur le ballon ou un adversaire, gommant alors les séquences surréalistes de joueurs qui passent à travers de l’adversaire. Un réel progrès pour les puristes.

Côté détails, FIFA12 permet également d’effectuer certaines touches rapidement, à l’image de ce qui existait déjà pour les coup-francs. Pratique pour accélérer le rythme du jeu et prendre son adversaire de vitesse. Les frappes de loin font également un retour fracassant, elles ne sont plus l’exclusive des puissants Gerrard ou Rooney. La modélisation des joueurs est toujours de plus en plus fine – même si certains font toujours peine à voir -, au contraire des commentaires français, étrangement semblables à FIFA11 et toujours aussi peu adaptés à la réalité. Franck Sauzée commente-t-il d’ailleurs réellement autre part que dans FIFA ? Autre point noir, l’arbitre ne semble pas avoir suivi le progrès et siffle les obstructions de manière intempestive, souvent sans aucune logique, ou oublie de laisser des avantages déterminants. Sa lecture du jeu n’a pas été retravaillée en conséquence. Dommage.

Le jeu en ligne subit également quelques modifications plutôt bienvenues : le mode face-à-face se présente désormais sous forme de championnat de type promotion/relégation. Chaque victoire apporte trois points et vous devrez vous hisser dans les divisions supérieures pour affronter les plus forts. Pour le plus grand bonheur des habitués de la crise de nerfs, les adeptes de la déconnexion à deux minutes de la fin de la partie vous offriront d’ailleurs la victoire.

En ce qui concerne les modes de jeu, pas de chamboulement majeur. Outre le très fun FIFA Ultimate team qu’il ne faut plus télécharger, un petit nouveau fait son apparition : le défi, qui vous permet de modifier le scénario d’un match joué quelques jours auparavant comme, par exemple, égaliser avec le Portugal contre le Danemark alors que vous êtes menés 2-0 à la 65ème minute. Sympa.

Chaque année, on a presque l’impression de se répéter. Mais avec FIFA12, les sensations de jeu tutoient un peu plus la réalité. Y compris, malheureusement, l’énervement causé par les erreurs d’arbitrage. Plutôt que d’apporter de petites améliorations pour contenter les exigeants et doucher les rabat-joies, les petites fourmis d’EA Sports avaient décidé de faire table rase du passé et de modifier le gameplay en profondeur. Pari ambitieux, mais réussi.

 David De Matteis

Fiche technique de FIFA 12

Support: Playstation 3, Xbox360, PC

Développeur: EA Sports

Editeur: Electronic Arts

Genre: Sport

Classification: Tous publics

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Indomptable FIFA 12, 10.0 out of 10 based on 1 rating
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3 réponses to “Indomptable FIFA 12”

  1. Ben dit :

    ça donne envie d’y jouer en tout cas ! je me suis arrêté au 08 moi ! Jpense que je vais craquer.

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  2. Plongeur dit :

    En tout cas, le mode online avec promotion/relégation est vraiment excellent!

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  3. tchaz dit :

    Enorme jeu, plus compliqué que les anciennes versions, mais tellement plus réaliste et plus jouissif ! +1

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